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 'twas a simpler time indeed ♦ gwayne

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MessageSujet: 'twas a simpler time indeed ♦ gwayne Mar 2 Déc 2014 - 6:26

Flashback – 5:08 des Exaltés, vers la fin de l’année.

Il avait eu de la chance d’avoir pu se débarrasser de la plupart de ses affaires avant de partir : la route était relativement longue pour un déménagement, et il n’avait guère les moyens de s’offrir le luxe d’une caravane. Après de longues années posté à Verchiel, où il avait offert bras et tête à la Chantrie locale, on l’avait finalement muté à Val Foret, où il occuperait néanmoins sensiblement le même poste. Une bénédiction qui n’en était pas réellement une : néanmoins, l’illusion de nouveauté et de proximité de sa famille suffisait à le satisfaire pour l’instant, alors qu’il cavalait à un bon rythme sur la route qui le mènerait à sa destination. Son cheval avait été chargé de ses maigres possessions terrestres, souvenirs et bouquins auxquels il tenait ainsi que quelques vêtements usés.

Le canasson s’était agité à l’approche de Val Royeaux, peu habitué aux remous de la grande ville. Loin d’être un cheval de guerre ou un fidèle destrier, l’animal était simplement une nécessité temporaire, un moyen de se déplacer sans trop de mal jusqu’à sa destination finale. Il laisserait sans doute sa monture chez ses parents, qui sauraient s’en occuper – il doutait fortement s’y attacher suffisamment pour la garder au terme de son périple. Mais ce ne fut pas chez lesdits géniteurs qu’il se dirigea d’abord, malgré son absence prolongée et la poignée d’année qui s’était écoulée depuis leur dernière rencontre. Tenant une lettre chiffonnée entre ses doigts, il la relut sans trop d’intérêt, en connaissant le contenu par cœur. Un rendez-vous, non pas galant, mais qui se faisait attendre depuis bien trop longtemps. Son ami d’enfance lui proposait une rencontre, histoire d’émuler le bon vieux temps – la proposition était truffée de fautes et écrite d’une main malhabile, mais l’effort y était, et c’est d’abord cela qui arracha au templier un sourire amusé.

C’était une amitié improbable que la leur, mais leur séparation avait été difficile pour le blond. Tant qu’il se trouvait à Val Royeaux, ils avaient la possibilité de se voir pour faire les quatre cent coups, mais dès qu’il avait été expédié à Verchiel, leurs interactions s’étaient limitées à des lettres concises et parfois difficilement compréhensibles de la part de son camarade. Evan s’était néanmoins largement habitué et l’exercice l’amusait, même. Le cheval faillit renverser une dame à cause de la rêverie temporaire de son cavalier, et Evan s’excusa platement – il portait, après tout, l’armure des templiers et il serait embêté de faire mauvaise presse à la Chantrie quelques minutes à peine après son arrivée à la capitale.

Il dirigea son cheval dans les allées étroites de la basse-ville, et l’animal évita habilement les obstacles jusqu’à ce que son cavalier le fasse s’arrêter. Il se trouvait ainsi devant la maison de l’ami en question ; il glissa jusqu’à terre dans un fracas métallique et attacha sommairement son cheval là où il le put. Il lança simplement en direction d’une silhouette qui se trouvait un peu plus loin : « Ho, Gwayne ! » Ce n’était quand même pas quelques années qui allaient empêcher Evan de reconnaître le brun, même de dos. « T’as trop l’air pouilleux comme ça, fais quelqu’ chose avec tes cheveux. »

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MessageSujet: Re: 'twas a simpler time indeed ♦ gwayne Jeu 4 Déc 2014 - 3:49


♫ A fuir tout ce qui brille, je nʼai jamais su vraiment avancer
A éviter le pire, jʼai vécu de côté
ɤ

