FORUM FERME

Partagez|
 

 Encore ses cauchemars ☩ Dezial

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Invité
Invité
Infos
Personnage

MessageSujet: Encore ses cauchemars ☩ Dezial Sam 15 Nov 2014 - 2:25

Mon sauveur, mon mentor...

Que ferais-je sans toi ?


Mon entraînement ne s’était pas achevé plus tardivement que d’habitude, mais je me savais éreintée. Je ne m’étais pas endormie plus tardivement qu’à l’accoutumée. Je savais, que si je voulais acquérir de nouveau savoir et perfectionner ceux obtenus, le sommeil m’était aussi nécessaire que l’eau pour la traversée d’un désert. Je n’étais pas déconcentrée, je faisais au contraire tout pour exceller, essayant de répéter les mouvements de mon mentor. Disciplinée, studieuse, je puisais au fond de mon être un peu de force pour ne pas faiblir. Je voulais que Dezial puisse être fière du travail effectué, seulement il était observateur, connaissait mes limites et je ne parvenais plus à dissimuler ma fatigue. Lui comme moi savions pertinemment pourquoi je me donnais tout ce mal. Les évènements qui s’étaient produits cinq ans plus tôt et dont le souvenir m’était encore et toujours douloureux.
Je ne lui avais pas parlé de mes nuits. Ces dernières étaient quelque peu agitées depuis trois jours, si bien que mon corps, au cours de nos entraînements quotidiens, avaient fini par montrer des signes de faiblesse. Un désastre pour moi qui était si consciencieuse. D’ordinaire, c’était mon maître qui mettait un terme à nos entraînements. J’en désirais toujours plus, mais il me faisait toujours comprendre que le savoir était les desserts. Il me fallait les savourer, une part après l’autre, pour mieux les apprécier. Seulement ce matin-là, je lui avais presque reproché de me faire travailler trop. Les mots s’étaient précipités dans ma bouche : « Je n’y arriverai jamais ! Personne ne peut travailler autant. » La fatigue avait eu raison de moi, laissant se lever un soupçon de colère qu’il avait pu entendre dans mon timbre de voix. Bien entendu, j’avais aussitôt regretté mes paroles, jamais je n’aurais dû me permettre, épuisée ou non. Honteuse, confuse, j’avais fermé les yeux, baissé la tête, lâcher mon épée et joint mes mains devant moi en lui priant de ne pas m’en vouloir : « Je te demande pardon… » Un nœud s’était logé au fond de ma gorge, m’empêchant de prononcer mots. Alors, mon mentor me laissait prendre congé de lui, me permettant ainsi de prendre une pause bien mérité. Je ravalais mon chagrin de même que ma frustration et choisissais qu’il était tant pour moi de regagner la chambre que l’on avait désignée comme mienne.
La pièce était dépourvue de décoration, mais elle demeurait bien plus grande et chaleureuse que la chambrée qu’elle avait partagée avec mes sœurs, plus jeune. Je m’allongeais sur le lit qui se réchauffait avec la lumière du soleil. Les paupières closes quelques larmes profitèrent pour s’échapper de mes yeux.

Je ne sais pas combien de temps je restai étendue, à profiter de l’immobilité de mon corps, mais le bruit d’un objet en verre qui se brisait sur la pierre. Tout mon corps semblait en alerte, je m’étais redressée vivement et avait tendu l’oreille. Je ne m’étais pas trompée, A en juger par le bruit significatif des épées qui se rencontraient, son mêlé aux cries de femmes effrayées, que j’entendais, je n’avais plus de doute. Un combat se déroulait dans la bâtisse. Je sortais les dagues que je dissimulais sur moi et remontais silencieusement le couloir par lequel j’étais arrivé jusqu’à ma chambre à contresens.
Tout semblait flouté et brumeux, je fronçais les sourcils et avançais plus lentement. Les secondes semblaient durer une éternité. Je ne savais même pas pourquoi je ne courrais pas ! Dezial pouvait-être en danger, lui ou les Lydes et je perdais mon temps ! J’arrivais enfin au bout de l’interminable couloir et ouvrait la porte. Je ne me souvenais pas que cette porte ouvrait sur une chambre, mais j’y étais pourtant et cette dernière m’était étonnement familière. Le doute s’installait enfin lorsque je réalisais qu’il s’agissait de cette chambre, celle dans laquelle je croyais m’être suffisamment bien caché pour le pas être trouvé. Je rêvais, revivais cette mésaventure traumatique une fois encore. C’était ce même cauchemar qui m’avait empêché de passer des nuits complètes. Il me fallait m’en détacher, je ne voulais plus être la faible et fragile petite paysanne qui avait manqué d’être bafouée et tuée comme le reste de sa famille. Maintenant que je me savais endormi, tout semblait s’accélérer, j’avais repris la place que j’avais occupée cinq ans plus tôt. Je n’avais plus mes dagues pour me protéger ni même aucune force pour échapper à cet homme à l’odeur désagréable et au visage bouffis. Je voulais mes réveiller, à l’instar du déroulement des événements passés, j’hurlais et me débattais en vain.


