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 fancy seeing you here ♦ drathir

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MessageSujet: fancy seeing you here ♦ drathir Jeu 13 Nov 2014 - 22:35

Un bâillement sonore alerta un oiselet, perché sur une clôture de bois, qui s’envola prestement dans un piaillement paniqué. Evan grommela, les mains posées sur le pommeau de sa flamberge, dont la pointe était piquée dans le sol ; Val Foret était au moins cent fois plus active et motivante que Verchiel, mais il se trouvait néanmoins bien trop souvent otage de son ennui. Pas qu’il manquait de fierté en sa noble tâche, non, certainement pas ; seulement, garder la porte de la Chantrie pouvait parfois manquer d’animation. « Hé m’sieur, vous avez pas vu ce chien d’Rihalor ? Y m’doit encore des piécettes pour l’aut’ fois c’pécore, » le héla un humain du hameau, intoxiqué malgré l’heure hâtive, titubant dangereusement jusqu’à la palissade. « Pas vu, » répondit simplement le templier, agacé par les manières rustres du villageois. Il regarda l’homme s’en aller, le bras en l’air, comme pour tester la direction du vent – néanmoins, il était possible que c’était cette singulière posture qui lui permettait de ne pas continuellement se prendre les pieds dans la rocaille.

« Quelle loquacité, » fit remarquer son collègue et partenaire de garde du moment, un certain Jaris. « J’parle de toi bien sûr. » Evan soupira, jetant un regard agacé dans la direction générale de l’autre templier. « J’ai l’air d’un panneau ambulant ? J’ai autre chose à faire. » À vrai dire, il n’avait pas vraiment autre chose à faire ; c’était plutôt une figure de style. Jaris le regarda un moment, intrigué, avant de jeter une œillade désintéressée sur la place du village. La place était bien animée par les marchands et leurs étals regorgeaient de produits plus ou moins de qualité. Si les dames du domaine se massaient surtout autour des joailliers, c’était plutôt le boulanger et ses brioches fragrantes et la viande séchée du boucher qui faisaient de l’œil au templier au crin de paille. « Je crève de faim, » se plaignit-il, lâchant un soupir désespéré. Son collègue ne fit qu’hausser les épaules, démontrant son absence d’intérêt pour les états d’âme de son pair. Sympa, l’autre.

Des bruits de sabots émanant du chemin principal attirèrent l’attention d’Evan, qui tenta de discerner la source de ceux-ci. Une caravane marchande, peut-être, ou alors des templiers qui se dirigeaient vers la Tour de Montsimmard. Néanmoins lorsque l’avant de la procession se fit voir, il ne remarqua ni cuirasses rutilantes, ni cargo : plutôt une poignée de cavaliers parés d’amures disparates qui balayaient le village d’un œil aguerri. Le templier plissa les yeux, tentant de comprendre quelles pourraient être les raisons de leur présence – et s’il fallait que lui et son compère s’interposent entre eux et les villageois. Préférant la prudence, Evan quitta son poste, rattachant sa flamberge dans son dos pour ne pas alarmer la parade ; à leur hauteur, il leva une main devant le leader de la troupe afin de le forcer à s’arrêter. « Halte, cavalier. Que nous vaut l’honneur de votre visite à Val-Foret ? » déclama-t-il poliment, jaugeant avec précaution son interlocuteur. « Nous sommes représentants de la Garde des Ombres, en plein recrutement, » indiqua-t-il en descendant de sa monture pour présenter une main bien intentionnée à Evan, qui la serra sans hésiter. « J’espère que vous trouverez quelque recrue volontaire par ici, m’sieur, » conclut simplement le templier, préférant laisser la Garde gérer ses propres affaires.

Curieux néanmoins, il jeta un bref regard vers le reste de la procession : tous des hommes, mise à part une délicieuse créature au crin de blé qu’il ne put s’empêcher de regarder un peu trop directement. « Si tes yeux avaient des mains, elle serait déjà à poil, » ne put s’empêcher de murmurer à son oreille Jaris, lui assenant un coup dans le côté de son armure. Evan rétorqua par la pareille, sans pour autant avoir la décence de retenir sa force ; l’autre templier fit un pas croisé, ne pouvant retenir un rire narquois. Evan s’avança vers la femme toujours perchée sur son cheval, persuadé de la connaître – et de l’avoir reconnue. Il lui tendit une main galante, osant espérer pouvoir l’aider à descendre de la monture. « M’dame, » fit-il avec un sourire charmeur. « C’est bien fortuit de vous revoir après tant d’années. » Contrairement à ce que son collègue pouvait penser, pas besoin d’imagination pour savoir exactement à quoi la guerrière ressemblait sans son armure. Ni sa tunique.

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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Ven 14 Nov 2014 - 0:54





Fancy seeing you there.

Je ne te le dirais jamais, mais tu viens d’illuminer ma journée.
Feat Evan




Il s’agissait là d’un des autres changements majeurs qu’elle avait dû subir en devenant garde des ombres, la contraignant ainsi de mettre sa vie de Corbeaux d’Antiva de côté : la vie de groupe. Les assassins ne restaient guère ensemble, ni durant leurs missions ni en dehors et si elle avait côtoyé des recrues, avant qu’on ne lui demande de tuer les plus faibles d’entre elles pour assurer sa place dans l’ordre, si elle avait eu le privilège de poursuivre son entraînement avec un mentor ô combien respecté, la vie en société s’arrêtait là. Nulle amitié sincère, nul contrat à se partager. Rien du tout. Et désormais la voilà en train de s’entraîner continuellement avec d’autres gardes, de patrouiller à leurs côtés, de se battre avec eux et même de recruter en leur compagnie. Sa solitude lui manquait terriblement parfois et il lui était difficile de répondre aux attentes d’autrui, si tant est qu’elle le voudrait ce qui n’est clairement pas le cas, alors qu’elle avait passé toute sa vie à assurer sa survie et uniquement la sienne. Il n’était pas dans ses habitudes de se reposer sur qui que ce soit et il valait généralement mieux pour autrui de ne pas lui faire trop confiance en retour. Tout simplement car elle n’avait pas le réflexe de veiller sur ses camarades, encore moins quand ces derniers ne parvenaient qu’à lui arracher des soupirs las ou des remarques acerbes destinées à contrecarrer des piques qu’on pouvait parfois lui lancer. Ce fut donc pour toutes ces raisons que cette chevauchée jusqu’à Val Forêt, sans parler des autres destinations qui suivraient, n’avait rien d’une partie de plaisir à ses yeux. D’autant plus que certains gardes, jeunes recrues de l’ordre, n’étaient pas de grands cavaliers et se plaignaient régulièrement de leurs cuisses ou postérieurs endoloris. Toutes ces plaintes et les blagues salaces, prévisibles et répétitives, qui suivaient avaient le don de prodigieusement l’agacer. Fort heureusement toutefois, après plusieurs heures à subir ces compagnons d’infortune, tous des hommes qui plus est, elle commença à déceler les contours de la cité qu’ils devaient atteindre. Enfin, une cité… Aux yeux de la blonde cela ne servait que de cache-misère, lieu destiné à regrouper les elfes et de manière générale la population jugée inférieure à la noblesse qui elle bien évidemment demeurait au cœur même de la capitale. Le fait qu’un marché particulièrement populaire se déroule au printemps ne changeait en rien la vision qu’elle avait de l’endroit : un lieu misérable. Ce n’était à ses yeux toutefois pas bien différent des souvenirs qu’elle avait des rues d’Antiva, alors même qu’elle galopait en tous sens, parfois poursuivie par des gardes, suite à un larcin destiné à lui permettre de survivre un jour de plus. La vie d’orpheline n’avait rien de drôle et sans les Corbeaux elle ne sait pas ce qu’elle serait devenue.

Drathir fut cependant tirée de sa rêverie lorsque, levant les yeux vers l’horizon, elle comprit qu’ils arrivaient déjà aux portes de la ville. Se redressant sur sa monture, un étalon blanc un peu nerveux qu’elle avait parvenait toutefois à canaliser, et raffermissant sa prise sur les rênes, elle guida l’animal dans les ruelles pavées du bourg, suivant ainsi l’aîné de la garde qui était bien évidemment à la tête du petit groupe. Il était tout aussi évident de constater que la jeune femme se refusait encore et toujours de se plier à l’autorité de quiconque, n’hésitant pas à faire scandale devant de parfaits inconnus, nobles ou guerriers en tout genre. Si sa vie d’assassin lui avait appris à se soustraire majoritairement du regard des autres, la garde l’avait finalement habitué au contraire et si les prunelles luisantes d’admiration d’autrui, si leurs chuchotements et leurs jugements avaient le don de l’agacer, elle n’était plus aussi gênée à l’idée de les subir. Ce fut pour cela qu’elle ignore les quelques gamins qui courraient à côté de leurs chevaux, d’autant plus qu’ils étaient trop occupés à lorgner les hommes, songeant probablement qu’une femme n’avait pas sa place dans un ordre guerrier et qu’elle ne méritait guère leur attention à partir du moment où elle ne portait pas une grosse épée. Ne parlons pas des ivrognes et enfin… Enfin rien du tout. La population s’avérait finalement plus intéressée par le marché qui se déroulait sur la place centrale pour se soucier des cavaliers qui arrivaient dans leur bourgade. D’un simple coup d’œil Drathir évalua de nouveau les lieux, n’étant pas passée depuis plusieurs années déjà, afin de constater que rien n’avait vraiment changé. Obnubilée par son observation toutefois, elle ne dut son arrêt qu’à l’intelligence de son cheval qui décida de faire comme tout le monde et se stoppa donc aux côtés de ses pairs. Baissant les yeux sur l’encolure de ce dernier, la garde s’autorisa un sourire et flatta avec douceur l’animal, bien plus intéressée par lui que par quiconque ici, y compris cette conversation que semblait avoir celui qui avait été proclamé chef de leur petite troupe avec un homme dont elle ne cherchait même pas à connaître l’apparence, s’autorisant un sourire narquois quand ils évoquèrent des recrues volontaires. Volontaires mon oeil. Quoi qu’il en soit, il s’agissait probablement d’un noble à la politesse hypocrite, ou un garde désireux de bien faire son travail dans l’espoir d’obtenir une promotion qui lui permettrait de nourrir correctement ses cinq enfants.

Sa surprise fut donc sincère lorsque son attention se focalisa sur des bruits de pas en sa direction et que, guidée par un instinct aiguisé par sa vie d’assassin, elle leva les yeux vers cet homme, reconnaissant en lui le templier avec lequel elle avait partagé une nuit il y a de cela des années. Son moment d’égarement passé, un sourire amusé orna bien vite ses lèvres tandis qu’il achevait de se poster à ses côtés, tendant une main vers elle en guise de soutien. Ses manières et ce vouvoiement avaient quelque chose d’ironique à ses yeux. Pouvait-on vraiment se permettre cette politesse qu’elle estimait froide et par conséquent ne devant être dédiée qu’à des inconnus, alors même que l’on avait parcouru la peau de son interlocuteur dans ses moindres recoins ? Apparemment oui, mais ce sentiment de distance imposée fut balayé par ce sourire charmeur qu’il lui offrit, ravivant au fond de ses prunelles d’émeraudes un éclat intéressé. Il était indéniable qu’Evan lui avait avant tout servit de couverture suite à l’assassinat d’un templier dans cette même ville, Drathir n’avait pas voulu prendre le risque d’attirer des soupçons en s’évaporant trop vite après avoir côtoyé le groupe d’hommes à l’époque, aussi avait-elle jeté son dévolu sur lui pour demeurer dans les parages tout en ayant une bonne raison de le faire. Force était d’admettre qu’elle ne l’avait pas regretté, aussi jugea-t-elle finalement la surprise procurée par leur nouvelle rencontre agréable. Délaissant ses étriers, passant l’une de ses jambes par-dessus l’encolure de l’animal, elle s’empara de cette main qu’il lui tendait avant de se laisser souplement tomber au sol. Il était évident qu’elle n’avait pas besoin de lui pour cela mais elle avait tout de même accepté le coup de main, plus pour la forme qu’autre chose. Vêtue de son habituelle armure de cuir, des plaques d’acier venant renforcer le tout par instant et dévoilant ainsi l’insigne de son ordre, deux dagues pendaient à sa ceinture et quelques couteaux, impossibles à déceler, venaient compléter l’ensemble. Sourire aux lèvres, la garde vrilla son regard dans celui de son interlocuteur, retenant sa monture à une main et imposant une certaine proximité entre eux, sans en éprouver la moindre gêne. Amusée, elle daigna alors répliquer, le regard brillant : « Est-ce là une façon de me dire que c’est un plaisir et que je reste aussi belle qu’au premier jour ? Provocante et avide de compliments qu’elle était, la garde détourna brièvement les yeux afin de les planter sur le second templier dont l’éclat de rire lui était parvenu jusqu’aux oreilles. Soudainement il ne semblait plus aussi amusé, les observant, probablement surpris de constater que cela se passait on ne peut mieux pour son camarade. La cavalière ne s’en soucia pas plus longtemps toutefois et se préoccupa de nouveau de son interlocuteur, l’observant avant de rajouter sur un clin d’oeil. Je suis sûre que tu t’ennuyais sans moi. »

Ce début de conversation, plaisant, se retrouva toutefois interrompu lorsque le chef de sa petite troupe l’interpella. « Drathir ! Par le créateur, on est pas là pour bailler aux corneilles. Tu… Désignant Evan de la main, ce fut avec un large sourire que la concernée l’interrompit à son tour, innocente au possible. Mais je le sais bien, c’est ce que je fais ! J’évalue ce templier, je le jauge avec ce regard sérieux que tu arbores constamment… Oh oui exactement ce regard là ! Elle se foutait de lui, clairement, et l’homme n’apprécia guère d’être ainsi rabaissé devant de parfaits inconnus et devant d’autres gardes. Lui jetant un coup d’œil courroucé, il siffla à son attention, menaçant : Ne joue pas avec moi. Grégor, car il s’agissait bien là du nom du garde, avait tout de la brute épaisse, en plus intelligent peut-être. Elle n’avait à vrai dire rien contre lui, le problème étant juste qu’elle méprisait toute forme d’autorité, d’autant plus qu’elle s’estimait suffisamment douée pour mériter un rang bien plus élevé que celui de l’homme qui la menaçait actuellement. Le gabarit de ce dernier et son regard assassin ne furent par conséquent pas suffisant pour l’intimider et, tout sourire ayant quitté son visage, la blonde conclut dans un souffle. Je ne joue jamais. » La tension était palpable, mais Grégor restait suffisamment intelligent pour savoir qu’il ne fallait pas la provoquer plus longtemps. A moins qu’il ne soit juste trop soucieux de son image pour avoir envie de poursuivre cette discussion qui ne ferait que le crédibiliser aux yeux de ses pairs et des deux templiers. Sifflant une dernière menace comme quoi cette histoire serait évoquée à leurs supérieurs, ce dont elle se moquait royalement, il s’éloigna avec la majeure partie de la troupe, l’autre ayant reçu des indications précises dont elle ne s’était pas souciée non plus. Enfin tranquille, Drathir leva les yeux au ciel comme pour évacuer ses derniers élans exaspérés, avant de reposer ces mêmes prunelles dans celles du blond qui lui faisait toujours face. Où en étaient-ils déjà ?




(c) MEI SUR APPLE SPRING



Dernière édition par Drathir Linath le Ven 14 Nov 2014 - 11:05, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Ven 14 Nov 2014 - 4:31

S’il y avait une tâche qu’Evan détestait, c’était de jouer au garde-touriste. Que ce soit l’ivrogne du coin qui cherche un damné débiteur, une caravane itinérante qui souhaite s’installer et commercer légalement ou les troupes de cavaliers qui n’étaient que de passage, il préférait largement être laissé à ses introversions, posté devant le portail en fer forgé de la modeste Chantrie qu’était celle de Val-Foret. Les voyageurs étaient souventefois vecteurs de mauvaises nouvelles ; ils n’hésitaient guère à mettre taverne et auberge – allégoriquement – à feu et à sang. Faute d’une garde bien entraînée qui aurait pu régir ce genre de trouble-fêtes, il allait sans dire que c’était la poignée de templiers déjà installés en sol valforestien qui devaient se charger de remettre tout ce beau monde à leur place – c’est-à-dire sur la route et hors de leur vue. Que les cavaliers soient en réalité des Gardes de l’Ombre, il n’en avait cure. S’ils attentaient à la quiétude du village, ils auraient affaire à Evan, qui préférait largement occuper la taverne plutôt que la vider de ses fauteurs de trouble. Néanmoins, en guise de bonne foi, il avait courtoisement accueilli les visiteurs, priant silencieusement le Créateur pour qu’ils ne se rendent pas indésirables. La Garde était une organisation respectée, mais Evan avait toujours eu l’impression qu’ils n’étaient qu’un conglomérat de mercenaires disparates ralliés à une même cause – ils recrutaient même des mages, par la Divine ! – au contraire de l’Ordre, qui lui semblait bien plus droit et habile. Quoiqu’il n’en savait rien, en fin de compte ; seulement que si quelques briscards locaux se plaisaient à les joindre, alors qu’il en soit ainsi.

Retenu momentanément par le chef du groupe, qui lui faisait assez bonne impression pour son type, il ne put tout de même pas ignorer la beauté blonde qui chevauchait parmi ces rustres, un éclat de diamant sur un écrin d’opale à travers de vulgaires cailloux. Certes, il n’était peut-être pas objectif : il avait eu l’honneur de rencontrer ladite étincelante tanagra auparavant, et les réminiscences de leur brève intimité ne pouvaient que plaire au templier. S’occultant derrière d’ineptes politesses, il l’aida ainsi à descendre de sa monture, ne serait-ce que pour le plaisir de se saisir cette main qu’il savait délicate sous les épais gants de cuir. « Plus belle encore, si j’ose dire, » admit Evan à demi-mot, un sourire enjôleur prenant place sur son faciès autrement sérieux. « Une minute dans ce village devrait déjà t’avoir convaincue que ton absence n’est que bien trop regrettée. » Le templier laissa aller la main de Drathir, soucieux de ne pas laisser entendre au reste des spectateurs qu’il y avait plus qu’une curieuse politesse derrière ses actes. Evan imaginait quel genre de tête Jaris pouvait faire à cet instant précis : s’il avait d’abord été hilare, il devait discrètement fulminer de voir son collègue agir de façon aussi suave… et réussir.

Le dialogue entre Drathir et son chef les interrompit, peut-être fortuitement – Evan aurait rapidement pu oublier la présence de quelques spectateurs s’ils n’avaient été distraits par la voix portante du cavalier. Le blond dut se faire violence pour réprimer quelque sourire amusé, charmé de voir que sa conquête d’un soir n’avait rien perdu de cette répartie qui la rendait si magnétique. Le Garde qui la houspillait semblait tout de même savoir qu’il n’était pas sage de s’en prendre trop longtemps à la femme, qu’il laissa bientôt tranquille, non sans la menacer d’une plainte à leur supérieur hiérarchique. Drathir ne semblait pas s’en formaliser ; aussi, lorsque le reste du groupe se trouva hors de portée, il laissa échapper l’éclat de rire qui bouillait dans ses poumons. « Tu fais presque peur comme ça, » nota le templier, taquin. Il invita la dame à le suivre et la conduit vers un faîtage décrépit qui servait d’abri à deux chevaux, le sien et celui de son collègue. Un jeune elfe qui faisait office de palefrenier volontaire – contre quelques piécettes par-ci, par-là – vint aussitôt poser foin et eau fraîche au destrier de la nouvelle arrivante. Désormais à l’abri des oreilles indiscrètes, Evan jeta un regard entendu à la Garde, haussant légèrement les sourcils. « Si j’avais su que tu faisais partie de la Garde, j’aurais peut-être revu ma vocation après ton départ, » confia-t-il à la blonde, à moitié sérieux. « Dans tous les cas, tu aurais été une collègue plus agréable que le branquignol qui me sert de partenaire. » Pas qu’il était un mauvais garçon, ce Jaris ; il n’était simplement pas le plus malin de la cohorte. Encore jeune et inexpérimenté, il semblait convaincu qu’il prouverait sa valeur en raillant ses pairs et en faisant preuve d’une impétuosité plutôt mal vue parmi les chantristes.

Son regard ancré dans celui de Drathir, il se perdit momentanément dans de délicieux souvenirs, qui le firent fixer un peu trop intensément le minois de la guerrière. L’odeur de paille humide qui provenait des champs entourant l’auberge où ils avaient fait ample connaissance revint même à ses narines, remplacée presque aussitôt par celle des chandelles qui s’étaient taries au fil de la nuit sans repos qu’ils avaient partagée. Réalisant son faux pas, il détourna le regard, s’éclaircissant peu subtilement la gorge. Ah, pourquoi le cacher ? De toute évidence, Drathir n’avait pas oublié, elle non plus, certains détails de cette soirée, qui avait néanmoins abouti sur la tragique découverte du cadavre de l’un de ses compères. Il était seulement désolé que la guerrière ait eu à être témoin d’une telle scène. Peut-être que si la troupe de templiers n’avait pas dû s’éclipser aussi prestement, ils auraient pu convenir d’un moyen de rester en contact. Ce nonobstant, les quelques années pendant lesquelles ils n’avaient point eu la chance de se croiser n’avaient certainement pas été cruelles avec les traits bien dessinés de la sylphide. Eut-il su, il n’aurait pas osé croire qu’elle avait vécu un certain nombre de printemps de plus que lui.

