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 Un cheval fatigué, un Dalatien constipé

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MessageSujet: Un cheval fatigué, un Dalatien constipé Lun 16 Fév 2015 - 20:03

Le soleil n’était pas encore levé que je m’étais atteler au premier repas de la journée, rien de mieux que du bon pain frais pour commencer la journée. Le seul éclairage que je possédais était quelques chandelles, ainsi que les flammes du foyer. Il faudrait que je m’achète des nouvelles, sinon je risquerais de me réveiller sans aucun éclairage. Lorsque les premiers rayons pénétrèrent ma demeure, j’éteignis ses lueurs, ne gardant que le feu pour me réchauffer, mais aussi pour le pain. J’entendis soudainement quelques coups à la porte, je n’étais pas certain d’avoir bien attendus. Le plancher craquant sous mes pas, je préférais m’immobiliser, les coups ayant continué, je comprenais que mon imagination n’en était pas la cause. Ce bruit tait presque mélodieux, je reconnaissais parfaitement ses coups, ancien code secret, il ne pouvait s’agir que d’une personne. J’ouvris la porte et ne tarda pas à avoir la confirmation de mes doutes.

« Sœur Syrielle, quel étrange heure pour venir me voir, j’aurais pu être en train de dormir »

Syrielle Lowan pour être plus précis, elle était l’une de mes cousines, si dans le passé je l’avais souvent côtoyé, depuis ses vœux, cela était plus rare. J’étais surpris qu’elle me rende visite, par sa mine grave, je me doutais bien que sa présence n’était pas dû à un plaisir personnel. Elle se força à sourire, je détestais lorsqu’on faisait cela, j’avais l’impression qu’on tentait de me mentir. Un faux sourire au visage, elle essaya de me répondre d’un air qui se voulait joyeux.

« Parce qu’il t’arrive de dormir? »

Je n’avais jamais été un grand dormeur, cependant elle exagérait un peu mon état. D’un signe je l’invitais à entrer, elle serait mieux à l’intérieur et serait préservé des regards indiscret. Je dois avouer avoir été inquiets, si elle arrivait tôt chez moi, c’est qu’elle avait parcourus la ville en pleine nuit, cela pouvait être dangereux, mais démontrait une nuit agitée. Elle ne tarderait pas à m’expliquer la situation : « C’est Gallïan! », me dit-elle. Je savais qu’ils étaient amis de longue date. Il est fort probable que si elle n’avait pas été donnée au créateur et lui promis à une autre femme qu’ils auraient fini ensemble. Elle continua ses propos : « Sa femme est venue me voir, cela doit faire plus d’un mois qu’il est parti pour Val forêt. Il devrait déjà être de retour. La chantrie a déjà mis une annonce, mais j’avais pensé… » Je me doutais parfaitement de ce qu’elle allait ajouter

« Tu as pensé que puisque je le connaissais, je pourrais y aller »

Et voici comment je me retrouvais sur les routes sur le dos de Drasic, cette vieille bête avait connus des années plus glorieuses. Val forêt devait se trouver à environ sept jours, si on prenait en compte qu’on devait se reposer. D’après les renseignements que m’avait confiés Syrielle, la femme de Gallïan attendait un enfant et le pauvre homme avait fini par accepter d’engager une aide. J’ignorais s’il avait réussi à rejoindre la ville, si ce n’était pas le cas, je devrais élargir mes recherches. Le nouvel an approchait, il serait dommage qu’il ne puisse pas être avec ses proches ou bien que l’enfant naisse sans son père. Malheureusement, je me devais d’être réaliste, les chances qu’il soit encore en vie étaient minces, je m’attendais bien plus à retrouver un cadavre et encore si j’avais de la chance.

Lors de mon voyage, je finis par tomber sur d’autres voyageurs et je ne m’en plaindrais pas, entre les bandits de grand chemin et la rumeur d’un enclin, mieux valait ne pas rester seul. Il arrivait parfois que je déteste ce type de rencontre, certaines personnes peuvent être trop imbues d’elles-mêmes. J’avais eu la chance de tomber sur d’autres chasseurs, alors nous partagions nos histoires personnelles. Malheureusement, nos chemins durent se séparer et je terminais ma route seul. La dernière journée fut probablement la plus difficile. La neige était tombée durant la nuit et il semblait impossible de différencier la route des champs. Mon cheval se fatiguait plus rapidement qu’à l’habitude, je préférais alors arrêter. Ce fut avec surprise que j’apercevais au loin ce qui semblait être des caravanes. Qu’est-ce que cela pouvait bien être? Des marchands? Des Dalatiens? Aucune de ses possibilités semblaient plausibles, alors par curiosité je décidais d’aller voir.


Dernière édition par Kaylan Handerrian le Sam 7 Mar 2015 - 17:53, édité 1 fois
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Harand
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MessageSujet: Re: Un cheval fatigué, un Dalatien constipé Mar 17 Fév 2015 - 21:47

La blessure était propre et nette, signe que la soigneuse avait parfaitement officié. Harand glissa une main délicate sous le sabot du hahl et souleva doucement sa patte. La créature soupira mais se laissa manipuler sans renâcler. La chute avait été impressionnante : une plaque de verglas dissimulée sous le manteau neigeux, et celui-ci avait glissé jusqu’en bas de la colline. Le vaillant animal avait eu beaucoup de chance de s’en sortir sans plus de dommages. Une patte brisée ne se réparait pas si facilement, et un hahl souffrant d’une telle lésion ne pouvait plus jamais tirer un aravel. Lui n’avait écopé que d’une simple coupure.

« Il lui faudra un cataplasme d’elfidée.
Paiven est parti le réchauffer, l’informa Elorill de sa voix chantante. Il m’en restait encore un pot presque plein. »

Harand leva sur la jeune Elvhen un regard mi-amusé, mi-impressionné.