Le sommeil c’était bien vite emparé de moi, mon corps était immobile, semblait apaisé, mais ma respiration et mon rythme cardiaque s’étaient accélérés. J’étais de plus en plus agité et je poussais de plus en plus régulièrement des gémissements de douleur. Quelque chose me tenait le bras et tandis qu’un cri m’arrachait enfin de cet affreux mauvais rêve. J’ouvrais les yeux sur Dezial aussi tremblante qu’haletante et secouai instinctivement la tête en fermant les yeux comme pour me débarrasser de ses vieux souvenirs qui refaisaient surface sous la forme de songes.
Je n'avais pas besoin de lui expliquer quoique ce soit, il me connaissait bien et savait pertinemment ce qui me tourmentait. J'espérais surtout n'avoir ennuyer personne d'autres que lui.

Désolée...

Allais-je donc arrêter de m'excuser ! Ce n'était tout de même pas volontairement que je me replongeais dans cette tragédie. J'apaisais peu à peu ma respiration tout en me redressant. Dezial était toujours là, auprès de moi, plus encore lorsque j'avais besoin de lui. Sa présence m'était en tout point bénéfique. Et pas seulement parce qu'il était celui qui m'avait évité une fin plus tragique, ni parce qu'il m'enseignait tout ce qu'il savait pour faire de moi quelqu'un de moins vulnérable en dépit de ma silhouette. Mais surtout parce que tout ce temps passé près de lui avait transformé ma reconnaissance et mon admiration pour ce qu'il faisait en de sentiments plus fort. J'avais bien sur une grande affection pour lui, mais même si je n'avais aucun autre élément de comparaison j'étais convaincue que c'était plus que cela. Par respect pour ce qu'il représentait pour moi, je ne me permettais pourtant pas de nommer cette émotion.


code by mirror.wax


Dernière édition par Rowena le Mer 19 Nov 2014 - 18:45, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Infos
Personnage

MessageSujet: Re: Encore ses cauchemars ☩ Dezial Dim 16 Nov 2014 - 22:29


♫ On les entends, mais on ne les vois jamais dans la nuit,
Contre le vent, ils attendent impatients,
ɤ

« Il n'est pas toujours aisé d'être maître, enseignant, mentor ou quel que soit le mot que vous donnez à cette fonction. Être patient en chaque jour, savoir prendre le temps d'expliquer et de réexpliquer de nombreuses choses, même celles les plus élémentaires pour vous. Il faut savoir être à l'écoute, à l'attention de notre petit protégé, savoir se mettre à sa place pour aider à la compréhension. Il faut aussi apprendre à ne pas aller trop vite pour ne pas décourager, ou à l'inverse, ne pas aller trop lentement pour ne pas ennuyer. Tous ne sont pas fait pour jouer un tel rôle, et Dezial ne s'en pensait pas capable. C'est cette jeune fille, Rowena, qui lui a prouvé, à son insu, qu'il en était tout à fait capable. Cette demoiselle en détresse qu'il sauva par le plus grand des hasards du plus malheureux des sorts. L'homme su s'armer d'une patience qui lui était encore inconnue jusque là pour qu'elle ait enfin confiance en lui, qu'il puisse enfin l'aider à avancer. Il la forma au maniement des armes, afin qu'elle se sente plus en sécurité, même lorsqu'il n'était pas auprès d'elle. Il lui appris les ruses, même les plus viles pour gagner un combat. Lui expliquant que peu d'hommes s'attendraient à ce qu'une jeune femme d'une pareille allure sache se défendre, qu'il fallait agir vite pour en éliminer le plus possible par effet de surprise, puis, petit à petit prendre l'avantage grâce à ces fameuses ruses. Lorsque l'on agit dans l'ombre, ou que l'on se bat pour sa survie, l'honneur n'existe pas. Il n'y a que la loi du plus fort, ou du plus malin. Un bon coup bien placé entre les jambes est capable de plier n'importe quel homme. C'est donc après tout cela qu'il se rendit compte qu'elle pourrait devenir officiellement son élève. Ainsi, il lui dévoila toute la vérité sur lui, sur son ordre, sur ses buts, et il la prit comme apprentie.

