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  Kindness is a magical spell (Paiven)

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MessageSujet: Kindness is a magical spell (Paiven) Jeu 21 Mai 2015 - 20:37

✥ Date, mois, année Haring de l'an 5:11 des Exaltés
✥ Lieu Une taverne dans un village dont le nom importe peu
✥ Moment de la journée Le crépuscule est déjà passé depuis longtemps.
✥ Autre Les gardes de Llariarith sont actuellement à l'étage, endormis comme la plupart des clients, seuls demeurent dans la salle l'aubergiste quelques ivrognes et quelques insomniaques.









Kindness is a magical spell 


performed by enlightened beings—meant to enchant hearts and lift weary souls that they might fly.  


Depuis que Sa Grâce a fait de moi sa messagère j'ai la sensation de passer plus de temps sur les routes que dans Sa propriété. Je suis heureuse de lui obéir et de le servir mais le confort d'avoir un toit fixe au dessus de ma tête me manque parfois cruellement. Plus que tout l'immobilité me manque, je suis lasse des journées passées à chevaucher, des hématomes ornant mon fessier si blanc et de la fatigue musculaire qui accompagne ces trajets interminables.

Mais je ne présente jamais au monde un visage attristé, je suis heureuse de servir malgré tout et heureuse de rencontrer tant de gens que ma vie précédente ne m'aurait jamais permis de rencontrer. Mais parfois certaines personnes ne gagnent pas à être connues, ou rencontrées, ou vivantes, d'ailleurs. Même si vous ne m'entendrez jamais dire de telles horreurs à voix haute et même si, au fond, je ne les pense pas vraiment, je suis juste consciente que telles devraient être mes pensées.

Mais je m'égare, reprenons au début de l'histoire, mes gardes et moi-même avons chevauché toute la semaine, nous rentrons au domaine du Marquis après avoir délivré pour lui un cadeaux exquis à une de ses douces amies. C'est du moins ce que les gardes laissaient entendre de leurs relations, pour ma part j'avoue  n'avoir écouté cette rumeur que pour la rapporter à Sa Grâce qui saura si elle lui profite ou non. Tel est mon rôle, garder les oreilles ouvertes et rapporter au Marquis toute rumeur que j'entendrais.

Bien sur je ne suis pas la seule à faire cela et le Marquis a d'autres sources d'informations qu'une simple danseuse mais il ne manque jamais de s'intéresser au récit de mes trajets et, surtout, de mes rencontres. Il ne cesse de me dire que j'en apprends tellement plus que je ne le crois, que je pourrais en apprendre plus encore si j'étais plus attentive au langage corporel. Il m'apprend, quand je suis dans son domaine, ce qui se fait de plus en plus rare.

Nous ne sommes plus très loin désormais et la taverne où nous avons décidé de nous arrêter pour la nuit grouille de vermine diverse et de rumeurs sur Sa Grâce. Assise à table avec mes gardes nous devisons tout en mangeant et j'écoute l'air de rien d'autres discussions à droite à gauche. Rien de bien intéressant, sauf peut être la fille d'un nobliau voisin qui malgré son veuvage pas si récent que cela semble avoir pris du poids de façon étonnante ces derniers mois. Les gardes ayant fini de manger ils me proposent de m'escorter dans la mansarde que nous avons loué pour la nuit, je les remercie mais je sais déjà que les douleurs de la chevauchée ne m'accorderont pas de répit avant quelques heures et je leur dit d'aller se reposer, qu'il ne m'arrivera rien de fâcheux durant l'heure que je passerais en bas, seule.

De fait je n'ai pas menti, durant la première tout se passe fort bien, je discute avec certains voyageurs et quelques habitants, je bois une pinte avec eux, je souris, je parle de tout et de rien, surtout de rien, le tout sans dévoiler qui je suis, même si ma peau diaphane et mes yeux améthystes me rendent unique. Mais c'est bien après le crépuscule, quand ne demeurent dans la taverne que quelques piliers de comptoir et d'autres insomniaques que les ennuis commencent.

Un duo malavisé semble désireux de me séduire. Leur haleine est cachée par l'odeur de fumier qui se dégage de leurs vêtements et leur conversation passe peu à peu de simplement ennuyeuse à malvenue. Leurs tentatives de séduction ne trouvant guère un accueil chaleureux ils élèvent la voix et leurs gestes se font plus agressifs et me bloquent le passage. Je n'ai d'autre choix que de parler, assez fort à mon tour, en espérant attirer l'attention de l'aubergiste

    

«Messieurs veuillez me laisser passer !  »

J'ai l'autorité d'une souris de cuisine et ils se gaussent allègrement sans que l'aubergiste semble s'émouvoir outre mesure. J'aurais du écouter mes gardes et ronger mon frein là haut, à l'abri, je n'aurais pas mieux dormi mais j'aurais évité de risquer de me faire violenter ce qui me parait peu à peu comme une possibilité terrifiante.

J'observe les deux hommes, le premier a le teint aussi jaune que le mien est blanc, accentué par une couperose des plus charmante et quelques bubons forts seyants. Son ventre déborde d'un pantalon trop court et ses bras semblent tels deux battoirs près à m'enserrer et m'écraser sans remords. Le second pourrait avoir du charme, sans les dents chevalines qui dénaturent son faciès qu'un nez trop petit rend disproportionné. Grand et mince il fait avec son acolyte un couple étrange et disparate, toutefois la fragrance de fumier qu'ils partagent prouve qu'ils se connaissent très bien et travaillent sans doute ensemble.