« T’as besoin de quelque chose avant que je regagne mon poste ? » demanda-t-il par principe, laissant néanmoins voir sur son visage qu’il préfèrerait ne pas avoir à retourner se tourner les pouces devant une Chantrie à moitié vide. Il rajusta les épaules de sa cuirasse, sensiblement plus lourde que celle qu’arborait son interlocutrice, dans un bruit de ferraille peu discret. Un désavantage dans la vie en général, mais si être templier ne comportait qu’un seul avantage, ce serait celui de ne pas avoir la nécessité d’être subtil. « Honnêtement, je suis désespéré au point où je raccommoderais tes bottes si ça signifiait ne pas avoir à me claquer trois heures de plus à supporter ce baltringue. » Il n’était qu’à moitié sérieux ; il prenait son devoir particulièrement à cœur, mais cette fois seulement se permettrait-il une entorse à sa loyauté indéfectible envers la Chantrie, si seulement Drathir lui fournissait l’alibi nécessaire.

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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Ven 14 Nov 2014 - 13:23





Fancy seeing you there.

J'imagine qu'entre lui et moi, le choix est vite fait. Non ?
Feat Evan




Les flatteries de son compagnon eurent pour effet de lui arracher un sourire aussi amusé que satisfait, la blonde ne niant pas apprécier ces quelques compliments, aussi exagérés qu’ils puissent être. Peu lui importait dans le fond, ce petit jeu lui convenait parfaitement, en connaître le niveau de sincérité ne faisait pas partie de ses priorités et la garde se contenta par conséquent d’apprécier ces quelques mots sans y donner suite. Elle n’en eut de toute manière pas l’occasion car déjà son supérieur, bien qu’elle préférerait mourir plutôt que de l’admettre à voix haute et donc de le reconnaître comme tel, mit fin à la conversation qu’elle entretenait avec le templier. Drathir, fidèle à elle-même, ne put s’empêcher de se moquer ouvertement de son camarade, n’ayant nulle envie de se plier à ses ordres, encore moins quand il avait une bonne poignée de gardes sous la main pour exécuter cette sale besogne. Elle pouvait envisager que plusieurs d’entre eux soient nécessaires à un recrutement efficace dans une ville aussi imposante que la capitale, qui serait leur destination finale, mais dans ce bourg dont la moitié de la population était constituée d’elfes n’ayant jamais vu d’armes de leur vie et ayant encore moins eu l’autorisation d’en manier une, la guerrière ne voyait pas l’intérêt de s’atteler à la tâche. Ils n’avaient clairement pas besoin d’elle, et elle se savait bien trop exigeante pour trouver une seule personne en ville qui puisse trouver grâce à ses yeux au point qu’elle éprouve le besoin d’en vanter les mérites auprès de l’ordre. Sa vie de Corbeau avait ça de bon, de son point de vue, qu’elle refusait désormais en bloc toute forme de médiocrité, tant chez elle que chez les autres. Perfectionniste et déterminée, elle pouvait passer des journées entières à s’adonner à une activité dans l’unique but de réaliser la tâche en question de manière irréprochable et dans le cadre des combats il en était de même. Et puis, elle n’allait tout de même pas potentiellement confier sa vie à des imbéciles, non ? Quoi qu’il en soit ce fut donc pour toutes ces raisons qu’elle envoya paître son supérieur, nullement impressionnée par ses menaces et ce peu importe la punition que l’on désirerait lui infliger par la suite. Drathir avait eu l’occasion de remarquer que dans l’ordre, l’on finissait au pire par subir les missions les moins palpitantes comme en guise de leçon. Ce n’était rien comparé au danger de mort qui avait plané sur sa tête durant la durée de son apprentissage chez les assassins d’Antiva et même après encore, la souffrance était monnaie courante si bien que les gardes des ombres ressemblaient plus à un regroupement de jouvencelles à ses yeux.

La conversation, houleuse, entre les deux gardes toucha toutefois bien vite à sa fin et la cavalière put de nouveau se concentrer sur Evan, plantant ses prunelles d’émeraudes dans les siennes après les avoir levé au ciel dans un soupir exaspéré. Le rire qui échappa au templier acheva de la détendre si bien qu’un sourire naquit de nouveau sur ses lèvres, accompagné d’un haussement de sourcils alors qu’il affirmait qu’elle faisait presque peur ainsi. Presque. Ce n’était donc pas suffisant, la blonde se savait toutefois capable de bien pire, son altercation avec son camarade ayant été bien tranquille étant donné qu’elle n’avait même pas eu à hausser la voix. Chose qui arrivait bien souvent d’ordinaire au vu de son caractère impulsif et colérique. Ne commentant pas cependant, la garde se contenta de suivre le blond lorsqu’il la guida, elle et sa monture, vers l’abri de fortune qui accueillait les chevaux des deux templiers. Délaissant au même endroit son étalon, octroyant à l’elfe qui le prit en charge quelques pièces, cela ne l’empêcha pas de flatter l’encolure et les flancs de l’animal, effleurant avec une délicatesse insoupçonnée ses poils d’ivoire.  Il était certain que la compagnie des animaux, ou mieux encore celle de son griffon, lui était préférable à celle de la compagnie humaine. Probablement parce que ces bêtes là, au moins, ne déblatéraient pas sottises sur sottises à longueur de journée, lui permettant ainsi de jouir d’un silence qu’elle jugeait réparateur. Ce fut sans cesser de cajoler sa monture que Drathir détourna les yeux en direction D'Evan lorsque celui ci reprit la parole. Bien qu’amusée et flattée par ces nouveaux compliments à peine dissimulés, elle eut toutes les peines du monde à savoir s’il était sérieux en affirmant qu’il aurait été prêt à rejoindre l’ordre en sachant qu’elle s’y trouvait. Force était d’admettre qu’elle ne le connaissait que trop peu, toutefois elle avait estimé jusque-là que son rôle de templier lui convenait parfaitement si bien qu’elle éprouvait des difficultés à l’imaginer envisager une autre vie que celle ci, et ce malgré la stupidité apparente de son camarade. Gardant le silence un bref instant, la guerrière finit par hausser les épaules avant de répondre sincèrement. « Je ne faisais pas encore partie de l’ordre quand nous nous sommes rencontrés, et à dire vrai je ne suis pas ici de mon plein gré. La notion de volontariat est franchement optionnelle avec eux. Se perdant un bref instant dans ses pensées, songeant au fait qu’à l’époque le choix se résumait toutefois entre intégrer l’ordre et la mort, sachant que son choix s’était porté sur la deuxième option avant qu’on ne la force à rejoindre les rangs de la garde. Quelle idiotie. Le temps passait et si certains de ses camarades s’attiraient progressivement sa sympathie, si elle s’habituait à vivre dans la lumière jour après jour, elle n’en restait pas moins persuadée ne pas être à sa place. Se raclant légèrement la gorge pour revenir à la réalité, elle reprit dans un sourire, abandonnant ainsi le sérieux arboré pour ses premiers mots. Et puis crois-moi, je supporte mon lot d’imbéciles également. Sans parler des mages. »

Sa sympathie pour les templiers venait bien évidemment de ce détail : elle détestait la magie. En vérité elle n’en a jamais subi les frais, mais il s’agissait là d’une discipline qui lui était inaccessible et par conséquent inconnue, malgré tout ce que l’on pouvait lire à ce sujet. Or Drathir était un être humain comme tout le monde et craignait ce qu’elle ne connaissait pas, cette peur se dévoilant finalement sous forme de méfiance et de mépris. Cela n’avait jamais été le cas, mais si un jour elle se retrouvait blessée, probablement essayerait-elle de se soigner seule, à coup d’onguents et de chirurgie, plutôt que de laisser un mage venir l’aider avec ses soins. Sa fierté ne le tolérerait sûrement pas. Mais alors qu’elle songeait à ces détails, finissant par capter les prunelles de son compagnon, ce dernier se mit à la fixer bien intensément et elle ne fit rien pour l’en empêcher, se contentant de garder le silence et de soutenir ce regard qu’il posait sur elle. Comment diable ne pas se sentir désirable quand un homme vous fixait de la sorte ? Pour sa part, elle se sentit ainsi belle, bien que son égo surdimensionné lui ait toujours empêché d’en douter, si bien qu’elle ne se déroba pas à cette emprise invisible qu’il maintenait sur elle. Jusqu’à ce qu’il détourne les yeux dans un raclement de gorge, probablement un peu gêné. Ce fut cette réaction qui lui arracha un énième sourire suivit d’une remarque moqueuse : « Allons bon, tu peux être fier de toi. Tu auras eu le mérite de me regarder dans les yeux. Malgré l’armure, il était certain que tous ne se donnaient pas cette peine, s’attardant bien plus bas, ce qui ne la dérangeait pas le moins du monde à partir du moment où son interlocuteur avaient su s’attirer ses faveurs, ce qui était indéniablement le cas d’Evan. Ce dernier se permit de nouveau de la regarder, semblant ayant enfin les pieds sur terre, avant de la questionner, désireux de savoir si elle avait encore besoin de quelque chose. Il eut beau faire part de son ennui en compagnie de l’autre templier, la précision était inutile tant cela semblait évident. Elle peinait même à comprendre comment il parvenait à tenir, ainsi posté devant un vulgaire bâtiment pendant des heures. A sa place, elle en serait devenue folle. La cavalière ne commenta pas toutefois  cette divergence d’opinion quant à l’importance du devoir et se contenta d’arborer un sourire un peu plus séducteur, abandonnant pour de bon sa monture afin de briser l’infime distance qui la séparait de son interlocuteur. Doucement, elle remonta ses doigts le long de la plaque de métal qui recouvrait son torse, redessinant l’insigne de son ordre ainsi gravé sur l’acier, avant de pianoter sur l’armure une fois arrivée au sommet de son buste. Je suis sûre que je pourrais te trouver de meilleures… Utilités. » souffla-t-elle, aguicheuse, le regard brillant.

Les possibilités fusaient dans son esprit et chacune d’entre elle impliquait le templier dans une tenue bien plus … Légère, que l’armure qu’il revêtait actuellement. Nul besoin de lui en faire part toutefois, la cavalière ne doutant pas du fait que l’imagination du templier devait galoper au même rythme que la sienne. Imposant son comportement quelques secondes de plus, ses prunelles passant de celles du jeune homme à ses lèvres qu’elle fixa un bref instant, ce fut finalement dans un haussement d’épaules qu’elle recula d’un pas, remettant en place cette distance polie. Comme d’ordinaire, elle se plaisait à passer ainsi du chaud au froid, y trouvant un amusement sincère. Ce fut plus sérieusement qu’elle conclut alors, effleurant cette fois ci son propre blason. « En vérité, je comptais profiter du marché. Si mes camarades ont pour habitude de chercher les volontaires parmi une prétendue élite, je préfère chercher d’éventuels prodiges au beau milieu de la vermine, si tant est qu’ils trouvent grâce à mes yeux. Encore une fois, Drathir n’avait d’elle-même recruté personne, n’ayant trouvé nulle utilité chez les gens qu’elle avait côtoyé et n’éprouvant pas non plus l’envie de les contraindre comme on avait pu la contraindre elle. Et si certains aimaient sauver les apostats en détresse ou se fier au titre noble d’un individu pour juger ses capacités guerrières, elle préférait offrir une chance à ceux ayant des capacités à développer, aussi dégradantes soient-elles. Des voleurs habiles avaient, par exemple, une chance de l’intriguer et dans ces circonstances, quoi de mieux qu’un marché bondé de monde pour repérer les plus habiles d’entre eux ? Quant à Evan, de prime contraint de rester à la porte de la chantrie, elle précisa : Tu n’as qu’à m’accompagner, tes supérieurs n’auront qu’à considérer cela comme un ordre en provenance d’un garde des ombres à la recherche d’informations. Et je pense que tu pourrais être surpris par le nombre de petits malins qui échappent à la vue de tous au quotidien. » Voilà son programme, à priori plus intéressant que de raccommoder des bottes, bien qu’il puisse trouver à redire quant à la noblesse de la tâche. Il n’approuverait peut-être pas l’idée de recruter parmi les brigands en tout genre mais de cela elle s’en moquait pas mal. La cavalière lui offrait une échappatoire et il était certain qu’elle appréciait l’idée de pouvoir jouir un instant de sa compagnie. A lui de décider désormais.




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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Ven 14 Nov 2014 - 20:15

Les activités du village avaient repris leur cours normal, les quelques curieux qui avaient interrompu leurs emplettes pour dévisager momentanément les cavaliers s’étant enfin détournés des visiteurs. Dans ce hameau où se côtoyaient ressortissants elfiques et natifs majoritairement humains, la Garde ne trouverait sans doute pas grand-chose à se mettre sous la dent. Les elfes citadins qui avaient élu domicile dans le bas-cloître n’avaient ni le temps, ni les moyens de se procurer une arme et d’apprendre à la manier, et peu d’entre eux semblaient réellement intéressés par une vocation aussi glorieuse que celle de la Garde de l’Ombre. Evan ne pouvait s’empêcher d’imaginer que c’était une sorte de misère acquise, que tous se sentaient obligés de perpétuer à cause de leur statut moins que reluisant au centre de l’activité du bourg. Quant aux humains, force était de constater que la majeure partie des habitants de Val-Foret possédaient quelque forme d’habileté manuelle qu’il pouvait rentabiliser – que ce soit en vendant armes soigneusement forgées, philtres concoctés avec minutie ou bière brassée artisanalement, il semblait plus logique pour eux de garder cette sécurité matérielle qu’ils ne pouvaient assurer en rejoignant un ordre, aussi prestigieux soit-il. Hormis l’occasionnel rebelle en mal d’attention, les auspices étaient bien sombres pour leur mission.

L’elfe accepta avec enthousiasme les quelques pièces que Drathir lui avait lancées, les fourra dans sa poche et entama derechef de brosser l’animal, chantonnant discrètement quelque mélodie à consonance elfique. Si Evan n’était pas tout à fait sérieux lorsqu’il admettait avoir peut-être mal évalué son chemin de vie, sa surprise était sincère alors que la guerrière lui disait n’être entrée dans la Garde qu’après leur rencontre. Bien qu’il n’en ait rien su au moment de leur première rencontre, les mots s’étant faits de plus en plus rares à mesure que l’hydromel émoussait leurs sens, il avait toujours nourri l’impression qu’elle n’était pas qu’une âme errante. Qu’elle ait pu faire partie d’une autre organisation à l’époque ne lui avait même pas effleuré l’esprit. « Si tu t’es fait enrôler de force alors je n’ose pas te demander par quel ‘hasard’ tu t’es retrouvée conscrite, » se moqua-t-il gentiment, haussant un sourcil. Il n’y avait pas mille raisons pour lesquelles quelqu’un se voyait forcé d’intégrer la Garde, mais à vrai dire il n’en avait cure pour l’instant et préférait largement vivre dans l’ignorance, quitte à se soumettre au danger que son interlocutrice fût en fait une violente meurtrière. « On se rejoint là-dessus, dans tous les cas. » Il fit claquer sa langue contre son palais, exaspéré rien qu’à penser à la terreur que les mages faisaient régner à travers le peuple. Qu’ils parviennent à en contenir la plupart dans la Tour était en soit un miracle ; la récente évasion de masse n’était ni surprenante, ni réjouissante, et ne faisait que jeter de l’huile sur le feu de la panique du petit peuple. « Je ne voudrais pas que ce soit l’un de ceux-là qui soit en charge de surveiller mes arrières, » souligna-t-il, plaignant sincèrement la blonde, qui ne semblait franchement pas enthousiasmée par l’idée. « J’ai d’autres ambitions que de finir mes jours rôti par la négligence d’un mage. »

Il était bien connu qu’ils ne maîtrisaient pas leur pouvoirs, et qu’un accident était vite arrivé – surtout lorsqu’un mage faisait partie de l’équation. Pas étonnant qu’ils aient été confinés à leurs Tours, même si l’occasionnel aventurier semblait préférer la geôle de la Garde à celle des Templiers. Un autre point commun avec Drathir qui le faisait regretter de ne pas avoir pu la connaître davantage ; ses prunelles de jayet détaillèrent indiscrètement les moindres atours du faciès de la cavalière, avant qu’il ne se rende compte de son impolitesse. Le commentaire de la sylphide le fit sourire et il hocha la tête, comme si c’était une évidence. « Je ne suis peut-être qu’un homme, mais un homme bien élevé, on peut pas l’nier, » répliqua-t-il dans un sourire en coin. Tout ravi était-il de croiser de nouveau le chemin de celle qu’il avait connu bien trop brièvement, il devait nonobstant retourner à son poste, ou il aurait droit à de sévères réprimandes ; à moins que son absence n’ait été nécessaire afin de prouver le bon accueil que réservait la Chantrie à ceux qui visitaient le village. Il osait espérer que Drathir lui fournirait une raison quelconque pour se soustraire à ses responsabilités. Dans tous les cas, elle ne se cachait pas derrière une inopinée froideur, ni même derrière quelque gêne qui aurait pu résulter de leur dernière bribe de conversation, laissant remonter une main déliée le long de la cuirasse. Combien il aurait voulu avoir été libéré de ce carcan métallique à ce moment précis… « J’en doute pas une seconde, » fit-il, émulant le ton de la demoiselle, constatant à regret qu’elle se distançait de lui. Elle savait exactement ce qu’elle faisait, toute charmeresse qu’elle était – mais ce n’était certainement pas pour déplaire au templier.

« Si c’est la plèbe que tu cherches, c’est là que tu la trouveras, » agréa-t-il, malgré tout surpris par la technique que la femme semblait utiliser pour trouver de potentiels ajouts à faire à la Garde. Si elle redoutait de faire équipe avec des mages, pourquoi préférer la compagnie d’ignares et de pickpockets ? Ça lui semblait étrangement paradoxal, mais elle pouvait bien s’entourer de qui elle jugeait digne. Ceci dit, il n’allait certainement pas lever le nez sur l’invitation, qu’il accepta d’un hochement de tête assuré. « Je pourrais m’habituer à prendre des ordres de la Garde, » fit-il dans un sourire amusé, faisant un pas en direction du marché afin d’initier le déplacement. Du coin de l’œil il remarqua l’air aigri de son collègue, mais le chassa aussitôt de son esprit.
La place du marché était, comme toujours, animée ; du lever au coucher du soleil, commerçants et acheteurs n’en démordaient pas d’obtenir le meilleur prix possible, et les vauriens du bas-cloître ne profitaient que trop souvent de la cohue pour se servir à même les bourses des villageois. Evan en pinçait parfois un ou deux, mais force était de constater que les plus aguerris d’entre deux savaient où et comment frapper pour éviter de se faire prendre la main dans le sac – littéralement. « Alors, plutôt que de t’entourer de mages, tu préfères fraterniser avec quelques larrons triés sur le volet ? » osa-t-il alors lui demander alors qu’ils entraient dans le gros de la masse ; l’avantage de leurs deux armures et des armes qui pendaient à leurs ceintures était sans doute que les gens préféraient largement s’ôter de leur chemin, rendant l’air un tant soit peu plus agréable à respirer. « Je dois dire que ta logique me sidère. » La compagnie qu’elle préférait ne regardait qu’elle, aussi se garda-t-il de tout commentaire déplacé, mais il ne voyait pas trop comment elle pourrait se justifier. S’il avait le choix – et il l’avait – Evan se passerait de fréquenter autant les mages que les brigands. Un autre avantage de l’Ordre, sans doute. Ils n’étaient pas parfaits mais ils se gardaient généralement d’agir à l’encontre des lois et de la parole d’Andrasté, ce qui faisait d’eux des guerriers moralement supérieurs (et très peu modestes).

Evan laissa traîner ses yeux sur les étals, observant les marchandises d’un œil désintéressé. Ce qui l’intéressait réellement était plutôt la jolie créature au pas de laquelle il réglait le sien alors qu’ils se frayaient un chemin à travers la foule. « Dis-moi alors, à quoi je dois porter attention ? » lui demanda-t-il, peu habitué à repérer les larcins, mais plutôt à les punir. « À part à toi, bien sûr, » ne put-il s’empêcher d’ajouter, l’air de rien. Du coin de l’œil il repéra un enfant elfe – peut-être âgé d’environ huit ans – qui fixait la bourse bien garnie d’un marchand distrait par sa clientèle. Il s’éclaircit la gorge, posant son regard sur le gamin, qui releva aussitôt la tête, surpris et paniqué ; Evan lui fit simplement comprendre qu’il valait mieux filer, désignant du chef la partie moins animée de la ville. L’elfe ne se fit pas prier, prenant ses jambes à son cou, terrorisé d’avoir été repéré. C’était une triste vie qu’ils vivaient, et le templier n’était pas tout à fait dépourvu d’empathie. Dans ses plus jeunes années, avide de reconnaissance, il appliquait la loi à la lettre et n’hésitait pas à user de son autorité pour détenir et punir quiconque s’y frottait. Mais il fallait vivre avec eux pour comprendre leur réalité, et il faisait désormais preuve de plus de clémence, se contentant de répondre aux plaintes formelles des commerçants et des victimes, sans plus.

