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 Si je te nommais "ami"... [Heren]

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Harand
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MessageSujet: Si je te nommais "ami"... [Heren] Lun 28 Mar 2016 - 23:33

Si je te nommais « ami »...
Heren & Harand




✥ Date, mois, année Cloudreach, 5:12 des Exaltés
✥ Lieu Quelque part dans la campagne de Val Forêt
✥ Moment de la journée Très tôt le matin




Le printemps était la saison qu’Harand préférait. L’éclosion de nouvelles pousses, le réveil des bêtes, la reprise de la vie ralentie par l’hiver, tout lui rappelait que la roue des saisons tournait inexorablement, et que le plus long des hivers finissait toujours par céder la place à des jours meilleurs. Le soleil brillait un peu plus chaque jour, un peu plus fort, aussi. Le froid perdait de sa vigueur, et le ciel s’éclaircissait à mesure que passaient les nuages. La vie revenait.
Le clan connaissait lui aussi son printemps. Les Varalasan remontaient vers le nord pour fuir l’Enclin et les Templiers et, ce faisant, leur route avait croisé celle d’autres Elvhens isolés. Comme toujours, Harand avait tu les questions qui l’assaillaient, et avait ouvert les bras à de nouveaux compagnons de voyage. Il avait fallu construire un nouvel aravel, puis deux, trois : le clan comptait désormais près de vingt individus, dont deux enfants. Il y avait parmi eux des citadins, dont l’histoire avait trouvé écho auprès de Panoriel et Paiven, des Dalatiens sans clan – là, c’était Admael et lui qui avaient compris leur désarroi. Des chasseurs, des cueilleurs, des artisans avaient donc grossi leur rang, redonnant au clan son aspect d’autrefois. Certes, il leur manquait encore une véritable identité, l’unité propre aux vieux groupes qui sillonnaient les routes depuis des générations, mais ils œuvraient ensemble dans un but commun : se protéger les uns les autres.
Avec l’arrivée de nouveaux visages, l’Archiviste n’avait guère eu l’occasion de parler avec sa Première. Ils étudiaient toujours ensemble, bien sûr, et ils discutaient longuement des coutumes, de l’histoire, des herbes et de la magie, mais il n’était plus vraiment question d’amour. Harand ne savait pas s’il en était agacé ou soulagé. D’un côté, son cœur d’Elvhen s’en désolait, et il lui arrivait bien souvent de lever les yeux vers la jeune femme pour la contempler en silence, s’imaginant la serrer contre lui, embrassant ses lèvres pleines, respirant le parfum de ses cheveux... De l’autre, il se rappelait quels étaient son rang et sa charge, et sa raison d’Archiviste estimait que les choses étaient bien mieux ainsi. Ce qu’Aerin pensait de tout cela, il l’ignorait – et là encore, il se trouvait partagé entre la curiosité désespérée de l’amoureux transi et la résignation sage du chef de clan responsable.

Bien sûr, qui disait plus de monde dans le clan, disait aussi moins de possibilité d’isolement. Harand chérissait toujours autant sa liberté matinale, peut-être même encore plus qu’avant. Il se levait plus tôt que tout le monde – toujours, à son retour, il trouvait Admael levé, car le chasseur l’attendait pour aller relever ses collets. Profitant du sommeil de ses compagnons pour glaner quelques précieux moments de calme, Harand s’éloignait du groupe de tentes pour s’enfoncer dans les bois ou les prairies de roches. Ces instants de sérénité volés lui étaient indispensables pour conserver la tête froide durant toute la journée : les autres se reposaient sur lui, et il avait bien conscience de l’importance de sa tâche.
Le clan campait près d’une petite rivière qui serpentait entre les terres limoneuses de Val Forêt. Les Dalatiens avaient fait halte non au cœur d’un bosquet, car il n’y en avait pas à cet endroit, mais au pied d’un escarpement rocheux abrité du vent. Les hahls paissaient dans la plaine ; Elorill tenait à ce qu’ils soient étroitement surveillés, car le braconnage avait souvent cours dans ces régions, et plus encore depuis le début de l’Enclin.
Ce matin-là, Harand contourna la façade calcaire pour trouver un passage vers son sommet. Les pierres roulaient sous ses pieds nus et il devait s’aider de ses mains ; l’effort était plaisant. Quand il parvint au sommet, le soleil perçait tout juste à l’horizon oriental. L’Archiviste observa les subtils changement de couleurs du ciel : des indigos aux pourpres, puis à l’écarlate et à l’orangé, pour finir au jaune étincelant, et naquit ainsi l’astre du jour. Harand s’étira dans la lumière matinale. Dans ces moments-là, il se sentait capable de tout. Traverser Thédas du nord au sud, terrasser l’Archidémon, conquérir Aerin : tout lui semblait facile, accessible – puis il revenait à la raison et se rendait compte qu’il était bien minuscule face à tous ces exploits.
Le soleil brillerait haut dans le ciel, ce jour-là. Aucun nuage ne venait encore ternir la pureté du ciel frais. L’Archiviste envisagea un instant la possibilité de rentrer au campement ; il préféra descendre la douce déclivité qui s’inclinait de l’autre côté. La rivière contournait l’escarpement et circulait en étroits lacets vers l’ouest. Harand la suivit un moment. Fut-ce le chant de l’eau sur son lit de pierres qui détourna son attention, ou les simples errances de son esprit ? Toujours est-il qu’il ne remarqua que trop tard qu’il était en terrain découvert, et qu’il n’était pas le seul à marcher le long de la rivière. Il releva la tête quand les bruits de pas devinrent évidents. La surprise lui fit ouvrir des yeux ronds et il s’immobilisa, si étonné qu’il ne songea même pas à tendre la main pour prendre son bâton.