« Il semblerait que je n’ai plus rien à t’apprendre sur la manière de soigner les hahls. Tu en sauras bientôt plus sur eux que moi. »

Elle rougit au compliment, comme toujours. Harand reposa la patte de l’animal sur le sol et flatta son encolure immaculée. Elorill avait fait un travail remarquable. Le troupeau lui accordait désormais une confiance absolue. En apparence, elle ne faisait rien de plus que tout autre Elvhen, et pourtant les hahls l’avaient adoptée à une vitesse stupéfiante. Certains, sauvages, s’approchaient même à l’appel de la jeune femme – un bref sifflement, qui montait dans l’aigu pour redescendre presque aussitôt, dont elle avait éprouvé l’utilité dès son premier contact avec les élégantes créatures. Il n’avait pas été difficile de la convaincre de devenir la soigneuse. Elle aimait les hahls presque autant que sa liberté. Parfois, en l’observant, Harand imaginait qu’elle était Ghilan’nain elle-même, affranchie des murs de la prison où Fen’harel l’avait enfermée.
L’Archiviste laissa le hahl aux soins d’Elorill. Se redressant, il posa une main sur l’épaule de la jeune femme pour l’encourager à poursuivre. Les Varalasan avaient établi leur campement aux abords de Val Forêt depuis plusieurs jours. C’était la première fois, depuis que Panoriel et Paiven les avaient rejoints, qu’ils s’arrêtaient dans cette forêt. Le frère et la sœur avaient émis le souhait de s’éclipser au bas-cloître afin d’y prendre des nouvelles de leurs connaissances, et Harand les avait laissés faire. Malgré leur attachement au clan, ils éprouvaient toujours le besoin de retrouver la civilisation de temps à autre – Panoriel, en particulier.
Cette fois, le jeune Paiven était rentré morose, presque de mauvaise humeur, ce qui ne lui ressemblait pas. L’Archiviste lui avait proposé de l’écouter, mais l’Elvhen avait décliné l’offre. Cela non plus, ne lui ressemblait pas. Affairé près du feu, il s’absorbait dans de profondes réflexions, et Harand jugeait préférable de ne pas l’en tirer pour le moment. Tôt ou tard, s’il en ressentait la nécessité, Paiven viendrait lui parler. Mieux valait respecter son besoin de solitude pour l’instant. Panoriel avait quant à elle rejoint Admael, non loin des aravels. Le chasseur avait rapporté de quoi leur assurer un festin pour le soir : un couple de lièvres et trois perdrix. Affairé à les préparer, il écoutait d’une oreille distraite le monologue de la jeune femme à ses côtés.
Harand les observa tour à tour, ses nouveaux compagnons de route. Des quatre, seul Admael était Dalatien ; les autres avaient toujours vécu parmi les Shems, avant leur rencontre avec les Varalasan. De nombreux Dalatiens les auraient rejetés pour ce simple fait. Harand, lui, les considérait tous comme de véritables membres du clan. Tous les Elvhens de Thédas méritaient une chance de renouer avec les anciennes traditions. Pourquoi repousser les citadins qui désiraient retrouver leurs racines ? Paiven avait évoqué le souhait de recevoir les vallaslin qui feraient de lui un véritable Dalatien. Cette pensée emplissait l’Archiviste de fierté, mais aussi de crainte. C’était à lui qu’il revenait de tracer les lettres de sang sur le visage du jeune homme. S’il se réjouissait du choix de son ami, il redoutait cette cérémonie qu’il n’avait encore jamais conduite jusqu’à présent. Et si sa main tremblait ?

Il s’assit en tailleur près du feu, observant le lent mouvement du poignet de son ami. Si cela n’avait tenu qu’à lui, ils auraient quitté les environs de Val Forêt depuis bien longtemps. Sa précédente rencontre avec le templier n’avait pas changé son opinion sur les Shems – un seul homme, aussi tolérant et raisonnable pût-il être, ne pouvait altérer ses certitudes bien ancrées. Se savoir si proche d’une cité shemlen mettait Harand mal à l’aise. Il ne gardait pas d’excellents souvenirs de ses expériences avec les humains, même après l’accomplissement de sa vengeance.
La neige était tombée entre-temps. Les Dalatiens préféraient partir vers le sud à cette période de l’année, là où le climat, plus clément, leur assurait un meilleur hiver. Harand scrutait le ciel avec inquiétude. Si de nouveaux flocons s’ajoutaient aux précédents durant cette nuit, le clan serait immobilisé là jusqu’à ce que le manteau neigeux fonde. Il n’aimait guère l’idée de se retrouver coincé à quelques lieues à peine de Val Royeaux. Il passa une main lasse sur son front. De toute façon, avec un hahl blessé, ils ne pouvaient aller bien loin pour le moment.

« Archiviste ! »

L’appel d’Admael le tira de ses réflexions. L’intonation ne laissait aucune place au doute : le chasseur avait perçu un danger. Déjà, il avait encoché une flèche à son arc et la pointait en avant. Harand bondit sur ses pieds. Même un ours n’aurait pu ébranler le calme d’Admael : il ne pouvait donc s’agir que du pire fléau de Thédas. Il rejoignit l’Elvhen aussi vite que le lui permettait la couche de neige et, debout près de lui, tourna son regard dans la même direction que le sien. Un cheval approchait. Son pas lourd témoignait de sa fatigue, et son cavalier avait piètre allure, les épaules voûtées et le dos courbé.
Harand posa une main apaisante sur le bras d’Admael, lui enjoignant silencieusement de ne pas libérer sa corde tout de suite. Ils laissèrent le Shemlen se rapprocher, et lorsqu’il fut à portée de voix, l’Archiviste l’interpella :

« Halte, Shem ! Vous n’êtes pas le bienvenu. Passez votre chemin, ou votre vie connaîtra une fin abrupte. »

Les Dalatiens n’étaient pas réputés pour leur hospitalité, et ils entretenaient soigneusement cette triste notoriété. Harand savait qu’il n’avait qu’un mot à dire. Admael ne témoignerait d’aucune clémence envers le Shemlen s’il lui en donnait l’ordre. Pour autant, il préférait voir l’humain faire demi-tour plutôt que d’avoir un corps à enterrer.
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MessageSujet: Re: Un cheval fatigué, un Dalatien constipé Dim 22 Fév 2015 - 20:26

La vie nous réserve parfois de drôle de surprise. Je me promenais depuis des années dans une forêt qu’on disait peuplé d’elfes Dalatiens et je n’en avais jamais croisé, cependant je tombais sur eux près d’un chemin que j’empruntais régulièrement. Une situation des plus étranges, lorsque j’attendais parler des Dalatiens, les histoires venaient de pair avec Tirashan et non de Val forêts. Lorsqu’on observait ses elfes, leurs apparences étaient beaucoup plus proches de chasseur que celle des citadins, ajouter à cela leurs caravanes et le doute disparaissait. Je me suis toujours demandé ce que je ferais si j’en croisais un jour. Est-ce que j’allais fuir? Que seraient leurs premiers mots? Est-ce vrai que les Dalatiennes avaient un petit truc de plus qu’on découvrait quelques temps avant de mourir? En fait, j’aurais simplement le droit à une grosse déception, trop similaire à ce qu’on racontait d’eux, je parle de la version officielle et non de toutes ses rumeurs absurde.