« Peu importe ce que tu en penses, celui-là est à moi, » déclara-t-il soudainement, pointant discrètement à son interlocutrice un homme qui, tapi dans l’ombre, semblait discuter avec un jeune adolescent. L’homme en question était une crapule bien connue des bas-fonds de Val-Foret, un récidiviste qui préférait jeter des enfants dans la gueule du loup plutôt que d’accomplir ses méfaits tout seul. « Une fieffée raclure, celui-là. Même pour tes standards. » Divergeant temporairement de sa tâche, improvisée dans le but de se soustraire à son poste, il se dirigea vers le brigand ; l’enfant prit la fuite aussitôt qu’il sentit le templier approcher, sans doute bien entraîné pour ce faire. « T’as pas fini de jouer avec le feu, rossard ? Tu vas voir qu’ils pas très sympas les geôlers de Val-Royeaux, » siffla-t-il, exaspéré. « J’fais rien d’mal, moi, templier, » se justifia le petit corps aux cheveux graisseux qui les lorgnait haineusement tous les deux. « Rien d’mal. » Evan l’exhorta de se lever, ce qu’il fit avec reluctance. « Écoute bien, j’le dirai qu’une fois. Tu prends ton trou et t’arrêtes tes manigances ou j’convainc la jolie dame ici présente d’invoquer le Droit de Conscription pour qu’on soit débarrassés de toi pour de bon, » le menaça-t-il – avec succès. Le brigand se raidit, jonglant entre la peur et la fureur. « Vous pouvez pas faire ça t’façons ! » se défendit-il avec conviction.

« Qu’est-ce qui te fait croire ça ? »

Le bandit ne répliqua pas. Évidemment, Evan n'avait pas réellement l'intention de faire enrôler le mécréant de force dans la garde ; après tout, celle-ci gardait tout de même un certain prestige. Mais la menace semblait fonctionner.

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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Sam 15 Nov 2014 - 1:05





Fancy seeing you there.

Tout le monde n'a pas la chance de vivre dans un palais d'argent.
Feat Evan




La suspicion de son compagnon était on ne peut plus légitime, les gardes enrôlés de force étaient plutôt rare et cela n’arrivait que lorsque l’individu était un enfoiré de la pire espèce que tout le monde préfère voir mort. La voix du templier avait beau être teintée de moquerie, la blonde n’y décela rien d’autre et cela eu le mérite de la surprendre. Evan semblait progressivement prendre conscience du fait qu’elle n’avait rien de la noble guerrière et pourtant il ne se méfiait pas plus que cela d’elle, malgré les secrets, malgré le danger qu’elle pouvait potentiellement incarner. Drathir en vint à se demander si c’était une forme d’arrogance mêlée de sexisme ou juste une forme de confiance : si elle ne lui avait pas nuit il y a des années de cela, pourquoi le ferait-elle maintenant ? En tous les cas, la cavalière fut soulagée de voir qu’il n’insistait pas, ne cherchant pas à obtenir des informations supplémentaires à ce sujet. Loin d’être suffisamment bête pour être aveugle à ce qu’elle était dans le fond et tout aussi intelligent pour savoir qu’il valait mieux ne pas creuser pour autant. Décidément plus les minutes passaient plus elle se mettait à apprécier sa compagnie, bien plus que celle de ses comparses qu’elle avait dû supporter tout le long du chemin jusqu’à Val Forêt. D’autant plus qu’ils partageaient quelques idées, essentiellement sur les mages dont ils se méfiaient tout deux comme de la peste et elle hocha la tête pour l’approuver quand il évoqua à quel point cela devait être difficile de se fier à ce genre d’individus. Elle n’y arrivait pas. Encore que, Arya était prétendue mage du sang mais elle avait appris à ne plus la craindre. Probablement parce que si elles avaient voulu s’entretuer, cela aurait été fait depuis longtemps, et puis il était plus amusant de se casser la gueule à longueur de journée. Quoi qu’il en soit ce fut sur ce discours que le templier finit par se perdre en contemplation l’espace d’un bref instant, avant de prendre conscience de l’intensité de son regard et par conséquent de détourner ce dernier. Amusée, la blonde le rassura bien vite, vantant le mérite qu’il avait de la regarder dans les yeux et non pas plus bas comme le ferait bon nombre d’individus, ce à quoi il répliqua qu’il n’était pas un homme comme les autres mais un homme bien élevé. Lâchant dans un souffle un « oh » moqueur, la cavalière en profita pour se rapprocher de lui à ce moment précis, brisant la distance qui les séparait avant de faire vagabonder ses doigts le long de son armure, avouant être capable de lui trouver bon nombre d’utilités. Nullement étonnée de le voir jouer le jeu, l’ancienne Corbeau s’attarda ainsi un instant avant de reculer, imposant de nouveau une distance polie entre eux tout en expliquant sérieusement ce qu’elle avait l’intention de faire, lui proposant ainsi au passage de l’accompagner. Personne n’irait contredire un garde des ombres, aussi stupide puisse être l’ordre.

Malgré son discours, Evan ne chercha guère à discuter toutefois, probablement trop heureux de pouvoir quitter son poste le temps de quelques heures. Il pourrait même prendre goût aux ordres des gardes et cette remarque suffit à arracher un sourire amusé à la concernée qui se mit alors à le suivre, se mêlant sans difficultés à la foule. Leurs armes et armures respectives semblaient imposer suffisamment de crainte ou de respect pour leur assurer un passage moins étroit, ce qui n’était clairement pas pour lui déplaire. A peine les premiers pas exécutés que déjà le templier reprenait la parole, mettant en avant les failles évidentes de sa logique : refuser de se fier à un mage pour lui préférer des bandits et voleurs en tout genre, ce n’était pas vraiment le mieux et elle le concevait très bien. La réponse fusa aussitôt, instinctive et surtout soufflée sur un ton faussement menaçant, teinté de moquerie alors qu’elle vrillait un regard ardent en sa direction. « Tu oses me juger Evan ? Un sourire finit bien vite par orner ses lèvres cependant et après une brève méditation, la blonde daigna s’expliquer dans un haussement d’épaules. Honnêtement ? Je me pense supérieure aux dits larrons, cela ne me dérange donc absolument pas de les côtoyer, d’autant plus qu’être un voleur ne signifie pas forcément être totalement dépourvu d’honneur. Les mages en revanche… C’est plus compliqué à gérer. Elle ne l’admettait pas ouvertement, mais son incapacité à pouvoir gérer la magie était bien la source de sa haine envers cette dernière. Elle n’avait strictement aucun contrôle et aucun moyen de venir à bout de cela, aussi préférait-elle cent fois affronter un homme quatre fois plus fort qu’elle plutôt qu’un de ces mages aussi chétif soit-il. Drathir comprenait cependant où son compagnon voulait en venir en lui posant cette question et ce fut en lui jetant un nouveau coup d’œil qu’elle alla conclure. Ceci dit peu importe leur passé ou leurs origines, au fond, je ne confierais ma vie à aucun d’entre eux. » Trop égoïste pour songer à la sécurité d’autrui, elle ne comptait pas plus sur les autres pour assurer la sienne, c’était une histoire de fierté et de méfiance naturelle, une habitude ancrée en elle depuis des années déjà. Au final, si elle s’intéressait vraiment à ces brigands de bas étage, c’est tout simplement parce que c’est ce qu’il s’était passé avec elle. Orpheline chipant habilement son pain sur le marché, ce fut ainsi qu’on repéra son potentiel avant de lui permettre, péniblement, d’en exploiter l’entièreté. Or le résultat était loin d’être mauvais d’après elle, alors pourquoi un simple bandit ne pourrait-il pas s’avérer être un excellent garde à l’avenir ?

Sur ces explications, la cavalière en arriva alors à retirer ses gants de cuir avant de les glisser à sa ceinture, agacée de ne pouvoir profiter pleinement des sensations procurées par le toucher, lorsque son interlocuteur la questionna plus avant, désireux de savoir ce qu’il devait observer pour avoir conscience du nombre de larcins l’entourant. Evan n’avait probablement jamais été de l’autre côté de la frontière, ayant toujours fait partie de l’ordre, aussi n’était-il pas étonnant que certaines combines propre aux voleurs ne lui échappent. Après tout on ne lui demandait pas d’analyser mais bien de punir les fois où il prenait la main dans le sac, ou d’apporter une forme de justice lorsqu’il recevait des plaintes. Et pourtant, elle avait pu remarquer déjà deux petits malins qui hésitaient clairement à déposséder des femmes de leurs biens. Probablement des enfants qui en étaient à leur premier coup d’essai, ou bien peut-être s’agissait-il là d’un pari stupide. En tous les cas elle ne s’était pas souciée d’eux bien longtemps, bien trop occupée à savourer la remarque de son compagnon, glissée au dernier moment. Amusée, elle s’intéressa de nouveau à lui et répliqua alors, inclinant doucement la tête à l’image d’une femme on ne peut plus séduite par sa compagnie. « L’on t’as déjà dit que tu savais parler aux femmes ? » Elle ne doutait pas du fait qu’elle n’était pas sa première conquête, si tant est que l’on puisse parler d’elle comme d’un vulgaire territoire conquis, et qu’elle ne serait pas la dernière. L’assurance du blond était un atout non négligeable, la cavalière estimant que toute femme savait apprécier la confiance qui pouvait se dégager d’un homme, même excessive. Evan ne doutait pas une seule seconde de son potentiel de séduction et n’hésitait pas à prendre la parole, enchaînant ainsi les flatteries avec une telle aisance qu’il était facile de se laisser porter par ces jolis mots. Elle-même n’y restait pas insensible, bien qu’elle n’irait pas jusqu’à tomber dans ses bras en lui offrant son cœur pour autant. Il y avait des limites à tout et l’amour en était clairement une, une barrière qu’elle ne souhaitait pas franchir si tant est qu’elle soit capable de tels sentiments. Or il lui arrivait régulièrement d’en douter. Drathir s’apprêtait en tous les cas à donner au templier un cours sur le vol à l’étalage quand ce dernier la devança, signalant que peu importait son avis, cet homme qu’il lui désignait discrètement était à lui.

Surprise par ce revirement de situation, la garde fronça les sourcils et s’intéressa discrètement à l’inconnu en question. Ce dernier était en train de discuter avec un adolescent, si bien qu’elle ne comprit pas à quel point il pouvait être dangereux ou mauvais. Elle décida donc de se fier à la parole de son interlocuteur quand celui-ci affirma que l’homme n’était qu’une raclure des environs. Au final, son opinion ne comptait pas vraiment étant donné qu’elle n’eut pas l’occasion de dire un mot que déjà son compagnon se volatilisait, la délaissant au milieu de la foule afin de rejoindre la prétendue canaille. Levant les yeux au ciel, quelque peu exaspérée d’être abandonnée aussi vite, ce fut dans un soupir qu’elle suivit le blond, entendant déjà ce dernier menacer le brigand. Muette, elle se posa aux côtés de son compagnon et écouta les deux hommes faire les paons à leur manière, jusqu’à ce qu’elle soit intégrée à la conversation, servant de menace. Le voleur ne s’inquiéta qu’à moitié, estimant qu’il n’était pas dans les droits de la guerrière d’agir de la sorte. Drathir haussa alors les épaules et expliqua calmement, usant d’une nonchalance presque effrayante. « Ah si si, je confirme. En quelques mots je peux t’obliger à poser tes fesses sur un canasson direction les tréfonds, et de là on pourra te balancer au visage des engeances. C’est une forme de bizutage assez appréciée. Enfin… Sauf quand il y a des morts, là c’est sûr que c’est moins beau à voir et- C’est bon, c’est bon ! Je ne veux pas le savoir ! Sur ces quelques grognements en guise de protestation, l’individu se lança dans diverses promesses, affirmant qu’il ne ferait plus rien, qu’il changerait, avant de filer sur ces quelques mots. Comme le lui avait réclamé le templier, la blonde ne fit rien pour l’en empêcher et se contenta de soupirer de nouveau avant de se tourner vers son partenaire. Après quelques secondes de silence elle signala alors à ce dernier, fronçant les sourcils. Me dire que mon opinion ne compte pas, pour ensuite m’abandonner, avant de te servir de moi pour effrayer cet idiot… Oublie ce que j’ai dit, tu sais vraiment pas t’y prendre avec les femmes et… Elle s’interrompit, jetant un coup d’œil par-dessus l’épaule du jeune homme afin de s’intéresser brièvement à une petite fille d’à peine sept ans en train de galoper sur le marché. Drathir eut le réflexe de déposer son index à hauteur de la joue d’Evan, glissant délicatement le long de cette dernière jusqu’à son menton sur lequel elle fit pression pour l’inciter à observer la petite. Regarde. Ça c’est la technique la plus simple du monde et pourtant elle est encore efficace. » La petite fille en question, à force de courir, venait de heurter brutalement quelqu’un et alors qu’elle se redressait en s’excusant, une moue adorable au visage et les yeux imbibés de larmes, elle fut bien vite pardonnée. Elle put ainsi s’enfuir en galopant, le sourire aux lèvres, et une bourse entre les mains.

La guerrière ignorait cependant si, en étant témoin de ce larcin, Evan chercherait à poursuivre la petite fille afin de rendre cette bourse à son propriétaire légitime. Dans le doute, elle prit donc les devants, rajoutant dans un souffle soudainement plus doux, plus compatissant. « Laisse là. Elle a que la peau sur les os et lui s’en remettra bien vite. Certes cela restait du vol, mais ce n’était qu’une gamine qui mourrait probablement de faim et faisait de son mieux pour s’en sortir. La survie était une notion qu’elle ne maîtrisait que trop bien et, pour le coup, elle n’avait pu que se sentir proche de la gamine en question, d’où ce ton bien plus doucereux qui avait teinté sa voix. Revenant progressivement à la réalité, la garde daigna alors ramener sa main contre elle, avant de conclure dans un haussement d’épaules ce qui était à la base une leçon. L’attention doit toujours être focalisée ailleurs. Que ce soit en envoyant des complices semer la zizanie dans un coin ou en bousculant brutalement quelqu’un, il sera bien trop occupé à savoir qui l’a bousculé, pourquoi, et trouver une façon de réagir à l’agression pour sentir une main se glisser dans ses poches. Enfin, à chacun sa technique après. » Au moins désormais, avait-il un exemple de la manière dont un larcin pouvait être commis efficacement. Qui irait se méfier d’un enfant qui, jusque-là, s’était montré turbulent de toute façon ?




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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Mar 18 Nov 2014 - 2:20

Peut-être Evan était-il trop insouciant de laisser Drathir passer sous silence les raisons de sa conscription forcée au sein de la Garde des Ombres. Une sorte de confiance arrogante le poussait à ne pas demander plus de détails à la femme au passé douteux, comme s’il s’imaginait au-dessus de quelque menace, immunisé aux charmes fatals de la tanagra en raison de la nuit mouvementée qu’ils avaient eu la chance de partager. Conviction bien placée ou frivolité teintée d’un ego démesuré, il n’en restait pas moins qu’il concéda à la Garde son droit au silence et au secret de son passé. Si elle était une guerrière qui paraissait aussi féroce qu’une bête sauvage, sans doute ne ferait-elle pas le poids contre lui – si bien sûr elle lui faisait l’honneur d’un combat à la loyale, ce qui était peut-être une notion absente de son vocabulaire…
Il n’eut néanmoins pas de mal à retrouver une conversation décente, n’hésitant pas à juger Drathir sur son choix de compagnie – ou du moins, c’était le terme qu’elle avait utilisé, alors qu’elle l’avait confronté sur un ton vaguement redoutable. Evan n’avait pas eu besoin d’être témoin du sourire de la nouvelle arrivante pour comprendre que la menace n’était pas sérieuse ; il la voyait mal s’indigner d’une remarque aussi innocente. Elle prétendait que le larron commun n’était pas nécessairement dépourvu d’honneur, commentaire auquel Evan hocha la tête. « Voler aux riches pour donner aux pauvres, » nota-t-il, « est quand même du vol. Même si je comprends la nécessité. » S’il était plutôt rigide sur l’application de la loi, il n’était pas dénué de sentiments et supporterait lui-même très mal de voir sa famille rendue sans le sou, en train de pourrir au fond d’une ruelle de la capitale. Il se devait néanmoins d’acquiescer avec la dame sur le point concernant les mages. Ils étaient impossibles à gérer : en solo, ils étaient mobiles et silencieux, et en groupe, plus redoutables qu’il n’osait l’imaginer. « Sage décision, » conclut-il également ; on n’était jamais mieux servi que par soi-même, et savoir se défendre sans dépendre sur les compétences martiales de quelque autre allié était bien plus judicieux.

Anxieux d’en apprendre davantage sur les brigands du hameau, Evan osa demander à Drathir où commencer pour pincer un larron en flagrant délit. Ne pouvant s’empêcher une remarque charmeuse, il eut un petit rire à l’intervention de son interlocutrice. « À quelques reprises, » admit-il, sans pour autant être certain de la véracité de cette information. On disait de lui pas mal de choses, après tout, comment être certain d’avoir tout assimilé ? Il était néanmoins plutôt certain que ce genre de commentaire avait dû passer les lèvres de quelque conquête à un moment ou à un autre. Avant même que la femme ne puisse entamer sa leçon-éclair, il repéra, comme un prédateur sa proie la plaie, de Val Foret. Il cherchait depuis longtemps une bonne façon de lui faire cesser son exploitation éhontée de la détresse de la jeunesse valforestienne et maintenant qu’il était en compagnie de Drathir, il semblait avoir l’excuse parfaite pour lui aboyer quelque menace bien entendue. La tactique semblait avoir eu l’effet escompté : avec l’aide de la dame-cavalière, il parvint à faire passer le message à ce détritus, qui déguerpit sans attendre la bénédiction de son malfaiteur. Alors que Drathir se retournait, il resta le regard rivé sur la silhouette de l’homme, qui s’éloignait en clopinant. Confondant le soudain silence de la Garde pour une abdication, il lui répondit, amusé : « Je sais parler aux femmes, juste moins aux Gardes des Ombres. J’peux pas être parfait… » Il daigna enfin se retourner, alors que les contours du brigand s’évanouissaient dans l’ombre d’une ruelle, et c’est alors qu’il sentit le doigt autoritaire de la dame contre sa joue – pris de court, il obtempéra, posant son regard sur la silhouette qu’elle semblait désigner. Une fillette qui dérobait habilement la bourse d’un homme, malencontreusement heurté auparavant – ou alors tout était calculé, et c’était ce que la Garde souhaitait lui faire voir. Les explications suivirent bientôt et Evan comprit soudainement la portée de la scène qui se déroulait sur ses yeux. Instinctivement, sa main gantée de métal se porta au pommeau de sa lourde épée, mais Drathir l’interrompit. Ses paroles étaient emplies d’une empathie qui ne lui semblait pas coutumière, mais il ne rouspéta pas, rabaissant sa main au niveau de sa ceinture. Il se targuait d’être juste et bon – si cela signifiait laisser une fillette se nourrir convenablement au profit du malheur éphémère d’un artisan qui ne tarderait pas à gagner de nouveau la somme dérobée, alors soit. Il était tout de même tiraillé par sa décision, hésitation qui s’évapora bien assez tôt alors que Drathir reprenait la parole. Elle semblait s’y connaître beaucoup en matière de petits larcins. Soit elle avait l’habitude de repérer les invisibles de ce monde au profit de la Garde, soit c’était quelque chose de plus… instinctif. La question lui brûlait les lèvres mais il se garda bien d’ouvrir la bouche pour la déblatérer, sentant qu’il ne recevrait pas la réaction escomptée. « Je vois. J’imagine qu’il faut être bien organisé pour faire fructifier une telle opération, surtout si elle doit nourrir l’ensemble de l’indigence du village… » À vrai dire, Evan ignorait bien si ces gens sympathisaient entre eux ; si ça se trouvait, ils ne partageaient pas et se contentaient de couver leurs gains contre les vautours que représentaient les autres démunis des alentours. S’il n’était pas né dans une famille noble, il n’avait jamais été miséreux et ses parents n’avaient jamais mentionné la moindre impécuniosité. Il avait sans doute de la chance – il n’y avait jamais pensé jusqu’à maintenant.