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MessageSujet: Re: Kindness is a magical spell (Paiven) Mar 26 Mai 2015 - 0:13






Kindness is a magical spell


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Aujourd'hui n'est décidément pas mon jour. Cela a commencé ce matin : le ciel s'est couvert très tôt et les arbres se penchaient sous les assauts du vent. La pluie n'est jamais bonne pour le commerce. Les gens n'ont pas envie de finir arrosé par des trombes d'eau en sortant de chez eux, c'est évident. Encore, si le magasin possède un toit peut être a t-il une chance de recevoir un ou deux clients, mais moi, avec mon étalage, perdu au milieu de la forêt, je n'ai pas grand espoir. Quand j'ai senti les premières gouttes s'écraser sur mon bras, je n'ai même pas pris la peine d'exposer mes marchandises. Je savais au fond de moi que ce ne serait qu'une perte de temps. J'avais donc toute une journée à tuer.

Je n'aime pas rester inactif longtemps, c'est pourquoi j'aime tant mon métier de commerçant : appâter les clients, négocier avec eux, leur faire miroiter monts et merveilles avec l'objet le plus banal qui soit... Tout cela, c'est une véritable passion pour moi. La forêt où se trouve le clan des Varalasan ne fourmille évidemment pas autant de monde que le bas-cloître de Val Forêt mais les clients sont tout de même plutôt nombreux et surtout très fidèles. C'est là le secret d'un commerce qui prospère : assurer le meilleur service, c'est assurer le retour de l'acheteur satisfait. De ce fait, ne pas exercer mon métier me met toujours en peine. Le mauvais temps n'aidant pas à me remonter le moral, j'ai d'abord décidé de lire un peu chez moi. Mais malgré la beauté de l'ouvrage sur l'histoire dalatienne offert par mon ami l'archiviste Harand, je ne parvenais pas à rester concentré. Les mots volaient sur les pages, n'avaient qu'un faible écho dans mon esprit. Il était inutile de s'acharner. Et c'est en me rendant chez Aerin pour bavarder un peu avec elle que les choses se sont gâtées. Sur le chemin, j'ai croisé ma sœur, Panoriel. Et nous nous sommes disputés. Il est assez rare qu'éclate une discorde entre nous, mais lorsque cela arrive, les vieilles rancœurs ne tardent jamais à remonter. Et cette fois encore je ne l'ai pas épargné, mettant de nouveau sur le tapis l'origine de nos conflits les plus violents, cette chose que je ne lui ai toujours pas pardonné.

Je pousse un soupir et ferme les yeux. Allongé de nouveau sur ma couche, je me relève de nouveau et décide d'aller faire un tour pour me changer les idées. Il fait déjà nuit noire dehors et je sais que ce n'est pas prudent de se balader seul dans la forêt à une heure pareille. Mais je ne compte pas errer sans but. Mes pas prennent la direction d'une auberge qui se trouve dans un village non loin du camps. Il me reste quelques pièces dans ma poche, suffisamment pour m'acheter un verre ou deux. Pas de quoi me rendre soul, mais juste assez pour penser à autre chose qu'à ma sœur. Lorsque j'arrive en vue de la taverne, je suis soulagé de constater que les lumières sont encore allumées à l'intérieur. Il doit rester quelques clients, probablement ivres morts mais je sais comment m'y prendre avec ce genre de personnage. Ils ne me font pas peur.

J'entre dans l'établissement en prenant soin de rabattre mon capuchon sur mes oreilles pointues. Je n'ai pas honte d'être un elfe, mais je suis grand pour quelqu'un de mon espèce, je passe facilement pour un homme. Et un homme a toujours moins de problème dans une auberge mal fréquentée qu'un elfe. Sans même jeter le moindre regard à la clientèle, je me fraie un chemin jusqu'au bar et m'installe en demandant une pinte de bière. Le liquide ambré m'est tout de suite servi et j'en avale une gorgée en grimaçant. Eurk. Immonde. Mais je ne m'attendais pas non plus à mieux compte tenue de l'endroit. Je repose mon verre sur le comptoir et ferme les yeux en me massant les tempes quand une voix me sort de ma torpeur. Je fronce les sourcils et me retourne : je n'ai pas rêvé, il s'agit bien d'une femme. Elfe en plus. Et en très mauvais compagnie qui plus est. La pauvre est prise au milieu de deux hommes paysans probablement aussi agréables à regarder que deux crapauds dans leur marécage. Je jette un regard en direction du tavernier, mais il n'a pas l'air d'avoir l'intention de venir en aide à la petite demoiselle. Et d'ailleurs, que fait-elle ici, dans un endroit aussi mal famé et toute seule ?

Les deux hommes se rapprochent de plus en plus de leur victime. Je ne peux décemment pas faire comme si je ne voyais rien. Je finis ma chope cul sec et me lève pour m'interposer entre les deux hommes et la jeune elfe. Ils m'observent avec étonnement mais je ne leur laisse pas le temps de dire quoi que ce soit :

« Bonsoir messieurs ! Vous désirez apparemment un peu de compagnie n'est-ce pas ? »

Ils me regardent en fronçant les sourcils. Bien j'ai leur attention. J'attrape discrètement la main de ma consœur elfe derrière moi afin de l'exposer le moins possible à la vue des deux ignares devant moi. Ils dégagent une forte odeur de fumier mais je distingue également celle très présente de l'alcool fort. Ils ont le regard vitreux et tanguent légèrement. Ils ont donc tous les deux beaucoup bu. Les personnes ivres sont en général plutôt imprévisibles mais facilement manipulables. Il faut seulement avoir les bons mots. Je leur adresse le sourire que je réserve à mes meilleurs clients et poursuis :