J’observais l’elfe qui avait pris la parole, il me rappelait étrangement certains nobles ou mon poing aurait fini volontiers. J’ignorais ce que voulait dire Shem’, je me doutais bien du lien avec ma race. Mon problème était l’intonation utilisée, elle me rappelait certaine personne hautaine qui utilisait le thème paysan chaque fois qu’un homme n’était pas de leur rang. Je verrais étrangement un noble dire : « Halte, paysan ! Vous n’êtes pas le bienvenu. Passez votre chemin, ou votre vie connaîtra une fin abrupte. » Je préférais rester calme, s’il n’avait pas retenu son chasseur, une flèche se logerait probablement près de mon cœur et pour cela j’en étais reconnaissant.

« Je vois d’où vient votre hospitalité légendaire, mais avant qu’on décide de m’assassiner, aie-je le droit de prendre la parole? »

Malheureusement ses propos me donnaient une raison de rester, s’il menaçait de mort les voyageurs, rien n’indiquait qu’ils n’étaient pas passés à l’action. Un des leurs attira mon attention, il ne semblait pas porter les humains dans son cœur. J’avais l’impression qu’il suffirait d’un simple geste de travers pour qu’il détente la corde. Était-il un bon tireur? Je n’espérais pas le découvrir. S’il n’avait pas eu leurs chefs, du moins en apparence, il est clair que sa flèche serait partie depuis longtemps. On ne peut jamais surveiller tout le monde, si Gallïan n’avait pas eu de chance, il se pourrait qu’ils aient pris sa vie. Drasic ne pouvait pas continuer, il lui faudrait quelques heures pour récupérer, peu importe ma décision, je devrais rester dans les environs. Je me retournais vers le noble elfe, tout en me rappelant qu’un des leurs, avait envie de me voir mort.

« Je peux descendre de ma monture? La pauvre bête est fatiguée, en plus si vous décidez de me tirer dessus, j’aimerais qu’il ne finisse pas comme cible »

Ils pouvaient être les agresseurs de Gallïan ou bien des témoins. Si je ne trouvais aucune information sur sa disparition, je devrais revenir les interroger. Je ne suis pas certains qu’ils apprécieraient mon retour. J’avais la chance de pouvoir les agresser une seule fois ou bien de manière répétitive. Je préférais la modération, s’ils me laissaient parler, ils comprendraient probablement la situation. Mon regard ce reposa de nouveau sur le Dalatien à l’arc, il s’amusait à tirer la corde pour me rappeler sa position de supériorité, il me démangeait de prendre le mien pour lui faire comprendre que je pouvais moi aussi jouer ce jeu, cependant, cela serait stupide de ma part.

« Vous avez vraiment de beaux yeux, on les sent près à m’éviscérer »

L’homme ne semblait pas apprécier mon humour, moi c’est exactement son expression de dégout que j’appréciais. Je laissais un petit sourire transparaitre, quant à risquer de mourir, mieux valait que je meurs avec un sourire aux lèvres. J’appréciais m’amuser avec lui, mais le but premier de mes mots n’était pas de me jouer de lui. Je voulais principalement leur rappeler que je n’avais présenté aucune menace depuis mon arriver, mais que l’inverse était faux. Après tout, j’étais le seul qui n’avait pas perpétré des menaces ou bien pointer une arme sur quelqu’un. J’aurais probablement dû être moins subtile, rien ne m’indiquait qu’ils avaient le sens de l’humour. En fait, lorsque j’y pense, c’était plutôt l’inverse.
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MessageSujet: Re: Un cheval fatigué, un Dalatien constipé Mar 24 Fév 2015 - 8:50

Les humains se ressemblaient vraiment tous. Sous prétexte qu’ils étaient les plus nombreux, et les plus violents, ils s’estimaient en mesure de se moquer de tout. Les Elvhens avaient toujours été les victimes préférées de leurs jeux cruels. Qu’ils vinssent des forêts de Thédas, des bas-cloîtres ou des marchés d’esclaves de Tevinter, ils n’étaient aux yeux des Shems que des « oreilles pointues » – il aurait suffit que ce voyageur prononce ces seuls mots pour que Harand confiât son destin à Admael. La désinvolture du jeune homme lui apparaissait comme un affront, et il dut prendre sur lui pour tempérer sa soif revancharde. L’ancienne Archiviste des Varalasan, Neriasa, avait toujours fait preuve de bienveillance envers les Shemlens. Elle aurait accueilli le cavalier avec courtoisie, après avoir enjoint aux chasseurs de le laisser approcher sans dommages. Mais c’était cette même courtoisie qui avait causé sa perte, et celle du clan tout entier. Harand ne comptait pas commettre la même erreur. Du coin de l’œil, il chercha le regard de Panoriel. La jeune femme lui retourna un léger hochement de tête.
Ce Shem était soit stupide, soit fou ; dans les deux cas, mieux aurait peut-être valu de l’abattre comme un animal blessé avant que l’infection n’empirât. Cela semblait, en tout cas, être l’avis d’Admael, qui prit une longue inspiration. Une nouvelle fois, Harand retint son bras. Après sa rencontre avec Dumar dans les ruines voisines, les templiers de Montsimmard devaient savoir qu’un clan de Dalatiens se trouvaient là. Val Forêt s’était ému de la présence d’un mage solitaire dans les bois, au point de dépêcher quelqu’un sur place pour enquêter. Si un Shemlen venait à trouver la mort – ou simplement à disparaître – dans les parages, les soupçons se porteraient inévitablement sur les Varalasan. Une escouade de templiers débarquerait et le contraindrait à les suivre. Les siens tenteraient de le défendre. Ils tueraient sans doute un ou deux guerriers, avant d’être tués à leur tour. Harand préférait éviter le conflit s’il le pouvait.
De nouveau, la pression de ses doigts sur le bras d’Admael convainquit le chasseur de ne pas relâcher la corde. Le Shem devait avoir une bonne raison pour s’avancer autant dans leur direction. D’ordinaire, il suffisait d’un peu d’esbrouffe pour que les curieux rebroussent chemin sans demander leur reste. Harand laissa donc le voyageur s’approcher un peu plus. En effet, sa monture paraissait à bout de forces. Depuis combien de temps chevauchait-il pour l’avoir à ce point épuisée ? Lui-même semblait en triste état : sale – plus que les autres Shems –, mal rasé, le visage creusé de fatigue...

