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 Du sang sur la neige ~ feat. Ishtari

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Harand
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MessageSujet: Du sang sur la neige ~ feat. Ishtari Mer 8 Avr 2015 - 23:01


Du sang sur la neige

Ishtari & Harand

 
✥ Date, mois, année 5:11, dix jours avant les évènements de Val Firmin  
✥ Lieu Quelque part entre Val Forêt et Val Firmin
✥ Moment de la journée Fin de matinée
✥ Autre Temps froid et sec, le sol est encore couvert d’une fine couche de neige


Sa main gauche pressant sa main droite, Harand grimaça. La blessure saignait encore malgré le cataplasme qu’il y avait apposé. La douleur pulsait au rythme du battement de son cœur, sourde et lancinante, tant qu’il s’arrêta une fois de plus pour y jeter un œil. Quelque chose avait dû rester coincé dans la plaie. Une écharde, sans doute. Il avait bien tenté de la nettoyer autant que possible, mais sans eau fraîche, c’était peine perdue. Les quelques feuilles d’elfidée qu’il avait posées dessus n’y changerait rien avant un lavage en règle, puis un examen minutieux. Ce serait une bonne occasion pour sa toute nouvelle Première d’apprendre les rudiments du soin en pleine nature.
Quelle idée avait-il eu, aussi, de grimper sur cet arbre rabougri, en haut de ce roc couvert de mousse ? L’escalade était toujours demeurée un mystère pour lui. Lorsqu’il était enfant, voir les autres sauter de branche en branche le faisait invariablement ouvrir des yeux ronds, lui qui n’avait pas la moindre aisance sur les espaces étroits. On ne peut pas tout maîtriser. Mais quand il avait aperçu cette fleur, sur cette racine parasite enroulée autour du tronc presque mort, il n’avait pu refréner son désir de la cueillir. Il devait la montrer à Aerin. Pour l’étude, bien sûr. Il avait réussi à s’en saisir juste avant que son pied ne heurte une épine saillante ; la douleur le lui avait fait retirer séance tenante... et la chute avait été mémorable. Il avait dû se rattraper à l’aveuglette, d’une seule main – son épaule s’en souvenait encore –, et sa paume avait rencontré le bois rugueux, qui l’avait blessé jusqu’au sang. Par un miracle qu’il ne s’expliquait pas, sa main gauche avait conservé intacte la mystérieuse fleur bleu pâle. Elle reposait au fond de sa besace, attendant le moment où il l’offrirait – la montrerait ! – à son apprentie.
À présent, l’inanité d’une telle idée le sidérait. Il n’avait plus joué les acrobates depuis bien des années. Pourtant, il n’était pas peu fier de sa trouvaille : de la grâce cristalline, une herbe rare dont le pistil servait à la confection de baume, et les pétales se broyaient pour obtenir une poudre à utiliser en cataplasme. Harand sourit, amusé. Il s’était causé le mal en cherchant le remède.

Il avançait d’un pas alerte, plus agile sur le sol que dans les branches d’un vieux chêne. Le campement n’était pas très éloigné. Après leur rencontre avec Aerin, les Varalasan avaient décidé de poursuivre leur route vers le sud, jusqu’à atteindre la ville de Val Firmin. Là, ils récupéreraient des provisions, avant de repartir aussitôt vers le nord afin d’éviter Montsimmard. Ils comptaient dorénavant dans leurs rangs une apostate évadée du Cercle. Même si elle était désormais Dalatienne, ils ne pouvaient prendre le risque de croiser le chemin des templiers. Le détour importait peu aux yeux d’Harand. Seule avait de la valeur à ses yeux la sécurité des siens, et si pour cela il fallait se diriger vers le Nevarra plutôt que vers les terres de l’est, tant pis. Lui vivant, Aerin ne retournerait pas à Montsimmard. Jamais.
Un bruissement sous les frondaisons le fit s’immobiliser, l’oreille aux aguets. Il y avait peu de mouvement dans ce bosquet : quelques lapins, un couple de renards, peut-être un blaireau, mais guère plus. Seuls les oiseaux s’en donnaient ici à cœur joie. Leur ramage joyeux l’accompagnait depuis le début de son escapade solitaire. Harand écouta sans faire le moindre geste. Le ramage, justement, s’était tu, comme si quelque chose avait troublé la quiétude des bois. Instinctivement, il glissa sa main derrière son dos et détacha avec l’aisance de l’habitude les sangles qui maintenaient son bâton. Il n’en avait pas besoin pour se défendre, mais la branche de noisetier était un excellent catalyseur de son pouvoir. Et elle avait le mérite de renseigner immédiatement tout étranger sur ses aptitudes : la prudence conduisait alors leurs paroles et leurs gestes. Il s’inquiétait peut-être pour rien. L’un de ses compagnons avait pu décider de se dégourdir les jambes, lui aussi. Il fallait ramasser du bois pour le feu, poser des pièges, partir en quête de gibier ou d’herbes... ou simplement s’isoler, parfois, comme il lui arrivait encore de le faire.
Le silence l’entourait à présent totalement. Harand comprit que le bruissement n’avait pas été un tour de son imagination. Un membre de son clan n’aurait pas cherché à rester discret près de lui : quelqu’un se cachait quelque part. Sans hésiter, l’Archiviste étendit le bras devant lui et décrivit un large arc de cercle. L’air vibra. Il sentit la vague affluer du sol et l’envelopper tout entier, signe que la barrière était érigée autour de lui.

« Qui est là ? » appela-t-il d’une voix claire.