En tout temps, Gwayne a toujours été quelqu'un de jovial, souriant et ouvert. Un peu trop même … Beaucoup trop. Certes, il n'a jamais eu de mal à se faire des amis, à se faire apprécier de beaucoup, trop … Simplet pour détester quelqu'un en général. La plupart des gens roussissaient à l’apprécier rapidement pour cette fraîcheur. Le reste cependant restait plutôt réticent à tenir compagnie à cet énergumène, pas toujours suffisamment malin pour comprendre ce qui se disait, ne comprenant pas tous les mots que l'on venait à dire, mais surtout … Le jeune homme était un grand bavard. Et par grand bavard, il faut comprendre là quelqu'un qui ne s'arrête pas, jamais. Vraiment jamais. Il suffit de le lancer sur n'importe quoi et il est capable de vous tenir la jambe des heures durant, dérivant d'un sujet à l'autre sans aucun rapport l'un avec l'autre. Il lui suffisait que son esprit se vagabonde n'importe où pour que le sujet change subitement sans aucune raison. Capable de commencer sur Jean, un de ses compagnons, changeant subitement vers l'ours ayant attaqués un petit village à huit jours de la cité impériale, revenant sur le chat du voisin avant de décrocher enfin sur le prix du pain de chez Will', au coin de la rue. Le tout en continuant encore et encore tant que l'on ne lui sommait pas d'arrêter. De fait, cette … Particularité pouvaient avoir raison de la patience de certains.

Malgré sa vie mouvementé et peu noble ainsi que cette fameuse particularité, les relations de l'enfant des rues allaient et venaient, se liant et se déliant au fil des années sans que cela ne le perturbe vraiment, toujours heureux de vivre malgré les difficulté que le destin mettaient sur sa route. Malgré tout cela, il garda un ami durant tellement d'années qu'il lui fut pendant longtemps, impossible de compter. Un certain Evan Clairval, un ami d'enfance rencontré dans les rues alors qu'ils n'étaient tous les deux que tout jeune. Les deux bambins s'amusaient sans cesse ensemble, et, malgré le fait qu'ils grandirent et prirent tous deux des chemins différents, ils restèrent très proche. Gwayne était devenu un hors-la-loi, volant pour survivre, tandis que lui était entré à la Chantrie pour devenir Templier. Alors oui, on ne s'attendait pas forcément à voir deux personnes comme eux devenir amis, et pourtant, malgré les années ils restèrent proche, malgré la distance qui les séparèrent lorsque le blondinet fut muté ailleurs, le voleur appris à écrire, à sa façon pour garder le contact. Certes, de temps à autres ils se prirent le bec, comme tout le monde, notamment sur le mode de vie du petit brun mais rien de suffisant pour briser tout cela.

Le moment qui nous intéresse dans leur histoire est le jour de leur retrouvailles après de nombreuses années en poste à Val Foret. Le templier devait revenir à la cité impériale pour une raison que notre ami oublia bien vite, bien trop excité à l'idée de revoir son ami d'enfance. Il lui avait donné rendez-vous dans les bas-quartiers de la ville où ils seraient tranquille pour se retrouver et passer un peu de temps ensemble. A l'heure du rendez-vous, le voleur fit les cent pas dans la rue, trop impatient pour faire autre chose, trop nerveux pour penser à quoi que se soit d'autres, quand soudain, une voix étonnamment familière l'interpella. C'était lui. Se retournant, aussi heureux qu'un chien voyant son maître rentrer, il s'approcha tout souriant, avant qu'Evan ne le critique sur sa chevelure. Alors, tout en avançant, le garçon tenta de lui rendre la pareille.

« Tiens donc, vous ressemblez fortement à quelqu'un que j'ai connu il y a pas mal de temps. Mais … Je dois faire erreur, vous êtes bien trop élégant pour lui. »


Il rit brièvement avant de le prendre dans ses bras dans une grande accolade, avant de « commencer » à parler.