« À moins que vous ne teniez que peu à la vie, je vous suggère de prendre garde à vos paroles, le prévint-il lorsque l’importun les rejoignit. Nous ne tolérerons pas la moindre insulte. »

Il inspira de nouveau. Qu’aurait dit Neriasa ? Andaran atish’an, étranger. Les Shemlens ne montraient pas de respect envers les Elvhens, mais savaient tenir leur langue lorsqu’on ne les incitait pas à se gausser de leur statut. Mais Harand était fier – trop, sans doute. Courber l’échine devant un de ces barbares lui retournait les entrailles. S’il avait mieux écouté, mieux observé, sans doute aurait-il remarqué la subtile nuance d’ironie dans les paroles de son Archiviste, ainsi que les avertissements qu’elle distillait sans même en donner l’impression. Mais à cette époque, il était trop jeune et trop insouciant. À présent, la sécurité du clan reposait sur ses épaules.
Durant quelques instants, il observa le voyageur. Il semblait effectivement avoir passé du temps sur la route. En dépit de son air bravache, ses yeux étaient voilés, signe qu’un quelconque tourment occupait ses pensées. Elorill s’était déjà rapprochée. Autrefois, sa bonne nature et sa soumission aux Shems l’auraient incitée à se montrer diligente envers celui-ci ; à présent, la jeune fille se tenait prête à s’occuper du cheval, comme elle l’aurait fait pour un hahl. Presque aussitôt, le visage sombre, Paiven la rejoignit et lui remit, enroulé dans un linge glacé, le pot de cataplasme qu’il avait réchauffé pour elle. Une manière pour lui de la désintéresser de l’importun.

« Passez votre chemin, reprit Harand à l’attention du cavalier. Nous ne commerçons pas avec les Shemlens. Si vous prenez cette direction, vers le nord, vous trouverez la route de Val Forêt. Ce n’est qu’ à quelques lieues d’ici. Là-bas, quelqu’un acceptera sans doute de vous loger, et de soigner votre cheval. »

Il adressa un regard presque peiné à la pauvre bête. L’homme ne voyagerait plus bien loin s’il ne ménageait pas un peu sa monture. Les Dalatiens prenaient toujours grand soin de leur hahls : c’était grâce à eux que les aravels pouvaient parcourir Thédas. Sans les hahls, les Elvhens auraient été bien démunis. Leur vie de nomade prendrait fin, les Archivistes finiraient au Cercle et leur savoir se perdrait définitivement. Veiller sur les hahls revenait à veiller sur le clan. Manifestement, le Shem s’en moquait bien, ou alors quelque chose l’avait obligé à poursuivre son chemin sans tenir compte de l’état de sa monture. Un fuyard ? Un criminel recherché ? Un messager, peut-être ?
Sa curiosité attisée, Harand sentit sa colère et sa morgue refluer, et il leva un nouveau regard vers le voyageur.

« Vous avez parcouru une longue route, sans ménager vos efforts, remarqua-t-il d’un ton radouci. Que peut-il y avoir de si urgent qui vous pousse à négliger ainsi votre cheval ? »

Une dernière pique, évidemment. Néanmoins, son intérêt pour la question était sincère, et il espéra obtenir une réponse plus satisfaisante qu’une insulte ou un pied-de-nez.
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MessageSujet: Re: Un cheval fatigué, un Dalatien constipé Sam 28 Fév 2015 - 8:23

Il semblerait que cet elfe soit enclin à me parler, du moins c’est ce que je supposais, puisqu’il retenait encore l’un de ses chasseurs. Malgré tout, Il m’appréciait aucunement, je pouvais le voir dans son regard. J’étais habitué, il m’arrivait de m’en amuser ou bien de m’en lasser dépendant de la situation. Selon mon nouvel "ami", je ne devais pas les insulter, il m’attristait, après tout, j’ai un talent naturel pour insulter les gens. Il semblerait que ma simple naissance ait suffi en insulter plus d’un. Je me rappelais même d’une discussion avec ma grand-mère, je pourrais résumer ainsi : à ses yeux, je n’étais pas un Lowan, heureusement pour moi, mes oncles ne partageaient pas son avis. De toute manière, "Handerrian" ou bien "L’Handerrian" dépendant des gens, c’est beaucoup plus classe que Lowan.

« Il faudra peut-être me dire ce qui est une insulte pour vous dans ce cas, il est évident que nous n’avons pas la même culture et cela peut varier »

Certains considéreraient ses mots comme présomptueux, cependant ce n’était que la vérité. Lorsqu’on regarde les marches Libres, on utilise le thème "serah" comme formule de politesse, mais ne l’utiliser pas pour une personne de haut rang, elle sera insultée. C’est un peu comme les mots : "jeune homme", certain apprécieront et ce pavaneront en attendant ses paroles, alors que d’autres vous foudroieront du regard. Insulte et politesse, ses thèmes peuvent être extrêmement suggestifs. D’ailleurs parlant d’insulte, on pourrait considérer qu’ils m’insultaient. Menace de mort et insinuation de maltraitance envers Drasic, ironique d’un certain sens. L’homme dit que je maltraite mon animal, qu’il est fatigué à l’extrême et il me conseil de continuer des heures pour me rendre à Val Forêts. Je négligeais mon cheval, donc je devais continuer dans ce sens? Je croyais que les Dalatiens appréciaient les animaux, du moins c’est ce que j’avais entendus dire, il faut croire qu’on m’avait menti, puisqu’ils voulaient mettre en danger mon pauvre animal. Les flèches étaient pointées sur moi, si on tirait, on pouvait le toucher, ensuite il disait de continuer mon chemin malgré qu’ils voient que la pauvre bête était mal en point.