Lâchant un soupir vaguement déprimé, il secoua la tête, faisant valser ses mèches blondes devant ses yeux. L’activité poursuivait son cours, pas le moins du monde dérangé par les enfants qui couraient autour des jambes des curieux et des étals des marchands. Hormis quelque passant confus quant à l’absence d’une poignée de piécettes, tous semblaient relativement insoucieux du manège qui se répétait pourtant bien plus qu’Evan ne l’aurait imaginé. La prise de conscience lui donnait presque mal à la tête. « Bah. Si l’on ne se plaint pas, c’est que ce n’est pas si indisposant, j’imagine, » finit-il par dire, tentant de rationaliser son expérience. Ce n’est pas quelque chose qu’il aurait imaginé sortir de sa bouche, mais n’y avait-il pas les idiots qui ne changeaient pas d’avis – même s’il conservait tout de même la conviction que le vol n’était pas à cautionner – ? « Je me portais bien mieux lorsque j’ignorais le pourquoi du comment, » admit-il à demi-mot, presque à regret. « Mais une virée à la taverne risque de me revigorer. » Il jeta un coup d’œil vers la dame, puis vers le ciel. L’astre solaire avait entamé son déclin bien avant que la cavalière et sa troupe ne foule le sol du village et les ombres projetées par les bâtiments se faisaient de plus en plus obliques, annonçant la fin du jour. « J’dirais même qu’on devrait s’y diriger avant que le gros de la populace s’approprie les places près du feu. C’est moi qui offre, » ajouta-t-il, sorte de motivation pour que Drathir accepte de se joindre à lui. Qu’importait en fait ; elle le suivrait bien si ça lui plaisait. Sur cette pensée, il se dirigea d’un pas assuré vers la taverne, non sans sonder les environs une dernière fois, vestige de son entraînement de berger glorifié.

La porte céda facilement sous la force de son bras et il entra, saluant au passage le tavernier et quelques connaissances, surtout des artisans, avec qui il avait eu le loisir de partager histoire et hydromel dans le passé. Il choisit une place stratégique – loin du petit peuple et près de l’âtre –, préférant profiter de quelque sursis de ses tâches quotidiennes.

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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Mar 18 Nov 2014 - 19:17





Fancy seeing you there.

Parle moi. Tu es l'un des rare dont le son de la voix ne me donne pas des envies de meurtre.
Feat Evan




En cet instant précis, Drathir ne se posait guère de questions. L’avantage de faire partie intégrante de la garde des ombres était de pouvoir s’entourer de bien moins de secrets si bien qu’elle se sentait un peu plus à l’aise avec les informations qu’elle laissait, implicitement, filtrer à son sujet. Son enrôlement forcé et désormais ses connaissances liées aux techniques de chapardage pouvaient laisser sous-entendre bon nombre de choses à son sujet et à vrai dire elle était curieuse de savoir quelles conclusions en tiraient le templier. Car si son passé n’avait rien de noble, s’avérant au contraire être bien sombre et baigné de sang, le blond ne semblait guère s’en soucier, à moins qu’il n’en ait pas même conscience. Elle aurait aimé savoir ce qui pouvait bien se passer dans sa petite tête, outre le fait qu’il se vantait désormais d’avoir eu le droit à quelques compliments sur sa capacité de parler aux femmes, avant de s’excuser dans un sourire, expliquant également qu’il avait plus de mal avec les gardes des ombres. Ne relevant pas, se contentant de lever les yeux au ciel dans un signe d’exaspération feinté, elle préféra bien vite dévoiler à son compagnon le petit jeu de la gamine, avant que cette dernière ne reparte avec la bourse fraîchement volée. Du coin de l’œil, elle le vit bien vite poser sa main gantée sur le pommeau de son épée, prêt à faire justice. Sur un ton plus doux et empathique que ce que l’on a pu lui connaître jusque-là, la guerrière l’en empêcha, lui signalant l’évidence : cette fille ne mangeait clairement pas à sa faim, contrairement à l’homme qu’elle venait de voler, ce dernier se remettrait bien vite du méfait. Ignorant si ce fut son discours ou la propre morale d’Evan qui eut raison de ce dernier, la cavalière n’insista pas toutefois et se contenta d’approuver d’un bref signe de tête. Elle avait depuis un moment déjà retiré ce doigt autoritaire, bien que délicat, qu’elle avait glissé le long de sa joue et guettait désormais une réaction chez ce dernier suite à ce qu’il venait de voir. Ce dernier semblait comprendre, en tout cas voir, plus de choses. Quand il évoqua la probable solidarité de ces personnes démunies, la blonde se contenta d’hausser les épaules en répliquant. « La solidarité c’est optionnel. Ça dépend des gens et des lieux, je suppose. » De son côté il était clair que sa période de voleuse avait été on ne peut plus solitaire. En tout les cas Drathir eut l’occasion de lui en montrer encore, des larcins, si bien qu’au final son compagnon admit à mi-mots qu’il aurait préféré ne rien savoir. Elle pouvait comprendre, ou plutôt imaginer, le dilemme qui devait l’agiter, ce tiraillement qui devait le gagner. Imaginer car elle ne pouvait compatir pleinement, sa vie entière ayant été basée sur cette capacité qu’elle avait désormais de fermer les yeux sur les actes les plus atroces. L’on ne pouvait décemment pas passer sa vie à assassiner des gens sans apprendre à fermer les yeux sur ça, sans apprendre à faire taire la moindre émotions et jeter aux orties toute forme de pitié ou de regrets. Elle-même, après avoir rejoint la garde des ombres, avait conseillé bon nombre de fois de laisser mourir des gens, que ce soit par pragmatisme ou par simple envie de voir un apostat subir le châtiment des templiers. Or il n’y avait bien qu’elle pour penser ainsi, ayant eu l’occasion de constater à plusieurs reprises que bon nombre de ses camarades possédaient une empathie qui frôlait l’inacceptable.

En tous les cas, ce fut pour cela qu’elle finit par répondre, dans un haussement d’épaules. « J’imagine que l’on n’est pas tous capable de fermer les yeux sur ce qu’il se passe dans le monde. Vu ton poste, tu ne peux pas non plus te le permettre. En effet le templier devait probablement incarner une forme de justice sur les environs, devant par conséquent traiter tout le monde avec impartialité, réservant des traitements égaux à tous. Ne rien dire sur un vol, ou tout autre larcin ou problème qui pouvait gagner la ville, n’était probablement pas chose aisé au vu de son rôle. Elle n’insista donc pas, jugeant qu’il en avait probablement assez vu. De toute manière, aurait-elle eu une idée d’activité, il ne lui aurait guère laissé le temps de l’exposer, préférant vanter le don qu’avait la taverne de le revigorer. Amusée par la remarque, elle ne daigna pas y répondre dans l’immédiat, attendant de l’entendre lui proposer de l’accompagner, ce qu’il fit non sans lui affirmer qu’il payerait pour elle. Levant les mains en l’air comme pour témoigner de son innocence, ce fut à ce moment-là qu’elle daigna répondre, le regard rieur. Qui suis-je pour refuser une telle proposition. Je vous suis, templier. Moqueuse, cela ne l’empêcha pas de s’exécuter, se fondant dans la foule à sa suite en direction de l’auberge des environs. Comme elle l’avait plus ou moins prévu, aucune personne n’avait véritablement attiré son attention durant ce marché mais ses comparses ne seraient probablement que peu étonnés de le constater également. Dépourvue du moindre regret ou du moindre malaise vis-à-vis de ce détail, elle pénétra à l’intérieur du bâtiment juste après le blond et profita du fait qu’il soit le premier à franchir la porte pour se glisser dans son dos, se plaquant contre son armure, ses lèvres venant taquiner son oreille au creux de laquelle elle souffla ce commentaire qu’elle brûlait d’envie de lui chuchoter depuis plusieurs secondes déjà. Tu devrais le savoir pourtant qu’en ma compagnie ce genre de lieu a plutôt tendance à… T’épuiser. » Caressant finalement son cou de son souffle, elle recula bien vite son visage non sans un sourire amusé qu’il ne voyait donc probablement pas en songeant de nouveau à la nuit qu’ils avaient passé ensemble. Ce soir là il était certain qu’ils ne s’étaient pas beaucoup reposés. Se plaisant à glisser ainsi ses propres remarques, aguicheuses, tout en espérant qu’il ne s’y attendait pas, elle ne rajouta rien de plus cependant, se contentant de soupirer d’aise en sentant la chaleur qui régnait à l’intérieur de la pièce. La guerrière ne fut pas vraiment surprise de voir son compagnon saluer diverses personnes avant de prendre place dans un coin de la taverne, loin des quelques personnes déjà présentes et surtout près du feu.  Drathir l’y suivit bien vite, prenant place face à lui, demeurant ainsi près des flammes qu’elle observa d’ailleurs pendant un bref instant. Le temps de s’installer un nouveau soupir de bien être lui avait échappé et elle n’eut pas le loisir de dire ou faire quoi que ce soit de plus que l’on venait déjà s’enquérir de leurs commandes. Réclamant ainsi une chope de bière et une assiette bien garnie, car il était certain que si l’après midi était passée rapidement en compagnie du templier, elle mourrait de faim désormais.

Une fois le tavernier éloigné, la blonde en profita pour ancrer l’émeraude de ses yeux dans le jais de ceux de son interlocuteur. Elle le scruta ainsi un instant, sans se départir de son sourire, avant de demander franchement. « Pourquoi devenir Templier ? La question, personnelle, sortait littéralement de nulle part mais elle ne s’en excusa pas. Elle avait certes eu l’occasion de remarquer que le jeune homme était friand de justice et son aversion pour les mages le rendait parfait dans son rôle, il méritait sans aucun doute son uniforme, pourtant elle désirait l’entendre le lui dire. Elle voulait savoir, découvrir les mots qu’il emploierait pour définir sa position, son état d’esprit. Ses ambitions aussi, oh que oui elle voulait savoir à quel point il pouvait se satisfaire de sa condition ou si au contraire il en désirait bien plus. En vérité, bon nombre de questions tourbillonnaient dans son esprit désormais bien qu’elle sache d’avance qu’elle n’obtiendrait pas des réponses à toute. Il était même en droit de ne rien lui dire du tout et, bien que cela la blesserait probablement dans sa fierté, elle n’oserait jamais le forcer d’une quelconque manière. La cavalière était bien placée pour savoir que tout n’était pas bon à dire, que ce soit dans son propre intérêt ou dans celui d’autrui. Toutefois, comme pour le rassurer à moins que ce ne soit pour lui faire comprendre l’importance soudaine qu’elle lui octroyait via cette simple question, elle précisa alors, son sourire s’élargissant doucement. Je suis curieuse. » Et c’est sur cette conclusion que le tavernier revint finalement vers eux, déposant plats et boissons qu’ils avaient tout deux réclamé. La blonde ne toucha cependant ni à l’un ni à l’autre, pas dans l’immédiat, préférant tout d’abord recevoir une réponse de la part du templier qui lui faisait face, songeant également au fait qu’elle et ses compagnons de la garde repartiraient probablement à l’aube, ce qui ne lui laissait que quelques heures de plus à passer avec le dit templier. Elle ne doutait pas du fait qu’elle parviendrait à les employer de la bonne manière.



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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Jeu 20 Nov 2014 - 22:20

Voilà que les croyances naïves d’Evan se voyaient infirmées, une fois de plus. Il aurait cru que la majorité des voleurs de bas-étage étaient du genre solidaire entre eux, partageant leurs butins à la fin de la journée avec ceux qui n’avaient pas bénéficié de la même chance. Peut-être était-ce ce qu’il aurait fait lui-même, d’où la pensée innocente qu’il y avait nécessairement un désir de bien faire derrière chaque chapardeur éhonté. Il hocha la tête, chassant par la même occasion toute pensée envers ces bien malheureux individus. Il ne serait que bien trop gênant qu’il développe une trop grande empathie envers ceux qu’il était censé châtier lorsque la situation le demandait – il perdrait toute crédibilité au sein de la Chantrie et la confiance des villageois honnêtes. Aussi triste que ce soit, il ne pouvait pas se permettre de laisser la sympathie pour ceux forcés d’agir illégalement envahir son pragmatisme. Reprendre ses bonnes vieilles habitudes le forcerait sans doute à chasser l’ombre qui venait d’assombrir le tableau de sa brillante carrière – une virée à la taverne bien arrosée et en bonne compagnie, si néanmoins Drathir osait accepter l’invitation. Il aurait cru qu’avec les années, la dame se serait assagie, rangée, mais son entraînement de Garde des Ombres ne semblait pas avoir tout à fait enterré son envie de s’amuser. La guerrière sur ses talons, il se dirigea vers la taverne, où il était persuadé de croiser quelques visages familiers ; après tout, dans un village comme Val Foret, il n’y avait pas grand-chose à faire une fois son quart de travail terminé, et jouer aux dés sous le regard du Créateur, dans les dortoirs de la Chantrie, ne semblait pas tout à fait… approprié.

Le poids de Drathir contre son dos faillit lui arracher un réflexe létal, mais il se ravisa à la dernière seconde, sentant le souffle de la femme contre sa nuque. Il entendit parfaitement bien ce murmure aguicheur qu’elle avait glissé, adressé à lui seul, mais il ne fit qu’étirer ses lèvres en un rictus amusé, ne laissant rien voir à la dame qui, de toute façon, se trouvait dans son dos. On leur lança quelques regards obliques, mais ceux qui connaissaient Evan ne firent que le saluer au passage, repenchant leurs échines sur leur jeu de cartes. La chaleur était la bienvenue, mais si Drathir ne portait qu’une armure de cuir, la cuirasse massive que le templier supportait depuis le lever commençait à le peser ; il en défit donc les morceaux supérieurs, empilant cuirasse et épaulières non loin de la place qu’il avait choisie. Les courants d’air qui faisaient vaciller le feu firent le plus grand bien à l’homme, qui s’installa sans cérémonie au fond de sa chaise, face à son interlocutrice. Au serveur il réclama une chope bien fraîche et du pain, puis le regarda s’éloigner, distrait.

Ce fut la bien singulière question de Drathir qui le rappela à l’ordre, et il ancra son regard dans celui de la femme. Elle semblait souriante, comme si elle s’attendait à une réponse réfléchie et pleine d’ambitions secrètes et inavouées. Inavouables, peut-être. Mais c’était loin d’être le cas ; il avait été élevé dans une famille pieuse et son intérêt pour les arts de l’épée l’avaient mené à donner sa vie à la Chantrie. Il finit par hausser les épaules, comme ignorant que réellement dire. « Ça s’est imposé à moi. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est le Créateur qui m’a poussé dans cette voie, je sais faire la part des choses, mais disons que ça semblait le meilleur compromis. C’était loin des miens, mais ça me plaisait ; mieux qu’une vie de misère passée auprès de ma famille, dans tous les cas. » À bien y repenser, cela lui semblait être une bien triste façon de dire qu’il préférait largement être isolé de ceux qu’il aimait plutôt que de regretter son choix de carrière ; mais puisque c’était ça, autant ne pas tourner autour du pot. « J’avais pas la fibre marchande, et l’idée de reprendre les commerces de mes parents à leur mort ne m’enchantait pas réellement. Pour sûr, je crois qu’ils ont été déçus même s’ils ne me l’ont jamais admis. » Après tout, le rang et la sécurité qui venaient avec la vocation de templier n’étaient pas à négliger, mais il savait que ses parents avaient été blessés par sa véhémence à renier ce qu’ils lui lègueraient : deux commerces complémentaires et lucratifs, qu’ils avaient bâtis et fait grandir à la sueur de leurs fronts. Voyant que son verre avait été déposé devant lui, il en prit une longue lampée avant de le reposer sur la table. « Désolé de te priver de quelque discours sur toutes mes plus grandes ambitions, » fit-il avec un sourire amusé. « Je dois dire qu’on se rend vite compte que les possibilités d’avancement sont limités, dans la Chantrie. Si ça se trouve, je passerai le restant de mes jours à monter la garde devant c’t’endroit. » Pas qu’il était mécontent. Il n’imaginait pas que, peut-être un jour, il découvrirait une passion ou une ambition plus grandiose et qu’il désirerait la poursuivre, d’où son pragmatisme. Ce n’était pas par haine des mages ni par désir de servir le Créateur – ces deux traits n’étaient que des dommages collatéraux.

« J’aimerais te renvoyer la question, mais je crois avoir déjà déterminé que j’aimais cette aura de mystère qui t’entoure, » conclut-il, gentiment moqueur. Autant lui laisser savoir qu’il avait abandonné l’idée de connaître ses véritables origines, ce qui l’avait finalement menée jusqu’à Val Foret – en tant que membre de la Garde des Ombres, qui plus est. Il porta de nouveau sa chope à ses lèvres, piquant un morceau dans l’assiette de Drathir malgré le pain chaud et le beurre au miel qu’on lui avait apporté.

Il se sentait étrangement de retour dans le passé, alors qu’il rencontrait la dame qui lui faisait désormais face pour la première fois. Certes, cette soirée avait été entachée par la découverte macabre du cadavre d’un templier alors que l’aube déchirait le ciel, mais il ne pouvait s’empêcher de laisser son esprit vagabonder sur la partie plus agréable de cette rencontre. « Vous repartirez demain, alors ? » demanda-t-il finalement. « Il faut croire qu’on est destinés à ne se voir qu’à des intervalles de plusieurs années, » nota-t-il, fataliste, en mâchouillant un bout de mie. Il observait Drathir avec attention, sans discrétion, sachant très bien qu’il était futile de dissimuler tout intérêt en la personne qui se trouvait devant lui. Sans crier gare, il plongea sa main dans la poche de son gambison pour en ressortir un paquet de cartes qui avait vu bien des soirées bien arrosées : tenues ensemble par une lanière de cuir, les coins écornés témoignaient de l’ancienneté de l’objet.

« Tu te sens chanceuse ce soir, Drathir ? » demanda-t-il, espiègle. Il avait une idée derrière la tête, et il ne tentait pas de le cacher.

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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Ven 21 Nov 2014 - 0:17





Fancy seeing you there.

Tu connais ce jeu où l'on retire un vêtement à chaque échec ? J'l'aime bien.
Feat Evan




Au fond, elle fut légèrement déçue de constater le peu de réactions que sa remarque, couplée à son rapprochement physique, avait engendré. Nul commentaire, nul frisson parcourant son échine, rien. Cette absence de réplique, que ce soit via des gestes ou des paroles, eut le don de piquer momentanément sa fierté, bien qu’elle tenta de ne rien en laisser paraître et profitant du fait qu’elle se trouvait dans son dos pour cela. Haussant les épaules comme pour se rassurer elle-même, se disant qu’elle avait encore toute la soirée pour cela et qu’au pire c’est lui qui perdrait quelque chose, la guerrière se décida finalement à suivre son comparse jusqu’à une table près du feu, suffisamment éloignée du reste de la populace pour qu’elle s’y sente à l’aise. La foule avait le mérite de l’énerver assez vite, souvent jugée dérangeante tant à cause des entraves corporelles qu’elle incarnait qu’à cause des commentaires qui fusaient à tout va, des commentaires qu’elle trouvait lassants ou inintéressants au possible. La vie et les difficultés du peuple ne la concernaient plus depuis longtemps, encore moins en Orlaïs, pays qui ne l’avait guère vu naître. Egoïste malgré ses quelques élans de compréhension voir de compassion, elle s’avérait rarement curieuse des autres, probablement parce que outre l’ennui que cela lui procurait généralement, elle avait toujours su qu’elle pouvait se retrouver contrainte d’ôter la vie de ces mêmes personnes un jour ou l’autre. En tant que Corbeau elle avait évité de tisser trop de liens, afin de se préserver elle, la blonde n’avait jamais vraiment éprouvé l’envie d’avoir pour mission de trancher la gorge d’une personne qu’elle aurait pu se mettre à apprécier aussi s’efforçait-elle de faire son possible pour éviter ces situations. Mais voilà, les choses avaient changé. Désormais garde des ombres, bien qu’elle jugea encore sa situation précaire au possible dans un sens, elle n’avait plus à tuer sur commande et si les habitudes avaient la vie dure, Drathir se permit ce soir-là une exception, en interrogeant ainsi Evan sur les raisons qui l’ont poussé à devenir templier. Bien qu’elle ne le connaisse pas le moins du monde, malgré l’intimité qu’ils avaient partagé il y a de cela des années, il était en tous les cas le premier qu’elle se permettait ainsi de questionner ouvertement. Sincèrement curieuse. Et ce n’était pas tant la réponse en elle-même qui l’intéressait, que le plaisir de le voir lui en offrir une. Ce fut donc pour toutes ces raisons qu’elle se mit à le scruter, l’ombre d’un sourire confiant et teinté de cet amusement qui lui était coutumier, dans l’attente d’une explication. Et si l’espace d’un instant elle crut qu’il se refuserait à parler, elle fut soulagée d’entendre de nouveaux le son de sa voix suite à un haussement d’épaules désinvolte. Elle s’intéressa d’ailleurs brièvement à ces mêmes épaules, désormais débarrassées de l’armure de même qu’une majeure partie de son torse, caressant du regard le tissu et les muscles qu’elle devinait parfaitement en dessous. Elle ne tenta d’ailleurs pas de se faire discrète durant son observation, ne se détournant de ce physique pour mieux l’écouter.