Bien évidement, inculquer tout ce qu'il savait n'était pas chose aisée, mais, la belle était studieuse ; alors, la tâche sembla plus facile que prévue. Malheureusement, il y eut, à quelques reprises, un événement qui perturba cette transmission de savoir. D'énormes élans de fatigue qui rendaient la demoiselle presque agressive. Bien entendu, notre ami savait pertinemment ce qu'il se passait, ou du moins, il pensait savoir : des cauchemars, très certainement. Après tout, qui pourrait ressortir indemne d'une telle atrocité ? Voir ses parents ses faire massacrer, ses sœurs se faire violer puis égorger, avant de menacer de passer à son tour sur la table. Comment pouvait-il l'aider ? L'homme ne savait pas. Lui n'avait jamais été des plus doués pour trouver les mots justes, en plus d'être maladroit. Comment lui parler sans risquer d'envenimer les choses ? Comment agir sans pour autant être sûr de ne pas l'enfoncer encore plus dans sa tristesse ? Dezial ne savait pas quoi faire. En vérité, il avait peur de faire quoi que se soit. Du moins, il en eut peur, jusqu'à ce fameux renouveau.

A l'époque qui nous intéresse, cela devait bien faire trois ans que le duo était rentré au château des Lydes, trois années où l'élève avait appris de nombreuses choses auprès de son mentor, et n'était pas bien loin d'être fin prête à devenir officiellement barde. Dans bien des domaines la demoiselle frôlait le niveau de son maître, et le surpassait même dans certains, notamment pour tout ce qui touchait à l'art de la rhétorique. Certes, Rowena avait quelques lacunes dans certains domaines, mais, qui peut bien se targuer d'être parfait dans quelque domaine que ce soit ? Personne, et Dezial était fort bien placé pour le savoir. La demoiselle s'était fort bien intégrée dans la maisonnée et semblait s'entendre à merveille avec la plupart de ses habitants, au plus grand bonheur de son mentor. En plus de quoi, elle avait fait part de son envie de rester travailler pour le compte de cette famille une fois sa formation achevée, ce qui réchauffa grandement le cœur du barde. Malheureusement, depuis quelques jours auparavant, les … Symptômes habituels avaient refait surface, comme à chacun de ses passages à vide. Une fatigue apparente, un manque de concentration, une certaine tendance à vite s'échauffer, alors, comme à son habitude, le maître prenait des pincettes avec elle, jusqu'au jour où … Alors que lui tentait de lui faire mémoriser une série de blasons et de noms, sans la moindre raison, notre jeune amie s'énerva soudain, prétextant qu'elle n'arriverait jamais à retenir tout cela, que personne ne le pouvait. Quelques instants plus tard, sans doutes réalisa-t-elle seulement là ce qu'elle venait de dire, son visage de transforma, et s'excusa platement, avant que le bâtard ne lui propose d'aller se reposer. Jamais il ne l'avait vu dans un pareil état.

Alors que la jeune femme rejoignit ses quartiers, l'homme partit manger un petit quelque chose. En effet, son ventre le lui ordonnait, et ce dernier était largement plus autoritaire que son possesseur. Malgré tout, cette situation le préoccupait lourdement, si bien que la faim ne fut que légère au grand dam de son estomac. Inquiet, il se déplaça silencieusement jusqu'à sa chambre, y entra et l'observa, transpirante et agitée. Il s'assit sur le matelas et lui prit délicatement la main, espérant chasser les horreurs qui se déroulaient dans son esprit. Par chance, cela eut l'effet escompté, et la belle se réveilla, semblant ne pas comprendre ce qu'il se passait, remuant la tête, comme pour chasser les bribes de souvenirs restantes. Une fois revenue à la réalité, elle s'excusa timidement, ce qui fit sourire son maître, qui ne put que lui tendre un linge pour s'éponger.