« Négliger mon cheval? Si j’arrêtais dans les plaines on se retrouvait face au vent et à une neige fraichement tomber, d’après vous pourquoi je m’approchais de la forêt? »

Je lui épargnerais bien des commentaires, tel le nombre de fois que j’avais débarqué de mon cheval, simplement pour qu’il puisse se reposer. Je ne mentionnerais pas qu’il avait appartenu à mon père ou que je prenais soin de lui quand il était malade, c’était inutile. Il se fichait de qui j’étais réellement, il s’était déjà fait une idée, le cruel humain, car tous les humains sont cruels. J’avais entendus dire que les Dalatiens n’était pas accueillant, mais pas qu’ils étaient aussi proches des hommes. Le mieux était probablement de revenir à mes préoccupations principales, ce qui m’avait emmené près de Val Forêts

« Pour en revenir à l’urgence, il a eu la disparition d’un homme du nom de Gallïan. Je me rendais justement à Val forêts pour y trouver des informations »

Devais-je lui en dire plus? Il avait deux possibilités, donner plus d’informations les rendraient soit coopératif ou de mauvaise humeur. Certaines personnes ne semblaient pas différencier esclave et servant, moi-même je me questionnais quand je voyais certains nobles traités leurs servantes comme de la merde. D’après ce que je savais de Gaïllan et de sa femme, ils étaient différents, cependant ils n’étaient pas nobles. Je préférais donner toutes les informations, ils pouvaient facilement deviner les blancs et risquaient de considérer cela comme une tentative de se jouer d’eux.

« Il venait à la rencontre d’une certaine Saerel, elle cherchait du travail »

Il avait de forte chance qu’ils aient entrée en contact avec des habitants de Val-Forêts, c’est pourquoi j’avais préféré mentionner Saerel. Je suis certain qu’ils se souviendraient plus d’une elfe que d’un humain. Après tout, il ne m’avait aucunement demandé mon nom avant de me menacer. Lorsqu’on veut se débarrasser d’une personne, le nom est superflu et je parle d’expérience. Je m’étais parfois fait attaquer par des bandits et je ne demandais pas leurs noms avant de riposter.
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MessageSujet: Re: Un cheval fatigué, un Dalatien constipé Dim 1 Mar 2015 - 20:49

C'était une soirée plutôt paisible qui se déroulait tranquillement. Le clan avait établit son campement près d'une forêt non loin de Val Forêt. Quand le soleil décida d'amorcer sa course vers son coucher, le chasseur partit rapidement relever ses pièges. le temps froid n'était pas très propice à la chasse à découvert, les animaux préférant rester au chaud dans leurs demeures. Mais il fallait bien qu'ils se nourrissent brièvement, les pièges étaient donc les meilleurs moyens de les débusquer en cette saison.

L'emplacement de leur camp non loin d'une ville Shemlen n'était pas tout à fait un hasard. C'était les frère et soeur Paiven et Panoriel qui en avaient émis le souhait. Les deux jeunes elfes venaient justement du bas-cloître de cette ville, ils l'avaient quittés de leurs pleins grés et avaient rejoint les Varalasan bien avant Admaël. Celui-ci les trouvaient d'ailleurs étranges, mais louait leur désir de renouer avec leur véritable culture. Enfin, surtout Paiven au final. Panoriel était différente. En bien des points, elle correspondait à ce qu'Admaël aimait chez une elfe : belle, indépendante, forte et pleine d'humour. Mais au-delà de cette image, elle avait rejoint le clan surtout parce que son jeune frère le souhaitait. Elle avait encore beaucoup de mal à se considérer comme une véritable Elvhen et cela rebutait parfaitement Admaël, le Dalatien. Pourtant, malgré l'apparente indifférence de l'elfe pour son peuple, le brun avait l'espoir d'essayer de la faire changer d'avis ou du moins de l'intéresser un peu. Surtout que son intérêt pour le clan relevait surtout de l'amour qu'elle avait pour son frère. Et l'amour est un des sentiments les plus puissants et fédérateurs de ce monde. En parlant de la demoiselle, celle-ci, une fois rentrée, s'était immédiatement dirigée vers lui. Le chasseur était alors entrain de préparer le gibier qu'il venait de débusquer quand elle arriva à son niveau pour lui raconter sa journée. C'était étonnant toute la motivation et l'entrain qu'elle avait dans ces moments-là. Pourquoi ne l'avait-elle pas dans la vie de tous les jours dans la forêt. Comme si l'agitation et la cacophonie des humains avaient un quelconque intérêt.

Admaël l'écoutait d'une oreille distraite tout en continuant ses affaires quand un mouvement vers sa gauche attira son attention. Il releva la tête ce qui coupa Panoriel dans son élan d'éloquence. Il fronça les sourcils et plissa ses yeux bleus pour mieux entrevoir ce qui s'approchait du camps : un visiteur inopiné. S'arrêtant dans son geste, il posa rapidement sa proie pour s'emparer de son arc d'un geste fluide et travailler. En même temps, les dalatiens étaient habitué à croiser des étrangers sur leurs routes et les gestes de défense les plus simples étaient appris rapidement. Un Shemlen. Et un cheval vraisemblablement. Etait-il donc fou ?

« Archiviste ! »

Panoriel, à ses côtés, avaient aussi vu l'étranger et s'était légèrement écarté pour se rapprocher de son frère et probablement aussi pour récupérer une dague supplémentaire. Adamäel, quant à lui encocha une flèche et banda son arc en en directement de l'étranger. Les Shemlens représentaient la menace la plus dangereuse de Thédas et il ne le savait que trop bien. Pourtant l'humain ne semblait pas vraiment se formaliser de son avertissement et Harand prit alors la parole. Le chasseur préférait laisser les mots à l'Archiviste, il était le meilleur pour les manier et finalement, c'était à lui que revenait la décision du destin de cet homme. Jamais Admaël ne remettrait en question la parole de l'elfe qui l'avait accueillit les bras ouverts dans son clan. A ses yeux, Harand était le véritable Elhven du groupe.