Car Drathir l’écouta, sincèrement, n’osant l’interrompre ou même laisser le moins rictus ou sentiment venir s’afficher sur son visage. C’était attentif, respectueux en un sens, ce qui ne l’empêchait pas d’analyser intérieurement le moindre mot qu’il pouvait lui offrir. D’après le blond, ce choix de vie s’était imposé à lui, prenant les couleurs de l’évidence à ses yeux alors même que cela impliquait qu’il serait loin des siens. Cette notion de famille, elle ne la comprenait pas, pour la simple raison qu’elle ne se souvenait même pas du visage de ses propres parents avant qu’elle ne se retrouve à vadrouiller dans les rues d’Antiva, seule, rappelant aisément un animal blessé qui montre les crocs dans l’unique but de survivre. Par conséquent, elle n’irait pas juger le fait qu’il ait préféré choisir sa propre voie plutôt que de s’abaisser à faire ce que ses parents exigeaient de lui. Il avait eu le choix, et il avait pris sa décision, quelque chose de noble à ses yeux. Un choix… Cela non plus elle ne l’avait pas eu à vrai dire, les Corbeaux offrant rarement la chance de négocier et même s’ils l’avaient fait, les suivre aurait été pour elle la meilleure option. Ceci dit elle ne s’en plaignait pas désormais, ravie d’avoir ce sentiment de puissance pulsant dans ses veines, ses habiletés marquées dans sa chair et ses muscles, ainsi que ses connaissances gravées dans sa mémoire. Elle était ravie de ne pas avoir eu à courber l’échine comme bon nombre de femmes, essentiellement à Antiva, devant les hommes. Ravie de pouvoir se défendre, ravie de se savoir prête à tout, ravie de pouvoir défendre ce qu’il lui restait de principes. Son enrôlement dans la garde des ombres changeaient certes nombre de détails, mais elle s’efforça de ne pas y penser pour l’instant, se concentrant plutôt sur son interlocuteur qui lui parlait désormais de cet avenir de marchand qui lui avait été de prime réservé. Bien que brièvement interrompu par l’arrivée de leurs commandes, la blonde se permit d’ailleurs de se désaltérer franchement en même temps que lui, Evan finit par conclure en s’excusant de ne pouvoir lui offrir de détails plus croustillants ou d’ambitions dévorantes. Un large sourire, amusé, orna alors ses traits tandis qu’elle secouait légèrement la tête, tant pour témoigner de ce même amusement que pour signaler que cela n’avait pas d’importance. Car une fois encore ce n’était pas la réponse en elle-même qui l’intéressait, c’était de le voir lui parler. Tout simplement.

Et à vrai dire, ce parcours lui convenait. Un parcours différent du sien sur ben des aspects, si bien qu’elle se plaisait à imaginer ses réactions si la situation avait été inversée, s’imaginant ainsi cette vie qui n’était pas la sienne. Drathir fut toutefois arrachée à sa rêverie quand son compagnon précisa que son rôle auprès de la Chantrie n’offrait en tous les cas que très peu de possibilités d’évolutions, il s’y était habitué et n’envisageait donc rien de plus. Il passerait peut-être sa vie devant cette porte, à la garder fidèlement. Il s’agissait là du seul point qu’elle peinait véritablement à imaginer, une opinion difficile à partager et elle le lui signala dans un haussement d’épaules, toujours accompagné d’un sourire. « Je m’ennuierais. J’aime trop bouger pour me contenter d’une porte ou d’une ville. Sans parler de ces visages, toujours les mêmes, constamment. Cela lui semblait ennuyeux, sans parler des crises qu’elle piquerait à force de devoir côtoyer constamment les mêmes imbéciles. Il était désormais connu que peu de personnes trouvaient grâce à ses yeux, aussi ne tolérerait-elle pas bien longtemps de devoir supporter pareille compagnie. Au moins la garde des ombres lui offrait-elle encore une certaine liberté de mouvement, à défaut de la solitude octroyée par ses contrats chez les Corbeaux. Mais alors qu’elle savourait une nouvelle gorgée de sa bière, passant sa langue sur ses lèvres afin d’en ôter la mousse, la nouvelle remarque du templier attira d’office son attention. Sourcils froncés, intriguée qu’elle était, la guerrière planta derechef ses prunelles d’émeraudes dans celles, plus sombres, de son interlocuteur. Cela non plus, elle ne le comprenait pas… Encore que. Si, elle avait bien quelques idées sur la question, mais cela ne l’avait pas empêché de se montrer surprise devant l’absence de curiosité du blond. Cela n’avait rien d’irrespectueux pourtant, elle n’avait pas non plus l’impression qu’il se moquait d’elle ou qu’elle était insignifiante à ses yeux, non. Juste, comme il le disait si bien, il préférait ne pas savoir, comme si ces secrets rajoutaient à son charme. Elle, la garde des ombres auréolée de mystères. Sa voix avait beau être teintée d’une certaine moquerie, cela ne l’empêcha pas de prendre la chose au sérieux. Elle-même arborait toujours ce sourire, bien que plus discret mais accompagné d’une lueur intéressée au fond de son regard. Gardant le silence un instant, comme pour savourer l’ampleur de ses propos, la blonde finit par souffler, son sourire s’élargissant doucement, se teintant d’une légère incompréhension. Tu ne te méfies pas de moi ? L’incompréhension disparaît toutefois bien vite et la cavalière incline légèrement la tête sur le côté, sans cesser de le fixer, rajoutant alors dans un souffle narquois. A moins que tu penses  avoir une place suffisante dans mon estime pour être à l’abri du danger ? » Et ça elle ne le comprenait que trop bien, cette fierté qui pouvait inciter à baisser la garde, cette certitude que l’on plaisait trop à l’autre pour que ce dernier n’essaye de nous nuire. Elle l’imaginait parfaitement.

Mais une fois encore elle n’avait jamais pu se permettre de penser ainsi, en vérité cela l’effrayait d’imaginer qu’elle puisse un jour se mettre à envisager les choses de la sorte. Cela reviendrait à dépendre de l’avis d’autrui, de vivre pour lire l’approbation dans ses yeux, pour éprouver le sentiment d’être spécial aux yeux de quelqu’un que l’on appréciait, voir bien plus. Cela lui était déjà arrivé, certes, auprès de son mentor. Par le Créateur ce qu’elle pouvait le vénérer, même aujourd’hui encore, presque autant qu’elle continuait de le craindre. Edgar éveillait en elle son âme d’enfant soucieuse de rendre fier son père. C’était ainsi et, au vu de sa position actuelle, cela ne lui réussissait vraiment pas. Hors de question donc de laisser ce genre de situation se reproduire, avec Edgar cela avait été normal au vu de son parcours, mais cela n’arriverait plus. De plus la blonde savait que cette confiance aveugle ne menait jamais à rien de bon. Evan ne cherchait pas à la connaître et au fond il était certain qu’elle en était soulagée, mais probablement étais-ce parce qu’il n’avait pas la moindre idée de ce que cela changerait. Elle, qui avait assassiné ce templier, ce camarade, probablement cet ami, il y a de cela des années. Elle, non pas une voleuse comme il ne semblait guère les aimer mais bien une ancienne assassin. Elle, que l’on pouvait retrouver dans de nombreux lits pour finalement la découvrir en train d’égorger quelques jours plus tard ces mêmes amants. Drathir n’en doutait pas : au fond, elle devait incarner tout ce qu’il maudissait en ce monde, tout ce que la Chantrie pouvait haïr en dehors des mages. Et si, désormais, l’ordre auquel elle appartenait possédait une certaine noblesse, cela n’était pas son cas à elle et cela n’effacerait jamais ce qu’elle avait pu faire dans le passé. D’autant plus qu’elle ne souhaitait pas oublier ou effacer ce que beaucoup considéraient comme des péchés. C’était sa vie, la seule chose qu’elle n’ait jamais connu, et elle retournerait à ce monde brutal sans hésiter si on lui en donnait la possibilité. Encore que… Sans hésiter était peut-être un terme fort désormais. Mais de cela, elle ne voulait pas en parler, ni même y songer. Ce fut donc pour cela qu’elle préféra se plonger de nouveau dans sa bière, et attaquant également son repas avec une certaine avidité qu’elle tenta de canaliser toutefois, ne s’offusquant pas quand elle vit le templier se servir bien qu’elle lui jeta un coup d’œil faussement menaçant, juste pour la forme. Cette conversation avait décidément prit un tournant sérieux, la plongeant dans des réflexions conséquentes, mais cela ne dura pas et au fond elle en fut ravie.

En effet Evan revenait déjà à son départ, qui serait pour le lendemain à l’aube. Lorsqu’il la questionna à ce sujet, la concernée se contenta d’hocher la tête afin d’approuver, avant de couler un regard légèrement amusé en sa direction devant le ton fataliste qu’il employait en évoquant ces années qui séparaient chacune de leur rencontre. C’est vrai, ses passages étaient décidément brefs, probablement parce qu’elle n’avait que rarement eu l’occasion de revenir dans ce coins précis d’Orlaïs. Ceci dit, peut-être trouverait-elle le moyen de revenir, mettant à profit cette liberté que lui offrait toujours la garde. Et puis elle pouvait toujours gueuler contre Garran, ce dernier serait que trop heureux de se débarrasser d’elle, elle trouverait probablement un moyen d’en jouer. Il était toutefois hors de question d’admettre devant lui qu’elle se donnerait peut-être la peine de le revoir, ce serait trop facile. Ce fut pour cela qu’elle préféra répliquer dans un souffle ironique, désireuse de l’entendre réclamer si tant est qu’il le veuille. « J’imagine que je pourrais m’arranger pour réduire ce délai… Mais d’un autre côté je m’en voudrais de t’arracher continuellement à ton poste. Et puis, tu n’as pas l’air spécialement heureux de me retrouver. Elle fit la moue, à l’image d’une femme blessée dans sa fierté, une femme délaissée par son époux, une femme ne se sentant plus désirée. C’était exagéré bien sûr, mais elle en jouait, avant de mettre un terme à cette comédie dans un nouveau sourire, espiègle. Il était toutefois certain qu’elle ne le sortirait pas de ce bourbier dans lequel elle venait elle-même de l’enfoncer. Elle n’en aurait de toute manière pas eu le temps car elle éclatait déjà de rire lorsque le templier sortit un jeu de cartes d’elle ne sait où, avant de lui demander si elle se sentait chanceuse ce soir-là. Prise par surprise, elle se remet bien vite et arbore une nouvelle fois cet air de conquérant, fier et provocant, qu’on lui connaissait si bien. Qu’importe, j’ai pas l’intention de me défiler. Elle avait de toute manière appris à ne jamais compter sur la chance, de ne pas dépendre d’elle, aussi verrait-elle bien ce que cela donnerait. Au mieux elle pourrait jouir de sa victoire, au pire ronchonnerait-elle, en mauvaise perdante infinie qu’elle était. Mais que serait une partie sans enjeux ? » souffla-t-elle, chaudement, le regard ardent. Tentatrice au possible. Même infimes, même prévisibles, ces enjeux étaient nécessaires car elle n’aimait guère jouer dans le vent. Une récompense suffisamment alléchante ou au contraire une punition suffisamment crainte, sauraient probablement raviver son esprit de compétition, son envie de gagner, aussi hasardeux soit le jeu.



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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Ven 28 Nov 2014 - 22:28

Evan n’imaginait pas que son parcours, somme toute banal et dénué d’intérêt, intéressait réellement Drathir ; même qu’il était persuadé que ça ne pouvait pas diverger du sien tant que cela. Tout le monde a une famille, des parents, un patelin ; tout le monde se trouve confronté à un choix quant à son avenir, tout le monde doit choisir sa voie. Il était naïf, c’était indiscutable : son manque de connaissance de la société qui l’entourait le poussait parfois à voir la vie avec des œillères, bien involontairement. Il n’était pas idiot, loin de là : peut-être était-ce plutôt un mélange d’ignorance candide et de manque de réflexion chronique.
La Garde n’hésita pas à admettre, franchement, qu’elle ne supporterait pas un tel mode de vie, préférant le nomadisme et l’action à la vigilance sédentaire qui était requise du templier. Un petit rire ponctua la fin de la phrase de la femme alors qu’il répondait, amusé : « J’ai jamais dit que je trouvais ça palpitant, non plus. Mais au point où j’en suis… à quoi bon faire autre chose ? » S’il quittait la Chantrie, il ne pouvait que difficilement exporter ses compétences et connaissances. Il était un guerrier potable : ses prouesses martiales étaient largement suffisantes pour envisager le mercenariat, mais il trouvait vulgaire le fait de prostituer sa lame sans s’engager dans une cause – et il n’était sans doute pas assez aguerri pour dispenser quelque leçon formelle. Ses connaissances religieuses ne lui serviraient que peu dans une vie commune. Sans doute serait-il forcé d’en revenir au point de départ, et accéder aux requêtes de ses parents : hériter du magasin familial et poursuivre la lignée.

Dans tous les cas, même s’il était curieux, il ne tenait pas à relancer Drathir sur les choix – ou les évènements – qui l’avaient poussée à s’enrôler dans la Garde des Ombres. Ou plutôt, ce qu’elle avait fait pour s’y faire recruter de force. Ce n’était guère commun, il le savait, et ce sort n’était généralement pas réservé aux valeureux ; cette pensée en tête, il préféra donc répudier son droit de la questionner, se contentant d’ajouter qu’il appréciait cette auréole de mystère qui planait au-dessus de la femme, ce qui n’était pas faux en soi. « Devrais-je ? » avait-il demandé à la question de la Garde, non sans afficher sur ses lèvres une moue faussement outragée, aussitôt remplacée par un sourire. « Peut-être que mon ego me perdra, qu’est-ce que j’en sais. Mais j’oserais imaginer que oui. » L’estime était une valeur subjective : l’on estimait les gens par des critères bien différents. Si Evan jugeait ses camarades templiers selon leur dévotion et leur hardiesse dans leur entraînement, il ne pouvait que difficilement faire de même pour juger un simple villageois, chez qui il tentait davantage de déceler honnêteté et enthousiasme à aider la communauté. Qu’en était-il d’un étranger ? Il ne pouvait dire que Drathir était une connaissance de longue date, ni même une amie – bien qu’il l’eut peut-être mieux connue que la plupart de ses amies. Sur quoi basait-on l’estime que nous inspirait quelqu’un que l’on ne connaissait que peu ?

Malgré tout, Evan considérait qu’il devait bien se trouver quelque part dans l’échelle, là où il serait à l’abri des potentielles envies criminelles de son interlocutrice.

Grignotant son pain avec peu d’intérêt, vraisemblablement plus attiré par le liquide ambré qui trônait dans sa chope, il assécha ce qui restait de sa bière avant d’en commander deux autres, l’une pour lui-même et l’autre pour son invitée. Curieux, il avait demandé quels étaient les plans des Gardes au terme de leur visite à Val Foret : il ne fallait guère une semaine pour faire le tour du village et repérer les talents prometteurs. D’autant plus que la grandeur du bourg faisait en sorte que les intéressés auraient vite vent de la présence des représentants de l’ordre, et qu’ils pourraient se porter volontaire si tel était leur désir. L’entendre dire qu’elle pourrait manigancer pour se retrouver plus rapidement que prévu dans les environs lui arracha un sourire amusé, que le reste de la phrase n’éteignit pas pour autant : il était persuadé qu’elle blaguait, considérant tout ce qu’il venait de lui dire et son comportement de l’après-midi. Elle était parfaitement au courant qu’il ne lui tiendrait jamais rigueur de le dispenser de quelques heures de garde. « Tu ne m’as pas encore donné l’occasion de te témoigner tout mon enthousiasme, » fit-il, ses paroles truffées de sous-entendus salaces, alors qu’il jetait un regard tout aussi chargé à son interlocutrice. Mélangeant habilement les cartes – il était évident qu’il avait une expérience extensive des jeux de taverne – il releva ses prunelles d’azur vers Drathir. « Peut-être que je ne planifie pas un jeu. Je ne t’ai jamais démontré mes talents de diseur de bonne aventure ? » plaisanta-t-il, distribuant à sa compagne un petit nombre de cartes.

« Malheureusement, je pense que l’enjeu évident n’est guère une punition pour celui qui perd, » souligna-t-il à la suite de la question de Drathir. « Ça ne me semble pas un pari très motivant. Ou alors motivant à terminer la partie au plus vite. » Moqueur, il observa ses propres cartes, convaincu de pouvoir démontrer à Drathir qu’il n’avait pas l’intention de la laisser gagner. « Je propose que le premier pari aille en ce sens : le perdant sera celui qui visitera l’autre, la prochaine fois. » C’était un enjeu modeste, mais tout de même avantageux pour le vainqueur. Et ils auraient la chance de mettre autre chose en jeu lors d’une partie subséquente… s’ils étaient suffisamment patients pour s’y rendre. Une autre lampée de bière et il était prêt, observant Drathir avec conviction. Ce n’était peut-être qu’une simple partie de cartes, mais il était compétitif et ne comptait pas se faire humilier par la Garde.

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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Dim 30 Nov 2014 - 22:34





Fancy seeing you there.

Compte pas sur moi pour refaire une partie.
Feat Evan




Apparemment le templier, contrairement à ce qu’elle avait pensé jusque-là, était loin de se satisfaire de sa condition tous les jours. Si la guerrière avait estimé que son compagnon avait véritablement choisi cette voix, en connaissance de causes, il semblait toutefois en déplorer certains aspects, tel que ce sédentarisme absolu qui lui était imposé. De son côté, il était clair pour la blonde qu’elle ne pourrait vivre ainsi, tout du moins plus maintenant. Elle avait passé toute sa vie à bouger et à voir du pays, toute sa vie avait été rythmée par des contrats d’assassinats différents les uns des autres. Elle ne connaissait pas la routine et celle que lui procurait la Garde des ombres, car il était particulièrement lassant de toujours combattre l’engeance ou d’aider les petites gens, l’agaçait parfois prodigieusement. Mais malgré cela elle n’était pas à plaindre, elle voyageait encore souvent, possédait un griffon, et se plaisait à emmerder toute forme d’autorité afin de rappeler qu’elle n’était pas un de ces clebs obéissant aux idées aussi naïves qu’utopiques. Quoi qu’il en soit, Drathir fut alors tentée de répondre à son compagnon qu’il n’avait qu’à rejoindre la Garde afin de jouir de ce nomadisme qui semblait le tenter. Pourtant si elle ouvrit la bouche pour faire sa proposition, elle se ravisa à l’ultime seconde et préféra savourer une nouvelle gorgée de bière, sans un mot. Elle aurait aimé lui faire une telle proposition et à dire vrai elle aurait aimé le voir accepter. Si Evan lui avait fait remarqué plus tôt qu’il préférait sa compagnie à celle de ses collègues, la concernée affirmerait sans hésiter la réciproque. Mais il y avait ce détail qui la retenait de lui faire part de sa proposition : la souillure. Le rituel. Cette saloperie de rituel qui vous obligez à boire du sang d’engeance pour vous permettre de devenir garde, réduisant ainsi définitivement votre espérance de vie, sans parler du fait que la cérémonie de l’Union était risquée, pouvant mener à la mort. Il serait stupide de l’inviter à rejoindre l’ordre dans ces conditions, car elle ignorait totalement ce qui permettait de survivre à ce rituel, et de ce fait elle ne savait pas si le templier lui-même y survivrait. Au vu de ce qu’elle savait, Drathir ne se voyait pas l’inviter à les rejoindre, si tant est qu’il accepte. Ce fut donc pour cela qu’elle garda le silence, se contentant d’hocher la tête, jugeant intérieurement qu’il était probablement préférable de s’ennuyer une fois de temps en temps devant les portes de la Chantrie.