Les Shemlens des fermes voisines venaient sans doute chasser ici, mais Harand les savait lourdauds et frustes. Ils ne devaient pas s’embarrasser de discrétion lorsqu’ils battaient les bois à la recherche de proies. Mais il existait bon nombre de Shems, tous plus différents les uns des autres, et le Dalatien les avait suffisamment fréquentés pour se méfier de tous.
Il regarda autour de lui, sans discerner quoi que ce soit. Avait-il rêvé ? Les oiseaux se taisaient toujours, signe que le bosquet demeurait perturbé. L’Archiviste hésitait à manifester de nouveau sa présence. Il aurait peut-être mieux fait de garder le silence, un peu plus tôt. Il n’était cependant pas dans ses habitudes de se cacher, sauf lorsqu’il se retrouvait nez à nez avec un templier – mais l’armure lourde les trahissait aussi vite qu’un troupeau de brontos.
Non, il y avait autre chose. Le sang palpitait contre sa paume ; il sentait la magie vibrer dans sa main, désireuse de se nourrir de sa vie pour lui accorder le moindre de ses désirs. Harand serra le poing. Il n’avait jamais succombé à la magie du sang, pas même durant les heures les plus sombres de son passé. La peur, la colère et la douleur ne lui feraient jamais user de ces maléfices.

« Ir elvhen, reprit-il tout à coup, saisi d’une inspiration soudaine. Ma emma harel’din, falon.1 »

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MessageSujet: Re: Du sang sur la neige ~ feat. Ishtari Ven 10 Avr 2015 - 2:45

Le fracas la surprend, fait détaler la proie qu’elle guettait pourtant depuis longtemps, qu’elle traquait afin d’en faire son gagne-pain du jour.

Ishtari lance un juron bien senti entre ses dents, privée désormais de ce qui semblait être une prise parfaite : un cerf bien nourri dont les élégants andouillers sont intacts, dépourvus de leur doux velours, au paroxysme de leur croissance – parfaits pour la revente à un artisan, qui aurait su en faire des merveilles pour les dames humaines. Elle perdrait trop de temps à pourchasser la même bête, mais ne compte guère sur sa chance pour repérer un autre animal de si bonne qualité; si elle a un réel talent pour la chasse, comme plusieurs elfes dalatiens, elle ne peut contrôler les conditions qui amélioreront sa chasse – ou la ruineront. Bredouille, elle replace son arc dans son dos, calé contre le carquois dont les flèches commencent à se faire moindres, usées.
Elle hésite un instant, puis entame d’un pas décidé sa marche vers une clairière qu’elle a cru distinguer lors de sa traque. Elle pourrait s’y installer, faire un feu – pourquoi pas tailler quelques plumes qu’elle a récoltées afin de commencer à renouveler son stock de flèches. Si elle les récupère, dans la mesure du possible, il n’en reste pas moins qu’il suffit qu’un animal détale trop vite pour que la munition soit perdue à jamais.

Sa marche s’arrête subitement lorsqu’elle aperçoit une silhouette; elle se colle contre l’écorce rugueuse d’un arbre, écorche un coude contre le tronc âpre. Sa cachette a causé un remous dans le hallier qui n’est pas passé inaperçu auprès du voyageur. Elle entend la voix d’homme qui résonne doucement dans la forêt – or, elle ne répond guère, sentant la vibration mystérieuse de l’air trahissant l’usage de magie. Les dalatiens ne craignent pas les arcanes – ou du moins, pas lorsqu’elles sont maniées par les leurs. Ishtari ignore tout de l’inconnu, même son visage, n’ayant réussi à distinguer qu’un dos et une chevelure noisette; pas question qu’elle fasse confiance même à une voix qui se veut douce.

Toutefois, la voix de l’homme fait de nouveau écho, se répercutant dans le feuillage infini. Elvhen, songe-t-elle, écarquillant les yeux de surprise, sans pourtant se dévoiler. S’il est un elfe et un mage, fortes sont les chances qu’il soit comme elle un dalatien – or elle n’a guère vu d’aravel passer ni entendu les babillages des nomades en déplacement. Méfiante, elle comprend néanmoins que l’homme ne semble pas en démordre – peut-être même l’a-t-il vue, et ainsi, elle ne fait que s’humilier devant l’inconnu. Hésitante, elle laisse s’échapper un bras de sa cachette, dévoilant ainsi sa présence. Voyant que l’homme ne tente pas de rôtir sa bonne volonté, elle s’extirpe des branches basses pour faire face à son interlocuteur. Vêtue d’une tunique rapiécée et de peaux de divers animaux, trimbalant avec elle trophées de chasse et ingrédients soigneusement disposés dans les divers sacs et bourses qu’elle transporte, elle donne plutôt l’impression d’être une sauvageonne en règle. Or, elle a des manières. « Aneth ara. » Ainsi qu’il l’avait interpelée, ainsi qu’elle lui répond, dans la langue de leurs ancêtres. Il est évident, à voir le tatouage qui recouvre son visage, qu’il est lui aussi un dalatien – pas qu’elle soit étonnée. « Ne gaspille pas ton énergie, elvhen. Tu n’as rien à craindre de moi. » La barrière est inutile : les bras légèrement tendus de chaque côté de son corps, Ishtari avance lentement vers l’elfe, en signe de paix.

Il y a longtemps qu’elle n’a pas vu d’elfe dalatien – trop longtemps. Peut-être même n’a-t-elle guère eu la chance de croiser la route de l’un ou l’une de ses homologues depuis qu’elle s’est exilée. Le sentiment de nostalgie est difficile à réprimer – si son visage est de marbre, ses yeux scintillent d’un certain espoir, d’enfin pouvoir abaisser sa garde, elle aussi, en présence d’un inconnu.