« Vous ? »


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Heren
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MessageSujet: Re: Si je te nommais "ami"... [Heren] Mer 30 Mar 2016 - 17:03

Si je te nommais "Ami"
          Harand et Heren




Heren avait quitté Val Forêt aux alentours de 4h du matin.
Les voyages, la nature... tout cela lui avait manqué. Le temps avait passé et les événements s'enchainaient de manière assez peu agréables. Certes, il avait une nouvelle élève, un moyen de calmer le rythme, mais trop de choses néfastes s'emmêlaient. Les troubles de Val Firmin avaient créé un monstre: une prêtresse chantriste devenue folle commençait à mettre, dans la tête des idiots un peu trop crédules, des idées nauséabondes sur les mages (dont il se fichait éperdument, même s'il admettait que juger quelqu'un par ses capacités et non à ce qu'il en fait, c'était aux limites du lamentable.) et les Elfes (et cela était bien plus grave, à ses yeux.). L'Enclin était en marche et se déversait sur Orlaïs. Des nobles se démenaient en complots contre l'Impératrice au lieu de se concentrer sur la priorité absolue: affronter l'Engeance.

Il observa l'aube se lever, un événement qu'il admirait depuis des années avec la même joie... depuis sa liberté.
L'aube, c'était le signe qu'il vivait toujours, que son passé ne l'avait pas encore rattrapé, pas encore vaincu. Chaque aube était le signe qu'un jour de plus s'était écoulé et qu'il était toujours debout. Lorsqu'on était un renégat de la Guilde des Corbeaux et qu'on vivait essentiellement d'assassinats, cela avait une valeur considérable, même si on n'y pense pas toujours.

Il avait rejoint une rivière et en profita pour s'offrir une toilette de chat.
-Ouh là! Elle n'est pas chaude! Fit-il en s'aspergeant le visage. C'est écrit, mon vieux Heren: tu as survécu aux Corbeaux, aux malfrats, aux Engeances, aux morts-vivants, aux abominations et même aux journées emplettes de Leena, mais tu mourras ici, congelé par une rivière glacée assassine.

Franchement, l'eau fraiche, ça réveille, mais ce n'est agréable qu'en été! Dit-il à voix haute en se rhabillant.

Il se remit en route, tenant son cheval par les rênes, optant un temps pour la marche à pied.
Il fouina dans l'une des sacoches et en extirpa la raison de son voyage à Val Forêt: l'épaulette de l'armure de sa disciple.
En Orlaïs, l'armurier Elfe de Val Forêt était le seul connu de Heren qui savait la réparer. Il se rappelait la première fois qu'il lui avait amené cette armure, il y a 13 ans. Elle était usée, le cuir avait durci et perdu toute sa souplesse et son efficacité, mais c'était une authentique armure de Chasseuse Dalatienne, une pièce introuvable dans les villes humaines et les bascloitres. Une rareté en cuir gravé de qualité, renforcée à l'Ecorce de Fer, un bois presque aussi solide que de l'acier, mais souple, par contre, pas évident à travailler.
L'armurier mit 2 ans à lui redonner sa splendeur et son efficacité perdus, enchanté de tenir entre ses mains un véritable trésor.
L'épaulette avait été brisée durant les combats de Val Firmin, mais elle avait joué son rôle: Leena ne perdit pas son bras gauche.

Mais cette armure avait failli causer un drame. Lorsque Heren rejoint finalement la ville, c'était pour trouver une Leena furieuse qui exigea qu'il lui révèle d'où il tenait cette armure. Lorsqu'elle avait ramené l'Archiviste Harand, 2 membres de son clan l'attendaient: une Soigneuse et un Chasseur. Celui-ci tiqua lorsqu'il vit l'armure et lui demanda où elle l'avait trouvé d'un ton qu'elle jugea peu agréable... chose suffisante pour la mettre en rogne.
Sans l'intervention d'Harand, ils en seraient probablement venus aux mains.
Heren lui avait toujours dit qu'il s'agissait d'artisanat dalatien, mais elle croyait qu'il s'agissait d'une de ces armures qu'on trouvait parfois, fabriquées par des armuriers nomades et échangées contre du matériel, mais ce n'était pas le cas, et le Chasseur l'avait de suite vu.
Ce fut la seule fois que Leena gifla Heren, lorsqu'il lui expliqua d'où cette armure venait vraiment, le traitant d'inconscient, avant de l'enlacer et lui demander pardon quand il lui expliqua le pourquoi de ce don et de cette cachoterie.

Heren sourit en regardant la pièce parfaitement rénovée sous toutes les coutures. Ca avait couté un sérieux prix, mais elle était comme neuve.
Il ne manquerait plus que la rattacher au plastron et l'armure serait de nouveau entière.

Perdu dans ses pensées, Heren ne se rendit pas compte que quelqu'un d'autre était là.

"Vous?"

Cette voix? Heren releva la tête, éberlué. De toutes les rencontres possibles dans ces forêts, il n'aurait pensé à celle-là.