Cela importait peu de toute manière car la guerrière se retrouva bien vite à faire part de sa surprise vis-à-vis du fait que le templier ne semblait pas se méfier d’elle. Il ne lui posait pas de questions, se contentant d’apprécier ce mystère qu’elle dégageait selon lui. Aussi moqueuse que sceptique, la concernée voulu connaître les raisons d’une telle confiance ou nonchalance et la réponse lui arriva bien vite, de prime sous forme d’une autre question. Devrais je ? Ces deux mots eurent pour effet de lui arracher un sourire amusé, un bref instant, avant que ses traits ne se figent de nouveau en une mimique aussi sérieuse que réfléchie. Elle considérait la question avec la plus grande attention, réellement, tandis qu’il affirmait être à l’abri d’un potentiel danger avec elle. Tout du moins le pensait-il. La blonde savait pertinemment que s’il lui avait posé la question alors qu’elle était encore chez les Corbeaux, elle lui aurait clairement dit de ne pas lui faire confiance. Car a tout moment elle aurait pu recevoir l’ordre de lui trancher la gorge et elle l’aurait fait, sans sourciller, tout comme elle n’avait pas hésité quand il avait fallu assassiner ce templier, camarade de son interlocuteur. Mais aujourd’hui c’était différent, elle n’avait plus à remplir le moindre contrat et les seules têtes qu’elle faisait tomber étaient celles des engeances ou de toute personne s’attaquant à elle. Ce fut pour cela qu’elle finit par répondre dans un souffle, l’ombre d’un sourire ornant de nouveau ses lèvres. Devrais- je ? « Non… Je ne pense pas. » Pour rien au monde elle ne lui dirait clairement qu’il pouvait lui faire confiance aveuglément, car s’il s’était attiré son estime dans une certaine mesure, ils se connaissaient trop peu pour qu’elle ne lui offre sa loyauté. Pourtant elle ne se voyait pas vouloir lui nuire, n’avait à priori aucune raison de le faire. Alors se permit-elle de le rassurer en un sens, bien qu’il n’ait guère eu besoin de ça, avant de passer à autre chose. Drathir se permit en effet de se plaindre, sous forme de moquerie, en affirmant qu’elle ne voyait nulle raison pour revenir, au vu du peu d’intérêt que lui témoignait le templier.  Ce dernier n’attendit pas plus longtemps pour se lancer dans quelques sous-entendus qui lui arrachèrent un sourire amusé et un éclat intéressé au fond des yeux. Yeux qu’elle leva au ciel quand il insinua qu’il ne préparait peut-être pas un jeu mais une séance de divination. Si tel était le cas, elle était curieuse de voir quel avenir moisi ou éloigné de ses ambitions il aurait pu lui prédire.

Evan n’alla pas jusque là toutefois, se contentant de la remarque avant de battre les cartes d’un geste expert. Amusée, elle ne put s’empêcher de le taquiner à ce sujet : « Tu m’as tout l’air d’un expert. C’est courant pour les templiers de picoler et de jouer ? A défaut de s’envoyer en l’air régulièrement, j’entends. Taquine, elle n’osa pas le contredire toutefois lorsqu’il évoqua les enjeux évidents qui auraient pu leur venir à l’esprit. Il avait raison, la défaite ne pouvait être amère ou contraignante dans ces conditions, et il avait raison une fois de plus quand il parla du fait que cela ne pouvait qu’inviter à finir la partie plus vite. C’était totalement son genre à elle et elle le prouva silencieusement en profitant de l'instant pour détacher sa chevelure, passant sa main dans celle ci en lui jetant un coup d'œil provocant. Elle n’aimait pas particulièrement tout ce qui était jeux de chance, même si elle aimait encore moins perdre à un jeu qui n’impliquait que sa réflexion et celle de son adversaire. Au moins avait-elle l’avantage de ne jamais rien dévoiler, ses expressions s’avérant aussi impassibles que possible. D’un simple hochement de tête, accompagné d’un sourire, la guerrière approuva finalement l’idée de son interlocuteur quant aux enjeux, avant de se plonger plus franchement dans la partie qu’ils entamaient. Cela ne l’empêcha pas d’expliquer pendant, sur le ton de la conversation. On m’a prédit mon avenir une fois… Apparemment je suis destinée à me marier avec un templier, avoir trois enfants au moins et, en bonne petite famille que nous sommes, on réciterait le cantique de la lumière à table. Un repas que j’aurais cuisiné d’ailleurs. C’est n’importe quoi… Sur un sourire moqueur, elle conclut alors : Je cuisine trop mal pour ça. » Entre autre. Parce qu’avoir des enfants, c’était aussi un sacré problème. Son train de vie ne lui permettait clairement pas de fonder une famille, bien que cela n’empêche pas certains individus de tenter l’aventure, si bien qu’elle n’avait jamais songé au fait d’être mère. Qui plus est, son expérience d’orpheline la dissuadait d’avoir des enfants dont elle ne pourrait s’occuper convenablement. Quoi qu’il en soit ce fut sur quelques propos, anodins, qu’elle poursuivit la partie. Les cartes étaient abattues sur la table, progressivement et au fur et à mesure que la manche se poursuivait, le regard de la garde se fit plus sombre, ses doigts pianotant soudainement le long de la table, dans un tic nerveux. La raison était simple : elle perdait. Et elle détestait ça, chaque défaite portant un coup à sa fierté ô combien importante. Dans un sifflement rageur, alors que la partie touchait à sa fin et qu’elle ne voyait clairement pas comment elle pourrait s’en sortir, la blonde lâcha alors, franchement agacée. Mais quelle saloperie ces cartes ! On aurait dû faire un jeu d’adresse. » Oui, là elle aurait réussi au moins, ou tout du moins aurait-elle eu plus de chance. De mauvaise foi, il ne manquait pas grand-chose pour qu’elle se mette à accuser son interlocuteur d’avoir choisi un jeu qu’il connaissait bien, afin d’avoir un avantage. C’était peut-être pas totalement faux d’ailleurs.



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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Jeu 4 Déc 2014 - 21:52

Je ne pense pas, qu’elle avait dit. Insouciant, naïf peut-être, Evan avait simplement hoqueté un petit rire en extirpant de ses poches un paquet de cartes écorné, signe qu’il semblait toujours imaginer que Drathir le menait en bateau. Loin de lui l’idée que son interlocutrice ait pu être, dans une autre vie, une assassine sans pitié, et que ses réflexions et réticences étaient bien réelles. Battant les cartes avec aisance, sans même décrocher son regard du joli minois de la Garde qui l’accompagnait, il haussa un sourcil lorsqu’elle insinua que le métier le templier n’était peut-être pas si demandant qu’il le semblait. S’il était si habile, alors peut-être était-ce parce qu’il passait tout son temps à la taverne, à accumuler une dette monstrueuse envers le tavernier à mesure qu’il se descendait des pintes. Il esquissa néanmoins un petit sourire. « Assez courant, oui, aussi triste que ça semble, » entama-t-il, distribuant les cartes avant de se désaltérer. « Enfin, les deux premières activités seraient sans doute moins fréquentes si j’avais la chance de davantage m’adonner à la troisième. » Risette malicieuse au visage, il se pencha sur sa main, non sans apercevoir les manières aguicheuses de Drathir, qui le déconcentrèrent momentanément. C’était bien évident qu’elle le faisait exprès, or, il était décidé à ne pas être le premier à céder à quelque pulsion animale ou charnelle.

Il reporta finalement une œillade qui se voulait sérieuse sur les quelques cartes qu’il tenait en main, secouant sa tête comme pour raviver sa concentration. Il écouta d’une oreille attentive l’anecdote de la Garde, amusé par ce qu’elle affirmait. « Plus souvent qu’autrement ces charlatans racontent ce qu’ils croient qu’on veut entendre, » raisonna-t-il, jetant une première carte sur la table. « Et puis, si tu as la chance de marier un templier qui pourra se permettre de revenir à la maison pour dîner le soir, c’est que ses neurones seront déjà complètement frites par le lyrium et qu'il sera inutile à la Chantrie. Triste histoire, j’te souhaite pas ça, » poursuivit-il dans un haussement d’épaules involontaire. Les templiers se soumettaient au traitement-choc de lyrium en toute connaissance de cause et Evan lui-même assumait pleinement qu’il sombrerait dans quelque chose de bien plus grave que des mœurs légères éventuellement. La dépendance au lyrium était bien connue et documentée au sein de leur ordre, et si la Chantrie faisait son possible pour en diminuer les effets nocifs, le sevrage autant que l’abus étaient irrémédiablement néfastes. « Mais dans ce cas, ta cuisine ne risquerait pas de le déranger, c’est déjà ça de gagné. » Il se voulait amusé, mais son sourire disparut bien vite. Sa résistance à la magie était un avantage marqué… mais le prix était amer.

La partie allait bon train et Evan était confiant qu’il parviendrait à l’emporter sur l’impétueuse blonde. Elle ne laissait pas voir son mécontentement, mais il avait l’avantage et à moins d’un revirement de situation complètement inattendu, c’était lui qui remporterait. Un claquement régulier vint alors à ses oreilles et il sut qu’il avait raison : elle s’impatientait, sachant qu’il n’y avait aucune chance qu’elle remonte la pente avec succès. « Ah, dommage, » fit-il, narquois, voyant que Drathir abandonnait la partie ; il abattit ses cartes sur la table, montrant qu’il était bel et bien vainqueur. Il remit les cartes en paquet et les battit ensemble sans raison, sachant que la dame ne souhaiterait certainement pas faire une autre partie, histoire de renouveler sa défaite. « Un jeu d’adresse, ça serait pas juste ; tu gagnerais à tout coup. Et puis, il y a un nombre limité de cibles sur lesquelles lancer des couteaux dans une taverne bondée, » remarqua-t-il, admettant néanmoins qu’il n’aurait pas eu la même chance dans un autre genre de jeu. « Je l’admets, je joue tout le temps à ce jeu. T’avais aucune chance. » Ce n’était pas tout à fait vrai – il y avait une bonne part de chance dans ce genre de partie, mais il préférait continuer de provoquer la jolie femme avec qui il partageait sa table.

« Alors comme ça j’aurai de nouveau le plaisir de t’accueillir à Val Forêt… ça épargnera les pauvres genoux de mon cheval alors, » ricana-t-il en prenant une longue gorgée de bière. « Même pas encore partie qu’on planifie déjà ton retour. Faudrait pas que j’y prenne goût, sinon la voyante risque d’avoir raison sur certains points. » Drathir était agacée, mais il ne voulait pas non plus qu’elle saute et disparaisse sans demander son dû – il calma donc le rythme de ses moqueries, se contentant de déplacer légèrement sa chaise afin de se rapprocher de la dame. Un coup d’œil vers la porte lui arracha une expression narquoise : son collègue, celui qu’il avait planté en poste pendant qu’il vadrouillait avec Drathir au marché, venait de poser le pied dans la taverne et semblait mirer les deux squatteurs avec un mélange de hargne et d’exaspération. Jaris s’était posté, les mains sur les hanches, tout près de la table ; Evan s’était appuyé sur sa chaise, passant un bras sur le dossier de celle où Drathir était assise. « Qu’on se le tienne pour dit, cavalière, Evan est le pire collègue qui soit et un idiot de la pire espèce. Tu perds ton temps, tout ce qu’il t’a promis c’est faux, et tu ferais mieux de prendre tes affaires et partir maintenant. »

Evan écarquilla les yeux avant d’éclater de rire, amusé. « T’es venu saboter ma soirée ? C’est pas la peine, » le prévint-il, amusé. « La dame sait exactement à qui elle a affaire. » La moue du second templier se renfrogna, sans doute agacé par l’attitude suffisante de son collègue. Mais s’il n’était déjà pas particulièrement attaché à Jaris, les quelques verres qu’Evan avait engloutis en peu de temps embrouillaient son bon jugement. Il s’en voudrait sans doute d’avoir été relativement désagréable envers son collègue, mais bon, ils étaient des hommes et ne s’en tiendraient sans doute pas rigueur le matin levé. Il hésita à renchérir, mais se contenta plutôt de jeter un coup d’œil à Drathir, espérant qu’elle en profiterait pour faire démonstration de quelque langue de vipère.

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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Ven 5 Déc 2014 - 1:46





Fancy seeing you there.

Alors monsieur, on marque son territoire ?
Feat Evan




Il ne se méfiait pas, cela était désormais un fait avéré et la blonde ne put s’empêcher de s’autoriser l’ombre d’un sourire un peu gêné. Elle en vint à se dire que si quelqu’un désirait tuer le templier, ce serait probablement facile de le mener en bateau. Pourtant elle ne s’attarde pas sur le sujet, évite même d’y penser, se rendant compte qu’elle ne souhaitait pas spécialement juger ou critiquer le mode de pensées de son interlocuteur. Drathir préféra donc se concentrer sur le paquet de cartes qu’il venait de sortir, battant les dites cartes d’un geste expert, ne la quittant pas du regard pour cela. Amusée par cette expertise elle se plut à la commenter et la réponse du blond ne se fit pas attendre. Son sourire s’élargit à peine avait-il insinué qu’il ne s’adonnait pas assez à la troisième activité et elle se retint à grand peine de lui signaler que ce soir était par conséquent son jour de chance. Ce serait lui faire trop d’honneur de clamer ainsi l’évidence, aussi s’en abstint-elle, se contentant d’accueillir ses cartes, observant ces dernières alors que le templier commentait le fait qu’elle n’aurait, en tous les cas, jamais la chance de pouvoir profiter régulièrement d’un templier. Si ce dernier rentrait le soir pour un dîner en famille, c’est probablement que le lyrium aurait eu raison de lui depuis bien longtemps. Cette remarque fut suffisante pour rappeler à la garde les dangers de cette pierre bleue, nécessaire à tout templier pour contrer efficacement la magie dont ils protégeaient le monde entier. Ne faisant pas partie de cet ordre, ses connaissances à ce sujet se limitaient aux rumeurs, à ce que l’on pouvait bien en dire, à quelques cas réels aussi. Les propos d’Evan lui rappelèrent ainsi que la problématique était sérieuse, grave aussi, et malgré les airs amusés qu’il se donnait, la guerrière n’était pas dupe. Comment pourrait-il entièrement plaisanter à ce moment précis, alors même qu’il était concerné par tous ces risques, cette échéance qui l’attendrait au tournant. Et si elle fut de nouveau curieuse, prête à poser des questions, elle ne fit qu’entrouvrir les lèvres pour finalement les refermer, préférant soudainement se taire. Il était inutile de se lancer dans quelques conversations fâcheuses, pas maintenant. Un jour peut-être aurait-elle de nouveau l’occasion d’en parler avec lui et à dire vrai, ces futures retrouvailles se voyaient déjà négociées grâce à la partie de cartes qu’ils entamaient. Haïssant la défaite, la blonde devint alors concentrée au possible, ses prunelles d’émeraudes glissant de ses cartes à celles qu’exhibait progressivement le templier. Et plus les minutes s’écoulaient, plus elle se crispait, ses doigts se mettant à pianoter le long de la table en bois, son regard scintillant désormais d’une lueur farouche et agacée.

Drathir explosa finalement en révélant ses cartes, jugeant ces dernières comme étant de véritables saloperies et estimant qu’ils auraient dû faire un jeu d’adresse. Là au moins il aurait été certain qu’elle aurait eu une chance, ou plutôt elle était sûre de pouvoir gagner. Sauf que dans ce cas précis, elle avait perdu. Définitivement. Et l’homme à ses côtés ne se gêna pas pour en profiter, soufflant avec une ironie insolente que c’était particulièrement dommage. Qu’il mette en avant l’injustice dont il aurait été la cible s’ils avaient décidé de se tourner vers un jeu qui lui conviendrait mieux ne changeait rien, au contraire elle se contenta de siffler, en mauvaise perdante qu’elle était. « Oh faut pas me croire si douée, si t’étais la cible j’aurais parfaitement pu me louper et te crever un oeil. Crois moi. Agacée, d’autant plus qu’il signalait qu’elle n’y pouvait rien car il était sûr depuis le début qu’elle n’avait aucune chance, un tsss énervé lui échappa de nouveau et elle compensa en finissant définitivement sa pinte, la consommant d’une traite. Devoir revenir jusqu’à Val Forêt était bien le cadet de ses soucis, cela lui avait semblé même logique avant que le pari ne soit proposé au vu de sa capacité à errer plus librement que son compagnon, mais le goût amer de la défaite la rendait particulièrement irritable et force était d’admettre que le blond avait le don pour la titiller un peu plus, savourant sa propre victoire de son côté. Oh si les situations avaient été inversées, nul doute qu’elle en aurait profité tout aussi largement, ricanant comme lui-même pouvait le faire. S’il pensait toutefois qu’elle se contenterait de le laisser faire sans un mot, il se trompait lourdement et elle le lui fit comprendre à sa dernière remarque. Un sourire narquois, plus assuré, orna de nouveau ses lèvres bien que son regard soit toujours aussi assassin et rageur et elle répliqua, moqueuse. Certains points ? Sûrement pas concernant les enfants alors, pour les avoir encore faudrait-il que tu saches me les faire correctement. Le sourire s’élargit, provocant, avant qu’elle ne baisse les yeux sur la chaise de son comparse, qu’il venait de rapprocher légèrement de la sienne. Le mouvement, bien que subtil, ne lui avait pas échappé et lui rappela presque instantanément comment, à la base, cette soirée devait se terminer. Songeant au fait qu’Evan avait finalement décidé de cesser de la provoquer, trouvant instinctivement les limites à ne pas franchir, elle ne put retenir plus longtemps l’esquisse d’un sourire un peu plus amusé, son regard s’adoucissant pour ne redevenir que moquerie, mais non plus colère. Bah voyons… C’est facile ça. » A l’image d’un couple désireux de régler une dispute sur l’oreiller. Pourtant cela ne fait que l’amuser et si tout agacement s’envole, elle sait cependant que cela peut vite revenir. Or son exutoire se vit servi sur un véritable plateau d’argent, de prime lorsqu’elle capta le sourire narquois que semblait adresser le templier à la porte de l’établissement.

Fronçant les sourcils, elle suivit le regard du blond et capta ainsi la silhouette de son collègue à l’entrée du bâtiment. Comprenant mieux l’attitude du templier, elle s’autorisa un énième sourire. A vrai dire les réactions du blond lui plaisaient, cette arrogance nonchalante avait à ses yeux quelque chose de particulièrement séduisant et elle ricana légèrement en levant les yeux au ciel lorsqu’il accentua la provocation en glissant son bras le long du dossier de sa chaise, rappelant qu’il se trouvait en territoire conquis. Ou tout du moins avait-il clairement des vues sur le territoire en question. Jetant un coup d’œil moqueur au blond, Drathir hésita un bref instant à le rembarrer en guise de vengeance mais finalement se contenta de s’installer un peu mieux sur sa chaise, allant étendre ses jambes sur la table et reposant sa tête en arrière, plus précisément sur le bras du templier, s’y nichant confortablement. Ainsi à son aise, et il ne pourrait pas dire qu’elle ne jouait pas totalement le jeu en présence de son collègue, elle soutint le regard agacé de l’homme qui arrivait jusqu’à eux, les mains qu’il posa sur ses hanches lui arrachèrent par ailleurs un sourire moqueur. Pensait-il sincèrement acquérir ainsi plus de prestance ? Bon sang, il semblait définitivement trop petit pour son armure, il ne la remplissait clairement pas. Pourtant elle ne dit rien, désireuse de savoir tout d’abord ce qu’il voulait, mais à peine prit-il la parole qu’elle haussa un sourcil désabusé. Déjà il avait le chic pour formuler les choses, si bien qu’elle se demanda sincèrement s’il s’agissait là d’un conseil ou, au vu de la fin de ses propos, d’une menace. La dernière option étant évidemment intolérable. L’éclat de rire d’Evan ne l’empêcha pas de fixer plus longuement Jaris, ne le lâchant pas du regard tandis que son comparse affirmait que rien ne pourrait l’empêcher de savourer cette soirée. Elle savait parfaitement à qui elle avait affaire. Contrairement à toi. Bien qu’elle le pensa fortement, la blonde ne se permit pas de faire la remarque à haute voix, se contentant d’arborer un sourire amusé pour l’occasion. Sourire qui disparut bien vite toutefois alors qu’elle se raclait la gorge, reprenant le plus sérieusement du monde, son regard ancré dans celui de son interlocuteur.

« Alors que je récapitule bien, templier. Pour le coup, impossible de placer plus de mépris dans un seul mot. Tu te pointes à ma table, tu interromps ma seule soirée dans ce patelin, et en prime c’est pour insinuer que je suis trop bête pour savoir quel genre d’homme j’ai à mes côtés. Le tout en me tutoyant comme si j’étais ton égale et en concluant avec ce qui ressemble fortement à une menace. Elle n’avait pas bougé d’un iota, son allure nonchalante contrastant cependant fortement avec le regard ô combien menaçant qu’elle vrillait sur lui. Elle ne semblait pas avoir envie de plaisanter et ce n’était pas le cas, arborant désormais un sourire franchement mauvais. Du bout de l’index elle lui indiqua ainsi la sortie sans le quitter des yeux. Donc voilà ce qu’il va se passer. Tu vas foutre le camp sans un mot, sans quoi je t’explose la tête en public et t’offre ainsi l’humiliation de toute une vie. Lui laissant quelques secondes comme pour assimiler les informations et le danger qui planait à coup sûr sur lui, elle finit alors par pivoter la tête, celle-ci reposant toujours sur le bras d’Evan, en direction de ce dernier. Sourcils froncés elle demanda alors, amusée. Des promesses bidons ? Comme quoi ? Tu dis que tu n’as jamais connu de sentiment aussi fort et tu promets un amour éternel, ce genre de conneries ? Ah, à moins que tu promettes de revenir les voir… Génial, moi j'ai pas le droit au baratin mais ça se joue avec des paris merdiques. » soupira-t-elle finalement avant de vriller ses prunelles au plafond, se remémorant sa défaite, sans s’énerver pour autant. Bien vite elle se retrouva toutefois à baisser les yeux, cherchant à savoir si le collègue du templier avait daigné foutre le camp, ou si au contraire elle allait devoir mettre sa menace à exécution. Ce serait avec plaisir qu’elle s’occuperait de son cas.



