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 Confidences ~ feat. Paiven

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Harand
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MessageSujet: Confidences ~ feat. Paiven Jeu 3 Sep 2015 - 21:42

Confidences
Harand & Paiven


✥ Date, mois, année Wintermarch, 5:12 des Exaltés
✥ Lieu Sur les rives du lac Celestine, entre Val Firmin et Val Forêt
✥ Moment de la journée Matin, très tôt
✥ Autre Le lendemain de la veillée des Varalasan


Le matin était le moment qu’Harand préférait. Tout était si calme, si paisible. Dans le froid de l’aube, les hahls étiraient leurs longues pattes blanches, d’autres se désaltéraient au lac. À l’est, le ciel embrasé promettait une belle journée printanière. Tout était calme. Les oiseaux se taisaient encore, comme si l’absence de lumière franche les incitait à garder le silence pour le moment. Quelqu’un avait jeté des morceaux de bois secs dans le feu. Les flammes s’élevaient en crépitant vers le ciel dépourvu de nuages.
Harand quitta sa tente et s’étira longuement. Cette nuit lui avait paru encore plus reposante que les jours qu’il avait passés à dormir, après sa fuite de Val Firmin. Sans doute parce qu’il s’était senti bien plus en sécurité ici, à des lieues de cette ville maudite, des Shemlens et des templiers. Instinctivement, son regard se porta sur la tente d’Aerin. Il n’avait plus à craindre pour elle, maintenant. Le clan repartait vers le nord. Bientôt, il quitterait les terres de Val Firmin pour rejoindre celles de Val Royeaux, puis iraient au gré de leur envie. Peut-être vers le Névarra – cela faisait longtemps.
Mais pour le moment, l’Archiviste n’avait qu’à savourer les prémices du printemps, et surtout ce doux matin auprès des siens. Sans bruit, ses pieds nus frémissant sous la caresse des brins d’herbe couverts de rosée, il se dirigea jusqu’au lac où il avait plongé la veille. Il se pencha au bord de l’eau pour y enfoncer les deux mains. Le souvenir d’Aerin, frissonnante et souriante dans l’eau glacée, amena un sourire sur ses lèvres. Il ne s’était pas amusé ainsi depuis bien des années. Cela lui avait fait un bien fou. Se sentir vivant, jeune… amoureux. Cette seule pensée lui fit monter le feu aux joues, malgré l’évidence de ce qu’il éprouvait. Il lui semblait que la dernière fois qu’il avait ressenti cela appartenait à une autre vie. Il n’était pas le même, alors. Ses sentiments étaient ceux d’un enfant qui ignorait tout de ces choses, qui n’avait encore rien vu du monde. Il avait aimé Mihren avec ce cœur innocent, épargné par la souffrance. Aujourd’hui, il aimait Aerin, avec un cœur meurtri, mais des sentiments pas moins réels. Il y avait quelque chose de rassurant à le constater, et d’apaisant à l’accepter.
Hélas, Harand n’avait jamais été doué pour ces choses, ni autrefois, ni maintenant. La seule idée d’évoquer ses sentiments, en particulier à la principale concernée, le tétanisait par avance. Et si Aerin n’éprouvait pas la même chose ? Et si ses regards, ses sourires, le doux timbre dont elle usait en lui parlant, n’étaient rien de plus que des manifestations d’amitié ou, pire, de respect ? S’il s’ouvrait à elle et qu’elle le rejetait ? Il avait beau avoir été uni une fois, il se sentait aussi ignorant et terrorisé qu’un adolescent. À cette époque, c’était Mihren qui avait fait le premier pas – elle n’hésitait jamais, quand elle voulait quelque chose. Tout avait été beaucoup plus simple. Cette fois, il savait qu’il n’en serait pas de même. Il ne le désirait pas, d’ailleurs. Mais comment faire pour surmonter sa nature réservée et, avouons-le franchement, honteusement timide ?
Un bruissement non loin de lui le fit tourner la tête, et le visage souriant de Paiven lui apparut, portant encore les stigmates de la nuit dont il s’éveillait à peine. Paiven, lui, ne redoutait pas d’aborder les femmes. Il avait beau être plus jeune qu’Harand, certaines choses n’avaient rien à voir avec l’âge. Son assurance en la matière le distinguait de beaucoup de son Archiviste. Harand pinça les lèvres. On ne pouvait pas reprocher à Paiven un quelconque manque de succès auprès de la gent féminine. Il lui suffisait d’un sourire, d’un mot, et elles se pâmaient à ses pieds – combien de fois était-il rentré au petit matin d’une excursion dans un village ? La science consommée avec laquelle l’intendant des Varalasan séduisait laissait Harand rêveur. S’il avait osé...