« Il se trouve justement que je connaisune auberge à quelques pas à peine d'ici qui serait absolument par-faite pour vous. L'alcool y est bon marché, et bien meilleur que la pisse d'engeance que l'ont peu servir ici, j'ajoute sur le ton de la confidence. De plus, ils y fournissent un assortiment de jeunes femmes dans la fleur de l'âge particulièrement agréables à regarder. Naine, humaine, elfe... Il y en pour tous les gouts ! Vous ne serez pas déçu du voyage croyez moi, d'autant plus que celui-ci sera particulièrement court. Il vous suffira simplement de suivre le chemin qui mène dans la forêt et après le sixième chêne de tourner à droite. En vous enfonçant un peu plus, vous tomberez sur un énorme rocher ayant la forme d'un poing. Ici, une hôtesse des plus charmantes vous attendra et vous mènera à destination. A moins que vous ne veillez directement faire affaire avec elle... »

Les deux hommes sont suspendus à mes lèvres. J'agrémente mon discours de gestes, de clins d’œil complices, tout ce qu'il faut pour les mettre en confiance. Ils ont totalement oublié la présence de l'elfe derrière moi. Je maintiens le bluff et décide d'y aller au culot. Je pose mes mains sur leurs épaules et d'une pression sans agressivité mais ferme, je les enjoints à faire demi tour et les accompagne jusqu'à la porte de l'auberge en répétant :

« Dites à l'aubergiste que vous venez de ma part, elle vous fera probablement un bon prix sur tous les types de consommation. Mais dépêchez vous avant que ça ne ferme ! »

Ils passent le seuil de la porte et je leur indique la direction du doigt en leur souriant. L'un d'eux incline légèrement la tête, comme pour me remercier et se précipite vers la forêt, rapidement suivit de son compère. Je ferme le lourd battant et soupire en me frottant les mains. Je me retrouve alors nez à nez avec l'elfe que je viens de sauver et je prends le temps de la regarder cette fois. J'en aurai presque le souffle couper. Je n'avais jamais vu quelqu'un à la peau aussi pâle. Cependant, ce n'est pas une pâleur maladive. Cela se voit à la blancheur de ses longs cheveux et à ses yeux d'un bleu hypnotisant. Il y a une telle innocence dans son regard ! Cette fille dégage quelque chose de mystique, beau et envoutant. Je ne sais pas qui elle est et pourtant je meurs d'envie de la connaître. Je lui souris de façon à ne pas l'effrayer et m'incline légèrement devant elle. C'est une elfe, elle n'est probablement pas noble, mais je l'imagine sans mal être une princesse dalatienne compte tenue de la grâce et de l'élégance qu'elle dégage.

« J'espère que vous n'êtes pas blessée, dis-je en plongeant mes yeux dans les siens. Désolé de ne pas avoir réagis plus vite. Je pense que ces deux malotrus ne vous importuneront plus : je les ai définitivement perdus dans la forêt. Et la forêt n'aime pas les hommes. »

Je réalise alors que j'ai toujours mon capuchon sur la tête et qu'elle doit probablement penser que je suis de la race des hommes aussi. Je rabaisse donc le morceaux de tissu dans mon dos et passe une main dans mes cheveux pour lui montrer subtilement mes oreilles pointues.

« Mais si je puis me permettre, que fait une consœur elfe seule dans une taverne à une telle heure ? Loin de moi l'idée de me plaindre d'avoir pu venir au secours d'une demoiselle en détresse, mais je ne me sentirai pas rassuré tant que vous ne serez pas entre de meilleures mains que celles de ce charmant aubergiste. »

Je coule un regard chargé de reproches au tavernier qui écoute fort peu discrètement notre conversation depuis tout à l'heure. Il se contente de répondre à mes accusations par un rôt qui résonne dans toute la pièce. Oui, charmant, c'est le mot.  
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MessageSujet: Re: Kindness is a magical spell (Paiven) Sam 6 Juin 2015 - 10:56






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Les deux hommes ne semblent guère désireux d'obéir, la populace alentour ne semble pas s'émouvoir de ma détresse croissante, je commence à me dire qu'ici peut être mon statut de servante du Marquis ne sera pas des plus utile. Les gardes dorment sans doute profondément là haut et ne descendront pas à temps c'est une évidence, même si un cri de ma part pouvait les réveiller. Or crier me semble être le meilleur moyen de déclencher la curée. Montrer sa peur n'est jamais bon avec les animaux et les hommes sont dit-on les pires des animaux.

Finalement quand un elfe roux au regard doux vient se p^lacer entre mes oppresseurs et moi je respire à nouveau, n'ayant même pas réalisé que je ne respirais plus quelques instants auparavant.

Loin de les menacer ce qui n'aurait fait que déclencher la bagarre qui se prépare et aggraver ma situation, il leur raconte des histoires à dormir debout à propos d'une auberge au fin fond des bois où l'on peut trouver des femmes ouvertes à toutes propositions. Si je n'étais terrifiée je laisserais sans doute échapper un sourire mais je n'en ai pas la force. Les bœufs qui voulaient m'attaquer finissent par croire à ses sornettes et s'éclipsent, ou plutôt se précipitent dans la direction indiquée.

Il se retourne alors vers moi, s'immobilise un instant en découvrant ma peau si blanche, mes yeux violets, mon air enfantin, comme tous ceux qui me voient pour la première fois, je ne dis rien, je le laisse se faire à l'idée, j'ai l'habitude de ces pauses dans le discours quand la lumière éclaire mon visage ou quand j'enlève mon voile.