-...Harand?

Heren était persuadé, en voyant s'éloigner sa disciple et l'Archiviste, près de Val Firmin, que c'était la première et la dernière fois qu'il le croisait, les Dalatiens étant très secret et suffisamment introuvables pour que beaucoup s'imaginent qu'ils ne sont que des légendes.
Un sourire radieux se dessina sur le visage du Maître d'Armes.

-J'ai peine à y croire! Comment allez-vous? Et votre clan? Ils s'en sont bien sorti?

_________________


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MessageSujet: Re: Si je te nommais "ami"... [Heren] Ven 1 Avr 2016 - 9:17

Si je te nommais « ami »...
Heren & Harand





Harand aurait aimé tendre la main vers le bâton qu’il portait sur son dos, mais il avait vu Heren se battre – l’Elvhen s’étonna de son acuité à se souvenir de son nom, alors même qu’il pensait l’avoir oublié. À Val Firmin, les deux hommes avaient combattu côte à côte les monstrueuses créatures issues des ruines elfiques. Le Shemlen était capable de tout – et sûrement de le tuer sans hésiter, s’il le menaçait d’une arme. La stupeur passée, l’Archiviste préféra reculer d’un pas, conservant ainsi une distance raisonnable avec le jeune homme, sans pour autant se montrer agressif.
Quel était le dessein des Faiseurs, pour lui donner ainsi l’occasion de croiser deux fois le même Shemlen en si peu de temps ? Leurs routes étaient-elles destinées à se rencontrer plusieurs fois ? Pourquoi ? À moins qu’il ne les eût suivis, nourrissant un plus noir projet… Peut-être celui de s’emparer de biens elfiques, comme la pièce d’armure qu’il tenait à la main ?
Sur ses gardes, partagé entre la surprise, la méfiance et, au fond, cette agaçante reconnaissance qu’il ne pouvait s’empêcher d’éprouver envers le Shemlen, Harand décida qu’il valait mieux répondre que tenter de fuir ou de combattre. Heren lui avait sauvé la vie une fois, en le mettant à l’abri des Templiers. S’il se refusait à lui faire confiance, l’Elvhen devait néanmoins reconnaître qu’il ne pouvait se montrer discourtois envers lui, et encore moins le menacer de sa magie.

« C’est… inattendu », lâcha-t-il finalement.

Heren souriait, comme si rencontrer inopinément l’Archiviste lui apportait un immense plaisir. Harand était loin de partager son enthousiasme – ses expériences avec les Shemlens n’avaient pas souvent été positives, et une seule ne pouvait compenser toutes les fois où il avait souffert à cause d’eux. Il l’observa cependant, pour s’apercevoir, un peu embarrassé, que le retrouver en bonne santé le soulageait presque.
Nerveux, Harand enfonça ses orteils dans l’herbe rase, ne sachant trop quelle attitude adopter face au jeune homme. Sa fierté dalatienne lui rappelait qu’il n’avait pas de compte à lui rendre, ni à se répandre en remerciements honteux. Après tout, Heren avait fait ce qu’il avait voulu : l’Archiviste ne lui avait en rien forcé la main, et s’il avait choisi de l’aider, c’était uniquement parce qu’il l’avait décidé lui-même. Mais au fond de lui, il devait bien admettre qu’il avait une dette envers lui, et il aurait été malvenu de se montrer glacial. Les effusions n’étaient cependant pas son fort, aussi se contenta-t-il d’un simple acquiescement, plutôt qu’un sourire chaleureux comme l’en gratifiait le Shemlen.

« Ça va, concéda-t-il après un instant de silence. Tout le monde va bien, par la grâce des Faiseurs. »

Puis, comme la bienséance l’exigeait, il poursuivit :

« Et vous ? Vous n’êtes pas avec votre… compagne ? »

Il ne savait pas trop quel genre de relation le Shemlen et l’Elvhen entretenaient. Harand avait bien essayé de prendre Leena à part, lorsqu’elle l’avait raccompagné au campement, mais il n’avait pu lui faire comprendre qu’elle aurait été bien mieux parmi les siens qu’avec un Shem. Leena avait l’air attachée à Heren – cela arrivait de plus en plus souvent chez les Elvhens des bascloîtres, en dépit de la désapprobation totale du Dalatien.
Harand jeta un coup d’œil en arrière. Il s’était trop éloigné du campement, mais pas depuis assez longtemps. Admael ne se mettrait à sa recherche que lorsque tout le monde serait levé. S’il appelait à l’aide, personne ne l’entendrait. En résumé, il était seul face à un humain et, curieusement, ce n’était pas la peur qui le pétrifiait, mais son incapacité à trouver quoi dire. Il n’était grand orateur que pour conter les vieilles histoires dalatiennes, pas pour les relations sociales.