« Bonjour, Paiven, lança l’Archiviste avec un sourire peu naturel, comme si son ami avait pu lire dans ses pensées. Bien dormi ? »

Il baissa la tête et s’aspergea le visage d’eau froide. Il ne pouvait décemment pas demander à Paiven comment s’y prendre avec les femmes : il en serait mort de honte avant même d’avoir terminé sa phrase. Pourtant... le jeune homme lui en aurait-il tenu rigueur ? Sans doute pas.
Il jeta un coup d’œil par-dessus son épaule. Dans le camp, tout était calme. La tente d’Aerin restait parfaitement close et immobile.

« C’était une belle soirée, hier, dit-il, pleinement sincère cette fois. Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas veillé ainsi. Enfin... j’ai eu l’impression que ça faisait longtemps. »

Il s’essuya le visage dans le linge qu’il avait apporté, profitant de l’occasion pour dissimuler la couleur carmin qu’avaient prise ses joues. Son cœur battait à tout rompre alors qu’il n’avait encore rien demandé. Paiven devait se demander pourquoi il était si nerveux, pourquoi il avait rougi comme une voile d’aravel – un autre se serait peut-être même mépris sur son attitude. Harand poussa un long soupir dans le tissu. Il ne pouvait pas, c’était au-dessus de ses forces. Paiven avait beau être son ami, il était incapable de s’ouvrir à lui, incapable de lui confier ce qui lui rongeait pourtant le cœur. Ce qui, sans doute, s’étalait sur son visage aussi clairement que des mots sur un morceau de parchemin.

« Tout le monde s’est amusé, poursuivit-il pour s’éloigner du sujet de conversation qu’il refusait d’aborder. Ça m’a fait du bien, après... après Val Firmin. »

Après avoir failli tous les perdre. Après avoir failli ne plus jamais la revoir.

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Dernière édition par Harand le Ven 4 Sep 2015 - 12:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Confidences ~ feat. Paiven Ven 4 Sep 2015 - 1:31

Confidences
Harand & Paiven


Voilà, je savais que c'était pas une bonne idée de se baigner dans l'eau à moitié congelée d'un lac pendant la nuit. J'aurai du être plus malin que tout le monde et rester sur la berge, comme je l'avais prévu à la base. Mais il a fallu qu'Elorill décide d'y aller et en plus de me proposer de la suivre. J'ai une résistance psychologique à toute épreuve, mais il faut pas pousser le bouchon trop loin non plus : je ne suis qu'un elfe. Un elfe particulièrement sensible aux attributs féminin. Et surtout à ceux d'Elorill ces derniers temps.
En tout cas je paie bien mon petit bain de minuit : toute la nuit j'ai mal dormi, je n'ai pas arrêté une minute de me tourner et me retourner dans ma tente sans parvenir à réellement trouver le sommeil et en plus maintenant j'ai la gorge qui pique. J'espère que je n'aurai pas la voix éraillée, j'ai remarqué que ça engageait beaucoup moins le client à acheter lors des négociations lorsque je partais soudainement dans les aigus sans prévenir. Allongé dans ma tente, je me redresse et me racle la gorge en faisant des essaies :

« Un deux... Un deux... »

Bon, ça a l'air d'aller, je suis rassuré. Mais maintenant je suis totalement réveillé et je n'ai pas spécialement envie de me rendormir. L'espace de quelques minutes, j'hésite quand même à sortir : je suis près à parier que personne ne sera réveillé à une heure pareille (il est vraiment tôt vu la luminosité qui filtre dans ma tente)  et je n'aime pas spécialement attendre tout seul que le reste du clan s'éveille. Mais j'ai la gorge sèche et très très soif. Cruel dilemme. Finalement, avec un soupir, je décide de me lever et sors de mon abris pour me jeter sur la gourde qui se trouve à côté de son entrée (c'est pour que l'eau soit bien fraîche, je déteste quand elle est à température ambiante). Une fois désaltéré, je me masse un peu l'épaule droite, celle sur laquelle j'ai porté Elorill pendant un bon moment hier soir, et m'apprête à aller m'installer près du feu de camps pour tailler un petit bout de bois en attendant que les autres se réveillent puisque de toute façon, je n'ai que ça à faire. Mais en observant un peu les alentours, je distingue une silhouette près du lac. Je fronce les sourcils et m'approche un peu pour finir par reconnaître Harand. Je souris et me dirige vers lui : finalement ma matinée ne sera pas aussi solitaire que ce que je craignais !
Lorsque je me retrouve enfin à côté de lui et que mon Archiviste se tourne vers moi, je lui adresse un large sourire mais ne peux m'empêcher de remarquer que quelque chose cloche. Je serai incapable pour le moment de dire quoi mais il a l'air bizarre. Très bizarre. Je fronce vaguement les sourcils un peu surpris et encore plus lorsque je l'entends me dire bonjour. Oui, là plus de doute, quelque chose cloche. Est ce que j'ai dit ou fait quelque chose qui l'a froissé hier soir ? Je n'ai pas l'impression là comme ça mais peut être que quelque chose m'a échappé... Néanmoins, je lui réponds, un peu sur la défensive :