« Tu n'as pas à t'excuser, je n'ose même pas imaginer ce … Ce que tu vis lorsque … Tu es dans un tel état. Je … N'ai jamais osé en parler, mais … Je … Tu revois ce fameux jour n'est-ce pas ? »


Toujours souriant, il relâcha son étreinte pour lui servir une coupe d'eau qui traînait non loin de là, sur une table basse, au vu de ce qu'elle avait transpiré, il se doutait bien qu'elle devait avoir une certaine soif. Une fois rassis, il reprit toujours avec douceur.

« Tu sais, lorsque tu es si fatiguée, l'on peut dispenser les entraînements et les cours, nous n'avons pas de date fixée, alors, prend soin de toi dans ces cas là. Je n'ai jamais su comment aborder le sujet, je dois te l'avouer, tu as toujours été …. Très nerveuse dans ce genre de situation. »


Il s'arrêta pour rire un bref instant avant de reprendre.

« Dans tous les cas, je trouverai quelque chose pour te faire dormir, et éviter que tu revois tout cela. Maintenant que nous sommes … En terrain civilisé, cela doit être plus aisé de faire venir quelqu'un de compétant. Et … Si jamais tu tiens à en parler, je suis à l'écoute, ne sait-on jamais. »


Oui, Dezial était inquiet, il ne savait pas comment aider, alors il proposait ce qu'il pouvait pour tenter de l'aider. Était-ce de bonnes propositions ? Des mauvaises ? Il n'en savait rien, et ne pouvait que prier pour ne pas la remettre en rogne. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Infos
Personnage

MessageSujet: Re: Encore ses cauchemars ☩ Dezial Mer 19 Nov 2014 - 21:34

Mon sauveur, mon mentor...

Que ferais-je sans toi ?

Les techniques de combat que Dezial lui enseignait se rangeaient mal dans un coin de sa petite tête où elle n'aurait aucun mal à les retrouver par la ensuite. La jeune apprentie remerciait bien souvent son absence de savoir et son avidité pour emmagasiner de nouvelles connaissances. N'était-il pas plus simple de remplir une coupe vide ? Rowena ne savait ni lire, ni écrire, ni combattre, ni ruser. Lorsqu'elle avait rencontré Dezial ce n'était qu'une adolescente naïve, insouciante et pure qui commençait tout juste à comprendre ce que la puberté produisait comme changement dans son corps et pourquoi le regard des Hommes changeait à son égard. Elle ne connaissait ni le nom des seigneurs, ni ceux de leurs femmes et enfants, ceux des différentes maisons de la royauté. Tout était à apprendre et c'était ce qu'elle faisait de mieux.
Son village était au pied d'une falaise, trop petit, trop pauvre et trop lointain pour être convoité. Cela n'avait pourtant pas empêcher ses brigands de massacrer sa famille sans but.

*Pourquoi n'avaient pas simplement pris biens matériels et alimentaires qu'ils désiraient avait de partir ! Nul doute que mon père aurait préféré cela à la fin tragique qu'ils leurs réservaient.
Mon père n'avait peut-être que faire de son honneur, cependant mon frère cadet n'était pas aussi sage. Pourquoi avait-il fallu qu'il soit à ce point arrogant et insolent. Une fois sa gorge tranchée, mon père avait pris un des mince couteau sur la table et le massacre avait commencé...*


Voilà les visions qui torturaient encore l'esprit de la jeune femme alors qu'elle secouait la tête en plissant les yeux pour les laisser s'évanouir avec les images de son cauchemar. Ses excuses prononcées elle se redressait et regardait tout autour d'elle comme pour vérifier qu'elle était bien chez elle. Oui, chez elle, car après trois printemps passés chez les Lydes, Rowena connaissait les murs de la bâtisse comme sa poche. De toute façon la petite paysane avait décidé que dès lors qu'elle se sentirait en sécurité dans un lieu, elle pouvait se considérer chez elle. Ça avait été sa valeur de référence au cours de ses voyages avec Dezial tout comme ça l'était aujourd'hui.
Les paroles de son maître étaient toujours aussi douces et réconfortantes. L'empathie dont il faisait preuve à son égard ne faisait que réchauffer d'avantage son coeur et entretenir la douce affection qu'elle avait pour lui. Le Barde cherchait ses mots, ou du moins mesurait ses paroles afin de trouver des termes juste qui ne la blesserait pas d'avantage. Rowena laissait le silence s'installer, sa respiration semblait avoir retrouvé un rythme plus calme - disons normal. Elle baissait les yeux.