Il s'enquiert de ma santé, dévoile ses oreilles un bref instant puis s'inquiète de me voir seule dans cette taverne mal famée, je souris doucement et répond d'un murmure que le tavernier ne pourra pas entendre, même l'elfe qui m'a sauvé doit probablement tendre l'oreille
    

«Tout va bien, grâce à vous. Merci infiniment. Je ne suis pas seule, j'ai trois gardes mais ils dorment après un long trajet et je ne pensais pas....être en danger ici. J'avais tort. »

Je m'incline légèrement, ce qui fait tinter le bracelet à ma cheville et ajoute, poliment, un peu plus fort afin que l'aubergiste qui risque fort de s'écrouler à force de tendre l'oreille, puisse l'entendre :
    

« Je suis Llariarith, messagère du Marquis de Pasiphaé, à qui ai-je l'honneur ? »

C'est un elfe mais est-il un servant comme moi ? Un de ces elfes citadin dont j'ai entendu parler ou bien un elfe de légende, un dalatien ? J'ignore tout de ces elfes, si ce n'est quelques histoires que racontaient autrefois les esclaves à Tévinter, des histoires d'elfes libres comme l'air vivant en harmonie avec la nature, commandant aux arbres et aux animaux. A bien y réfléchir ce qu'a dit l'elfe au sujet de la forêt tendrait à faire croire qu'il est de ceux là. Mais peut être était-ce simplement une référence à la légende locale qui veut que ces bois soient hantés.

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MessageSujet: Re: Kindness is a magical spell (Paiven) Sam 20 Juin 2015 - 17:16






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Trois gardes du corps et pas un seul qui ait eu l'idée de veiller avec elle ? Vraiment, les soldats... On en fait tout un foin mais au final, ils n'ont pas grand chose dans la tête. Alors cette charmante elfe s'appelle Llariarith ? Je n'avais jamais entendu un prénom avec une telle consonance. Il faut dire que je n'ai pas beaucoup voyagé non plus, mais de tous les clients que j'ai pu avoir dans ma vie de commerçant (et il y en a eu beaucoup), aucun ne portait un nom semblable. Et c'est une messagère en plus ? Décidément, cette elfe est de plus en plus intrigante. J'essaie de ne pas trop fixer ses yeux bleus pour ne pas la mettre mal à l'aise mais c'est difficile de se concentrer sur autre chose. Tout son être dégage un je ne sais quoi qui a le don de m'apaiser. Quand je me rends enfin compte qu'elle attend que je me présente, j'exécute une petite révérence rapide à mon tour, comme celles que je voyais faire les gentilshommes devant les belles dames à l'époque où je vivais au bas cloître de Val Forêt. Une fois redressé, de lui souris et lui dis :

« Je suis Paiven, enchanté de vous rencontrer. Je viens du clan dalatien de cette forêt. »

Je scrute la taverne du regard et détecte une table placée un peu en retrait, suffisamment loin des oreilles particulièrement baladeuses de ce cher aubergiste qui ne prend même plus la peine d'essayer d'être discret. Définitivement, les hommes peuvent être des créatures vraiment fascinantes de bêtises. Je souris à cette idée et invite d'un mouvement de bras Llariarith à prendre place là où nous pourrons discuter tranquillement. Je ne manque pas d'en faire de même et m'installe en face d'elle. Je réalise alors que nous n'avons rien à boire tous les deux et me mords la lèvre pour combattre un fou rire à l'idée de retourner voir l'aubergiste indiscret pour lui commander à boire. Mais avant de me relever, je prends soin de préciser à ma nouvelle amie que je vais nous commander quelque chose. Je reviens quelques minutes plus tard, une bière pour moi et un verre d'un cocktail un peu plus doux pour elle (probablement le seul breuvage qui soit à peu près buvable dans cet endroit). Et rien que pour la tête du tavernier quand il m'a vu arriver, ça valait le coup de se lever. Je suis intimement persuadé qu'il a pensé l'espace de quelques secondes que je voulais lui faire la tête au carré après son manque de discrétion de tout à l'heure et c'était particulièrement amusant de le voir paniquer comme un enfant pris sur le fait.

Je tends son verre à la jolie Messagère et lui demande après avoir pris un gorgé de ma bière (toujours aussi mauvaise d'ailleurs) :

« Qu'est ce qui peut bien amener une personne comme vous dans un établissement comme celui là?Vous avez un message à délivrer dans le coin ? Si c'est le cas, je vous conseille de vous méfier : les nuits ne sont pas sûres par ici, surtout pour nous les elfes. Les malotrus qui vous ont dérangée tout à l'heure, croyez moi, c'était de menu fretin à côté de ce qui peut traîner dans les parages. »

Je me tais quelques secondes, les yeux plongés dans le liquide ambré que contient ma chope. Oui, on peut dire que je sais de quoi je parle. Je n'ai rien oublié de l'année d'errance passée à survivre aux intempéries et aux hommes avec ma sœur Panoriel. Je secoue la tête. Ce n'est pas le moment de penser à de tels choses. Désireux de changer de sujet, je reprends une nouvelle gorgée et souris à ma compagne de table.

« Et sinon, d'où venez vous ? Je suppose que vous n'êtes pas née chez le marquis de Pasiphaé et votre prénom me semble particulièrement atypique pour une personne de la région. »

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MessageSujet: Re: Kindness is a magical spell (Paiven) Mer 24 Juin 2015 - 16:28






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Les dalatiens....Ces elfes de légende dont parlaient les esclaves en Tévinter existent donc réellement ? Tout le monde pourtant affirme qu'ils ne sont que des histoires, des contes pour mieux supporter la captivité. Je n'ai pas eu à souffrir et être esclave ne me pèse nullement, enfin ne me pesait nullement, maintenant je suis libre, même si je ne vois pas vraiment la différence, ma vie est toujours aussi plaisante. Mais les dalatiens seraient des nomades épris de liberté et de tuerie, en tout cas ils seraient profondément  méprisant envers les humains et ceux d'entre nous qui ne feraient pas partie des leurs, devenir un dalatien lorsque l'on n'est pas né dans leur clan serait, dit-on, un honneur qui se mérite. c'est à cause de cela plus encore que du reste que j'ai toujours pensé qu'ils n'étaient qu'une histoire, une légende que l'on raconte aux enfants avant qu'ils ne s'endorment. On pouvait la raconter aux maîtres, c'était alors une histoire effrayante, ou aux esclaves, c'était alors un conte merveilleux, mais au final cela n'en restait pas moins qu'une histoire inventée.