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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Mar 9 Déc 2014 - 21:24

Sourire aux lèvres, Evan prenait visiblement plaisir à prouver son talent et sa chance légendaire aux cartes, d’autant plus que son interlocutrice ne semblait pas trop enchantée de se voir ainsi rincée. Plus le temps passait, plus il y avait de cartes abattues sur la table, plus le templier se voyait conforté dans son impression : il gagnait. Drathir ne semblait néanmoins pas aussi enjouée que lui, lâchant quelques jurons à l’égard de sa main et du jeu en général, abandonnant la partie. Plus une seule insinuation quant au funeste destin qui l’attendait au détour ; il avait encore pas mal de temps avant que ça n’arrive, et, s’il avait de la chance, périrait du fil d’une lame sur un champ de bataille avant qu’il ne commence à halluciner. Étrangement placide, comme s’il avait véritablement accepté la réduction volontaire de son espérance de vie, il s’était contenté d’émettre quelque commentaire sur sa déception quant à la fin de la partie. La remarque venimeuse que Drathir lui avait crachée ne fit que l’amuser, et il laissa ramper un sourire moqueur sur ses lèvres. « T’oserais quand même pas m’abîmer, j’te connais, » plaisanta-t-il, néanmoins pas si certain que ça quant à cette affirmation. Il y avait bien une chose de laquelle il était sûr : « Quelle mauvaise perdante. Heureusement que t’es meilleure joueuse entre les draps. » Il ignorait si la moquerie serait la goutte qui ferait déborder le vase de la patience déjà bien mince de la Garde, mais il n’avait pu s’en empêcher.

Il renchérissait déjà malgré le signal d’alarme que tentait de lui envoyer son cerveau, enivré par l’alcool et le plaisir de la victoire. Or, il ne s’attendait pas à une rétorque aussi bien placée – il resta un moment interdit avant de laisser échapper un rire lent. « Heureusement pour toi, tu pourras constater à quel point je me suis amélioré avec les années, » ajouta-t-il, émulant l’expression moqueuse de son interlocutrice. Nul n’était fâché contre l’autre malgré la bassesse de certains commentaires, ce qui conforta Evan dans son opinion : il serait d’autant plus déçu d’assister au départ de la femme, le matin venu. Il avait rapproché sa chaise et pris ses aises, passant un bras derrière les épaules de Drathir, à qui il adressa un regard doucereux. Facile ? Evan sourit, remarquant bien le changement dans le regard clair de son interlocutrice. Ce qu’il ne lui avait pas dit, c’était que son collègue templier venait de poser le pied dans la taverne, et il savait que c’était pour lui faire la morale – il l’avait abandonné à son poste pendant les dernières heures de leur rotation afin de profiter de la présence de la jolie blonde, et il savait que Jaris ne le lui avait pas pardonné. La rancune serait brève, mais dans l’immédiat, il ne semblait pas très enchanté, déballant sa hargne à l’adresse de Drathir, qui ne semblait pas particulièrement impressionnée. S’il tentait de faire tomber son rendez-vous à l’eau, c’était perdu d’avance – mais il ne le savait pas, évidemment, ignorant le bref passé commun de ses deux interlocuteurs. Evan avait rigolé, mais son sourire suffisant s’était rapidement dissipé alors que la tanagra prenait la parole, sa langue de vipère houspillant Jaris sans ménagement, laissant les deux templiers hébétés pendant un instant. La menace de la Garde avait eu l’effet escompté et le mécontent avait tourné les talons en grommelant sans relever la gravité des paroles de la femme, se contentant de quitter l’auberge sans demander son dû. Heureusement pour lui – ou pour Drathir – personne autour n’avait semblé s’intéresser à leur conversation malgré l’entrée remarquée de Jaris. Il n’avait jamais été le plus querelleur de l’Ordre, et ça n’étonnait pas Evan qu’il se contente de déguerpir. Lui-même n’aurait pas réagi aussi docilement et aurait volontiers demandé démonstration de la menace.

Drathir s’était alors retournée vers lui, et il avait rigolé à ses paroles alors qu’il terminait son énième pinte de bière – à mesure qu’il buvait, la chope semblait se remplir, le portant à croire qu’il avait un allié invisible en la personne du tavernier, voire d’un serveur. Il n’osait même pas imaginer combien il aurait à payer pour cette pseudo générosité, le matin venu. « Il dit n’importe quoi. Je ne suis peut-être pas le plus vertueux de l’Ordre, mais j’suis pas un menteur, » se défendit-il, sincère malgré le sourire moqueur qui se dessinait sur ses lèvres. « Le pari, c’était pour rire. » Et parce que je savais que j’allais gagner. Ou pas. À vrai dire, il ignorait comment il aurait pu honorer sa mise s’il n’avait pas été vainqueur. S’il n’avait pu visiter sa propre famille durant toute la durée de son affectation à Verchiel, il ignorait comment il ferait pour qu’on le laisse vagabonder sans raison claire. Il y eut un silence et il serra son bras autour de Drathir pour la rapprocher de lui, à moitié volontairement, dans un moment étrangement tendre qui ne lui ressemblait pas trop. Il était dans la lune – distraction sans doute causée par l’alcool que ses organes tentaient tant bien que mal de gérer. Un cri de victoire venant d’une table voisine le fit revenir à la réalité et il toisa la Garde. « On monte ? » Ce n’était pas vraiment une question – il se leva donc lentement et se dirigea vers le comptoir où il réclama la clef d’une chambre sans plus de cérémonies. Le tavernier lui décocha un regard entendu en lui tendant l’objet mais Evan n’en fit pas d’histoire, se contentant de retourner à la table pour rassembler ses affaires. L’armure était massive, mais ils avaient tous leur façon personnelle, inventée à la volée, par paresse, pour la transporter d’une seule traite. Le templier avait tendu la clef tintinnabulante à sa dame avant de se charger des derniers morceaux. « Après vous, dame Linath, » fit-il avec une demi-révérence.

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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Mar 9 Déc 2014 - 23:26





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Je ne sais pas si une fois sera suffisante
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J’te connais. De nouveau ces mots, ô combien faux, qui lui arrachent un sourire amusé. Elle y pensait à chaque fois, imaginant tous les scénarios possibles, toutes les réactions, mais la conclusion était systématiquement la même : il aurait soudainement bien moins envie qu’elle écarte les cuisses. Il aurait moins envie de la revoir, de charmer, de jouer, de flatter. L’affection, ou ce qui pouvait s’y rapprocher au vu de leur situation, se transformerait sans aucun doute en haine. Et il ne serait pas le premier. Si elle désirait cacher son passé au plus grand nombre, y compris parmi les gardes des ombres, ce n’était pas pour rien : trop de monde voulait sa peau après ça. Et moins ils étaient à connaître son ancienne allégeance, moins les corbeaux pouvaient lui courir après. Quoi qu’il en soit la guerrière ne releva pas la remarque, se contentant de laisser ce sourire flotter sur ses lèvres un bref instant, avant que la mauvaise humeur ne reprenne brièvement le dessus. Cela ne dure pas toutefois, car il sait y faire. Ignorant si elle était prévisible ou s’il avait juste parfaitement bien deviné quelles étaient les limites à ne pas franchir, force était d’admettre que le blond savait s’y prendre pour lancer sa pique, avant de la flatter après. Il lui passait clairement la pommade, sûrement pour ne pas la voir filer sans demander son dû, mais cela ne la gêne pas. Au contraire, elle profite de ces occasions pour répliquer à son tour, jouant de ces perches tendues pour tenter de reconstituer son égo fissuré. Aussi, lorsqu’il affirma avoir affaire à une véritable mauvaise perdante –ce qui était indéniablement le cas- elle ne résista pas à l’envie de répliquer quand il lui concéda volontiers des capacités à jouer sous les draps. « C’est parce qu’à ce jeu là, c’est moi qui gagne. » Prétentieuse, à juste titre dirait-elle, ce fut sur un dernier coup d’œil brillant et de nouvelles remarques quant à la capacité du blond à lui faire ou non des enfants, qu’elle finit par se taire. Satisfaite de lui avoir momentanément cloué le bec, cela ne l’empêche pas de sourire plus largement, le regard luisant d’un éclat plus intéressé d’aucuns jugeraient prédateur, lorsqu’il affirma qu’elle aurait l’occasion de constater ses progrès. C’est qu’il savait se vendre le templier… Très bien d’ailleurs, bien qu’elle n’ait pas besoin de tels arguments pour éprouver depuis un moment déjà l’envie de succomber à cette étreinte qu’il lui promettait. Le toisant de bas en haut pour la forme, ses traits se figent dans une expression moqueuse lorsque le bras de son compagnon glissa le long de ses épaules, possessif et territorial. Loin de lui déplaire, bien qu’elle jugea cela facile après tant de moqueries, Drathir en vint bien vite à comprendre les raisons d’une telle réaction.

Ce collègue qu’il avait abandonné pour elle venait en effet de pénétrer à l’intérieur de la taverne et si elle n’avait pas éprouvé la moindre envie de s’intéresser à lui, le comportement d’Evan l’incita à faire face au parasite malgré tout. Après une brève hésitation, elle daigna jouer le jeu, se calant contre le dossier de se chaise, laissant sa tête reposer sur ce bras qui l’entourait tout en laissant sa chevelure cascader dessus, la blonde poussa le vice en posant négligemment ses jambes sur la table. Elle ne se sentait pas en danger, nullement, et les airs furieux qu’arborait le templier ne l’intimidèrent pas le moins du monde. Pas plus que le discours qu’il lui offrit. Des propos guidés par la jalousie, à savoir principalement l’envie d’avoir une femme à ses côtés sans qu’il ne s’agisse forcement d’elle, éprouvée par son interlocuteur. Peu importe les raisons au fond, cela ne lui plaît pas et si elle laisse un temps à son partenaire pour répondre et gérer le problème, elle n’attend pas plus longtemps que nécessaire pour prendre à son tour la parole. La réplique fuse, glaciale et menaçante, ses mots se trouvant teintés de mépris par instant. Non, elle ne tolérerait pas qu’un imbécile lui dicte sa conduite, encore moins parce qu’il s’avérait envieux au possible. Qu’il aille donc s’acheter une paire de couilles au marché afin de trouver le cran d’aborder une femme, ce sera tout aussi bien. Quoi qu’il en soit, une fois le venin craché, Drathir s’intéresse de nouveau à l’homme à ses côtés, plus moqueuse, se demandant s’il était du genre à promettre monts et merveilles aux femmes dans l’unique but d’obtenir ce qu’il désirait. Elle en doutait, mais cela ne coûtait rien de demander. Un coup d’œil sur le côté lui permit également de constater que le trouble-fête avait foutu le camp sans demander son reste, lui évitant ainsi de perdre plus de temps que nécessaire. Il était certain que si Jaris avait voulu relever le défi, ne la prenant ainsi pas au sérieux, elle ne se serait pas retenue pour lui offrir l’humiliation de sa vie devant tout le monde, et elle n’avait pas besoin de le faire saigner pour cela. Mais qu’importe, elle ne se soucia pas de cet imbécile une seule seconde de plus, trop occupée à écouter les explications que pourrait bien lui fournir le blond. Ce dernier les lui offre dans un éclat de rire, non sans avoir bu une nouvelle gorgée de bière au passage –elle ne comptait d’ailleurs plus le nombre de pintes qu’il avait pu enchaîner ce soir là- avant qu’il n’explique ne pas être un menteur, à défaut de ne pas être des plus vertueux.

La vertu c’était surfait de toute manière et elle le fit comprendre en haussant les épaules avant de détailler, amusée, le faciès de son partenaire. Lorsqu’il affirmait ne pas être du genre à se lancer dans des mensonges éhontés, elle le crut sans difficulté. Evan avait tout l’air de quelqu’un dont le sens de l’honneur n’était plus à remettre en question, elle ne doutait pas de sa droiture, son obéissance mêlée à son efficacité et même si elle lui attribuait volontiers toute ces qualités, elle savait qu’il n’y avait pas que ça. Outre le peu de vertu, elle voyait bien qu’il y avait autre chose, comme pouvaient en témoigner ces sourires narquois, ces piques… Il restait humain. Et comme tout être humain il avait ses défauts, ses vices. Elle imaginait ses qualités, et envisageait tout aussi aisément les parties les plus sombres qui pouvaient constituer l’homme à ses côtés. Peut-être étais ce cela qui lui plaisait tant d’ailleurs, il ne prétendait pas mériter un piédestal sous prétexte qu’il était templier, il ne prétendait pas être meilleur qu’elle et bien que cela soit probablement dû au fait qu’il était loin d’imaginer toutes les horreurs qu’elle avait pu commettre… Cela lui plaisait. Perdue dans ses pensées l’espace d’un instant, durant lequel elle ne l’avait d’ailleurs pas lâché des yeux, un sourire léger revint bien vite orner ses lèvres quand il avoua que le pari n’était qu’une plaisanterie. C’était pour rire. « Vraiment ? Souffla-t-elle, moqueuse. Et elle se penche sur lui, légèrement, relevant la tête dans l’unique but de rapprocher son visage du sien, sa main remontant le long du torse de son partenaire, désormais privé de sa lourde armure. Ses doigts glissent, instinctivement, bien qu’elle se plait à confronter son regard, désireuse de plonger ses prunelles dans les siennes alors même qu’elle s’adonnait à son petit manège. Je pense plutôt que tu me libères de mes obligations juste pour avoir le plaisir de me voir revenir de mon plein gré. Elle le caresse de son souffle, effleure ses lèvres si brièvement que l’on penserait l’avoir rêvé. Quelle fierté ce serait. » Elle le cherche, le provoque, autrement qu’en détachant sa chevelure ou en le gratifiant d’une œillade séductrice. C’était plus. Et, en écho à ses envies, le templier n’attend pas plus longtemps pour raffermir sa prise sur elle. Cela n’a rien de brutal cependant, moins possessif à moins que ce ne soit plutôt moins calculé, que lorsque son collègue avait pénétré à l’intérieur de la pièce. C’était tendre, et la guerrière ne peut retenir un frisson, témoin du malaise qui la saisit brièvement. Elle se trouve ainsi soulagée de constater qu’il avait été perdu dans ses pensées suite au silence qui avait suivi ses propos, puis ravie de l’entendre proposer qu’ils montent dans la chambre.

Cela ne sonnait de toute manière pas comme une question et, loin de s’en offusquer, elle apprécia l’initiative à sa juste valeur. Sourire aux lèvres, elle le laissa se redresser et l’abandonner, profitant de l’instant pour se lever à son tour et s’étirer tranquillement. Machinalement, elle laissa ses doigts pianoter sur le rebord de la table, jetant un coup d’œil au comptoir, attendant qu’il ne revienne. Il ne s’éternise pas, loin de là, et ce fut le sourire aux lèvres qu’elle s’empara de la clé qu’il lui tendait désormais alors qu’il s’activait à récupérer les morceaux de son armure. Si jamais ils avaient eu l’intention d’être discret, ils pouvaient être certains que le bruit de l’acier qui s’entrechoque venait de tout réduire à néant. Fort heureusement, se cacher n’était pas dans leurs priorités. Soudainement galant, ou plutôt pragmatique étant donné qu’il avait clairement les mains prises, il s’inclina en une légère révérence en affirmant qu’il la suivrait. Dame Linath. Le titre lui arrache un léger ricanement alors qu’elle lève les yeux au ciel, faussement exaspérée. Si ces politesses ont pu être nécessaires -encore que…- lorsqu’elle est arrivée en ville avec ses pairs, si cela avait pu servir de façade, il était clair que cela était désormais totalement inutile. Et elle ne se gêne pas pour le lui signaler, moqueuse. « Ah oui, les politesses tu les places une fois sûr que la femme va finir dans ton lit ? Une technique comme une autre j’imagine… » Le regard brillant, elle n’insiste pas toutefois et s’empresse de monter les escaliers donnant sur les chambres, cherchant celle qui leur a été attribuée. Une fois postée devant la porte, elle la déverrouilla bien vite avant de pénétrer dans la pièce à peine éclairée par quelques rayons lunaires. Elle avait quelque peu oublié la notion du temps mais peu lui importait pour le moment, sachant que cela n’irait de toute manière pas en s’arrangeant. En tous les cas, si Drathir laissa la porte ouverte pour faciliter le passage de son compagnon franchement encombré, elle ne se soucia pas une seule seconde de lui. En effet elle s’occupait déjà de retirer ses quelques bijoux, plaques d’aciers et plastron de cuir complétant sa tenue, ainsi que les autres équipements superflus. Lorsqu’elle daigna récupérer ses dagues et couteaux afin de les délaisser dans un coin, ce fut instinctivement qu’elle alla les déposer non loin du lit malgré tout. On ne changeait pas les bonnes habitudes, encore moins maintenant à vrai dire, et elle ne tolérerait pas de savoir ses armes trop loin d’elle. Ne lui restait désormais que son pantalon de cuir et sa tunique de tissu et elle n’osa guère y toucher, bien décidée à lui laisser ce plaisir et surtout, à profiter de la façon qu’il aurait de la déshabiller.

Pivotant finalement afin de lui faire de nouveau face, après avoir entendu les pièces d’armures chuter et la porte se fermer, elle n’attendit pas plus longtemps pour s’avancer vers lui, déterminée et sachant parfaitement ce qu’elle voulait. En l’occurrence, lui. L’une de ses mains remonta le long du tissu pour se refermer sur le col du vêtement, empoignant ce dernier alors qu’elle l’attirait à elle sans plus de cérémonie, plaquant ses lèvres contre les siennes. Et c’était bon que de pouvoir de nouveau profiter de lui, bon d’éprouver cette impression de déjà vu, de reconnaître ces baisers qu’ils s’échangeaient désormais. Elle ne s’interrompt que le temps de reprendre son souffle et de murmurer dans un sourire. « Voyons voir ces progrès… De nouveau elle l’embrasse et c’est à deux mains qu’elle entreprend de redécouvrir le corps qu’elle avait à sa merci. Ça lui plaît, que de faire glisser ses doigts sous le tissu, le long de sa peau, redessinant ces muscles pour constater que les années avaient permis d’étoffer cette même musculature. Ça lui plaît d’effleurer une cicatrice qu’elle ne lui avait pas connu à l’époque, lui rappelant ainsi que les années s’étaient belles et bien écoulées, que la vie avait suivi son cours… Mais que vu leur position actuelle, cela ne changeait pas grand-chose entre eux malgré tout. Si ce n’est un détail : cette fois, ce n’est plus tant pour masquer un crime qu’elle passe la nuit avec lui. Mais bien par plaisir. Juste par plaisir. Et c’est avec satisfaction qu’elle le débarrasse dans un premier temps de son haut, ses lèvres déviant jusqu’à son oreille, au creux de laquelle elle rajouta, ô combien provocante. Peut-être que cette fois, t’arriveras à me faire gémir. » C’était bas, c’était facile, elle le sait bien. Mais elle se plaît à le chercher, le provoquer, envieuse de le voir répondre à ses accusations, de le sentir raffermir sa prise. Que les actes remplacent ces mots et ces promesses soufflées durant la soirée. Des mots, elle ne lui en offrit plus un seul d’ailleurs, trop occupée désormais à le débarrasser du reste de ses vêtements pour mieux le gratifier de caresses et de baisers, trop obnubilée par ce qu’il pouvait bien lui offrir en retour. Alors elle se tait. Elle le cherche. Elle s’offre.



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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Jeu 11 Déc 2014 - 3:26

Evan retint un gloussement amusé, presque moqueur. L’auto-proclamée reine des draperies semblait s’amuser de sa remarque, aussi la laissa-t-il exulter sans renchérir. Les moqueries n’avaient néanmoins pas eu raison de leur bonne entente et il en avait profité pour se rapprocher physiquement de Drathir, à la fois en guise d’excuse et d’échappatoire – car en effet, s’il voulait se dérober à la colère passagère de son collègue, Evan devait au moins faire l’effort d’avoir l’air investi. Rien de pire que se faire poser un lapin pour une raison bidon ; il savait au moins que Jaris lui pardonnerait éventuellement en réalisant que le blond avait fait la même chose pour lui à plus d’une occasion sans le lui remettre constamment sous le nez. Il était tout de même ravi que la garde joue le jeu, faisant aller invectives et menaces sans se soucier de qui pourrait l’entendre – et surtout pas de la réaction de la victime, qui ne se fit pas prier pour s’esbigner en silence. Le templier resté derrière se demandait néanmoins ce que Drathir avait en tête comme châtiment pour le rabat-joie à la lourde armure, visiblement peu impressionnée par ce qu’il avait à dire et prête à bondir à la moindre provocation de trop. Manifestement, elle était plus intéressée par les explications que son interlocuteur avait à fournir suite aux allégations infondées de Jaris, qui vinrent sans hésitation, sincères, entre deux gorgées de bière. Evan ne se laissait que trop facilement amadouer par quelque jolie dame, mais ne s’était jamais prétendu prince ou pirate, ou ce que son interlocutrice éphémère souhaitait entendre. Ses mœurs légères n’avaient d’égale que son habitude de trop souvent dire la vérité, toutes deux des plis parfois bien vilains à leur façon. Ironiquement, c’était la Chantrie, qui imposait chasteté et pureté à ses sœurs et mères, qui le laissait librement batifoler au rythme de ses envies, pour autant qu’il demeure apte et prêt à rameuter quelque mage renégat si le besoin se faisait sentir.