Tellement souvent que j'ai arrêté de compter. Je pensais que mes souvenirs s'évanouiraient avec le temps. Que je pourrais dormir paisiblement sans être torturée par ces... Ces images... Mais il semble que ma mémoire soit tenace.

Elle manqua de tendre le bras vers lui lorsqu'il s'éloigna pour attraper cette coupe d'eau. Mais puisqu'il n'allait pas loin elle le laissait faire. L'apprentie ne tenait pas à être seule, pas maintenant, pas après ce qu'elle avait vu, pas après que son sadique subconscient lui ait remis ces images en tête. Rowena avait constaté que sa grande fatigue entraînait souvent ce genre de mauvais rêves et inversement ; un véritable cercle vicieux. Relevant les yeux vers Dezial elle écoutait silencieusement ses paroles. S'accrochant aussi bien à elles qu'à son sourire. Elle aurait voulu protester, mais savait que son action aurait été vaine. Alors comme cela, il l'avait toujours su ! L'homme la connaissait décidément mieux qu'elle même.
Rowena retrouvait son sourire alors que Dezial riait.
*Je préfère mille fois le voir ainsi, plutôt que de le voir inquiet pour moi. Je sais me défendre il n'a plus à s'inquiéter *
La jeune femme haussait les épaules, en se demandant si elle désirait vraiment avaler des mixtures qui l'aiderait à faire des nuits complètes. Et si le fait de demeurer en un profond sommeil l'empêchait de s'extirper seul de ses cauchemars et d'ainsi les faire durer plus longtemps. Avait-elle réellement envie de voir ses mauvais rêves s'étirer à toute une nuit. D'un autre côté, avait-elle seulement essayer autre chose, de d'attendre le lever du jour ?

... Je ne sais pas. J'ai peur de me rendormir après. J'erre sans but, je m'entraîne au combat en espérant que la fatigue aura raison de moi. Pour ce qui est d'en parler, je...

La jeune femme interrompait son discours pour regarder la fenêtre, le soleil semblait avoir quitté son zenith. Elle ne s'était pas assoupit aussi longtemps qu'elle l'aurait cru. Il était étonnant de voir à quel point les rêves pouvaient vous faire perdre toutes notions du temps.
La future Barde préférait bien s'adresser à lui plutôt qu'à d'autres. Elle n'avait confiance qu'en lui. Elle n'était d'ailleurs même pas certaine de vouloir en parler, ignorant si cela lui ferait du bien ou au contraire si cela ne serait plus néfaste.Mais puisqu'il s'agissait de lui, elle ferait un effort. Que n'était-elle pas prête à faire pour Dezial ! La jeune femme terminait la coupe que son mentor lui avait donné et soupirait comme pour se donner du courage.

Sais-tu seulement à quel point je te suis reconnaissante. Je lutte chaque jour pour ne pas penser à ce qui me serait arrivé si tu n'avais pas été là.

code by mirror.wax
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Infos
Personnage

MessageSujet: Re: Encore ses cauchemars ☩ Dezial Mar 2 Déc 2014 - 3:13


♫ Fous de rage et d'envie de sang
A l'affût du moindre corps qui s'est affaibli,,
ɤ