« Je... suis surpris, de vous trouver ici. Je vous croyais encore au sud. »

Le souvenir de tout ce qui était arrivé alors lui revenait en mémoire : les morts-vivants, le temple enseveli, l’ignoble maître de tous ces monstres, la fuite éperdue vers la sortie pour échapper aux templiers, qui ne manqueraient pas cette occasion de mettre la main sur un mage elfe. Il savait que le temple avait fini par s’effondrer sur lui-même – combien de Shemlens avaient péri dans ce gouffre ? Tout ceci était de la vieille magie, les vestiges d’un temps révolu... Bien sûr, les Shems ne manqueraient sûrement pas cette occasion de rejeter la faute sur les Elvhens : une raison de plus de les opprimer, et de harceler un peu plus les mages. C’était vrai, au fond, les elfes étaient responsables de ce désastre, mais Harand aurait préféré mourir que de l’admettre.
Un peu agacé par ses propres pensées, Harand croisa les bras, comme pour ériger une barrière entre Heren et lui. Il s’était promis de rester courtois, mais, comme toujours, la colère qu’il éprouvait à l’encontre de cette race stupide se remit à bouillonner, comme une marmite tiède reposée sur le feu.

« Je présume que les vôtres ont été prompts à accuser la magie et les Elvhens de ce qui s’est passé à Val Firmin. La glorieuse Chantrie a-t-elle lancé une nouvelle Marche exaltée contre les clans dalatiens qui survivent encore à Thédas ? »

Ses paroles et son ton avaient été beaucoup plus cinglants qu’il ne l’aurait voulu. Décidément, il n’était vraiment pas doué avec les gens.


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MessageSujet: Re: Si je te nommais "ami"... [Heren] Dim 3 Avr 2016 - 18:46

Heren ressentait le malaise d'Harand. Cela l'attristait, même s'il en avait, d'un certain côté, l'habitude.
Il comprenait, tout de même: il ne serait, lui-même, plutôt nerveux s'il croisait Sohane ou d'autres Corbeaux, même si ceux-ci n'auraient, par un immense miracle, rien contre lui.
Néanmoins, il préféra ne pas montrer qu'il s'en rendait compte, afin de ne pas gêner plus l'Archiviste, et préféra opter pour une certaine légèreté.
Il eu des yeux comme des soucoupes quand l'Archiviste lui demanda des nouvelles de sa "compagne" et d'éventuels désirs de vengeance de la part des Humains sur les Elvhens.
Harand semblait éprouver une forme d'appréhension à la réaction des Hommes vis-à-vis des événements qui secouèrent Val Firmin... et le Maître d'Armes savait Ô combien il avait raison, dans une certaine mesure.

-Ma compagne? De qui...? Ah!
Il eu un rire rassuré, pas du tout moqueur, quand il compris de qui Harand parlait:
-Leena? Ce n'est pas ma compagne, c'est mon élève... ma Disciple, plus précisément, l'héritière de tout mon savoir.
Non, elle est à Montfort, en ce moment, mais nous devons nous rejoindre à Val Royeaux pour une affaire gravissime.
Désolé des soucis qu'elle a pu vous causer, d'ailleurs, et je vous remercie d'avoir calmé les choses entre elle et l'un de vos Chasseurs. Elle avait été secouée par ces nuits et avait les nerfs un peu trop à fleur de peau.
Elle voulait combattre à nouveau la deuxième nuit, mais je le lui avait interdit: elle était trop affaiblie et avait été grièvement blessée. Elle aurait été tuée inévitablement. Du coup, elle était frustrée, colérique et un peu trop prompte à le manifester.


Il montra l'épaulette:
-Je voyage beaucoup et j'avais besoin d'aller à Val Forêt pour faire réparer son armure. Le seul défaut des armures Dalatiennes est qu'il est difficile de trouver un artisan qui sache les réparer correctement hors des clans. Le seul que je connaisse est un armurier Elvhen qui se trouve là-bas. Tant pis pour la distance, il est hors de question que je confie cette armure à n'importe quel gougnafier qui l'aurait malmenée plus qu'autre chose.

En disant cela, il passa la main sur l'épaulette, comme s'il avait une forme de respect pour tout ce qu'elle était. Cette armure n'était pas une vulgaire armure, pour Heren: elle était tout ce qui lui restait de son passé.

-Enfin... Elle est de nouveau en parfait état... même si Filienthil fait payer cher ses services, on n'est jamais déçu par la qualité de son travail.
En tout cas, rassurez-vous pour une éventuelle Marche Exaltée: ce n'est pas à l'ordre du jour, bien qu'il difficile de savoir quoi attendre de gens qui vénèrent un Dieu qui n'a fait que tourner le dos à ses responsabilités et ses erreurs et qui s'amuse à punir tout le monde pour les méfaits de quelques-uns.


Il jugea tout de même nécessaire d'informer Harand de ce qu'il avait apprit à Verchiel.
-Par contre, une prêtresse devenue folle à Val Firmin s'est mise en tête d'attiser la haine envers Elfes et Mages. Elle dispense des prêches nauséabonds et tente de rallier des imbéciles crédules à sa cause en jouant sur la peur. Elle a fichu un désordre incroyable à Verchiel, certains étant poussés à une violence imbécile par sa faute, prêts à lapider et écorcher tout ce qui n'est ne serait-ce que soupçonné d'être mage.

Il rangea l'épaulette dans une des sacoches de son cheval et soupira, affecté par ses propres pensées: il redoutait que cette Mère Fidélia mette en danger Leena et les autres Elfes. Il ne pourrait pas rester les bras croisés, et il le savait.

-C'est l'une des raisons de mon voyage à Val Royeaux. J'espère pouvoir amener la Chantrie à l'arrêter.. ou, au minimum, à fermer les yeux sur le fait que quelqu'un, disons, de pas très chantriste, l'arrête.
Ca se voyait qu'il parlait de lui-même, en parlant de "pas très chantriste". En effet, Heren avait fait de cette vieille folle, une cible personnelle.

