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 D'épines et de pluie [Yver de Kaflan]

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Lyrïe Sildare
peuple de thédas ∣ Tevintide
InfosRACE : Humaine
AGE : 28 ans
CONTRÉE D'ORIGINE : Orlaïs
LOCALISATION : Dans les pas de mon Maître
ARME/MAGIE : Magies entropique et élémentaire
MÉTIERS/OCCUPATION : Secrétaire et apprentie d'Adamus Thyssen
HUMEUR : Curieuse
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MessageSujet: D'épines et de pluie [Yver de Kaflan] Dim 22 Mai 2016 - 23:07

✥ Date, mois, année 5:12 des Exaltés, Eluvestia, 27e jour.  
✥ Lieu Un endroit reculé des jardins du Palais
✥ Moment de la journée Milieu de matinée
✥ Autre Pluie fine


Lyrïe n’était pas femme d’extérieur.

Aussi loin que remontaient ses souvenirs, c’était toujours de l’extérieur que provenaient les menaces qui l’avaient guettée. Que ce soient les humains de Ghislain ou les chasseurs d’esclaves, ils ne les avaient frappés que lorsqu’elle et les siens s’étaient trouvés loin de l’ombre salvatrice d’un toit et de ses quatre murs.
Et le jour funeste où Ynis était mort contre elle, les baignant de son sang et de son regard cave, seul le ciel la surplombait, la laissant à la merci de la place immense de Vol Dorma, dont l’espace vide l’écrasait de vertige.

Après cela, nulle pièce, si petite soit-elle, n’aurait pu lui paraître plus étouffante que le néant dévorant d’un lieu dépourvu de murs.

Lyrïe n’était donc pas femme d’extérieur. Elle respirait toujours plus facilement dans les endroits clos.
À Minrathie, il lui était impossible d’arpenter sereinement une place trop vaste, même parée de jolies fontaines ou encombrée par un marché. Elle préférait les ruelles, plus fraîches, étroites et sombres, ou alors ne pas quitter la demeure de son Maître. Elle pouvait demeurer des jours sans poser le pied dehors quand aucune de ses missions ne lui réclamaient de sortir.
Ce n’était pas le cas ici.

À Minrathie, elle connaissait chaque pierre du manoir. Il n’était pas une pièce, un meuble ou un couloir dont elle ne pouvait décrypter l’humeur et le traiter comme un vieil ami. La vie intérieure du lieu lui était si familière qu’elle aurait pu dire en temps réel où se trouvait tel serviteur ou esclave.
Ce n’était pas le cas ici.
Ici, le Palais Impérial de Val Royeaux tout entier leur était hostile, du moindre de ses marbres aux draperies de leurs appartements. Même s’ils étaient reçus avec tout l’honneur qu’il sied à un ambassadeur, fut-il de Tevinter, jamais aucune pièce ne les accueillait autrement qu’avec froideur et malveillance. Lyrïe le sentait chaque fois qu’elle effleurait un montant de porte ou prenait place dans un fauteuil.

Au fond, cela l’indifférait. Elle était entièrement satisfaite de demeurer une étrangère dans l’endroit le plus raffiné de ce pays détesté. Mais la principale conséquence en était qu’il lui était difficile de demeurer dans une même pièce plus de quelques heures.
Au-delà, les murs d’ordinaire protecteurs se faisaient à ses yeux aussi angoissants que le vide térébrant d’un espace privé de frontières.
Alors, elle gagnait les jardins.

Les jardins impériaux étaient somptueux comme il se doit. Et même s’ils se montraient aussi fermés à son égard que le reste du Palais, ça ne changeait pas grand-chose dans la mesure où Lyrïe s’était toujours montrée méfiante vis-à-vis des jardins, quels qu’ils soient.
Même domestiquée, la nature est traîtresse.
Parmi les naïfs et les faux esthètes qui déversaient leur verbiage oiseux sur ses beautés, elle était simplement la seule à la voir sous son vrai jour.

À force de s’y faufiler en toute discrétion, profitant de l’ombre de chaque massif pour se soustraire aux regards méprisants sous  les masques orlésiens, elle avait fini par y repérer un petit kiosque recouvert par la masse abondante d’un rosier grimpant, aux innombrables fleurs étroites et blanches. Sa floraison était si prolifique que sa retombée formait une alcôve végétale en prenant appui sur une des arches extérieures.
S’installer ici, c’était devenir invisible aux regards derrière le paravent des corolles.