Le fait qu'ils existent vraiment ne rend pas réelles ces histoires, entre la vérité à leur sujet et ce que l'on dit il doit exister tout un univers et entre la réalité de cet elfe et celle d'un autre dalatien il existe déjà tout un univers. Ma vision de l'esclavage et celle d'un autre esclave diffère totalement, c'est le propre des êtres vivants que de voir le monde chacun d'une façon si différente qu'une réalité semblable peut paraître différente à chacun de ceux qui le regardent, quand bien même leurs similitudes paraissent nombreuses. C'est le Marquis qui m'a appris cela, il m'a expliqué que tous se doutent que l'Inquisiteur et ses esclaves voient le monde différemment mais nul ne se doute que parmi les esclaves tous aussi sont différents, de même que chaque inquisiteur est unique.  A vouloir rentrer les gens dans des petites cases bien propres on en oublie leur unicité et c'est une erreur fatale dans le Noble Jeu. Ainsi tous verraient en moi une servante "favorite", probablement amante du Marquis, probablement amoureuse de lui, ma douceur ne me donnant pas l'air d'une manipulatrice. Et pourtant rien de tout cela n'est vrai, et s'ils s'appuient sur ces suppositions pour jouer ils perdront.
Le Noble Jeu semble bien étrange à mes yeux de profane mais quand le Marquis me l'explique j'écoute attentivement et sérieusement, à défaut de comprendre tout ce qu'il explique ou, plus exactement, à défaut d'en comprendre l’intérêt.

Je souris à l'elfe en répondant d'une voix douce :
    

« Merci du conseil. A dire vrai je n'avais jamais eu ce genre de souci auparavant, la plupart du temps mon apparence suffit à éloigner les malotrus et les importuns ne sont que des curieux. »

Les hommes n'ont pas tendance à être attirés par mon corps filiforme et évanescent. Mon regard les pétrifie et mes lèvres trop blanches n'appellent pas aux baisers. Je n'avais jamais eu à me plaindre d'hommes trop entreprenants jusqu'ici et cela me convenait fort bien. Je n'ai encore jamais trouvé l'amour ni ressenti le désir et cela ne me pèse pas. Je reprends pour répondre à la question

    

« Je suis née en Tévinter, tout comme mes parents. »

Je ne précise pas que j'y étais esclave, cela va de soi, les elfes sont tous esclaves en Tévinter et dans tout l'empire, les rares à êtres libres ont été esclaves avant et ont mérité leur liberté d'une façon ou d'une autre. Et puis même si je comprends que tous les esclaves n'ont pas eu ma chance, que certains sont tués pour alimenter la puissance des mages que certains sont battus ou exploités dans les mines, je n'ai jamais vu ces horreurs, pour moi comme pour les gens d'ici elles relèvent d'une vérité lointaine et inconfortable que l'on évite d'évoquer. Le mot esclave est fort et porteur d'images qui ne correspondent guère à ce que j'ai vécu.

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MessageSujet: Re: Kindness is a magical spell (Paiven) Ven 31 Juil 2015 - 21:54






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Lorsque je vivais dans le bas cloître de Val Forêt, j'ai entendu beaucoup d'histoires sur les elfes. Évidemment, mes préférées étaient celles concernant les dalatiens, peuple que j’idolâtrais littéralement et dont j'ai la chance d'être désormais l'un des membres. Mais il y avait également ces histoires sur les elfes à Tévinter. Et si mes souvenirs sont bons, ces elfes étaient des esclaves. Je ne sais pas si c'est toujours le cas aujourd'hui, je n'ai jamais pris la peine de me renseigner réellement sur le sujet et je n'ai pas pensé à demander à Harand de m'en dire plus à ce propos. C'est vers lui que je me tourne toujours lorsque je souhaite avoir un renseignement sur notre peuple, que ce soient les habitudes alimentaires de nos ancêtres ou le type de vêtement que peuvent porter les autres clans, je ne suis jamais à court de questions. Toute ma vie au bas cloître, je me suis senti à l'étroit, oppressé par la présence des hommes, par les murs de la ville. Je rêvais d'aventure, d'une vie entouré des miens. Quand j'étais petit, j'avais même pour ambition de devenir un grand chasseur dalatien. Mais rapidement, je me suis rendu compte que je n'avais absolument aucun talent pour les armes, et que de toute façon la violence avait tendance à me retourner l'estomac. J'ai donc décidé de me spécialiser dans l'utilisation des mots, la rhétorique est devenue ma nouvelle religion. Ho je voulais toujours être dalatien ! Mais chasseur, disons que j'avais abandonné l'idée. Ce qui n'est pas plus mal.