Il avait envie de demander à Harand ce qu'il faisait là, mais il s'abstint de le faire: déjà que l'Archiviste était peu rassuré d'être seul face à un Shemlen, il aurait été mauvais de se montrer trop curieux. Certaines questions devaient rester dans le domaine du "non-posé".

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MessageSujet: Re: Si je te nommais "ami"... [Heren] Mer 13 Avr 2016 - 10:38

Si je te nommais « ami »...
Heren & Harand





Il y avait là un contraste étonnant, entre le Shemlen si prompt à sourire, son visage avenant illuminé de joie, et l’Elvhen renfrogné, tendu comme un hahl sur le point de s’enfuir. Heren n’avait pas manifesté la moindre intention belliqueuse à son égard, mais Harand savait les Shems prompts au mensonge et à la fourberie.
Il n’eut pas besoin de demander quel type de « savoir » Heren enseignait à la jeune Leena : il imaginait très bien la jeune femme apprendre le maniement des lames à la manière de son maître. Où celui-ci avait-il reçu une telle formation, l’Archiviste l’ignorait. Il n’avait jamais vraiment fréquenté les Shems, et ce qu’il savait d’eux se limitait à sa vision obscurcie par la colère et la soif de vengeance. Il se rappelait bien l’épisode avec Admael : comme lui, le chasseur était prompt à juger les Hommes, ainsi que les Elvhens qui préféraient les suivre, plutôt que d’embrasser les anciennes traditions. Harand partageait la vision de son ami. Pourtant, il préférait user de paroles douces pour inviter les leurs à rejoindre le clan, plutôt que les fustiger comme Admael l’avait fait.

« Ce n’est rien, lâcha-t-il du bout des lèvres. Admael peut-être un peu trop vindicatif, parfois. »

Son regard intrigué se posa sur l’épaulette qu’exhibait Heren, et ses sourcils se froncèrent aussitôt. Ce n’était pas seulement un objet elfique : c’était une pièce dalatienne. Or, Leena ne l’était pas, et Heren encore moins. Comment avaient-ils obtenu une telle rareté ? À voir la façon dont l’homme la traitait, il manifestait un respect évident envers l’objet. Pourquoi ? Quel Dalatien avait bien pu céder une telle pièce à un étranger ?
Il ouvrit la bouche pour poser ces questions, mais déjà Heren poursuivait, insatiable, sur un ton identique à celui qu’il aurait pu employer pour parler à un vieil ami. Harand ignorait comment réagir à une telle manifestation de confiance. Ils ne s’étaient rencontrés qu’une seule fois auparavant. Certes, ils avaient combattu côte à côte et, certes, le Shemlen avait sauvé la vie du Dalatien, après lui avoir témoigné un respect qu’aucun des siens ne manifestait jamais. Pour autant, ils ignoraient tout l’un de l’autre, hormis leurs noms. Harand n’était déjà pas coutumier des manifestations d’affection envers les membres de son propre clan, alors envers un Shem…
Les nouvelles qu’apportaient Heren lui ôtèrent pour un temps ces questionnements de l’esprit, car elles laissaient présager des heures bien plus sombres que ce qu’il avait déjà vécu à Val Firmin. Bien sûr… Il fallait bien que quelqu’un profite de la situation pour accabler les Elvhens et les mages – et ce quelqu’un était, comme toujours, un représentant de la glorieuse Chantrie !
Harand s’apprêtait à prononcer quelques paroles cinglantes, mais l’air préoccupé d’Heren le fit se raviser. Le jeune homme avait bel et bien l’air de se soucier du sort des autres. Une fois encore, l’Archiviste ressentit un certain malaise quant à l’attitude à adopter. Il consentit à laisser tomber sa garde pour quelques instants et, d’un ton plus doux que celui dont il avait usé jusqu’à présent, demanda :

« Est-ce juste une illuminée isolée, ou présente-t-elle un réel danger ? Combien sont-ils à la suivre ? »

Une femme seule ne pourrait causer beaucoup de torts, mais si les « imbéciles crédules » s’avéraient nombreux, Elvhens et mages avaient du souci à se faire. Si l’on ajoutait cela à l’Enclin, voilà qui commençait à faire beaucoup.

« Vous pensez que la Chantrie vous écoutera ? Si c’est une prêtresse, elle doit agir avec leur approbation, non ? Ce qui veut dire qu’on va bientôt décréter Dalatiens et mages indésirables. Pour un peu, on nous reprocherait presque le nouvel Enclin. »

Il employait de nouveau ce ton acerbe qu’il avait chaque fois qu’il évoquait la folie des Shems à l’encontre des Elvhens. Agacé, mais conscient de s’emporter contre la mauvaise personne, Harand s’efforça d’expirer lentement pour reprendre le contrôle de ses émotions.
Il imaginait très bien de quelle façon Heren envisageait d’arrêter cette prêtresse, et il commençait à comprendre, ou du moins à esquisser l’idée, ce qu’il était. Sa maîtrise des armes était excellente : il avait dû recevoir une éducation stricte dans ce domaine. On l’avait formé à se battre, et s’il se sentait capable d’aller « arrêter » une prêtresse qui devait avoir une bonne garde, à présent, c’est qu’il ne doutait pas un instant de ses capacités. Mais était-il un assassin isolé, ou un membre d’une organisation plus importante ?
Curieusement, cette conclusion, bien loin d’effrayer Harand, le conduisit à se détendre un peu. Heren avait eu de nombreuses opportunités de le tuer, mais il ne l’avait pas fait – or, un assassin expérimenté n’aurait pas laissé passer sa chance. Personne ne l’avait donc engagé pour tuer un Archiviste dont personne n’avait à faire. Sauf peut-être quelques Shems qui auraient pu lui échapper, des années plus tôt, mais si aucun de ces criminels ne s’était encore manifesté jusqu’à maintenant, il commençait à croire les avoir tous éliminés alors.