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MessageSujet: Re: Du sang sur la neige ~ feat. Ishtari Sam 11 Avr 2015 - 22:04

Harand ne vit tout d’abord qu’un bras, et le geste, d’une prudence éprouvée, aiguisa sa curiosité. Doucement, il ramena le bâton à son côté et posa son pied sur le sol. L’autre avait manifesté sa présence. S’il n’avait pas voulu de contact, il aurait sans doute disparu dans les bois sans demander son reste, mais il avait cherché à savoir s’il risquait quelque chose en se dévoilant. L’Archiviste resta silencieux et immobile. Il connaissait cette discrétion pour l’avoir lui-même pratiquée quelques mois. On répondait à la prudence par la mesure, et à la crainte par l’apaisement.
Mais, bien qu’il s’attendît à voir émerger un Elvhen, la silhouette qui se détacha du sous-bois le surprit. Il cligna des paupières comme pour s’assurer que ses yeux ne lui jouaient pas des tours. C’était une femme, et malgré les vallaslin qui ornaient son visage fier, elle ne ressemblait pas à une Dalatienne, ni à une citadine, par ailleurs. Il fronça légèrement les sourcils, non de méfiance mais de questionnement. Il n’avait vu aucun autre aravel à l’exception de ceux des Varalasan. Si un autre groupe était arrivé après eux, ils l’auraient sans nul doute remarqué – Admaël et Panoriel, tout au moins, n’auraient pas manqué de les repérer. D’où venait-elle ? Était-elle seule ? Un Elvhen solitaire risquait sa vie sur les routes de Thédas : les Shemlens ne manifestaient pas la moindre compassion envers une proie aussi facile. Mais celle-ci semblait pourtant bien différente d’une chasseresse ordinaire.
Il éprouvait toujours une confiance naturelle envers les Elvhens, et ce fut avec respect qu’il inclina la tête en recevant les salutations. D’un simple geste de la main devant lui, il abaissa la protection qu’il avait érigée un instant plus tôt, signe manifeste du crédit qu’il accordait aux membres de son peuple, et en tout cas à celle qui s’avançait doucement vers lui.

« Aneth ara, ma sœur, répondit-il d’un ton serein. Pardonnez mon excès de prudence : on ne sait jamais sur qui l’on peut tomber au détour d’un chemin. J’ignorais qu’un autre clan s’était établi dans ce bois, sinon je serais venu présenter mes respects plus tôt. »

Les clans dalatiens communiquaient peu entre eux. Ils se contentaient de troc au hasard de leurs rencontres, mais restaient rarement longtemps au même endroit qu’un autre groupe. Les Shemlens auraient eu tôt fait de prendre cette assemblée comme la formation d’une armée. Néanmoins, Harand estimait qu’ils devaient garder le contact entre eux et échanger des nouvelles. En tant qu’Archiviste, il lui revenait de saluer ses homologues plus âgés.
Il observa la Dalatienne qui se tenait devant lui, intrigué par son apparence et l’excessive prudence dont elle faisait preuve. Elle portait un arc en bandoulière et un carquois garni de flèches à l’empennage usé, qui trahissaient un âge vénérable et peu de temps pour en fabriquer de nouvelles. Ses vêtements rapiécés auraient eu besoin d’un lavage en règle, comme son visage couvert de poussière. Et que contenaient les innombrables bourses accrochées à sa ceinture ? La tenue n’était pas dalatienne – ou, si elle l’avait été, elle ne l’était plus depuis longtemps. L’Elvhen gardait une expression neutre, mais ses yeux s’illuminaient d’un étrange éclat tandis qu’elle les posait sur lui. Il plissa les paupières. Ce regard ne lui était pas étranger. Un an plus tôt, il avait croisé un chasseur solitaire qui l’avait observé de la même façon aux premiers instants de leur rencontre. Avait-elle quitté son clan, comme Admaël ?
Harand éprouvait toujours une profonde compassion envers les siens. Ses propres démons lui faisaient entrevoir les Dalatiens, et les Elvhens en général, au travers d’un prisme déformant qui leur octroyait toutes les excuses et toutes les qualités du monde. Il avait conscience de souvent se laisser fourvoyer, mais c’était plus fort que lui. Son expérience des elfes et des hommes lui avait appris qu’il pouvait se fier aux premiers, mais surtout pas aux seconds.

« Je suis Harand, du clan Varalasan. Nous nous sommes établis un peu plus loin vers le sud. »

Il hésita un instant. D’ordinaire, il aurait invité tout elfe solitaire à venir au camp, tant pour se restaurer que pour se reposer. La Dalatienne n’était peut-être pas seule, cependant, et il était toujours intrigué par cette étrange chasseresse.
La douleur dans sa main droite le reprit tout à coup et il grimaça. Ses doigts serrés firent jaillir quelques gouttes de sang, qui tombèrent sur le mince manteau de neige qui recouvrait le sol. Harand jeta un coup d’œil rapide à la plaie. Il fallait vraiment examiner ça de plus près. Il aurait pu avoir recours à la magie pour guérir la blessure, mais il préférait user des vieilles méthodes lorsqu’il le pouvait. D’autant plus lorsque le sang coulait de sa propre main... Et puis, si une écharde était restée coincée dans sa paume comme il le craignait, la magie ne servirait pas à grand chose. Tout ça pour une fleur... Brusquement, son coup d’éclat lui apparaissait comme une bêtise d’enfant, ou l’idée stupide d’un très mauvais séducteur. Par chance, personne ne l’avait vu chuter de l’arbre... Il n’avait plus qu’à inventer une histoire romanesque mêlant une bête sauvage, et Aerin s’émerveillerait du cadeau. Non. C’était définitivement ridicule.
Son attention se reporta sur l’Elvhen. Un peu embarrassé, il referma les doigts sur la plaie pour la dissimuler. Il réprouvait la magie du sang, mais quelqu’un qui ne le connaissait pas aurait eu tôt fait de se méprendre. Il capta l’étrange regard de la chasseresse, et une curieuse sensation l’envahit, comme si elle attendait quelque chose de lui et qu’il lui fallait y répondre.