Une conversation s'engagea alors entre les deux protagonistes et l'humain n'en démordait pas. Même si aux premiers abords, il ne semblait pas dangereux, encore moins vu l'état de sa monture, mais Admaël savait parfaitement qu'il fallait s'en méfier. Pourtant, malgré les avertissements de Harand, il ne semblait pas vraiment vouloir faire demi-tour sans pour autant montrer quelconque hostilité. Etait-il donc fou ? Ou alors parfaitement demeuré ? Admaël ne le lâchait pas du regard et tenait toujours la corde de son arc tendue. Il ne voyait pas les mouvements du clan derrière lui. Il baragouinait une histoire étrange, avec des noms qui lui était parfaitement inconnus. En même temps, il ne s'était pas approché d'une ville Shem depuis des lustres et ne comptait pas vraiment réitérer la chose de ci-tôt. Par contre, peut-être que Panoriel et Paiven savaient de quoi il parlait ? Le dernier nom sonnait étrangement elfique, peut-être était-ce une de leurs amies. Il ne semblait pas mentir, Admaël tourna alors son visage vers Harand pour lui murmurer :

« Panoriel et Paiven connaissent peut-être un de ses noms ... Et s'il s'agissait d'une de leur proche ? Je ne pense pas que le faire approcher soit une bonne idée cela dit ... »

Le chasseur était partagé. Peut-être accompagner Panoriel au contact de cette homme pour qu'ils échangent des informations une bonne fois pour toute leur permettrait d'être enfin tranquilles ...

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Harand
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MessageSujet: Re: Un cheval fatigué, un Dalatien constipé Lun 2 Mar 2015 - 15:01

Harand détestait le ton qu’employait le Shemlen, aussi méprisant et sûr de lui que n’importe quel autre représentant de sa race. Il en avait croisé des dizaines comme lui, tous pétris d’orgueil et emplis de suffisance, tous prêts à écraser de l’Elvhen sous leur talon. Au cours de son errance, certains avaient même tenté de jouer de cette influence pour lui soutirer ce qu’il possédait… Ils avaient vite réalisé leur erreur. Même sans user du sang, un mage restait un adversaire redoutable, et ces idiots l’avaient appris à leurs dépens. Mais la violence n’était pas l’unique solution, et encore moins la meilleure. En tant qu’Archiviste, il lui revenait de guider le clan. Quel exemple leur offrirait-il, s’il se montrait plus barbares encore que ceux qu’il abhorrait ?
Bien que l’effort lui coûtât, il réfréna son envie de faire ravaler sa présomption au Shemlen, dissimulant sa mortification derrière un masque d’impassibilité. L’étranger était peut-être arrogant et doté d’un humour auquel Harand s’avérait insensible, il n’avait toutefois pas sorti la moindre arme, ni proféré aucune menace à leur encontre. Ce n’était manifestement pas un templier, ni un mage – par conséquent, pas un danger immédiat pour le clan. S’il était seul, les Varalasan n’avaient rien à craindre de lui. D’un signe du menton, il invita Admaël à retenir sa flèche et à baisser son arc. Le Shemlen savait ce qui l’attendait en cas de mouvement brusque et de mot mal placé.
Harand ne connaissait rien des Elvhens du bascloître. Comme son chasseur, il évitait les villes et restait dans les forêts où ils montaient leur campement, préférant laisser le commerce et le recueil d’informations à Panoriel et Paiven. Le nom de Saerel sonnait pourtant clairement elvhen ; à cette mention, l’Archiviste dressa l’oreille, soudain plus réceptif au discours de l’importun. Il tourna légèrement la tête pour écouter Admaël, et hocha la tête en signe d’approbation.

« Ce nom m’est inconnu, mais peut-être évoquera-t-il quelque chose à notre chasseresse », admit-il du bout des lèvres, se tournant vers le Shem.

Il répugnait à faire appel à la jeune femme, cependant, et percevait la même hésitation chez Admaël. Malgré les distances qu’il s’efforçait de garder, il devait bien reconnaître la beauté de Panoriel. Elle-même en avait pleinement conscience – et en jouait, bien trop souvent au goût de son Archiviste. Même si elle se montrerait plus prudente à l’égard d’un Shemlen, ce dernier ne manquerait pas de reconnaître ses attraits, et Harand n’accordait pas la moindre confiance à cet homme. Néanmoins, il avait déjà évoqué l’Elvhen devant l’étranger. Il était trop tard pour revenir en arrière et prétendre ne rien savoir du tout.
L’Archiviste inclina la tête en direction de Panoriel, un geste empreint de respect et de retenue. Elle comprit. Se levant avec sa grâce caractéristique, la jeune femme les rejoignit, plus méfiante qu’à l’ordinaire. L’absence de sourire sur son visage soulagea Harand, tout autant que sa main gauche, glissée avec une fausse nonchalance derrière son dos pour se refermer sur la poignée d’une dague. Avec le temps, elle avait concédé que le clan était plus digne de confiance que les Shems. Venant d’elle, il s’agissait d’un véritable compliment.

« Panoriel, ce Shemlen est à la recherche d’un des siens, répondant au nom de Gaïllan, expliqua Harand. Il a disparu, alors qu’il cherchait à rejoindre une Elvhen nommée Saerel. Peut-être saurais-tu le renseigner ? »

Il avait pris l’habitude de tutoyer les membres du clan, comme le faisait autrefois Neriasa, son maître, lorsqu’elle s’adressait aux Varalasan. Il ne fallait y voir là aucun souhait de supériorité, aucune envie de rabaisser les autres. Au contraire, cette familiarité tendait à rapprocher l’Archiviste de ses compagnons, et si ceux-ci lui témoignaient au contraire un profond respect, il s’efforçait de tous les traiter comme des proches, et non de simples rouages du clan. Le passage du « vous » au « tu » était un moment subtil et délicat. Admaël l’avait accepté sans tiquer, habitué, sans doute, à la façon de faire des chefs elvhens. Paiven aussi, avait jugé cela normal. Elorill et Panoriel, elles, avaient éprouvé plus de difficultés – la première par gêne, la seconde par méfiance.
Elle y était maintenant habituée, toutefois, et ne manifesta pas la moindre surprise quand l’Archiviste employa cette marque d’intimité. Haussant les épaules, elle fixa l’étranger droit dans les yeux, soutenant son regard sans sourciller.