« Vous parlez comme si vous n’étiez pas chantriste vous-même, remarqua-t-il, la voix enfin normale, dépourvue de toute acrimonie, mais d’une bonne dose de curiosité. Vous ne montrez qu’un respect limité envers ce ‘créateur’ qu’honorent les vôtres, et vous m’avez déjà nommé hahren, par le passé. Vous écumez les routes d’Orlaïs en compagnie d’une Elvhen dotée d’une armure dalatienne, alors qu’elle ne l’est pas, de toute évidence. »

Il marqua une pause, le temps de braquer son regard sur Heren, étudiant son visage, son allure, ses vêtements, à la recherche d’une explication logique à cela. Certains Shemlens manifestaient une certaine curiosité à l’égard des Elvhens, en particulier Dalatiens. Certains même se montraient amicaux, ou respectueux, ou juste avides de connaissances – que les Elvhens conservaient jalousement. Heren était-il un de ceux-là ?

« J’ai du mal à vous cerner. Qui êtes-vous ? »


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H A R A N D

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MessageSujet: Re: Si je te nommais "ami"... [Heren] Dim 17 Avr 2016 - 6:45

Heren eu un petit rire lorsque Harand demanda si la Chantrie l'écouterait. La réponse était évidente pour le tueur à gages.
Il comprenait que l'Archiviste s'inquiète d'une telle nouvelle, mais il était de son devoir de le prévenir, ne serait-ce pour qu'il évite les villes, surtout celles de Jader, ces temps-ci.
Aussi bizarre que cela pouvait paraitre, il se sentait vraiment l'envie d'en découdre avec cette Révérente-Mère et de la faire taire définitivement.

Il avait remarqué les changements d'attitudes chez l'Elfe. Il sentait la méfiance envers les Humains, logique, de la part d'un peuple injustement opprimé et qui faillit bien être détruit. Comment lui en vouloir? Néanmoins, Heren opta pour une attitude décontractée, préférant ne pas trahir ce qu'il avait vu, de crainte que cela mette Harand encore plus al à l'aise.

-La Chantrie? M'écouter? Vous n'y pensez pas! Je ne suis pas important, dans ce pays... un étranger, qui plus est. Par contre, je connais un Noble d'ici qui n'appréciera pas d'entendre les nouvelles que je lui apprendrai...
D'ailleurs, tant que j'y pense: il faudra que je lui fasse un compte-rendu de la situation dans une pièce fermée à clé, sinon je n'aurai pas fini qu'il sera déjà à la Cathédrale en train d'exiger de parler à une Haute Prêtresse. Il est parfois... extrêmement réactif.

Et je crois vraiment que cette Mère Fidélia agit sans aval. Si la Chantrie était derrière ça, les Révérentes-Mères des bourgs que j'ai traversé tiendraient le même genre de prêches, or ce n'est pas le cas... de plus, du peu que je connais de la Divine, ça irait à l'encontre de ses principes.
De fait, la Chantrie ne pourra pas rester les bras croisés, surtout que, hélas, elle gagne en influence sur les esprits faibles, apeurés et crédules. Je n'ai pas encore pu déterminer combien d'adeptes elle avait rallié, mais je pense que cela se chiffre en centaines... pour l'instant.
Et, ne vous en faites pas trop pour l'Enclin:


Il balayait l'air de sa main d'un geste désinvolte:
-Jamais ils ne laisseront accuser les Elvhen des Enclins... sinon, comment feraient-ils pour se plaindre et multiplier les actes de contrition pour le fait d'être abandonnés par le Créateur si ce sont les Elfes les responsables?... En plus, comment justifieront-elles que leur Créateur continue à leur tourner le dos?

Il disait tout cela d'un ton léger derrière lequel se cachait une pointe de sérieux. L'affaire était tout de même grave et il ne la prenait pas à la légère.
Quand Harand lui demanda qui il était, Heren devait bien admettre que les circonstances pouvaient générer de telles questions.
Cette question, il aurait voulu ne pas l'entendre.
Néanmoins, il plaisanta:
-Vous n'arrivez pas à me cerner? C'est normal, vous êtes seul. Pour cerner quelqu'un, être à plusieurs est plus efficace.

Il rigola de cette blague idiote.
-Bon, j'admet, elle est nulle, celle-là. Si Leena m'avait entendu, elle m'aurait vivement conseillé d'aller me pendre, juste histoire de lui préserver son cerveau. Ah! La jeunesse. Aucun respect pour ses professeurs! Le monde part à vau-l'eau, je vous le dis.