J'observe un long moment Llariarith la messagère en lui souriant. L'espace d'un instant, je suis tenté, poussé par ma curiosité naturelle, de lui demander si, comme je le soupçonne, elle a un passé d'esclave. Mais au fond, j'en doute : les esclaves comme je les imagine sont marqués physiquement par les coups de leur maîtres et mentalement par toutes les horreurs qu'ils ont subi. Une fois dans ma vie j'ai croisé le chemin d'un esclave, c'était pendant que je vivais au bas cloître. Je venais juste d'ouvrir mon commerce, à côté de celui de la vieille Tarina, une elfe dont l'age frôlait la centaine d'année et qui vendait ses plantes tous les matins. L'esclave était un elfe qui devait avoir l'âge de mon père, grand mais terriblement maigre et courbé. Son regard fuyant et sa posture m'avaient tout de suite interpellé, et la vieille Tarina a confirmé mes soupçons quand elle m'a dit :

« Méfie toi mon petiot, ça sent le tévintide par ici. Parce que ça, c'est un esclave. »

Cet esclave n'avait absolument rien à voir avec Llariarith, je dirais même qu'il était son exact opposé : Llariarith est un être lumineux qui respire la joie, la gentillesse, le bonheur. L'esclave lui, n'était plus que l'ombre de lui même, un tas de chaire et de peau ambulant, craignant les coups et se méfiant du monde entier.

« Je ne trouve absolument rien de repoussant à votre apparence, au contraire même, je finis par lui répondre. »

Je ne cherche pas vraiment à lui faire du rentre dedans, simplement j'énonce une vérité. Pour moi, toutes les femmes devraient se voir telles qu'elles sont, et à mes yeux, elles sont toutes belles. Même la vieille Tarina avait conservé un certain charme, dernier vestiges de sa jeunesse. J'accentue le sourire que je sers à la jolie elfe et poursuis :

« C'est ce qui vous rend spéciale, et il n'y a que les gens spéciaux qui sont réellement dignes d'intérêt. »
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MessageSujet: Re: Kindness is a magical spell (Paiven) Mer 5 Aoû 2015 - 19:13






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Je souris légèrement à son compliment, les gens ne me trouvent généralement pas repoussante à proprement parler, juste...Pas attirante, trop différente. Les humains peuvent parfois être attirés par les elfes pour leur beauté et leur grâce mais une elfe blanche c'est trop d'exotisme. Quant aux elfes le plus souvent ils estiment que ma couleur est un signe de malédiction. Pas tous, cela dit, mais ceux que mon apparence ne chasse pas mon passé d'esclave les éloigne, l'idée que je puisse l'avoir été et ne pas haïr les tévintides les dépasse, ils me croient faible ou folle ou les deux...Le plus souvent les deux. Comme en plus de cela je suis manifestement incapable de me battre, quand bien même ma vie en dépendrait, l'idée que je ne sois qu'une folle freluquette n'est pas totalement incohérente.

    

« Repoussante, envoûtante, différente, mystérieuse, mystique....Les hommes ont bien des adjectifs pour parler de moi, de mon apparence. Je suis trop différente pour laisser indifférent.»

Je souris doucement quand il parle des êtres spéciaux, seuls à mériter l'attention, je secoue la tête, je ne crois pas cela, je crois que chacun est spécial mais que pour certains, comme moi, c'est juste plus visible. Pour les autres il faut creuser un peu, apprendre à les connaitre, découvrir ce qui fait d'eux qui ils sont.


    

« Tout le monde est intéressant, tout le monde a une histoire, même ces hommes. Il y a bien plus à découvrir de moi que mon apparence atypique, tout comme il y a bien plus à découvrir d'eux que leurs bêtises d'ivrognes. Et toi, Paiven, qu'y a-t-il derrière ce sourire enjôleur ?  N'es-tu qu'un dalatien, être de légende pour une tévintide telle que moi ? Ou bien y a-t-il davantage à découvrir à ton sujet ? »

Au fond cette apparence est un bouclier et une prison, rare sont ceux qui vont au delà, ils me voient comme une menace ou une demoiselle en détresse selon leur caractère mais rares sont ceux qui prennent le temps de me connaitre. Je n'ai pas d'amis, l'Inquisiteur, puis le Marquis ont été bons avec moi mais eux aussi n'ont vu que mon apparence, qui se soucie de ce que peut ressentir un être aussi étrange que moi, l'idée même que j'existe est intrigante, quant à imaginer que je puisse penser ou ressentir, c'est au delà des possibilités de nombre de gens. Mon apparence est tout ce que l'on voit de moi, toujours, qu'importe comment on y réagit. Parfois j'aimerais être plus passe-partout, physiquement, peut être qu'alors les gens apprendraient à me connaitre, parleraient avec moi d'autre chose que de mon apparence. Mais il ne sert à rien de souhaiter, je suis comme je suis et les gens sont comme ils sont.

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MessageSujet: Re: Kindness is a magical spell (Paiven) Jeu 3 Sep 2015 - 18:25






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Elle a de la répartie mine de rien, j'aime bien. Je souris à l'évocation de mon sourire enjôleur et avale une nouvelle gorgée de ma bière en réfléchissant. Je me demande souvent ce que les gens pensent réellement de moi, s'ils prennent la peine d'essayer de creuser un peu plus loin sous l'épaisse couche de belles paroles que je peux débiter à la seconde. Quand j'étais au bas cloître, c'est sur que non. Très peu de mes concitoyens me connaissaient réellement, ils ne faisaient d'ailleurs même pas mine de s'intéresser à ce que je pouvais réellement être à quelques rares exceptions comme Pan, Rosélie ou encore la vieille Tarina. Même mes parents ne faisaient pas attention à moi, c'était Panoriel qui devait assumer ma charge. Peut être qu'en d'autres circonstance, un tel manque d'attention aurait fait de moi un enfant à problèmes et pourtant, j'ai toujours su me contenter de ça et m'assurer de capter l'oreille de mes interlocuteurs à grand renfort de prouesses rhétoriques.