« Je n’ai pas vu Saerel la dernière fois que nous sommes allés à Val Forêt, relata-t-elle. J’ignore où elle se trouvait et ce qu’elle faisait.
Vous avez votre réponse, Shem, conclut Harand, soulagé. Nous ignorons où se trouve l’homme que vous cherchez. Ce sont des histoires de Shemlens, à ce qu’il semblerait : elles ne nous concernent en rien. »

Les choses auraient été différentes s’il s’était agi d’Elvhens. Harand avait bien conscience du fossé qu’il creusait lui-même entre les Dalatiens et les hommes, mais ces derniers ne méritaient aucun égard. Tous, dans le clan, avaient connu des déboires avec les Shemlens – c’était peut-être même la raison pour laquelle les Faiseurs les avaient réunis. Les humains n’attiraient que le malheur. Harand et les siens l’avaient tous appris à leurs dépens. En tant que chef du clan, il revenait à l’Archiviste de protéger ses compagnons, à n’importe quel prix.
Croisant les bras, il prit une profonde inspiration, avant de croiser le regard insistant de Panoriel. Harand fit la moue. Évidemment, l’étrange absence de cette Saerel l’intriguait, plus encore avec cette histoire de disparition de Shemlen. Tout cela ne les concernait pas, mais s’il ne s’obligeait pas à poser la question, Panoriel le ferait, et voudrait sans doute avoir le fin mot de tout cela. À en juger par l’expression de son visage, elle préférait avoir l’aval de son Archiviste, mais n’hésiterait pas à agir contre sa volonté s’il le fallait. Et elle connaissait bien Harand : à la seconde où son regard avait accroché le sien, un léger sourire avait fleuri sur les lèvres de la jeune femme.

« Tel’falon, marmonna-t-il, agacé, avant de se tourner vers le Shem. Votre ami… Vous pensez qu’il lui est arrivé quelque chose ? Et que Saerel pourrait avoir des ennuis ? »
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MessageSujet: Re: Un cheval fatigué, un Dalatien constipé Sam 7 Mar 2015 - 19:11

J’étais surpris de voir le chasseur coopéré, je m’étais attendu à ce qu’il me lance une flèche en attendant parlé d’elfe. Je noterais cette information, pour avoir un elfe plus docile, parlé des leurs. Je me demande s’ils coopéraient sans la mention de Saerel, il est préférable que je l’ignore, cela leur était surement favorable. Bien que leurs mépris fussent des plus agressant, je trouvais leurs présences intéressantes. J’avais compris que le thème de Shem ou de Shemlen représentait les hommes et qu’Elvhen les représentaient. Il avait malgré tout certains floues, j’ignorais si le thème Shemlen était péjoratif ou non, un peu comme : "oreilles pointus" ou non. De plus, il était difficile de savoir si Elvhen représentait réellement les elfes, une communauté ou bien autre chose.

L’elfe dirigeant me laissa un moment en tête-à-tête avec le chasseur, le temps d’aller voir une jolie demoiselle. Elle avait des yeux magnifiques, ainsi qu’une grâce que certaine noble envierait. Je dus me retenir pour ne pas sourire à cette idée, ils pourraient s’imaginer de mauvaises intentions. Je n’avais aucun but de la draguer, la situation ne s’y prêtait guère, de toute manière elle devait se dire que tous les humains étaient pareils. Cette rencontre fut infructueuse, interrogé sur les noms que j’avais mentionnés plus tôt, la jolie demoiselle avait que très peu d’informations.

« Merci… »

Je n’eus pas le temps de finir ma phrase que leur chef me coupait la parole. Franchement, ce type commençait à m’énerver, j’en préférerais presque celui qui pointait son arc sur moi. J’entendis l’homme marmonner : «Tel’falon», du moins il me semble. Je ne savais aucunement ce que cela signifiait, contrairement aux autres mots, aucun contexte ne l’accompagnait. Après ce qui semblait se résumer par une certaine frustration, l’homme porta de nouveau son attention sur ma personne. Pour la première fois depuis mon arriver, il semblait porter attention au shemlen qui accompagnait Saerel, me questionnant sur lui… Je… Hey merde, ce type est en train de me contaminer.

« Je suis certains qu’il est arrivé quelque chose à Gallïan, il n’aurait pas abandonné sa femme alors qu’elle était enceinte. En ce qui concerne Saerel, je ne pourrais pas le dire, si les problèmes de Gallïan se sont passés avant Val-Forêt, elle doit être sauve. Cependant, si elle était avec lui, son sort dépend de celui de Gallïan »

J’offrais le peu d’information que j’avais, malheureusement lorsqu’on y pense, la plupart de ses informations étaient de l’interprétation. Je n’aurais pas le choix de me rendre à Val-Forêts pour en avoir le cœur net. Quelques minutes plus tôt, je croyais que je devrais y aller seul, maintenant j’avais un doute. J’avais attiré l’attention avec Saerel, il se pourrait qu’il décide de m’accompagner ou de m’envoyer un des siens. Je ne dirais pas non à leurs aides, certains elfes du bâcloitre peuvent être amicaux, mais d’autres savent ce montré agressif envers les humains, mieux vaut ne pas trop rêver, entre nous ce n’était pas le grand amour, donc il se pourrait que je me retrouve seul.
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MessageSujet: Re: Un cheval fatigué, un Dalatien constipé Mar 10 Mar 2015 - 17:05

Le Shemlen avait au moins le mérite de jouer cartes sur table, même s’il s’y prenait de la plus mauvaise des façons. Malgré la menace que les Dalatiens faisaient planer sur lui, il demeurait maître de lui-même et soucieux de remplir sa mission. On pouvait tout de même lui reconnaître cette qualité.
Harand croisa les bras, préoccupé. La disparation d’un Shem ne les concernait pas, mais Panoriel insistait, le regard fixé sur lui. Il allait bien falloir agir, ou la jeune femme sauterait sur l’occasion pour se rendre au bascloître et s’attirer des ennuis. La connaissant, elle retournerait Val Forêt jusqu’à obtenir ce qu’elle voulait, quitte à éveiller les soupçons de vieilles connaissances ou ameuter la garde, et son Archiviste devrait ensuite réparer les pots cassés. Plus que les problèmes qu’elle risquait de causer en enfreignant la loi, elle savait pertinemment qu’il ne tolérerait pas qu’elle se mette en danger.