Il s'assit sur la berge. Que répondre? Comment réagirait le Hahren s'il savait la vérité? Ce genre de choses avait tendance à générer le mépris. Pourtant, Heren n'avait pas envie de cacher celle-ci. Tant d'années passées à se cacher... trop.
Leena avait changé les choses, sur ce point. L'amenant à se détacher, à ne plus prendre les choses tant à cœur.
Pourtant, il n'arrivait pas à comprendre pourquoi, là, à l'instant, ça semblait compliqué.

-Qui suis-je?
Son regard se tourna vers l'Archiviste.
-Juste un gars qui s'assume. Juste quelqu'un qui se renierait s'il se mettait à prendre de haut les Elfes et à considérer qu'ils peuvent s'estimer heureux qu'on les épargne.
Vous souvenez-vous de vos parents, Harand? Je n'ai pas cette chance.
Mes parents sont morts quand j'avais 4 ans pour tenter de me protéger d'esclavagistes. Esclave j'ai été, esclave je ne suis plus.
Lorsque je me suis libéré, 10 ans plus tard, un Garde des Ombres qui les connaissait me reconnu.


Il eu un petit rire
-Il faut dire que j'avais un physique assez caractéristique: trop petit et trop mince pour un Humain, mes cheveux, mes yeux... aucune erreur possible! Voilà: j'ai appris à connaitre ma famille que grâce aux souvenirs d'un autre.

Quand j'ai retrouvé la maison où je suis né, à quelques kilomètres au sud de Hautecime, la maison où ils sont morts, je croyais encore qu'il s'était trompé, qu'il m'avait confondu avec quelqu'un d'autre, tant l'histoire qu'il me raconta me semblait improbable... mais quelque chose s'est déclenché: un souvenir oublié. Ça ressemblait presque à de l'instinct, à quelque chose d'inconscient. Je savais qu'il y avait une cache. Personne n'aurait pu la trouver s'il ne la connaissait pas... et je savais où elle était, ce qu'elle contenait... usée, dure comme du bois, mais bien présente.


Il regarda fixement la rivière, prenant une profonde inspiration, comme cherchant dans l'air le courage de continuer
-L'armure de ma mère.
Il tourna à nouveau ses yeux sombres vers Harand
-L'armure que porte Leena, c'est l'armure de ma mère. Je suis le fils d'un éclaireur Humain et d'une Chasseuse Dalatienne.

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MessageSujet: Re: Si je te nommais "ami"... [Heren] Jeu 27 Oct 2016 - 10:07

Si je te nommais « ami »...
Heren & Harand





Quelle attitude adopter ? Devait-il baisser sa garde ou au contraire se méfier plus que jamais ? Harand hésitait – et il détestait l’indécision, bien qu’elle fût l’un de ses plus grands défauts. Une part de lui ne songeait qu’à la fuite. Retrouver la sécurité du clan, s’assurer que tout le monde allait bien, ordonner le départ. En dépit des années, il continuait à craindre un nouveau raid sur les Varalasan. Il s’était relevé une fois mais n’aurait pu supporter une seconde attaque. Encore moins maintenant qu’il y avait Aerin… Une autre part de lui, néanmoins, se révélait avide de ce contact. Harand n’avait jamais fait confiance aux Shemlens ; pourtant, quelque chose le poussait en direction d’Heren, une inclinaison naturelle à lui accorder du crédit, quand tous les autres Shemlens n’étaient que mensonges et dangers.
L’Archiviste finit par décider qu’il pouvait bien rester encore un moment. Il avait déjà tué des Shems et pourrait recommencer, si besoin était. L’avantage de la magie, c’est qu’on avait pas besoin de dégainer pour y avoir recours. Il suffisait de tendre la main. Qu’Heren se montre agressif, ou simplement menaçant, et l’Elvhen se défendrait aussitôt. Cependant, son compagnon se montrait loquace tandis qu’il évoquait, presque désinvolte, les ravages que cette chantriste semaient sur son sillage.
Heren avait raison : personne à Val Royeaux n’écouteraient ni un mercenaire itinérant ni un Dalatien détestant les Shems. Un noble, peut-être, si celui-ci avait suffisamment d’influence pour approcher la Divine. Quant à savoir ce qui se tramait exactement, tant que les Elvhens n’étaient pas inquiétés, Harand ne s’en préoccupait pas.

Croisant les bras, il descendit vers la rivière et plongea ses pieds nus dans l’eau froide. Le clapotis de l’onde l’intéressa un instant, mais il prêtait toujours l’oreille aux paroles du Shemlen. La tirade d’Heren faillit même lui arracher un sourire ; il leva son regard vers lui, mi-amusé mi-intrigué, et de nouveau les questions l’assaillirent. Qui donc était cet homme qui se moquait ouvertement des préceptes de la Chantrie et des personnes qui vouaient leur vie au Créateur ? Lui-même n’était-il pas Andrastien, comme les autres ?