Lorsque Maître Adamus n’avait aucune mission dont la charger, elle venait se tapir ici pour échapper à l’animosité du Palais et de ses occupants, et écouter ce qui se disait dans le kiosque au-dessus de sa cachette.
Inutile de dire qu’il ne lui avait pas fallu longtemps pour estimer pleinement la valeur stratégique de l’endroit, tant elle était susceptible d’y entendre des confidences intéressantes de la part de ces nobles qui se croyaient de bons Joueurs. D’ici à ce que le devoir l’appelle à nouveau, c’est encore là qu’elle emploierait le mieux son temps libre.

Ce jour-là, les nuages laissaient lentement tomber leurs multiples caresses.
Lyrïe n’était pas femme d’extérieur. Mais elle avait toujours aimé la pluie.
Même du temps où elle n’était synonyme que de nuits glaciales et sans sommeil, même lorsqu’elle barrait complètement le ciel et bannissait la lumière du jour, elle se sentait toujours purifiée et comme sertie de forces nouvelles à son contact.
Et puis, dans un endroit comme le Palais Impérial de Val Royeaux, cela voulait surtout dire qu’elle aurait les jardins pour elle toute seule.

Pour une fois, se retrouver à l’extérieur fut la véritable bouffée d’air frais que les gens décrivaient d’ordinaire lorsqu’il fallait verser dans les lieux communs.
Elle n’en pouvait plus de cet endroit. Minrathie lui manquait.

Sans prendre la peine de retrousser le sarouel brodé qui lui enveloppait les jambes sous sa longue tunique, Lyrïe s’avançait tranquillement dans les allées gravillonnées de blanc, sans paraître sentir la légère pluie qui la détremperait lentement mais sûrement.
Elle la sentait, pourtant. Elle en était heureuse.

Quelques minutes à peine lui furent nécessaires pour atteindre son repaire, le petit kiosque perdu au milieu des dais de feuillages et des pergolas de glycines. Et pour une fois, puisqu’elle n’aurait sans doute personne à espionner aujourd’hui, elle gravit les marches de bois pour goûter à l’atmosphère fraîche et secrète du pavillon surchargé de roses.

Elle y demeura quelques instants, silencieuse, à écouter les carillons des gouttes de pluies sur les feuilles.
Elle commença à se sentir ridicule.
Quoiqu’elle ait imaginé ressentir en se tenant là, il était manifeste que c’était un échec.
Elle se sentait toujours en proie à l’adversité d’Orlaïs.
Puisqu’il ne servait à rien de rester ici, elle résolut de continuer sa promenade sous la pluie et tourna les talons.

Juste pour apercevoir l’homme qui se tenait dans l’allée. Sans qu’elle ne puisse faire autrement que de le croiser.
Déjà impassible auparavant, son visage se ferma plus encore alors qu’elle descendait les marches. Puisqu’elle n’avait pas le choix, ce ne serait qu’un bref mauvais moment à passer.
Elle se fit la remarque que c’était peut-être sa brièveté qui le rendait d’autant plus détestable.
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Yver de Kaflan
royauté & noblesse ∣ baron
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MessageSujet: Re: D'épines et de pluie [Yver de Kaflan] Jeu 26 Mai 2016 - 15:17

D'épines et de pluie


-Votre attitude me déçoit beaucoup, Comte de Lobré!
L'homme était plaqué contre un mur, une main gantée sur la gorge, les pieds ne touchant plus terre que par la pointe. Ses propres mains enserrant le poignet couvert de la manche brun-rouge essayaient, tant bien que mal, d'éviter la strangulation.
-Vous.. n'avez pas... le dr...-urk!
-J'ai tous les droits, misérable insecte! Vous pouvez vous estimer heureux que j'ai découvert votre implication avant les bardes de Sa Radiance!
Le Baron avait resserré sa prise, écrasant la glotte du pauvre Lobré. Le Comte n'imaginait pas que son interlocuteur puisse être doté d'une telle force.
-Lâ... chez... -moi! parvint-il à articuler avec difficulté.