« Ah Evan, que ça fait plaisir de te revoir enfin. T'as gonflé dis donc. Tu dois t'entraîner tous les jours. Oh et puis cette armure, tu dois imposer pas mal avec. Fin, y'a plein de petits malins dans ce genre de coin qui doivent pas être vraiment content de te voir, mais, t'es avec moi, alors t'en fais pas. Et sinon, ça se passe comment dans ta forêt du coup ? Ça s'passe bien ? Tu manges bien ? Y'a pas trop de bestioles bizarres là-bas ? T'as trouvé une femme ? T'as vu tes parents en venant ou pas au fait ? J'suis sûr ils seront trop content de te voir ? Oh ! Qu'elle est belle ton épée, ils te la donnent où t'as dû te l'acheter ? T'as dû devenir super balèze maintenant avec ça, j'devrais plus être capable de rivaliser. Enfin, faudrait que tu m'attrappes avant ça. Et ça c'est pas gagné ! Tu sais les gardes, y'en a pas un qui m'a attrapé jusque là. Ah, et au fait, ton chevali, fais gaffe quand même, les bas-quartiers comme ça c'est pas le mieux. Enfin, la plupart connaissent ma maison et à quel gang j'appartiens, mais y'a toujours des mecs qui savent pas trop et qui sont courageux. Enfin, on le retrouverait hein, mais ça risque d'être compliqué. Ah ! Et pour mes cheveux, j'suis désolé de pas pouvoir être tout coiffé tout propre comme toi hein, t'es toute mignonne coiffée comme ça ! »
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MessageSujet: Re: 'twas a simpler time indeed ♦ gwayne Mar 9 Déc 2014 - 6:00

Il n’avait même pas été l’ombre d’un problème pour Evan de reconnaître Gwayne, même de dos, bien qu’il ait fortement changé depuis leur dernière rencontre. Et il n’était pas le seul : ils avaient tous les deux évolué, pour le meilleur ou pour le pire, l’un préférant la rigueur et l’entraînement dirigé et l’autre, la cavale et l’agilité indispensable à sa survie. Si certains se moquaient – et se moqueront toujours – de l’improbable association des caractères, ils s’appréciaient néanmoins, cette complémentarité polaire ajoutant quelque couleur originale à leur amitié. Il se remémorait avec bonheur les moments qu’ils avaient passés ensemble lors de leur jeunesse, Evan réprimandant son ami, tous deux hauts comme trois pommes, alors que Gwayne rapportait fièrement un objet dérobé. Le blond avait déjà l’âme d’un justicier et le brun, boute-en-train et tout autant tête en l’air, ne changerait pas non plus tant que ça, finalement.

« Tu te crois malin ? » ricana Evan, serrant son ami dans ses bras, ne prenant guère garde de ne pas l’assommer contre la lourde amure qu’il portait. L’ombre d’un instant, Evan crut que les incessants babillages de son camarade s’étaient taris avec le temps, faisant de lui un bien plus agréable interlocuteur. Lui-même n’ayant pas de mal à laisser les autres parler, le templier n’avait jamais été impatient envers Gwayne, bien que ce fusse généralement le sentiment qui regroupait leur groupe d’amis autour du frisé. Certes, ils l’adoraient tous pour sa naïveté et son adorable confusion, mais il n’en était pas moins que peu étaient aussi patients envers les élans loquaces du brun que l’avait été Evan à travers les années. Pas étonnant qu’il soit stupéfait de remarquer une tendance à la baisse de son débit vocal… ou du moins c’est ce qu’il pensait.

« Oh, oui… » commença-t-il en réponse à la question de son ami, avant d’être coupé par la suite du discours de Gwayne. « Bien… Oui… Non… Pas mal… » réussit-il à caser avant d’abandonner, ne faisant que hocher la tête et acquiescer à ce que son interlocuteur pouvait bien lui dire. Sa résolution hors du commun, enhardie grâce à son entraînement de templier, lui permit néanmoins de rester concentré jusqu’à la fin de la tirade – qui aurait cru que de tels avantages viendraient avec la formation de guerrier saint ? En réponse à la dernière phrase de Gwayne, qui semblait mettre fin au monologue, il passa sa main dans ses cheveux, affichant une moue boudeuse. « Quoi, ils sont bien mes cheveux, » protesta-t-il. « En plus j’viens de me claquer deux jours de randonnée, ils peuvent pas être si fabuleux que ça. » La fatigue se faisait sentir mais il était de trop bonne humeur pour laisser le sommeil l’emporter maintenant, alors que le soleil était toujours haut dans le ciel. Il jeta d’ailleurs un coup d’œil en l’air.