« Êtes-vous seule, ma sœur ? s’enquit-il, troublé. Où sont les vôtres ? »
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MessageSujet: Re: Du sang sur la neige ~ feat. Ishtari Mer 13 Mai 2015 - 0:06

Le regard de l’elvhen ne lui échappe pas; elle se sait auscultée pour la singularité de son accoutrement, ainsi drapé sur elle par nécessité bien plus que par vanité. Elle traîne l’ensemble de ses possessions terrestres sur ses épaules et ses hanches, ce qui semble attiser la curiosité de son interlocuteur – celui-ci, néanmoins, semble poli et évite les commentaires. Il semble même lui faire confiance, fait se dissiper la protection magique qui l’entoure; elle s’arrête à une distance proche, mais respectueuse – et méfiante, toujours – du dalatien. Il parle d’un autre clan, de salutations cordiales, mais Ishtari sait qu’il n’en est rien. Il n’y a rien dans ces bois qui justifie une telle révérence, elle le sait pour l’avoir arpenté pendant de longues journées à la recherche de prises lucratives. Elle hoche néanmoins la tête par politesse, une bonne habitude qu’elle perdait au contact des humains mais qui semblait revenir au galop en présence de son homologue.
Elle comprend rapidement qu’il est Archiviste : la magie autant que l’éloquence étaient souvent des signes qui indiquaient un tel rang. Ishtari est une femme de peu de mots, mais apprécie la loquacité de son interlocuteur. Peut-être parce qu’il lui rappelle sa vie passée, celle où elle était mère, épouse et sœur, et non pas sauvage et chasseresse.

« Mon nom est Ishtari. » Nul clan, nul qualificatif; elle n’est rien d’autre qu’une âme en peine, errant au gré des saisons et des migrations. Elle ne suit ni les siens, ni ses propres ambitions, juste la promesse d’une chasse fructueuse.
Son œil de lynx remarque rapidement la grimace de douleur de son interlocuteur et elle fronce les sourcils. Est-il souffrant? Sans nul doute – des gouttelettes vermeilles teintent la neige immaculée, issues de ce qu’elle imagine être une plaie au creux de la paume de l’elfe. Il lui pose une question, comme s’il allait faire déroger son attention de l’hémoglobine qui ruisselle encore sur le manteau blanc sous leurs pieds. « Tu ne soignes pas ça? » Elle pointe mollement en direction des doigts de l’elvhen, sans quitter la plaie des yeux, bien qu’elle ne la voie pas. Or, tout comme il a sans doute voulu changer de sujet et la mener sur une autre piste de conversation, elle sait qu’il ne sera pas dupé. Elle n’a pas non plus envie de répondre. Toutefois, si elle souhaite qu’il s’ouvre à elle, elle doit montrer l’exemple. « Je suis seule. J’ai perdu la trace de mon clan il y a longtemps. » Elle ignore où ils se trouvent désormais, ceux qui jadis ont constitué sa famille. Pas qu’elle regrette son départ; néanmoins, chaque pensée à leur égard enserre son cœur comme un étau. La nostalgie.

« As-tu le nécessaire sous la main pour ta blessure? » Elle reprend le sujet qui l’intéresse davantage, pointe son sac du pouce. « Sinon j’ai tout ça. Laisse-moi t’aider. » Un étrange élan d’altruisme de la part d’une solitaire, d’une égoïste sociale – mais l’occasion est d’or de partager un peu de temps avec l’un des siens et non pas à maudire l’existence de la race humaine, tapie dans le coin d’une taverne nauséabonde.

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MessageSujet: Re: Du sang sur la neige ~ feat. Ishtari Mer 13 Mai 2015 - 13:24

La chasseresse, Ishtari, restait méfiante à son égard, et pourtant Harand la sentait curieuse, peut-être même désireuse de ce contact inattendu au cœur des bois. Il se garda de toute remarque quant à son apparence, et s’inclina quand elle se présenta. Elle n’avait pas mentionné de clan. Étrangement, le jeune homme ne s’en étonna pas. Elle lui rappelait certains de ses compagnons rencontrés au détour d’une forêt : des vêtements sales, une peau couverte de poussière, un arc dans le dos, et surtout l’immense solitude inscrite au fond de leurs yeux.
Elle n’avait pas réagi à l’évocation du nom de Varalasan. Harand ne s’en offusqua pas, même s’il éprouva une brève déception. Les siens avaient toujours été des commerçants. Autrefois, quand Nesiara les menait, ils avaient de fréquents contacts avec les autres communautés dalatiennes, avec lesquelles ils échangeaient des denrées, des matières premières, des outils, et parfois des nouvelles, aussi. Harand était un solitaire. Il évitait les étrangers comme la peste, alors, au grand dam de son maître qui cherchait à lui faire perpétuer cette tradition. Si Ishtari n’avait aucune chance de se souvenir de lui – ni lui d’elle –, il avait tout de même espéré, l’espace d’un instant, qu’elle se rappellerait les autres. Néanmoins, cela valait sans doute mieux ainsi. Elle aurait posé des questions auxquelles il rechignait à répondre.
À la remarque de la jeune femme, il eut un sourire en coin et leva lentement la main. Il la présenta paume vers le ciel et non directement de face : de cette façon, le geste était plus amical, moins menaçant. Ainsi ne craindrait-elle pas de le voir lancer un sort. Le cataplasme qu’il avait posé sur la plaie n’avait servi à rien. Le sang s’écoulait toujours et la douleur était vive, signe que, comme il le pensait, une écharde avait dû rester coincée dans ses chairs.
Ishtari avait sciemment éludé sa question, mais elle l’avait fait avec une politesse qui méritait son respect. Il n’insista pas. Il n’insistait jamais, de toute façon. Ceux qu’il rencontrait avaient le droit de conserver pour eux leurs secrets. Il ne pouvait ni les leur soutirer, ni les juger pour cela. Après tout, il n’était pas le mieux placé pour réclamer la vérité. Si elle préférait s’inquiéter de sa blessure plutôt que de lui parler d’elle, il respecterait son souhait et contournerait le sujet qu’il pressentait délicat.