« J’ose espérer que vous avez une meilleure tentative d’approche pour vous rendre au bascloître, n’est-ce pas ? s’enquit-il en croisant les bras. Les Elvhens qui y vivent ne font pas confiance aux Shemlens. Si vous voulez y apprendre quelque chose, il vous faudra un peu plus que quelques plaisanteries vexantes. »

Si ça n’avait tenu qu’à lui, le Shemlen aurait rebroussé chemin séance tenante, peut-être même avec une flèche bien placée. Admaël savait se montrer très créatif en la matière. Néanmoins, il y avait des vies en jeu, dont peut-être une vie d’elfe, et il ne pouvait y rester insensible. Saerel appartenait au bascloître et n’était pas une Dalatienne, mais elle était une Elvhen, membre de son sang, ce qui la rendait précieuse malgré tout. Il s’était promis d’aider tout ceux de sa race ; même s’il y avait des Shemlens dans l’affaire, il ne pouvait revenir sur sa parole. Son propre cœur lui intimait d’agir.
Il soupira, plus pour la forme que par réel agacement, et se perdit dans ses pensées quelques instants. Fort bien. La disparition soudaine de Saerel et de Gallïan était étrange. Si le second avait pris la route pour rejoindre la première, et si les deux disparaissaient tout à coup, il y avait sans doute de bonnes raisons d’imaginer que ces faits fussent liés. Harand haussa les sourcils. Même si l’idée lui répugnait, certains Shems et Elvhens se prenaient parfois de passion l’un pour l’autre. Saerel était peut-être la maîtresse de Gallïan. Leur disparition subite et simultanée trouvait là une explication des plus logiques. Si l’homme en avait eu assez d’entendre les plaintes d’une femme enceinte, il avait pu trouver du réconfort dans des bras accueillants, contre un corps svelte et gracile. Après ce qu’il avait découvert dans les ruines de la forêt, plus rien n’aurait pu étonner Harand.
L’Archiviste garda néanmoins ses réflexions pour lui. Même si elles lui paraissaient plausibles, ces explications ne plairaient sans doute pas au Shem. De plus, il subsistait toujours un doute quant à la véritable raison de ces événements, et les conclusions les plus simples n’étaient pas toujours les plus justes. Quoi qu’il en soit, il ne pouvait pas le laisser se rendre au bascloître seul. Les Elvhens ne lui ouvriraient pas leur porte – Harand approuvait sans réserve leur méfiance naturelle à l’encontre des Shemlens. Bien que citadins, les elfes de Val Forêt tentaient de maintenir les anciennes traditions, comme le prouvait le venadahl au centre de la place du village. Les murs qui séparaient les bascloîtres des villes humaines ne servaient pas à les contenir dans leur misère, mais à les protéger.

« Fort bien. Mieux vaut que vous obteniez ces informations, ou vous harcèlerez les Elvhens jusqu’à la fin des temps, je suppose. Je vous accompagnerai donc à Val Forêt. Les habitants m’ont déjà rencontré et ils me font confiance. »

Ce n’était pas la plus sage des solutions, il le savait. Les Archivistes étaient précieux pour leur clan ; ils quittaient rarement le camp. Encore moins sans escorte… Tous sages qu’ils fussent, ils n’en restaient pas moins des mages, et Harand connaissait ses limites.
Le front barré d’un pli soucieux, il se tourna vers Admaël. Il savait pouvoir faire confiance à l’archer si quelque chose tournait mal. Si le Shem leur jouait un mauvais tour, ou si lui-même perdait le contrôle, le chasseur ne s’embarrasserait ni de pitié ni de remords. Ils en avaient déjà parlé. Harand se fiait à sa loyauté, sans le moindre doute. Il aurait pu choisir Panoriel : elle connaissait le bascloître et se méfiait des Shemlens. Au premier signe de coup fourré, elle aurait planté l’une de ses dagues dans la gorge du traître. Cependant, la jeune femme se trouverait démunie si le danger venait non pas de l’étranger mais de son Archiviste. Elle hésiterait, et cette indécision risquerait de causer bon nombre de morts.

« Admaël, aurais-tu l’obligeance de nous accompagner ? Nous aurons besoin de toi. »

Le chasseur comprendrait les raisons pour lesquelles il lui demandait de quitter le camp avec lui. Leur absence ne serait pas trop longue, il l’espérait. Durant un instant, son cœur se serra d’angoisse, et il se crut prêt à revenir sur sa décision. Si des Shems attaquaient le campement durant leur absence… S’ils venaient pour les hahls, ou simplement pour couper de l’« oreille pointue »… Harand leva les yeux vers Panoriel et Paiven. Le frère et la sœur se tenaient debout près du feu, le regard tourné vers leur chef. Non… Il avait tort de s’en faire. Si quelque chose arrivait, ils prendraient la fuite et emmènerait Elorill avec eux. Ils se cacheraient dans les bois et trouveraient un moyen de gagner le bascloître. Ils connaissaient l’art de disparaître mieux que personne.
De nouveau, il reporta son attention sur Admaël et opina de la tête.

« Nous devrions nous mettre en route immédiatement. Plus vite notre invité aura-t-il ses réponses, plus vite nous reviendrons au camp. »

Il ne proposa ni repos, ni nourriture. Aucun Shemlen n’avait eu ce privilège depuis la renaissance des Varalasan – il ne se souvenait d’ailleurs pas en avoir jamais vu, même avant l’attaque dont ils avaient été victimes. L’offre qu’il lui faisait était déjà un lourd sacrifice à son goût. À lui de l’estimer à sa juste valeur.
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Un cheval fatigué, un Dalatien constipé

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