Les souvenirs de la belle seraient sans doutes présent tout au long de sa vie. Dezial avait eu un début de vie rigoureux, bien moins que celle de sa disciple certes, mais contrairement à la vie de château qu'il mena par la suite, cela semblait bien plus compliqué, tout comme la vie qu'il mena sur la route, cherchant des occasions de s'améliorer encore et encore, de devenir suffisamment fort une arme en main pour pouvoir protéger les siens de tout ennemis. Pour cela, notre ami dû se faire mercenaire quelques fois, et vit des choses horribles. Des choses impensables, le faisant ainsi réaliser à quel point l'être humain ne semblait pas connaître de limites lorsqu'il s'agissait de barbarie et de cruauté. Des villages ravagés, pillés, mis à sac, des esclaves, des viols, des exécutions toutes   plus horribles les unes des autres. Il lui arrivait de temps en temps de revoir en songe ce qu'il avait traversé, se doutant que sans doutes cela le hanterait toute sa vie. Il ne pouvait qu'imaginait l'horreur que cela devait être pour une simple fille de paysan qui s'est vue arracher à sa vie d'un jour à l'autre. Il ne pouvait que la plaindre. Cependant, tout ce qui avait fait la vie du barde, pour rien au monde il ne l'aurait changé. Qui n'a jamais vécu de moments difficiles ? Horribles ? N'est-ce pas ceci qui fait ce que nous sommes ? N'est-ce pas ceci qui nous forge tout le long de notre vie, n'est-ce pas cela qui l'a fait devenir un barde ainsi qu'un homme potentiellement dangereux pour tout ennemi des Lydes ? Non, il ne changerait rien.

Lui ne pouvait que l'écouter se lamenter. S'exaspérant sur le fait qu'ils pouvaient simplement prendre ce qu'ils avaient besoin au lieu de tuer tout le monde. Expliquant que son frère bien trop à cheval sur l'honneur ne se sentit pas capable de laisser faire ça chez lui, se lançant donc à l'assaut, créant ainsi l'étincelle qui embrasa la scène la faisant se finir dans un bain de sang. Quelques instants plus tard elle avoua avoir revécu un nombre incalculable de fois, avouant même avoir espéré naïvement que cette fameuse scène disparaisse de son esprit, malheureusement, une telle chose ne s'en va pas si facilement. Le cœur du maître se noua, déçu de ne rien pouvoir faire pour cette demoiselle en détresse.

Un peu plus tard, Dezial proposa de trouver quelqu'un pour l'aider à s'endormir, sans doutes pouvait-il dénicher un ou deux bons apothicaires dans la cité qui arriveraient à la faire dormir sans avoir l'occasion de rêver. Un sommeil lourd qui lui permettrait de reprendre des forces et de ne pas revivre inlassablement cette scène. Elle se contenta de le remercier, une fois de plus, pour tout ce qu'il avait fait, surtout ce jour là, ne pouvant s'empêcher de s'imaginer ce qui se serait produit si jamais il n'était pas intervenu. Oui, la demoiselle pouvait s'estimer chanceuse. D'une grande beauté, elle aurait servi à bien des choses horribles. Peut-être serait-elle devenue une esclave, passant de riches personnes en riches personnes pour subvenir à leurs … Besoins sans avoir … De vie. Le maître sourit timidement à cette déclaration en lui tapotant la main.

« Tu n'as pas besoin de me remercier. La fatalité a cru bon que nos chemins se croisent, c'était la plus normale des choses que d'intervenir. Je n'ai au final pas eu grand chose à faire, la plupart de ses hommes sont pour la plupart des couards, lorsque l'on vient à montrer que l'on a des crocs, ils disparaissent tout simplement. Il ne faut plus repenser à ça. Et … J'ai une … Bonne nouvelle à t'annoncer. »


Le jeune homme se gratta le menton nerveusement, tentant de trouver la meilleure façon d'annoncer la chose. Allait-elle bien le prendre ? Ou mal ? Les deux solutions étaient envisageables et cela faisait peur à notre ami. Il se lança alors avec un sourire joyeux.

« Voilà, je … Vais être papa. La mère ne … Voudra pas s'occuper du bambin alors il sera entièrement à moi. Mais … Je sais pas du tout comment faire avec ça, je … Pense pas avoir l'instinct paternel, alors … J'espérais que tu puisses m'aider. »




Dernière édition par Dezial le Jeu 11 Déc 2014 - 13:45, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Infos
Personnage

MessageSujet: Re: Encore ses cauchemars ☩ Dezial Mar 9 Déc 2014 - 15:32

Mon sauveur, mon mentor...

Que ferais-je sans toi ?