« Pour un mage, mieux vaut éviter d’user de magie lorsque son propre sang coule, expliqua-t-il d’une voix douce. Hélas, mon baume s’avère inefficace. »

Mais contrairement à ce qu’il pensait, elle évoqua tout de même son clan, une bribe de son passé, et Harand leva sur elle un regard presque surpris. Comme il s’y attendait, Ishtari était donc une Dalatienne solitaire. Avait-elle délibérément quitté les siens, comme Admael, ou l’avait-elle perdu, comme lui ? Il ne posa pas la question, conscient qu’elle ne lui répondrait sans doute pas, et peu désireux de briser trop tôt une confiance qui prendrait du temps à s’établir. Comme à chaque fois qu’il rencontrait un Elvhen égaré, son cœur se serra pour elle. Une profonde tristesse se lisait son regard, une plaie toujours béante, un souvenir à la fois réconfortant et douloureux. Harand ne pouvait que comprendre ce qu’elle éprouvait. Penser à ce qu’il avait perdu amenait la même émotion en lui.
Elle revint sur sa blessure, les détournant tous les deux d’une nostalgie déjà trop envahissante. L’Archiviste hocha la tête.

« J’ai ce qu’il faut, mais je crains qu’une écharde ne soit restée dans ma main. J’ai manqué de tomber d’un arbre, confia-t-il, mi-amusé, mi-penaud. Je pensais rentrer à notre campement pour nettoyer la plaie et retirer l’écharde, mais si vous pouvez m’aider, j’accepte volontiers. »

Il s’avança à pas lents, espérant qu’elle ne s’effaroucherait pas, la paume toujours tournée vers le ciel. Si sa demande était une tentative pour inviter la jeune femme à baisser sa garde, c’était aussi pour lui un moyen de ne pas rentrer en piteux état au campement. Par coquetterie ou par orgueil, il préférait qu’Aerin ne le vît pas avec une telle blessure. Il aurait sans doute dû manifester plus de prudence – après tout, il ne connaissait rien d’Ishtari – mais sa nature l’incitait à faire confiance aux Elvhens. Alors qu’autrefois sa réserve le poussait à éviter la compagnie des autres, les épreuves qu’il avait traversées lui donnaient envie de se rapprocher de ceux de son peuple. La chasseresse portait des armes qui lui auraient permis de le tuer sans mal. Tout mage qu’il était, il ne pouvait survivre à une flèche ou un coup de poignard. Se présenter ainsi à elle était sans conteste la meilleure preuve de son désir de paix.
Avec un sourire engageant, il plongea son regard dans celui de la jeune femme. Il posait toujours le pied de son bâton sur le sol, plus parce qu’il ne pouvait le ranger d’une seule main que pour l’avoir, au cas où Ishtari s’avérerait moins amicale qu’il n’y paraissait.

« En échange, je vous propose un repas parmi nous, et même une nuit au campement si vous le désirez. Nous ne sommes pas nombreux, mais nous partagerons volontiers ce que nous avons avec vous. »

Il savait à quel point une vie solitaire pouvait être difficile à supporter pour un Dalatien. Lorsque l’on a toujours vécu en communauté, se retrouver seul est la pire des situations. Pour l’avoir endurée lui-même, il se rappelait combien l’on se sentait vulnérable, et combien le chagrin pesait sur son cœur. S’il pouvait alléger un peu celui d’Ishtari, il le ferait, non comme un devoir, mais comme une vocation.

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MOURIR EST AISÉ. VIVRE DEMANDE BIEN PLUS DE COURAGE. « Les morts ne souhaitent pas la vengeance, seulement le bonheur de ceux qui restent. » ©️ signature by anaëlle.
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MessageSujet: Re: Du sang sur la neige ~ feat. Ishtari Mar 23 Juin 2015 - 1:10

Ishtari n’était guère dotée des aptitudes psychosociales les plus aiguisées – ce n’est pas pour rien qu’elle a du mal à cerner les intentions de son homologue masculin alors qu’il expliqe pourquoi sa blessure est toujours béante. Elle n’avait jamais été proche de la magie, ou même de l’Archiviste de son ancien clan. Or elle tend à le croire sur parole, ce mage qui est apparu aussi soudainement qu’un arc-en-ciel après la pluie. S’il le dit, alors il sait mieux, et elle n’est pas en droit ni en mesure de le contredire.
Si elle s’amuse intérieurement de la mésaventure – et de la maladresse – de son interlocuteur, elle n’en montre rien ; son visage est impassible, impénétrable, bien qu’elle sente que le prénommé Harand en grappille suffisamment sur elle juste à la regarder. Mage, donc archiviste – il doit faire un bon chef de clan, elle n’en doute point. Il s’avance et elle l’observe alors que ses propres épaules s’abaissent, la tension s’évaporant. Elle était prête à tout moment à replonger dans les buissons et de faire cadeau à l’Elvhen d’une dague bien placée avant de fuir, toujours. Toutefois, chaque pas la rassurait. Peut-être parce que l’image de sa chute suffit, à son esprit, à le rendre tout à fait inoffensif malgré l’arme dont il se sert pour avancer.

Il entame de nouveau la conversation, lui propose une nuit au chaud et au sec et en compagnie de ceux de sa race. Des siens. Son visage autrement inexpressif trahit une certaine surprise sous la forme d’un haussement de sourcils, de yeux d’émeraude écarquillés, ébahis. Elle hoche la tête mais ne dit rien. Elle pointe simplement au mage une roche plate qui fera parfaitement l’affaire pour la besogne qu’elle a à accomplir. Sur celle-ci, elle pose une fourrure fraîchement tannée, cuir vers le ciel, afin que l’elfe puisse y poser sa main lésée. « Donne-moi un instant. » Elle le laisse se poser dans l’herbe fraîche alors qu’elle farfouille son sac à la recherche des composants nécessaires. Elle ne connaît pas grand-chose à l’herboristerie, mais sait au moins fabriquer deux ou trois onguents pratiques – utile lorsqu’on est seule, à la merci de l’âme de la forêt. L’archiviste trouvera sans doute à redire à sa technique et au dosage, mais elle estime que l’important est que le mélange fonctionne. Mais tout d’abord, l’écharde pose problème et elle se doit d’être retirée.