Depuis que je vis au sein du clan, je n'ai jamais eu l'impression d'être ignoré, je ne suis pas qu'une simple larme au milieu d'un océan : je suis devenu un pierre lourde et massive qui s'est ajoutée à celles de l'héritage des dalatiens. Je ne le suis pas de naissance, mais je sais que je peux désormais affirmer sans mentir que oui, je suis un elfe dalatien. Ce qu'il y a derrière le sourire enjôleur ? Probablement plus que ce que la plupart des personnes pourraient soupçonner. Mais je sais que les membres de mon clan me connaissent suffisamment pour savoir quand le sourire cache la tristesse, quand la parole cache la blessure. Mon clan est ma famille et il en sera toujours ainsi, je leur fais confiance pour lire entre les lignes.

Je repose ma chope de bière sur la table et me penche légèrement vers Llariarith en lui servant un sourire en coin dont j'ai le secret.

« Penses-tu vraiment que c'est à moi de répondre à cette question ? Que vois-tu toi ? Tu as raison, il ne faut pas se limiter à ce que l'on voit. Je ne suis pas dalatien de naissance. Je ne suis pas grand chose de naissance en fait. Juste un elfe un peu trop grand pour la moyenne, perdu au milieu de centaines d'autres plus petits dans un bas cloître étroit. »

Je fais une petite pause pour prendre le temps de regarder bien dans les yeux Llariarith devant moi. De voir plus loin que ses cheveux blancs, sa peau si pâle et ses pupilles si étranges. Et plus je l'observe, plus je me dis que cette fille transpire la gentillesse et l'innocence. Je ne comprends toujours pas comment c'est possible avec un passé d'esclave. Et pourtant... Cette elfe doit avoir soit un mental en béton aussi indestructible en apparence que celui de ma sœur, soit être... je ne sais pas, j'ai du mal à comprendre comment elle a pu supporter la condition d'esclave. Elle est si chétive, qu'est ce qu'on a bien pu lui demander de faire ? Ou peut être que les horreurs qu'on m'a raconté sur les esclavagistes n'étaient que des fables et qu'au final ce n'est pas un statut aussi terrible qu'on le prétend... Mais même comme ça, j'ai du mal à me convaincre moi même.

« Tu es quelqu'un d'ouvert et d'avenant, pas le genre de personne qu'on pourrait d'entrer de jeu qualifiée de secrète. Et pourtant, je n'ai jamais rencontré de fille aussi mystérieuse que toi, je finis par lâcher sans cesser de la fixer. »

Mais ce n'est pas son physique que je fixe en réalité. J'essaie de la sonder, de voir ce qu'il peut bien se cacher derrière tant de candeur. Mais tout ce que je vois, c'est un amour inconditionnel pour la vie. Et je ne la trouve que plus magnifique.
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MessageSujet: Re: Kindness is a magical spell (Paiven) Dim 13 Sep 2015 - 8:39






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Moi qui suis toujours si discrète, enfin autant que mon apparence me le permet et sauf quand je danse bien sur, je me surprends à être à l'aise, dans cette auberge inconfortable à parler de tout et de rien, de philosophie ou presque avec un elfe dalatien. Comment fait-il pour me donner cette sensation de sécurité que je ne connais d'habitude qu'avec des gens que je connais depuis des années ? Sa réponse me laisse sur ma faim, il n'en dit pas beaucoup sur lui, mais je n'en ai pas dit beaucoup sur moi, nous sommes quittes en quelque sorte.

Cette discussion est étrange, je me sens à l'aise comme si nous nous connaissions depuis toujours et en même temps nous ne savons toujours rien l'un de l'autre. Je souris légèrement et réponds à mon tour :

    

« Qui mieux que toi pour dire qui tu es ? Moi je ne peux qu'imaginer, inventer, je peux me tromper totalement. »

Il me décrit comme ouverte et avenante et je hausse un sourcil étonné, voilà bien la première fois qu'on me décrit ainsi. Certes je souris tout le temps mais comme je parle peu et suis souvent voilée les gens me voient toujours comme secrète et mystérieuse. Lui semble avoir vu autre chose, peut être parce qu'il fait nuit, je suis davantage dans mon élément, je n'ai pas mon voile. Peut être parce qu'il m'a vue effrayée face à ces deux balourds, peut être parce que c'est un dalatien, le premier que je rencontre, voient-ils le monde autrement ? Ou est-ce moi qui me comporte différemment sachant cela ?

    

« Mystérieuse ? Moi ? Il te suffit de poser tes questions et j'y répondrais....Bien sur ce sera moins drôle que de deviner ou d'inventer. Je commence... Tu es un beau parleur.... J'oserais même imaginer que tu connais un certain succès auprès des autres femmes. Mais tu sembles aimable et j'ai envie de te croire honnête, pas le genre à promettre un amour infini à une conquête d'une nuit.»

Je plonge mon regard améthyste dans le sien et attend sa réaction, suis-je tombée juste ou pas du tout ? Je change de position laissant mes bracelets tintinnabuler discrètement dans le brouhaha ambiant, croisant mes longs doigts fins devant moi je pose mon menton dessus, inclinée vers l'elfe étrange qui me fait face.

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MessageSujet: Re: Kindness is a magical spell (Paiven) Sam 24 Oct 2015 - 0:01






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En l'entendant émettre ses hypothèses sur mon compte, je ne peux retenir un petit éclat de rire. Pas pour me moquer d'elle, au contraire, plutôt parce que je trouve ce qu'elle dit particulièrement attendrissant. Un beau parleur, c'est si joliment dit ! J'aime beaucoup le portrait qu'elle dépeint de moi, si tout le monde me voyait de cette façon, je n'aurai que des amis ! Enfin peut être pas... Généralement, les hommes à femmes ne font pas de très bons amis auprès de la gent masculine. Cela me pousse donc à réfléchir quelques secondes avant de répondre. Comment aurai-je eu la prétention de me décrire si j'avais du faire mon propre portrait ? Hummm, peut être qu'elle a tapé dans le mille finalement.