La jeune Barde lui rappelait à quel point elle lui était reconnaissante d’avoir été simplement là, aux moments au elle en avait eu le plus besoin. Depuis toujours mais surtout lors de  cette sombre journée qui avait vu la mort de chacun des membres de sa famille. Lorsque Dezial posait sa main sur la sienne pour la tapoter en signe de réconfort, un doux frisson la parcouru toute entière. Rowena avalait péniblement sa salive, fuyant son regard pour baisser les yeux sur leur main.
Il reprenait la parole, tandis que la paysanne qu'elle était se contentait de rester silencieuse. Bien sur qu'elle se devait de le remercier. Et de simple remerciement ne serait jamais assez lorsque l'on savait qu'elle lui devait sa vie. Rowena ignorait si la ce qui lui était arrivée était la faute du destin. Même si elle avait pu faire la rencontre de Dezial et apprendre tellement plus avec lui qu'elle n'aurait pu le faire dans son petit village. Était-ce le prix à payer pour avoir le droit de vivre dans un château ?

Toujours muette et impassible face à lui jusqu'à ce qu'il lui dise avoir une nouvelle à lui annoncer. Son regard s'illuminait, la jeune apprentie songea immédiatement à sa formation de future Barde. Dezial hésitait, semblait chercher ses mots, pendant que son apprenti trépignait d'impatience. Elle lui demandait souriante :

" Cesse donc de me faire languir. De quoi s'agit-il ? "

Il souriait avant de s'exprimer, lui faisant une annonce tonitruante. Rowena perdait progressivement le doux sourire qui était dessiné sur ses lèvres. Sa respiration s'était coupée d'elle même durant quelques secondes avant que Rowena ne reprenne son souffle. Les informations arrivaient et étaient analysées une à une tandis qu'elle tentait de les accepter. Bien sur, Rowena se doutait que son mentor entretenait se genre de relation avec d'autres femmes. Mais jamais elle n'aurait cru qu'il fut de son désir d'être père. Rowena ignorait quelle annonce était la plus troublante. Entre sa future paternité ou le fait qu'il lui demandait d'être la nourrice de son enfant. L'apprentie laissait le silence s'installer entre eux durant ce qui lui paraissait être une éternité. * Qu'est ce qui lui fait croire que j'ai l'instinct maternel ? * se demandait-elle achevant sa réflexion en se disant aussi qu'il ne lui aurait jamais demandé cela s'il n'avait pas confiance en elle. Rowena excusait d'abord son silence.

" Pardonne-moi... C'est une grande nouvelle en effet.
" poursuivait-elle en retrouver un léger sourire. " Félicitation. Tu as l'air... Très heureux. "

Rowena se levait du lit, laissant ses cauchemars et ses souvenirs derrière elle, se disant qu'elle dormirait plus tard. Joignant ses mains devant elle, l'apprenti se dirigeait vers la fenêtre songeuse. Il n'y avait rien qu'elle puisse lui refuser, quoiqu'il lui en coûte. La future barde ne pouvait pas laisser sa jalousie ni même son désir de lui avouer toute l'affection qu'elle lui portait venir troubler ce moment.

Cela ne risque t-il pas de troubler mon enseignement ? se risquait-elle à demander. Je veux dire... Où en est la grossesse et aurais-je le temps d'achever mon apprentissage avant l'arrivé de votre fils ? s'inquiétait-elle car c'est bien la que se trouvait sa plus grande crainte en dehors du fait qu'elle se doutait qu'elle ne serait désormais plus la seule que Dezial protégerait.

code by mirror.wax
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Infos
Personnage

MessageSujet: Re: Encore ses cauchemars ☩ Dezial Jeu 11 Déc 2014 - 14:19


♪A l'affût du moindre corps qui s'est affaibli,
Voici venu le temps où on les revois traîner