Ses yeux plantés dans ceux de son interlocutrice, qui se sentait visiblement d’humeur enjôleuse, il laissa également traîner ses doigts sur la cuisse de Drathir, malheureusement toujours couverte – mais plus pour très longtemps. « Tu rigoles ? Ce serait prendre le risque que tu me poses un lapin. J’apprécierais pas, » se moqua-t-il, bien qu’il fût sincère dans cette dernière affirmation. Qu’elle tende un piège au templier à qui il ne tardait que de rencontrer de nouveau sa chair serait un affront qu’il ne lui pardonnerait pas de sitôt, bien qu’il se garda bien de lui faire la menace. Rien ne servait de plomber l’atmosphère pour des ruminations de jeune homme ivre.
Mais il avait visiblement été plongé dans lesdites pensées plus longtemps qu’il ne l’aurait cru. Ayant raffermi son emprise sur Drathir, il se demanda s’il était toujours en état de fonctionner – l’inverse aurait été gravement déplorable, après tout. Prêt à tester ses doutes, il se leva, signalant qu’il allait réclamer la clef d’une chambre. Il marchait sans trop tituber, son sens de l’équilibre bien développé à force de conjuguer armure massive et flamberge tout aussi peu commode, il revint aussitôt sa quête accomplie, ravi de voir que Drathir ne semblait pas objecter à son initiative. « Tire pas cette tête. J’veux pas perdre la face en te traitant trop comme une reine en public. En privé ça pourra être autre chose, si tel est ton désir, » signala-t-il, tout aussi moqueur, alors qu’il la suivait dans les escaliers, une fois qu’ils furent hors de portée des oreilles indiscrètes. Il ne semblait néanmoins pas s’inquiéter outre-mesure des curieux qui pouvaient bien les observer alors qu’ils disparaissaient au deuxième étage, ne faisant pas le moindre effort pour amoindrir l’irritant bruit de ferraille que faisait son armure à chaque pas qu’il faisait.

Il laissa lourdement tomber son ensemble d’armure sur le sol avant de prestement ôter les pièces qu’il lui restait ; grèves et solerets allèrent rejoindre leurs semblables dans le même fracas, le tout bientôt recouvert de son gambison, puis ajusta la luminosité en allumant une lanterne, un peu à l’écart. Il étira son bras pour définitivement clore la porte, se voyant par la même occasion apostrophé par la guerrière, qui ne le lui laissa pas le temps d’émettre la moindre parole – pas qu’il ait eu quoi que ce soit à dire de toute façon. Il glissa ses mains contre sa taille, les laissant vagabonder jusqu’à la limite de son vêtement – limite qu’il ne respecta pas pour autant alors qu’il se laissait emporter par le désir. Même après plusieurs années, il n’avait pas oublié, et bien que le souvenir de sa nuit agitée passée en compagnie de Drathir s’était vu dilué par d’autres conquêtes au fil du temps, il semblait soudainement se remémorer avec vivacité certains instants de leurs batifolages. Les quelques mots que lui souffla la garde lui arrachèrent à la volée un sourire suffisant, confiant que les années n’auraient pas handicapé ses habiletés. L’imitant, il passa ses doigts sous la tunique de Drathir, les laissant s’aventurer là même où, dans d’autres circonstances, il se serait plutôt pris une glorieuse mandale. Ses mains s’agrippèrent à ses côtes pour mieux la presser contre lui, enflammant le baiser qu’il ne semblait pouvoir contrôler, sa volonté restée en bas des escaliers avec les cadavres de leur ivresse. Désormais dénué de chemise, Evan se laissa interrompre par la pique de la garde, qui ne tomba pas dans l’oreille enivrée d’un amant conquis. « Tu parles trop. » Il coupa toute tentative subséquente d’émettre le moindre autre commentaire désobligeant en dérobant les lèvres de Drathir, puis, comme lassé, il migra lentement, mais sans perdre son ardeur, le long de son cou jusqu’à une épaule qu’il trouva bien trop chaste à son goût. La tunique trouva rapidement le plancher, à l’instar de sa propre chemise. Fatigué de devoir se rompre le cou pour couvrir le corps à moitié nu de la guerrière de baisers enflammés, il la souleva sans peine, afin qu’elle puisse serrer ses jambes autour de lui. Les sons de la taverne, pourtant clairement audibles, lui parvenaient comme un murmure : à cet instant, il était complètement dévoué à sa conquête. L’envie contrebalançait son ivresse, et il se trouvait étrangement en possession de toutes ses facultés, sinon son inhibition. Sans gêne, il parsemait chaque parcelle de peau découverte de caresses tantôt tendres, tantôt fermes, possessives. Il n’avait aucune emprise morale sur Drathir, et l’inverse était aussi vrai ; or, il se plut à prétendre qu’il possèderait son corps l’espace d’une nuit.

Opportuniste, le templier n’hésita pas à se saisir de ce que la garde peut bien lui offrir. Il se posa sur le lit, Drathir sur ses genoux, mais interrompit brièvement leurs baisers brûlants pour la renverser sur les draps glacés. Ses mains ancrées à ses hanches, il s’attarda sur sa panse, ignorant les cicatrices, impassible – c’était la rançon du succès. Si un guerrier s’en sortait vivant, il n’en sortait jamais indemne. Au même titre que de stupides rangs militaires, bien moins représentatifs de la valeur d’un combattant, il considérait ces marques indélébiles comme la preuve de la virtuosité de sa conquête. Ce qui n’était pas désagréable : une femme forte, débrouillarde et belliqueuse à ses heures n’avait rien pour lui déplaire. Petit à petit, il remonta jusqu’aux lèvres de Drathir pour les capturer de nouveau, puis envoya définitivement aux oubliettes le reste de leurs vêtements en quelques gestes secs – peu romantique, mais qui s’en souciait réellement ? Ils n’étaient pas là pour se faire la cour. Ils n’avaient qu’une nuit, et elle était déjà bien entamée : mieux valait ne pas en gaspiller une seconde de plus. Mais il savait que Drathir n’était pas du genre à se laisser faire aussi longtemps : il anticipait une riposte, bien qu’il ne fût pas prêt de laisser la dame prendre le dessus… pas entièrement.

HJ:
 

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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Jeu 11 Déc 2014 - 14:16

Au vu de la présence flagrante de sexe dans ce post. Je préfère vous proposer un reportage sur la langouste.


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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Lun 15 Déc 2014 - 22:06



- Passage sous hide, refaites-vous le documentaire 8D -

Il aurait voulu que ces instants durent bien plus longtemps ; or, lorsqu’il se laissa tomber aux côtés de Drathir, plus que satisfait, il remarqua que bien plus de temps avait passé qu’il ne l’aurait imaginé. Empêtré dans les draps, non pas pris d’une soudaine pudeur mais d’un frisson désagréable, Evan se tourna sur le ventre, posant une main indécente sur la poitrine de la garde. Envolés les soupçons de féroce tendresse qui l’avaient mu jusqu’à maintenant – à l’issue de leurs batifolages, il n’était qu’un autre homme qui avait eu l’opportunité de partager le lit de Drathir, et spécial peut-être uniquement par le fait qu’il avait eu le plaisir de récidiver. « On peut pas dire que l’âge te calme… » la nargua-t-il avec un sourire vaguement parfumé de gentille moquerie. « J’espère pour la Garde que tu gardes pas cette fougue seulement pour ce genre d’occasions. » Dans tous les cas, Evan ne doutait pas que la femme était belle à voir sur un champ de bataille. Rien à voir avec les sœurs qu’il côtoyait quotidiennement ou les voleuses de bas-étage qui rôdaient dans le bas-cloître.

Il soupira. Il avait rarement les quarts de travail en pleine nuit, mais il estimait qu’il devait être largement passé minuit. La lanterne éclairait faiblement la pièce, comme si l’huile commençait à se tarir – Evan en profita donc, avant de se retrouver dans le noir, pour s’asseoir au bord du lit et repérer son pantalon, qu’il enfila prestement, ajustant sa ceinture sur ses hanches une fois debout. Il jeta un coup d’œil en coin sur ce qu’il s’apprêtait à laisser derrière lui : une beauté blonde, nue à travers une jungle de draps, dont il imaginait chaque détail sans peine. « Garde la chambre, c’est pas un souci, » finit-il par articuler à travers sa chemise alors qu’il la passait par-dessus sa tête. Si son départ pouvait sembler froid, il n’en était rien. Il craignait simplement que s’imposer dans un lit plus longtemps que nécessaire reflétait quelque… attachement autre que purement physique, et il souhaitait plus que tout éviter tout quiproquo entre lui et Drathir. Elle était magnifique, intéressante, et elle avait un charisme magnétique qu’il admirait – mais ça ne serait jamais plus.

Il finit de sommairement attacher son armure, histoire de faire une sortie plus glorieuse qu’à moitié habillé, cuirasse entre les bras, puis jeta un dernier regard sur la dame. « Je te verrai à ton départ demain, alors, » fit-il sans omettre un sourire sincère. Puis il disparut, lorsque la porte se referma doucement.

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MessageSujet: Re: fancy seeing you here ♦ drathir Mar 16 Déc 2014 - 0:36





Fancy seeing you there.

Pars. Reste. Putain j'en sais rien en fait.
Feat Evan




Peu lui importait de savoir qui flancherait le premier, estimant que cela n’avait plus la moindre importance à ce stade précis. Elle s’en moquait, pour la simple raison que cela ne lui semblait pas représentatif de quoi que ce soit. La façon dont elle s’était accaparée le templier, la manière dont elle l’embrassait et le désirait désormais, témoignaient de l’effet qu’il lui faisait, de l’emprise qu’il avait sur elle ce soir là. Mais l’inverse était tout aussi vrai, il était aussi impatient, prenait autant de plaisir qu’elle à la gratifier de caresses et de baisers et n’aimant que trop la voir y réagir de manière positive. Le sourire suffisant qu’il arborait désormais ne changeait rien, bien qu’il l’amusa l’espace de quelques secondes avant que l’envie ne balaye tout une nouvelle fois. Oui. Quoi qu’il puisse faire croire, il ne pouvait décemment pas nier y trouver son compte, pas alors qu’il réclamait un peu plus, en glissant ainsi ses doigts dans sa chevelure pour lui voler un énième baiser, l’y obligeant bien que cela ne la dérangea pas le moins du monde. Déjà la danse prenait tout son sens, déjà elle succombait à cette étreinte, exprimant son plaisir sans gêne ni retenue, se plaisant à lui appartenir autant qu’il lui appartenait. Elle frissonne, elle soupire, elle oublie. Elle oublie absolument tout, le temps que dure leurs batifolages, un temps loin d’être suffisant. Elle aurait aimé en profiter encore, plus longuement, s’octroyer quelques heures supplémentaires hors du temps. Elle en vint à maudire brièvement ses compagnons, eux et leur manie de vouloir partir dès le lendemain, se demanda même si ce n’était pas une bonne idée que de les abandonner à l’aube et les laisser mener leur petite recherche de recrue seuls. Ce n’est pas comme s’ils avaient besoin d’elle. En tous les cas les possibilités lui effleurèrent ainsi l’esprit, brièvement, alors qu’elle soupirait une dernière fois, le cœur battant, et repoussait sa chevelure en arrière tandis que son compagnon du moment s’allongeait à ses côtés. C’était trop court. C’était trop peu. C’était trop bon, aussi. Muette et les yeux vissés au plafond, ce fut la main inquisitrice du templier sur sa poitrine qui la ramena à la réalité et la blonde tourna ainsi la tête en sa direction, captant son regard, l’esquisse d’un sourire aux lèvres. Ce fut avant qu’il ne prenne la parole et qu’elle éclate soudainement de rire à ses propos, prise au dépourvue par la remarque. Fronçant les sourcils et sourire aux lèvres, clairement amusée, elle répliqua en l’observant. « Tu es sérieusement en train d’évoquer mon âge ? » Certes le compliment restait là, quelque part, mais cette façon de dire les choses et la moquerie qui faisait vibrer sa voix contrebalançaient le dit compliment. Au moins avait-il l’intelligence de lui souffler ces mots, déplacés, après leurs ébats.

Drathir ne commenta pas les propos qui évoquaient sa fougue au combat. Suffisante, arrogante, il était certain qu’elle s’estimait supérieure à bon nombre de guerriers, et à juste titre. Si les gardes pouvaient se plaindre de ses remarques acerbes et de sa compagnie ô combien déplaisante, ils ne pouvaient nier son efficacité. Elle avait déjà sauvé plusieurs d’entre eux, bien qu’il lui soit toujours étrange d’y repenser. Mais ses capacités, Evan ne pouvait que les supposer. En tous les cas il était certain qu’elle ne se vanterait pas trop à ce sujet, peu envieuse de vanter des compétences qui l’inciteraient probablement à se poser trop de questions à son sujet. Alors elle ignore la remarque, préférant rebondir une nouvelle fois sur la première, qui l’avait décidément bien plus marquée. Rapprochant son visage du sien, elle souffla contre ses lèvres, sans le lâcher du regard. « Et ne me dis pas que tu préfères les petites midinettes des environs. Je ne te croirais pas. Bien qu’elles, elles doivent être ravies de t’avoir. Vanter ses performances dans un lit lui semblait toutefois faisable, voir même approprié au vu de la situation, et ce fut à son tour de glisser l’ombre d’un compliment à l’attention du templier. Le sourire moqueur qu’elle arborait s’adoucit cependant, soudainement teinté d’une pointe de déception mais aussi de compréhension, lorsque son interlocuteur soupira. Elle ne commenta pas, sachant parfaitement ce que ce simple souffle signifiait. Docile, elle recula d’elle-même son visage pour lui laisser plus d’espace avant de se redresser sur le lit. Assise à son tour, les draps remontés sur elle mais ne masquant finalement que l’avant de son corps, la guerrière garda le silence tout en vrillant ses prunelles le long du dos de son compagnon. Sans un mot, elle l’observe, caresse du regard les muscles et les cicatrices, se retient de les effleurer une dernière fois, avant qu’il ne les recouvre de prime avec son pantalon, puis avec sa chemise qu’il renfile. A travers le tissu, elle l’entend la rassurer concernant la chambre. Il la lui cédait volontiers. La blonde approuva, et le remercia par la même occasion, d’un simple hochement de tête et de nouveau elle se contenta de l’observer alors qu’il achevait de se rhabiller, s’autorisant un sourire amusé en le voyant sauver les apparences avec les plaques de son armure ajustées rapidement. Le templier la quitta alors sur un sourire et une remarque quant à son départ du lendemain –enfin de quelques heures plutôt- et la guerrière dû faire au mieux pour lui rendre le dit sourire. Elle ignorait si elle avait été convaincante mais, en tous les cas, la porte se referma finalement derrière lui et elle en soupira. Fait chier. »

Oh, non, elle ne jugeait pas le blond pour avoir pris la décision de partir. Au contraire, elle s’était même plutôt attendue à devoir foutre le camp, surprise qu’elle avait été de le voir lui offrir la chambre en plus du repas et des boissons de la veille. Ce qui la dérangeait, dans le fond, c’était le bien être qui l’avait saisi. C’était cette étreinte, plaisante, qui lui avait permis d’oublier tout le reste. Le retour à la réalité était brutal, ainsi incarné par le départ de son compagnon, par le silence qui régnait désormais dans la pièce alors qu’il y a de cela quelques minutes ils soupiraient de concert. Cela se ressentait via cette flamme vacillante qui éclairait faiblement la pièce, les ombres qui se dessinaient contre les murs, et le silence. Ce foutu silence, à peine rompu par les quelques ivrognes qui demeuraient toujours dans la taverne, plus bas. Peu importe le fait qu’elle ne connaissait que trop peu Evan malgré leurs ébats aussi occasionnels que répétés, peu importe qu’elle ne puisse pas parler de véritable confiance ou d’autre chose : le fait est que la nuit aurait été plus paisible s’il était resté. A l’image d’un gardien, même temporaire, la blonde savait qu’elle aurait pu s’octroyer un sommeil plus profond, bien qu’elle soit incapable de changer entièrement ses habitudes. Ce sentiment de quiétude aurait été prolongé, ses muscles auraient pu se détendre encore un peu. Mais elle n’en avait pas la possibilité, or elle savait qu’elle aurait été incapable de le retenir. Trop fière pour formuler une telle demande, trop coutumière de ce genre d’ébats pour savoir ce que cela aurait pu laisser supposer. Alors elle n’avait rien dit, se massant désormais le crâne dans un nouveau soupir en songeant à la nuit médiocre qu’elle passerait désormais. Demain, elle serait d’humeur massacrante avec ses camarades, sachant d’avance qu’elle ne saurait tolérer longtemps leurs blagues puériles durant le trajet qui les attendait. Drathir n’avait toutefois pas vraiment le choix et ce fut en se rallongeant qu’elle tenta de dormir, de ce sommeil si léger qui incarnait son quotidien, jusqu’à l’aube qui était censé signaler l’heure du départ.

Comme prévu, la guerrière n’avait que peu dormi et s’asperger le visage d’eau glacial n’y changea rien. Ce fut dans une inspiration profonde qu’elle se détourna du lit, après s’être rhabillée et avoir récupéré la totalité de ses effets. Chaque lame désormais à sa place, elle quitta ainsi la chambre, descendant les escaliers et jetant un bref coup d’œil au tavernier. En voyant que celui-ci ne lui réclamait rien, la guerrière estima que le templier avait payé la totalité de la dette la veille, après l’avoir quitté. Une fois dehors, la blonde se rendit bien vite compte que ses camarades avaient harnaché leurs chevaux, quasiment prêts à se mettre en selle, ce qui était à vrai dire déjà le cas du chef du groupe. Le concerné lui jeta bien vite un coup d’œil narquois qu’elle interpréta à sa juste valeur et lui arracha un grognement agacé. Se retenant de le tuer sur le champ pour ce qu’il insinuait en un regard, Drathir préféra se diriger vers ce qui servait d’écurie, à l’endroit même où son cheval avait été laissé. Elle ne fut guère surprise de découvrir le templier non loin de là, l’attendant déjà et elle s’autorisa l’esquisse d’un sourire en le rejoignant. « Bien dormi ? plaisanta-t-elle, amusée, sachant d’avance que s’il lui retournait la question, elle ne saurait qu’éviter subtilement d’y répondre, à défaut de lui mentir. Se glissant aux côtés de sa monture, non sans avoir frôlé l’homme en guise d’ultime provocation, elle acheva de vérifier l’harnachement de l’animal qui avait été visiblement préparé pour elle, bien qu’elle se demanda si le palefrenier en était la cause ou son compagnon du moment. Elle se tendit de nouveau en entendant ses compagnons l’interpeller, lui demandant plus ou moins grossièrement de bouger son cul. Un sifflement agacé lui échappe de nouveau, témoin de sa mauvaise humeur. Une mauvaise humeur qu’elle ne souhaitait cependant pas dédier au templier, aussi lui jeta-t-elle un coup d’œil moins sombre, reprenant la parole. J’ai aucune idée de quand je reviendrais, nota-t-elle, sincère. Elle avait beau avoir affirmé qu’elle ferait au mieux, ce qui était on ne peut plus vrai, elle ne saurait prédire ce que la Garde attendrait d’elle à l’avenir et par conséquent si elle avait une chance ou non de pouvoir revenir rapidement. Guidant son cheval par la bride, un peu plus loin, la guerrière conclut alors sur un dernier coup d’œil, sérieuse. Mais je tiens toujours parole. » Et ce pari, aussi stupide soit-il, elle l’avait bel et bien perdu. Elle se plierait à cette défaite, à ce qui en découlait. D’autant plus que cela n’avait rien de déplaisant à ses yeux, mais elle tenait à le lui dire. Qu’il en prenne conscience. C’était probablement ironique pour une ancienne corbeau, mais comme quoi l’un n’empêchait pas l’autre, et surtout, il ignorait ces détails. Ce fut sur un dernier sourire qu’elle se mit alors en selle et, talonnant sa monture, rejoignit le reste de son groupe quittant ainsi Val Forêt.



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