« J'aime passer du temps en bonne compagnie, je ne le nierai pas, je finis par répondre en posant mon menton sur mon poing, pensif. Cependant oui, tu as raison, je ne me risque pas à faire la moindre promesse. Je ne cherche pas à utiliser les femmes avec qui je passe la nuit : avant de faire quoi que ce soit, je veux qu'il soit clair que le lendemain, il n'y aura rien de plus. Et pourtant, je crois qu'à ma façon je suis un grand romantique. J'aime à croire que l'amour existe dans ce monde sombre. J'aime à penser que les bonnes personnes faites pour s'aimer finissent toujours par se rencontrer. J'espère sincèrement que nous venons au monde seulement pour aimer du plus profond de notre cœur une personne qui nous est destinée. »

J'arrache mes yeux du vide et plonge mon regard dans celui si spécial de Llariarith en lui souriant. Est-ce que c'est en disant des choses comme celles-ci que je passe pour un beau parleur ? Ce serait dommage. Parce que je pense sincèrement ce que je viens de dire. Je n'ai pas eu la chance de naître de deux parents qui s'aimaient et j'ai conscience qu'aujourd'hui il est rare de voir des mariages d'amour, mais je persiste quand même à croire qu'aimer est la chose la plus importante au monde. Le fait de pouvoir tomber amoureux est probablement la plus belle qualité de l'homme.

« Et tu as raison, j'ai horreur de la malhonnêteté. Les seuls cas où je me permets de proférer un mensonge, c'est quand c'est nécessaire à la survie de quelqu'un ou lorsque je veux vendre quelque chose à un client particulièrement désagréable... »

Un sourire taquin vient s'étaler sur mes lèvres pendant que je prends une nouvelle gorgée de bière. Après l'avoir avalée, je m'accoude sur la table pour me rapprocher légèrement de ma nouvelle amie et plisse les yeux en me tapotant le menton du bout du doigt.

« Très bien à mon tour maintenant. Tu es née à Tévinter, je devine donc que tu as un passé d'esclave, l'une des conditions les plus difficiles du monde, un état totalement prohibé à Thédas tant il transforme l'homme en bétail. L'esclavage rend des hommes fous, il en tue des centaines et pourtant... Pourtant tu as un regard si innocent qu'il semblerait que tu n'aies jamais vécu autre chose que des années de bonheur. C'est ça, ce que je trouve de si mystérieux chez toi. Comment est-ce possible que des hommes forts comme des bœufs aient pu être brisés par l'esclavage tandis que toi, une frêle jeune femme en sorte indemne ? As-tu un positivisme à toutes épreuves ? N'as-tu eu que des maîtres aimants et bons ? »

Je finis enfin par me taire. Puis je réalise que je l'ai peut-être offensée alors je décide de m'excuser :

« Pardonne moi si je suis trop cru, mon intention n'était pas du tout de te blesser et si tu trouves ma curiosité mal placée tu n'as pas à me répondre, je comprendrai. »
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MessageSujet: Re: Kindness is a magical spell (Paiven) Ven 30 Oct 2015 - 16:24






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Je l'écoute en hochant légèrement la tête, séducteur et grand romantique, je souris légèrement. C'est amusant de voir réunis ces deux traits de caractère que certains croient opposés. Pour ma part je n'ai jamais vraiment songé à l'amour, ou à la séduction. Cela n'a jamais attiré mon attention, à la grande surprise des nombreuses domestiques qui ne parlent que de cela à longueur de temps. Si elles entendaient les gardes des fois qui en parlent autant qu'elle quoi que parfois sur un ton différent.

Ces conversations m'ennuient parfois, m'amusent à d'autres moments mais je n'y participe jamais, ce qui me vaut le surnom de "Glace" parmi les domestiques, malgré mon sourire et ma gentillesse le fait que je ne sois pas intéressée par cela me rend encore plus inhumaine que ma couleur de peau, étrangement.

C'est ensuite son tour de m'observer, esclave, le mot est vite prononcé et pourtant il ne voit pas en moi une victime terrifiée, cela l'intrigue, l'étonne, je souris légèrement, il ne se laisse pas entraîner par les préjugés sur les tévintides et cherche à en savoir davantage.

    

«Je n'ai eu qu'un Maitre. Il ne m'a jamais fait le moindre mal, il me traitait mieux que la plupart de ses esclaves, que je voyais rarement. J'ai grandi dans un certain luxe, pour une esclave en tout cas. »

Luxe est un bien grand mot, une chambre à moi, un lit, des repas et surtout, surtout, une éducation. Je ne lui aurais pas été aussi utile en tant que simple lavandière, mais une danseuse à la peau d'ivoire c'est différent. Il a su profiter de l'opportunité que lui offrait ma naissance pour monter dans la hiérarchie et se faire connaitre. Et puis quand il m'a vendu à Sa Grace je n'ai pas eu à me plaindre du changement, j'ai voyagé, découvert le monde, c'est une chance que tant de gens n'ont pas.

    

«Ma peau m'a valu une enfance plus facile que celle d'une simple esclave, et aujourd'hui mes talents de danseuse et la confiance de Sa Grâce me permettent de voyager à travers le monde comme messagère. »

Je le laisse réfléchir à ce que je viens de lui expliquer avant d'ajouter, retournant la question :
    

«Et toi ? Comment as-tu réussi à sortir du bas cloitre ? Ce n'est pas, à ce que j'entends, bien plus attirant que l'esclavage. »

La liberté est un concept qui m'échappe un peu, la différence entre ces elfes des bas cloitres et les esclaves tévintides m'échappe totalement, sont-ils plus heureux de se croire libres ?

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Kindness is a magical spell (Paiven)

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