La prise cessa et le Comte s'effondra au sol, cherchant de l'air.
-Croyez bien qu'ils feraient preuve de beaucoup moins de mansuétude que moi.
Vous feriez mieux de rapidement changer d'âne, Votre Seigneurie! Je ne tolèrerai pas que vous osiez encore participer à cette tentative méprisable de porter atteinte à l'Impératrice et générer un désordre qui nous tuera tous!

La voix métallique du Baron de Kaflan résonnait dans le boudoir, d'une froideur sans nom.
-Je... ne peux pas! Vous... ignorez de quoi... ils sont capables!
Le Baron alla au petit présentoir à alcool et se servit un verre de vin et en dégusta une gorgée.
-En effet... tout comme vous ignorez, vous, ce dont, moi, je suis capable.
Je sais parfaitement qu'ils ont menacé votre famille. Menacé votre jeune épouse, ainsi que votre fils de quelques mois. Et vous, vous pliez le genou devant ça?! Qu'espérez-vous tirer en servant de vassal à des gens qui se permettent d'assoir leur autorité par la contrainte? Est-ce vraiment ça que vous voulez, comme pays, pour votre enfant?


Jouer le chaud et le froid après avoir fait montre de sa force. Yver adorait secouer les esprits et sentait, dans le regard et la voix de son interlocuteur, qu'il marquait des points considérables. Pourtant, la prise qu'il avait utilisé était bien plus impressionnante qu'une véritable preuve de puissance physique. Elle n'exigeait même quasiment aucun effort tout était une question d'angle du bras par rapport au corps... de simples mathématiques!

-Mais... ils vont s'en prendre à eux, si je me rallie à vous!
-Pas si nous les arrêtons. Dit le Baron en tendant un verre au Comte qui le prit et bu d'un trait, partant immédiatement dans une quinte de toux. Vous n'avez pas le choix, vous le savez: si jamais ils arrivent à leurs fins, le pays sera divisé par les tensions internes, il n'y aura pas de front commun contre l'Enclin, et, tous, nous mourrons de la manière la plus atroce qui soit: par la main des Engeances!
Car, ne vous leurrez pas: la Garde des Ombres est impuissante si les armées régulières ne s'unissent pas à elle: ils sont puissants, mais ne sont, au bout du compte, qu'une patrouille. Face à une armée de dizaines de milliers d'Engeances, ils ne sont pas assez nombreux. Ils seront détruits et plus personne ne sera capable de vaincre l'Enclin car seuls les Gardes des Ombres possèdent le pouvoir de tuer un Archidémon sans qu'il ressuscite encore, et encore, et encore... car c'est ce qui arrive lorsque quelqu'un de "normal" le tue.
Voilà ce que vos nouveaux "amis" veulent nous offrir: la mort! Pour moi, pour vous, pour votre fils, et même pour eux. Et ils sont tellement stupides qu'ils ne s'en rendent même pas compte!
Un Archidémon ne négocie pas. On ne peut pas faire de diplomatie, ni passer d'accord avec lui. Le seul accord acceptable à ses yeux est: "Je frappe! Vous souffrez et vous mourez!"
Voulez-vous vraiment cela? Alors, un conseil: si vous continuez à les soutenir, rentrez chez vous et égorgez votre femme et votre fils: vous accomplirez là un acte de miséricorde.


Le Comte de Lobré leva des yeux presque désespérés vers le Baron, mais significatifs d'une compréhension: il n'y aurait aucun espoir avec ces comploteurs. Ils mèneraient le pays à sa perte. Il en avait dorénavant conscience.
-D'... d'accord... Vous avez gagné... Je vous aiderai... Pour ma famille.

Lorsqu'il sortit, Yver sentit le besoin d'être seul avec lui-même et congédia ses hommes pour profiter un peu des jardins du palais.

Il était Noble Joueur redoutable, non pas par la flagornerie et les bassesses, mais par l'intellect et un style tellement inattendu et osé qu'il en devenait imprévisible... or prévoir, c'est gagner, dans ce système.
Le Comte de Lobré n'était pas un mauvais bougre, en soi. C'était juste quelqu'un qui voulait protéger les siens et qui suivait, en bon toutou, ceux-là même qui les menaçaient, ce qui gênait un peu le Baron: il réprouvait d'avoir été obligé d'user de violence psychologique contre lui mais n'avait pas eu le choix.