« D’ailleurs, on doit parler de ta calligraphie. T’as besoin d’une leçon express, » souligna le templier, gentiment moqueur, alors qu’il faisait retomber ses prunelles azurées vers Gwayne. Pas qu’il critiquait les missives toujours bien senties de son ami, loin de là ; où il était, sans possibilité de visiter la ville où toutes ses connaissances se trouvaient, les lettres étaient ce qui lui permettait de se tenir au parfum de l’état de ses parents – et de ses amis, par la même occasion. Et ce, même s’il lui fallait parfois redoubler de patience et d’efforts pour déchiffrer le langage et l’écriture maladroits du maraudeur. Il ne fallait pas lui en vouloir, mais Evan se devait d’admettre qu’il trouvait cela tout de même amusant. « Maintenant, les templiers croient que je reçois des missives codées de la part des Corbeaux. C’est pour ça qu’ils me renvoient plus près du quartier général, pour mieux me surveiller, » plaisanta-t-il, abattant son bras autour des épaules de son ami en riant.

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MessageSujet: Re: 'twas a simpler time indeed ♦ gwayne Mer 10 Déc 2014 - 17:07


♪ Alors, pour un empire, je ne serai plus jamais le dernier.
Sourire à l'avenir me fait danser.


Evan fut sûrement la même chose qui pouvait arriver à Gwayne. Il avait trouvé en lui un ami fidèle et sincère qui ne voulait pas profiter de lui, de sa naïveté ou de sa … Faiblesse dirons-nous. C'était un homme droit, intègre et qui, au fil des ans avait tissé un lien des plus solides avec le petit ouragan. C'était peut-être le seul être dans tout Thédas, capable de tenir une conversation avec cet homme, sans perdre patience, capable de répondre à tout ce qu'il pouvait raconter, et tenter de comprendre ce qui pouvait se passer dans sa petite tête. Alors oui, sans nul doutes que le templier était un geste du destin pour guider ce garçon. Malgré sa bêtise innée, Gwayne avait toujours cru dur comme fer au concept de destinée, particulièrement lorsque plus tard, on l'enrôla dans la garde des ombres pour ses qualités d'acrobate exceptionnelles, ce qui lui fit le plus grand bien. Y serait-il arrivé sans son meilleur ami ? Sûrement pas. Lui avait toujours été là pour le guider, le mettre sur la bonne voie. Certes, le fait qu'il soit voleur avait valu quelques conversations bien corsées entre les deux jeunes gens, mais … Le blondinet finit par se résoudre et le laissa survivre de la seule façon dont il semblait capable de faire, s'assurant toujours que de simple gredin, son ami ne finisse pas assassin. Et sur ça, l'enfant des rues était tout à fait d'accord, il n'aimait pas se battre, il n'aimait pas faire de mal aux gens.

De fait, lorsque Evan dut partir, loin de la cité impériale, cela fut des plus difficiles pour le voleur, qui se retrouva sans repère, sans famille, une fois de plus. La seule façon de garder le contact était d'entretenir une relation à distance grâce à des lettres. L'idée le fit d'abord rire. Lui écrire ? N'importe qui des bas quartiers aurait rit à cette idée, et pourtant, après quelques instants de réflexion, l'inculte se dit que bon, après tout, pourquoi pas ? De fait, il se dirigea bien vite à la Chantrie où il demanda -disons qu'il harcela les sœurs jusqu'à ce que l'une concède- à ce qu'on lui apprenne à lire et à écrire. Ce fut une dame âgée qui accepta d'être sa tutrice, d'abord désespérée, elle finit par trouver en lui un élève sérieux et studieux. Voyez-vous, contrairement à ce que beaucoup pouvaient penser de notre ami, il était capable de se donner à fond, et de se concentrer intensément pour quelque chose qui lui tenait à cœur. Alors, imaginez ce qu'il pouvait ressentir à l'idée de continuer de discuter avec celui qui était comme son frère. La sœur était des plus gentilles avec l'orphelin, bien qu'en désaccord avec ses activités nocturnes, la femme semblait comprendre la nécessité d'un tel geste pour la survie. Cette religieuse, Gwayne ne l'abandonna jamais, lui rendant visite quelques fois, lui offrant des cadeaux de temps à autres, puis, plus tard lui envoya des nouvelles par missive.