La femme observe un instant la paume de son interlocuteur. Le morceau d’écorce s’est fiché assez loin sous l’épiderme et explique l’inefficacité du baume qu’a tenté de s’auto-administrer Harand. Elle arrache de sa ceinture une petite dague qui, visiblement, n’a que peu servi – bien polie, propre et surtout, acérée. Elle ne justifie pas son choix d’instrument ; il est dans l’intérêt de l’elfe de lui faire confiance, après tout. Alors même qu’elle effleure la surface de la peau, sous laquelle on voit clairement l’écharde, elle prend parole – peut-être, inconsciemment, pour détourner l’attention de l’archiviste du pincement que lui causera la lame. « Tu dis que vous êtes peu nombreux. Combien ? » demande-t-elle, curieuse de savoir s’il n’est que modeste ou s’il joue franc jeu. « Je n’oserais jamais me présenter devant des pairs les mains vides. Si je suis invitée, j’apporterai de quoi rôtir. » Elle poursuit, humble et polie. Comme quoi la vie en forêt et parmi les Shemlens ne l’a pas entièrement dénudée de ses manières. L’excuse pourrait également lui servir si elle décide, justement, de ne pas se joindre à eux. Elle partirait chasser pour ne plus jamais croiser leur route, un plan parfait s’il en était un.

En deux temps, trois mouvements, Ishtari retire de la main blessée un pic de bois long de deux ou trois centimètres qu’elle dépose sur la peau de bête. Elle le lorgne avec un certain malaise. « Plus gros que j’aurais cru », finit-elle par lâcher du tac au tac, extirpant de son sac un onguent épais dont la consistance ressemble plutôt à celle d’une pâte à tarte. Elle l’étale généreusement sur la blessure pour entièrement la recouvrir. « Il faut attendre que ça sèche », l’instruit-elle, sachant pertinemment qu’il sait sans doute comment un simple baume fonctionne « Ça aide à cicatriser. »

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MessageSujet: Re: Du sang sur la neige ~ feat. Ishtari Sam 4 Juil 2015 - 10:04

Ishtari ne s’était pas attendue à une telle proposition, comme en témoignait l’expression qu’elle arbora lorsqu’il la fit. Harand inclina la tête. Son acquiescement silencieux à sa proposition lui tira un sourire et, comme si ce geste valait pacte, il offrit sa main blessée à l’examen de l’Elvhen. Elle détenait tout le matériel nécessaire aux premiers soins, signe qu’elle se promenait effectivement seule.
Il ne cilla pas lorsqu’elle appliqua sa lame contre sa peau. Il avait subi le rite des vallaslin sans manifester le moindre signe de douleur, et il ne comptait pas grimacer pour une simple écharde. Par défi, il lui offrit un sourire, en réponse à sa question.

« Nous sommes six. Un petit clan, comme je vous le disais. »

Mais il se développait malgré tout, lentement et sûrement, se renforçant au fil du temps. Harand éprouvait de la fierté chaque fois qu’il regagnait le campement, chaque fois qu’il les observait vivre ensemble, comme de véritables frères et sœurs. Peu importait le nombre. Seul comptait le cœur, et celui des Varalasan battait avec vigueur.
Protéger un si petit clan, en revanche, demandait une attention de tous les instants. À six, ils étaient beaucoup plus vulnérables qu’un groupe de grande envergure. Les Shemlens manquaient rarement une occasion de s’en prendre aux Dalatiens – des braconniers sur leurs terres, comme ils se plaisaient à le dire – et Harand devait veiller à la sécurité de tous. Il refusait de perdre une nouvelle fois les siens. Son regard tomba sur sa main blessée, et sur le liquide vermeil que lame faisait jaillir et qui coulait sur le cuir. Il n’avait jamais usé de magie du sang, pas même pour exercer sa vengeance. Pourtant, si son clan se trouvait de nouveau menacé, serait-il capable de résister à la tentation ?
Il détourna les yeux, préférant reporter son attention sur la chasseresse.

« Tous ne sont pas Dalatiens, expliqua-t-il, conscient qu’elle ne manquerait pas de le remarquer si elle se présentait au camp. Certains d’entre eux avaient besoin de renouer avec leurs origines, et nous les avons volontiers accueillis. Nous accueillons tous ceux qui le souhaitent. »

Le message manquait peut-être de subtilité, mais elle pourrait le prendre comme elle le jugerait bon. Harand détestait voir son peuple se disperser. Imaginer les siens vivre comme des mendiants dans les bascloîtres shems lui donnait la nausée. Ils auraient pu vivre libre, heureux, retrouver leurs racines, plutôt que de finir serviteurs, esclavage dissimulé sous un nom moins choquant.
Il fixa le visage de la chasseresse, observant les lignes acérées de son vallaslin. June, étonnamment. Elle dissimulait la moindre de ses émotions, même face à l’un de siens. Qu’est-ce qui avait pu la contraindre à quitter son clan ? Pourquoi se montrait-elle si froide, si réservée ? Que redoutait-elle face à lui, qui lui ouvrait son esprit sans crainte ni méfiance ? Harand avait posé son bâton sur le sol, signe manifeste de la confiance qu’il lui témoignait – même si sa seule main aurait pu suffire à lancer un sort. Peut-être était-ce seulement dans la nature d’Ishtari, de se comporter ainsi. Mais il croyait percevoir en elle le besoin de retrouver ses semblables, pour un temps au moins. S’il gardait pour principe de ne jamais poser de questions, tout en offrant une oreille attentive à qui en éprouvait le besoin, il pouvait au moins lui accorder la chaleur d’un clan durant quelques heures.
Il ne put retenir un soupir de soulagement lorsqu’Ishtari retira la longue tige de bois de sa paume. Surpris, il considéra l’écharde avec des yeux ronds. Difficile de guérir avec un tel monstre dans la main ! Il sourit de nouveau quand la jeune femme lui appliqua le baume, rudimentaire, certes, mais bienvenu. La froideur de l’onguent apaisait déjà la douleur. La paume tournée vers le ciel, il leva le regard vers Ishtari et inclina la tête.