Yver comprenait l'attitude du Comte à l'époque, mais, lui, ne tolérait pas d'être menacé... ce que ces comploteurs avaient fait... ce qui avait entraîné le fait qu'il se mêle d'une guerre de cour dont il n'avait rien à faire: nul ne peut se permettre de menacer le Baron de Kaflan et espérer s'en tirer à bon compte.

Les jardins étaient magnifiques, en cette saison, mais manquaient atrocement de la pureté sauvage qu'affectionnait le Baron.
Trop de discipline à son goût, il y voyait le signe évident de gens qui veulent tout contrôler, y compris la nature.
La fine pluie tombait sur son demi-masque d'or et de bronze et ses épaules, mais le long manteau brun-rouge de belle coupe orlésienne, rehaussé de broderies d'or d'inspiration tévintide le protégeait avec efficacité.
Il se promena tranquillement, ne se souciant guère de la météo.

Il déambulait au hasard, sans but précis, perdu dans ses pensées. Que de sombres jours s'annonçaient! Cela le mettait de mauvais poil.
Yver détestait cela, le comportement qu'il avait eu envers le Comte. Mais il se demandait ce qu'il détestait le plus: était-ce le fait de s'être comporté ainsi ou le fait d'avoir adoré ça? Car, il devait bien l'admettre, malgré son bon fond, il adorait ces moments où il devenait un monstre cruel, sans fard, tellement différent des autres Orlésiens qui se cachaient derrière la faconde et les sourires de façade pour mieux vous trahir une fois votre confiance acquise.
Il adorait voir l'incompréhension dans les regards choqués par son attitude directe et menaçante.

Il réalisa qu'il n'était pas seul: ayant pris un petit chemin entre 2 haies, il vit, en haut des escaliers en face, une femme en descendre.
Ayant d'abord craint qu'il s'agissait d'un de ces fâcheux qui pullulaient dans cette cour, il fut presque rassuré de voir que celle-ci portait des vêtements tévintides.
Il l'avait déjà vue, auparavant, se demandant où et quand. Il se souvint: ici même, au palais, il y avait quelques mois.

Elle accompagnait l'ambassadeur de Tévinter, le Seigneur Thyssen. Elle n'était, de toute évidence, pas son épouse. Yver avait, à l'époque, opté pour le fait qu'elle soit une roturière de haut rang: secrétaire, intendante, premier barde, dame d'atours... bref, le haut du pavé des non nobles.
N'ayant pas conversé avec l'ambassadeur ce soir-là, il ignorait le nom de cette personne.

Ainsi seule dans les jardins sous la pluie? La situation le fit sourire: en général, au sein de la noblesse orlésienne, 3 pauvres gouttes pouvaient apporter effroi et panique dans la gente féminine, et masculine également, souvent.
Elle, ne semblait pas si incommodée que ça.

Il savait qu'il ne pourrait pas l'éviter... et n'en avait pas l'intention, d'ailleurs. Orlaïs avait un contentieux avec Tévinter et la noblesse orlésienne le faisait bien sentir aux magistères de passage, ambassadeurs, personnel diplomatique et serviteurs. Yver, lui, avait des origines de l'Autre Empire et, si ce n'était pour la question de l'esclavage et du fait que le mérite des hauts postes tenait au fait de pratiquer ou non, la magie, en particulier celle du sang, il n'avait aucun malaise avec eux.

Arrivant à sa hauteur, il a salua de sa manière habituelle: une simple inclinaison de la tête, rompant avec les traditions de la noblesse qui, soit se pliait en deux de manière exagérée devant les puissants, soit ne daignait même pas parler aux roturiers, sauf pour leur donner des ordres.

-Mes salutations, chère amie. Alors? Comment trouvez-vous ces superbes jardins par ce temps splendide? Vous devriez les voir battus par un vent à déraciner les platanes ou une pluie de grêlons.


C'était une manière détournée de dire qu'il trouvait étrange de voir quelqu'un dehors sous la pluie. Très inhabituel, par ici.
Il parlait sans aucune animosité dans la voix. Son ton était plutôt amusé et assez convivial.

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"Le temps qui viendra est celui qui expliquera scientifiquement la magie.
Le temps qui ne viendra jamais est celui qui expliquera magiquement la science."
Baron Yver de Kaflan. De l'analyse des forces naturelles dites magiques.
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