Alors, après tout ce qu'il avait fait, vous ne pouvez qu'imaginer l'état dans lequel se trouvait le voleur à l'idée de revoir ce fameux ami. L'étreinte des retrouvailles fut agréable pour le roublard qui ne put que constater l'évolution de son ami. Plus grand, plus costaud, il devait plaire aux dames. L'idée le fit sourire. Et, avant même que le nouvel arrivant puisse dire quoi que se soit, Gwayne enchaîna les questions, tout ce qui pouvait lui passer par la tête à vrai dire. Tout ce dont il n'avait pas trop pu parler dans ses lettres, alors oui, la liste fut longue. Au début, avec grand courage, le templier tenta de répondre oralement, avant de se rendre compte que c'était peine perdue, hochant juste la tête pour répondre, avant que cela en vienne aux cheveux. Le monologue enfin terminé, Evan passa une main dans ses cheveux, la mine boudeuse, protestant que ses cheveux étaient très bien, mais que les deux jours de cheval avaient dû avoir un certain impact sur sa coupe. Cela fit rire l'homme brun qui lui tapota l'épaule.

« T'en fais pas va, sont très bien tes cheveux, tout beaux tout propre. D'ailleurs, ça doit bien marcher les cheveux comme ça avec l'armure de templiers avec les femmes non ? L'uniforme et tout ça, paraît ça marche bien. »

Gwayne n'en rajouta pas plus, ayant retrouvé son calme. Ce fut son ami qui reprit la parole, parlant de la calligraphie de son ami. Mot qu'il n'avait appris que récemment auprès de son ancienne tutrice par le plus grand des hasard, chose qui lui permit de ne pas passer pour un idiot. Une bonne chose en soit. Puis, avant de lui taper sur l'épaule, Evan ironisa, expliquant que ses confrères pensaient qu'il entretenait une correspondance codée avec des Corbeaux, et que c'était pour cela qu'il se rapprochait du quartier général, afin de le surveiller un peu plus. Gwayne ne rit pas. Gwayne ne comprit pas. Comment un corbeau pouvait-il écrire une lettre même codée ? Il fit part de son étonnement.

« Bah … Moi j'suis content que tu sois là mais … Je comprends pas cette histoire d'oiseau là. Comment tes copains templiers peuvent penser qu'un oiseau écrit des lettres ? »

Il resta pensif quelques instants avant d'avoir le visage qui s'illuminait, comme si, le jeune homme venait de se rappeler quelque chose d'important. De sa besace il tira un vin de grand crû et d'une bonne année, qu'il tendit à son frère.

« Tiens ! J'y connais rien moi, mais on m'a dit que ça c'était super bon. On m'a expliqué qu'on devait fêter les retrouvailles avec un bon alcool en général pour parler. Après jsais pas, je connais pas trop beaucoup les vins. C'est la première fois que je visite une cave à vins. »

Il se mit à rigoler grassement. A vrai dire, l'idée même de cambrioler une maison pour une bouteille de vin semblait idiote, mais ça, c'était parce qu'il ne connaissait pas les prix que pouvaient atteindre une telle bouteille. Lui tout ce qui l'intéressait c'était ce qu'il prenait d'habitude, un peu d'or, des bijoux et autres banalités. Le prix de ce genre de choses, il ne l'apprit que trop tard, une fois dans la Garde.
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MessageSujet: Re: 'twas a simpler time indeed ♦ gwayne Lun 15 Déc 2014 - 17:38