« Me voilà sauf ! Ma serannas, je suis votre obligé. Par conséquent, vous êtes mon invitée aujourd’hui, et vous ne pouvez vous dérober. Ne vous inquiétez pas pour le présent : c’est moi qui vous dois quelque chose, non l’inverse. Nous serons honorés de vous compter parmi nous ce soir. »

Il se redressa, soulagé de ne pas avoir à subir l’avanie de se présenter blessé et non soigné au campement. Un guérisseur incapable de panser ses propres plaies, avait-on déjà vu cela ?

« J’ignore pourquoi vous êtes seule et ne vous le demanderai pas, mais un Dalatien isolé est vulnérable, ajouta-t-il, soudain plus sérieux. Puisque mon clan se trouve ici cette nuit, je tiens à ce que vous restiez à nos côtés jusqu’au matin. Au moins serez-vous en sécurité jusqu’au lever du jour. »

Pure vanité. Aucun clan n’était jamais en sécurité, surtout pas un groupe de six individus. Mais c’était toujours mieux qu’un seul, et il sentait qu’Ishtari avait besoin, sinon d’un clan, à tout le moins d’une compagnie. D’un geste du bras, il désigna le sud, où les Varalasan avaient établi leur campement.

« Nous sommes installés dans cette direction. Vous ne pourrez manquer les aravels. Mais je vous sens hésitante, alors si d’aventure vous changiez d’avis, je tiens quand même à vous donner quelque chose. »

Il glissa les doigts dans sa besace et les referma sur la tige de la fleur qu’il avait cueillie un peu plus tôt. Il avait enduré cette vilaine blessure pour pouvoir l’offrir à sa Première, mais c’était grâce à elle qu’il avait pu nouer le contact avec Ishtari. Leur lien semblait indissociable. Avec précautions, il sortit la délicate clochette bleue du sac et la tendit à la chasseresse.

« De la grâce cristalline. Une rareté, à cette époque de l’année. On s’en sert pour fabriquer des remèdes. »

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MessageSujet: Re: Du sang sur la neige ~ feat. Ishtari Mar 7 Juil 2015 - 1:33

De l’avis de la chasseresse, six ne constituait guère un clan. Une poignée d’elfes solidaires se rangeait-elle sous cette définition? Peut-être. Plus, du moins, que la sauvagesse recluse qu’elle est. Ishtari manque de trahir sa surprise alors que Harand lui mentionne que son clan regroupe autant les dalatiens, descendants de la tradition d’Arlathan, que les citadins, misérables victimes du règne des Hommes. Elle n’a que des préjugés à l’égard de ceux qui sont confinés aux bas cloîtres – pas tous sont négatifs, mais elle peine à s’en défaire. Les soumis, les esclaves… les faibles. Pourquoi ne prenaient-ils pas leur avenir en main? Leur destinée, après tout, leur appartient. Elle avait fait son choix il y a longtemps, même si elle avait mis du temps à le mettre en œuvre. Ils ne sont pas différents. Pas dépourvus des moyens qu’elle possède.

Néanmoins, elle ne peut ignorer le commentaire d’Harand, dont les intentions sont évidentes. Pour la première fois, elle se risque à un sourire – vaguement ironique, comme pour lui signifier qu’elle avait vu au travers de sa tentative. « Tu ne sais rien de moi, Harand du clan Varalasan » se contente-t-elle d’articuler alors qu’elle s’attèle à la tâche. Elle n’est point guérisseuse, mais le calme de son vis-à-vis la conforte dans sa procédure. Si elle avait dû faire une erreur, elle ne doute pas qu’il l’aurait remise sur le droit chemin. « Et si j’étais une meurtrière? Une mutine? » Elle ne l’est pas. Or, l’innocence et la naïveté de Harand la fascinent tout autant qu’elles l’amusent. Et la voilà, mentionnant un potentiel passé sanglant, lame à la main, prête à lui taillader la peau. Ishtari a appris à se méfier de tout ce qui a un pouls; la confiance de l’archiviste à son égard l’impressionne.

Elle finit de panser la plaie d’une épaisse couche de baume aux vagues odeurs herbacées alors que Harand la remercie. C’est plutôt elle qui a envie de le remercier pour ce bref contact cordial avec l’un des siens – or, elle se tait. Il s’imagine que, seule, elle est vulnérable, mais elle sait que c’est tout le contraire. Seule, elle se fond aux ombres, ne déplace que peu d’air, est aussi silencieuse que le zéphyr. Un groupe devient inévitablement la proie des shems qui croient que ces forêts sont leurs. Elle hésite, c’est évident. Une soirée autour d’un feu, à dormir dans une paillasse et non pas en équilibre sur la branche d’un orme, un œil ouvert, lui ferait le plus grand bien. Peut-être que partager avec ses homologues la revigorerait également – moralement, cette fois. Mais Harand la devance, et elle hoche la tête, comme pour confirmer ses doutes. Bien sûr, qu’elle hésite. Elle n’a plus les capacités d’autrefois, celles qui lui permettaient de vivre adéquatement en société. Même pour un soir, elle craint que celles-ci manquent cruellement.