« Oh, pour ça, ils peuvent continuer à accuser Tevinter, lâcha-t-il du bout des lèvres. Pour ce qui est du pardon du Créateur, ils viendront réclamer que les Dalatiens se convertissent avant que l’Archidémon ne ravage tout sur son passage. »

Il haussa les épaules, agacé à cette idée. Il avait beau être habitué aux reproches de la Chantrie et ne pas avoir vécu la Marche Exaltée contre la Dalatie, il n’en demeurait pas moins mortifié chaque fois qu’il y pensait, chaque fois qu’il se rappelait qu’il suffisait d’un mot d’une Shemlen pour que l’horreur recommence.
Mais son intérêt pour Heren finit par chasser ses inquiétudes pour les Elvhens, et il reporta toute son attention sur l’homme qui se tenait près de lui. Le Shemlen prit le parti de rire, mais son ton badin peinait à dissimuler un autre sentiment. De la gêne ? De l’embarras ? De l’inconfort ? De quoi s’agissait-il ? Harand vrilla son regard sur lui, cherchant à percer le mystère qui l’entourait et qui, contre toute attente, titillait son intérêt. Les plaisanteries du Shemlen glissèrent sur lui comme l’eau sur les pierres plates de son lit – l’humour n’avait jamais été la qualité première de l’Archiviste, surtout pas en présence d’un étranger au clan. Il savait, cependant, qu’Heren cherchait à détourner la conversation, ou au moins à dissimuler ce qui le troublait dans cette question.
Le Shemlen s’assit au bord de l’eau, l’embarras se peignant sur ses traits délicats. Harand hésita un instant, mais finit par s’accroupir non loin de lui. À bien y réfléchir, c’était peut-être la première fois de sa vie qu’il se tenait si proche d’un Shemlen sans manifester sa méfiance – il aurait même été plus honnête d’avouer qu’il ne parvenait pas à en ressentir auprès de lui.

« Qui suis-je? »

Leurs regards se croisèrent. Harand opta pour un silence mesuré, mais non par prudence ou par défiance. Heren semblait avoir besoin de patience et d’écoute et, étrangement, l’Archiviste avait envie de les lui apporter.

« Il faut dire que j’avais un physique assez caractéristique : trop petit et trop mince pour un Humain, mes cheveux, mes yeux... »

Harand n’eut pas besoin d’entendre la suite. À ces mots, tout à coup, le voile qui semblait les séparer venait de se dissiper et la vérité lui sautait aux yeux. Bien sûr ! Comment avait-il pu demeurer aveugle aussi longtemps ? Il lui semblait voir clairement Heren, à présent, et ce n’était pas un Shemlen qu’il voyait, pas plus qu’un Elvhen.
Harand avait toujours désapprouvé cela. Comment des Dalatiens pouvaient-ils succomber aux rets de Shemlens, ces mêmes Shemlens qui avaient massacré leur peuple, anéanti leurs croyances, ravagé leurs terres ? Comment pouvaient-ils pardonner, alors que leurs exactions se poursuivaient encore maintenant ? Des images de corps mutilés et de vies brisées lui revenaient en mémoire chaque fois qu’il envisageait l’oubli – pas le pardon, l’oubli – et sa colère et sa soif de justice reprenaient le dessus. Combien de démons avait-il déjà dû repousser dans l’Après ? Chaque nuit, ils lui proposaient d’étancher sa soif de vengeance, et chaque nuit, il devait repousser leurs assauts. Une lutte épuisante contre lui-même…

« Je suis le fils d’un éclaireur Humain et d’une chasseuse Dalatienne », conclut Heren, qui le regardait à présent dans les yeux.

Harand l’observa un moment. Autrefois, avec n’importe quel autre, il aurait craché son mépris au visage de cette aberration. Face à Heren, quelque chose le retenait – cette même chose qui l’avait empêché de tourner les talons tout à l’heure, celle-là encore qui l’avait poussé à lui faire confiance à Val Firmin. Heren n’était pas un Elvhen, pas tout à fait… mais à demi tout de même.

« Je comprends mieux certaines choses », finit-il par dire.

Pas le choix de cette chasseuse – par ailleurs, avait-elle réellement eu le choix ? Cette idée lui fit serrer les poings, mais il s’efforça de la reléguer au fond de son esprit. Il sélectionna ses prochains mots avec soin et parla sans animosité, en dépit de la triste réalité de son constat :

« Je n’envie pas votre situation. Ni véritablement Shemlen, encore moins Elvhen, tiraillé entre ceux parmi lesquels vous vivez et ceux dont vous aimeriez sans doute apprendre plus, bien qu’ils vous le refuseront… Vivre ainsi, partagé entre deux origines si distinctes, si incompatibles, cela doit être pénible. »

Harand détourna les yeux et, toujours accroupi près d’Heren, suivit du regard la course d’un petit poisson argenté dans l’eau. Un soupir quitta ses lèvres. Le demi-sang s’interrogeait probablement, attendait sans doute une réaction de sa part, mais il hésitait. L’indécision, toujours. L’incapacité à faire le tri entre ses certitudes si bien ancrées en lui et les sentiments qu’il éprouvait pourtant, comme il le vivait déjà avec sa Première.

« Vous m’avez témoigné du respect et vous m’avez sauvé à Val Firmin. Rien ne vous y obligeait. Je… Je ne peux pas vous considérer comme un Elvhen, mais… » L’indécision, toujours. Harand tourna la tête vers Heren, plissa les paupières. Et son cœur, que disait-il ? « … je ne peux pas non plus vous considérer comme un Shemlen. Si je ne puis vous voir ni comme l’un, ni comme l’autre, peut-être devrais-je simplement vous regarder comme ce que vous êtes. Quelqu’un de bien. »

Le pas était franchi. Un pas immense, pour Harand.


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Si je te nommais "ami"... [Heren]

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