Si Gwayne avait l’impression qu’Evan avait grandi, il faut comprendre que c’était l’inverse dans le cas du templier. S’il n’avait pas mieux su comment fonctionne l’anatomie humaine, il aurait pu croire qu’à force de se faufiler dans crevasses et passages trop petits pour son gabarit, son ami avait rétréci, conséquence directe de son mode de vie. Dans tous les cas, il n’avait pas plus de chair sur les os qu’avant, c’était sûr. Une vie comme celle que menait le frisé avait parfois ce résultat plutôt attristant, mais il était assez vieux pour choisir ; maintenant qu’il avait passé le quart de siècle, Evan faisait serment de ne plus embêter son ami quant à ses choix. S’il avait prétendu, dans le passé, arrêter de se mêler de la carrière peu rutilante qu’avait entreprise Gwayne, il n’avait jamais réellement lâché le morceau jusqu’à maintenant. Autant laisser ces retrouvailles agir comme scindement naturel entre deux époques. Il l’avait emmerdé pendant vingt ans, ce n’était sans doute pas trop tôt…

Le roublard n’avait néanmoins pas tant changé que cela. Toujours aussi volubile, toujours aussi optimiste, toujours aussi jovial… à croire que des années de misère ne suffisaient pas à changer la quintessence même du jeune homme. Ce qui n’était pas une mauvaise chose – il était facile, confronté à une vie moins qu’enviable, de laisser l’amertume prendre le dessus et dégrader le peu de bonheur qui s’accrochait à un être. De toute évidence, Gwayne ne pouvait que se targuer d’être resté le même, alors qu’il reprenait quelque tirade incessante qui fit néanmoins sourire le templier. C’étaient parfois les choses les plus improbables qui nous manquaient le plus. « Oh, tu sais, les filles et les uniformes… » fit-il dans un sourire entendu. Il y avait un certain avantage sur ce plan du fait qu’il était templier – or, peu de ces filles, qui avaient pu s’intéresser à lui plus qu’un soir, avaient semblé comprendre qu’il n’était pas destiné à être le père de leurs enfants. Dans tous les cas, il préférait en revenir au principal intéressé, soit le jeune homme à la calligraphie douteuse. Entouré de gens versés dans les lettres, il n’avait pas songé à la disparité que ses nouvelles connaissances apporterait à leur conversation, jusqu’à ce que Gwayne lui admette ne pas savoir de quoi il parlait.

Pour un templier, l’existence des Corbeaux d’Antiva était indéniable. Mais pour un simple voleur des rues de Val-Royeaux… il y avait plus de chances que le concept soit inconnu. Evan accusa un léger silence, son rire s’effaçant brusquement. « Laisse tomber, c’est rien d’important. » Autant lui éviter telle connaissance si tant était qu’il pouvait éviter de les rencontrer un jour. Il n’en savait rien, après tout. Le voleur ne sembla pas s’en offusquer et reprit aussitôt en présentant à Evan une bouteille, qu’il reconnut comme étant du vin. Amusé, le templier s’en saisit afin de l’observer, persuadé qu’il aurait droit à un tord-boyaux de fond de ruelle pour se désaltérer ce soir – ce qui ne l’agaçait pas, tant qu’il était en la bonne compagnie de son ami d’enfance. Mais il reconnut bien assez tôt que ce n’était pas une vinasse que lui présentait Gwayne, mais bien un grand cru qu’il savait hors de portée de la bourse du voleur.

Un sourire légèrement crispé étira brièvement les lèvres du templier. « Ne me dis surtout pas où tu as trouvé ça, » fit-il entre ses dents. « Je suis plus à l’aise dans l’ignorance, cette fois. » Évidemment, il doutait fort que la bouteille avait été volée par son interlocuteur, mais à voir l’attitude désinvolte du jeune homme, il ignorait si c’était par volonté qu’il avait choisi un nectar aussi dispendieux. « On boit ça où, alors ? » Opportuniste comme il était, bien que légèrement tiraillé par la provenance douteuse du produit, Evan jugea qu’il était stupide de passer une telle occasion. Après tout, en Val-Royeaux, il ne faisait pas office de justice. Il pouvait bien faire ce qui lui plaisait : en l’occurrence, profiter des retrouvailles avec son meilleur ami autour d’une bonne coupe de vin.

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MessageSujet: Re: 'twas a simpler time indeed ♦ gwayne

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