Le geste de l’archiviste la prend de court. La première – et la dernière – fois qu’on lui avait offert des fleurs, c’était lorsqu’elle avait uni sa vie à celle de son époux. Celui qu’elle avait lâchement abandonné. Son regard s’ennuage, mais elle tend néanmoins les doigts vers le présent. « N’en as-tu pas besoin? Plus que moi? » Sa main vacille, comme pour battre retraite, mais devant l’insistance de l’Elvhen elle accepte, posant un instant son regard sur la fleur avant de la ranger avec soin dans sa besace. « Merci. » Un murmure presque inaudible, occulté à moitié par la gratitude, à moitié par la honte des souvenirs que le cadeau ressasse dans son âme. « Je me joindrai à vous, si cela ne t’importune pas. » L’occasion est rêvée et si sa fierté hurle son mécontentement, c’est un côté d’elle qu’elle ne se connaissait plus qui la pousse, éphémère, vers ce regroupement : l’appartenance.

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MessageSujet: Re: Du sang sur la neige ~ feat. Ishtari Ven 10 Juil 2015 - 15:43

Il ne savait rien d’elle, c’était un fait. Pourtant, certains indices la trahissaient. Son mutisme, en premier lieu, témoignait de sa nature secrète, introvertie et peut-être même timide. À l’opposé, son intérêt pour le Dalatien qu’elle venait de rencontrer indiquait qu’elle se sentait seule, suffisamment pour surmonter sa réserve et s’approcher de lui. Les soins qu’elle lui administrait, quant à eux, étaient la preuve de sa charité. Elle aurait pu s’enfuir au lieu de se montrer. Elle aurait pu le tuer d’une flèche, en restant cachée dans les fourrés. Elle aurait pu lui causer une blessure bien plus grande alors qu’il lui offrait sa main sans la moindre crainte. Mais elle n’avait rien fait de tout cela, et même si elle en était une, c’était le signe qu’elle valait bien mieux qu’une voleuse ou une meurtrière.

« Vous avez raison, concéda-t-il cependant. Je ne sais rien de vous, et mes expériences passées devraient m’inciter à me montrer plus prudent. Une fois, un Elvhen m’a dérobé tout ce que j’avais, après avoir endormi ma méfiance. »

Ce souvenir amena un sourire sur ses lèvres. À bien y réfléchir, il n’en voulait même pas à ce garçon.

« Le passé est passé. On ne peut revenir en arrière. Je vous l’ai dit : je ne poserai pas de questions. À moins que vous ne vouliez m’expliquer qui vous êtes, d’où vous venez, et pourquoi vous êtes seule, tout ce que vous souhaiterez garder pour vous demeurera votre secret. »

De toute façon, qui était-il pour juger ? Des meurtriers se cachaient sous les dehors les plus avenants, les plus rassurants. Son sourire se crispa, et il baissa la tête pour dissimuler sa gêne. Il aurait aimé connaître l’histoire de chacun de ses compagnons, mais il partageait leur besoin de taire leur passé. Si un seul d’entre eux avait su ce qu’il avait fait, le clan y aurait-il survécu ? Comment se fier à un assassin lorsqu’on savait à qui on avait affaire ?
Il s’efforça de chasser ces sentiments et secoua la tête. Sa bienfaitrice semblait à la fois troublée et émue par le cadeau qu’il lui avait fait, pourtant simple en comparaison du soin qu’elle lui avait apporté. Le voile tombé sur ses yeux sombres dispersa tout à fait les pensées mélancoliques de l’Archiviste. Il eut un vague geste vers elle, levant la main comme s’il allait la poser sur la sienne, mais il se ravisa en cours de chemin. Ishtari ne ressemblait ni à Aerin ni à Elorill. Elle n’aurait sans doute pas apprécié cette familiarité déplacée.

« Je vous en prie, gardez-la. C’était… pour enseigner quelque chose à ma Première. J’en trouverai une autre, sûrement. Elle vous sera utile, et puis, vous ne pouvez pas refuser : c’est un présent. »

Ses derniers mots lui tirèrent un franc sourire. Soulagé et heureux de sa décision, il désigna la direction dans laquelle se trouvait les aravels. Il ne lui était jamais venu à l’esprit qu’un Elvhen puisse en vouloir à leur sécurité. Si nul Shemlen n’avait foulé le cercle autour de leur foyer, tous les elfes étaient les bienvenus, et Harand ne se méfiait d’aucun. De toute façon, Admael aurait sans hésitation tué quiconque en aurait voulu au clan. Et l’Archiviste n’aurait pas attendu longtemps, lui non plus. S’il tolérait un vol à cause de sa propre naïveté, il n’acceptait aucune menace à l’encontre des siens.
Mais il accordait sa confiance à Ishtari, sans la moindre réserve. Son instinct le poussait à se fier à elle – peut-être parce, bien plus qu’une Elvhen, elle était Dalatienne, tout comme lui. Elle avait peut-être quitté son clan, mais elle n’avait pas pour autant rejoint le bascloître, ni une quelconque bande errante. Elle vivait selon les traditions de leur peuple, chassant, dormant dans les forêts, portant avec fierté les vallaslin qui ornaient son visage. Harand ne se sentait ni en présence d’une menace, ni même d’une inconnue : Ishtari était une sœur, et même si elle n’osait pas se dévoiler, il n’entendait pas faire montre de méfiance à son égard.

« Puis-je vous montrer le chemin ? »

Sans même attendre sa réponse, il commença à avancer, s’aidant de son bâton pour éviter racinest et autres pièges de la nature. Il s’immobilisa après quelques instants et se tourna vers la chasseresse derrière lui.

« Depuis combien de temps voyagez-vous seule ? s’enquit-il. J’espère que vous n’avez pas eu trop d’ennuis avec les Shemlens. »

Un souffle d’air lui fit lever les yeux. Les nuages étaient gris et lourds ; ils promettaient de nouvelles chutes de neige sous peu. Ils ne pourraient s’attarder longtemps, au risque de voir les aravels de nouveau bloqués. L’hiver avait été rigoureux. Pour une seule chasseresse, trouver de la nourriture en quantité suffisante avait dû s’avérer plus que compliqué.

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Du sang sur la neige ~ feat. Ishtari

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