En ce jour, Dezial était le plus heureux des hommes. Lui qui n'avait toujours vécu que pour les siens ne s'était jamais vraiment posé la question de ce qu'il voudrait pour lui. De l'avenir qu'il désirait. Non pas que veiller sur sa famille le dérangeait, bien au contraire. Disons que cette voie fut prise par défaut, afin de les remercier pour la bonté d'âme qu'ils avaient eus de l'accepter en tant que frère et que fils, malgré ce sang qui n'était pas tout à fait le même. Il fallait aussi dire que, la fratrie des Lydes était quelques peu particulière. Particulière dans le sens où tous n'avaient pas la même mère, alors, avoir un bâtard dans les rangs ne devait pas être si difficile. Ainsi, notre ami avait entrepris ce chemin, voulant d’abord devenir grand guerrier pour les protéger des menaces physiques, avant de découvrir la voie du barde. Quoi de mieux pour protéger quelqu'un que de connaître à l'avance les menaces, et les éradiquer dans l’œuf ? Oui, avec tout ça, le jeune homme ne s'était jamais vraiment posé la question de ce que lui voudrait faire. De ce que lui voulait obtenir. Pour tout vous dire, c'était un romantique dans l'âme, grand dévoreur de livres en tous genre, grand amateur de quêtes épiques et d'histoire de demoiselles en détresses. Le mariage ? Oui, Dezial aurait bien voulu. Avoir quelqu'un à ses côtés, ressentir quelque chose de fort pour cette personne, pouvoir lui parler de tout, l'enlacer, la cajoler. Malheureusement, une telle chose semblait être un frein pour ses activités. Pourrait-il vraiment veiller sur les Lydes s'il avait une femme ? Certainement moins bien. Quant à cet enfant qui arrivait … Oui, l'homme désirait grandement s'en occuper, que cela soit une fille, ou un garçon, peu importe. Était-ce un cadeau du ciel lui montrant que comme tout mortel il avait droit à une vie ? De fonder une famille ? Peut-être. En tout cas, l'idée lui vint quelques fois, et cela le rendit heureux. Des plus heureux.

Malheureusement, sa jeune disciple ne semblait pas complètement partager son bonheur. En effet, à peine l'annonce fut-elle faite que son délicieux sourire s'estompa peu à peu. De la surprise ? Sans doutes un peu, mais il y avait certainement autre chose de caché derrière tout ça. Trop heureux sur l'instant, le maître ne remarqua pas cet état, se contentant de parler, et de faire sa demande. Oui, en terme d'enfants, notre ami était bien loin de posséder son assurance habituelle. Alors, après un bref silence, la belle s'excusa, avant qu'un nouveau sourire ne revienne l'embellir, peu à peu, pour enfin le féliciter.

« Merci. Je … Je ne m'y attendais pas. A vrai dire, je ne pensais pas avoir la chance un jour d'avoir un enfant. Je ne pensais pas qu'une telle chance me soit accordée. Alors … Oui, je suis le plus heureux des hommes, même si cet enfant n'aura probablement pas de mère, je … J'espère faire ce que je peux pour devenir un bon père. »

En effet, sa joie et son bonheur suintaient de toutes les parties de son corps, cela en était presque gênant, mais, Dezial n'en avait que faire, espérant seulement que son amie resterait auprès de lui pour l'aider avec son futur fils, ou sa future fille. Il avait peur de ne pas savoir comment s'y prendre, de ne pas avoir cet instinct propre aux parents pour s'occuper de leur progéniture. Mais … Il fallait aussi une personne pour s'occuper d'elle lorsqu'il devrait s'absenter pour le bien des siens. Y avait-il quelqu'un de mieux placé que Rowena pour pareil travail ? Il en doutait grandement.

La belle se leva doucement de son lit pour rejoindre la fenêtre, semblant soucieuse. Un silence s'installa entre les deux jeunes gens avant que, enfin, l'apprentie n'ose dire ce qu'elle avait à dire. Elle s'inquiétait pour son enseignement, que ce cadeau du ciel ne soit qu'un frein à son enseignement. Cela fit rire le maître qui se gratta sa barbichette afin de trouver les mots juste.

« Tu n'as pas à t'inquiéter pour si peu. Ta formation touche à sa fin, et, il nous reste une poignée de mois avant que je ne devienne officiellement père. J'aurais le temps de t'enseigner ce que je dois. Par la suite, il y a des choses que tu devras comprendre par toi-même. Découvrir, ressentir. Tant par le combat que la réflexion. Mais … Tu ne m'as pas répondu. Resteras-tu à Lydes, avec moi, pour m'aider ? Je ne veux pas raviver de douloureux souvenirs mais … Il me semble que tu étais l'une des aînées, tu as certainement dû t'occuper de tes plus jeunes frères et sœurs. M'enseigneras-tu cela ? »
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Infos
Personnage

MessageSujet: Re: Encore ses cauchemars ☩ Dezial

Revenir en haut Aller en bas

Encore ses cauchemars ☩ Dezial

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Chroniques de Thédas :: Archives rp :: Chapitre I-