« On ne peut pas vraiment dire que j'ai bien dormi mais ça va... »

Harand se penche et se passe un peu d'eau sur le visage pendant que je l'observe d'un air suspicieux. Il me cache quelque chose et je suis sûr que ce n'est pas par rapport à une chose que j'ai dite hier soir car je suis désormais convaincu de n'avoir fait aucune remarque désobligeante. Sauf si mon histoire ne lui a vraiment pas plu mais je vois difficilement Harand m'en vouloir juste parce que j'ai conté quelque chose de nul. Ce dernier poursuit d'ailleurs en me parlant de la soirée d'hier mais je n'ai pas loupé le petit regard qu'il a lancé en direction du camp. Et encore moins la teinte rouge tomate qui s'étale sur ses joues. Pincez moi je rêve : Harand qui rougit ? Devant moi ? Alors là, c'est vraiment, vraiment suspect ! Et puis il a l'air... je sais pas nerveux, comme si.. comme si...
Et là, c'est bon, je comprends. Un sourire espiègle s'étale sur mon visage mais Harand ne le voit pas, trop occupé qu'il est à essayer de cacher son trouble. J'ai trouvé quel était le problème. Et comme trop souvent dans le monde, ce qui chamboule le cœur de mon ami n'est autre qu'une femme. A mon tour je jette un coup d’œil en direction du camp pour m'assurer que personne d'autre n'est debout mais la voie est libre. Je pense que c'est le moment idéal de tirer un peu les vers du nez de l'Archiviste et de lui donner un petit coup de pouce.
Quand il évoque le fait que tout le monde s'est bien amusé hier soir, je retiens un gloussement et lui réponds l'air de rien :

« Oui tu as raison, je pense que ça a fait du bien à tout le monde après les derniers événements. D'ailleurs je ne sais pas si tu l'as remarqué, mais Aerin n'a pas arrêté de rire. »

Je jette un regard en coin à mon ami et souris. Évidemment qu'il l'a remarqué, il ne l'a pas quitté des yeux une seule fois de toute la soirée. Mais je sais que Harand n'est pas aussi à l'aise que je le suis lorsqu'il faut parler sentiment. Alors je ne le bouscule pas trop, je décide de lui laisser le temps de se confier à moi.
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MessageSujet: Re: Confidences ~ feat. Paiven Ven 4 Sep 2015 - 16:07

Confidences
Paiven & Harand



Paiven ne semblait pas au mieux de sa forme, non. À l’évidence, son espièglerie de la veille lui avait coûté une nuit de tranquillité, et peut-être même une toux et un rhume dans les jours à venir. Harand sourit distraitement. Voir ses compagnons rire et s’amuser lui avait fait un bien fou. Durant une soirée, il n’avait d’ailleurs pas été leur Archiviste, mais leur ami, leur frère, et il s’était senti normal. C’était agréable, de n’être ni le chef, ni un mage. Juste un simple Elvhen parmi d’autres.
La remarque de Paiven atteignit son but : Harand rougit de plus belle. Embarrassé, il se pencha à nouveau vers l’onde glacée et s’aspergea le front et les joues, se dérobant encore une fois à la vue de son ami. Le jeune elfe était bien perspicace – ou bien c’était lui qu’on lisait sans la moindre difficulté. Il chercha quelque chose à répondre, espéra trouver un timbre neutre ou naturel, mais les mots se dérobèrent sur sa langue. Comme il ne pouvait pas prétendre se laver le visage durant toute la matinée, et que l’eau était bien trop froide pour s’y tremper plus que de raison, l’Archiviste tenta de dévier la conversation sur un tout autre sujet que sa relation avec sa Première :

« Nous avons tous beaucoup ri. Sauf peut-être Panoriel… Mais Elorill aussi m’a paru très heureuse. À ce propos, j’ai cru remarquer que tu semblais très proche d’elle, hier soir. »

Un coup bas, il le savait, mais il préférait attirer l’attention de son ami ailleurs. En écartant Aerin de leur conversation, il s’évitait la honte de confier sa propre incapacité à réagir comme il le fallait avec la jeune Elvhen. Un bon conseil, pourtant, lui aurait sans doute été utile. Paiven avait une capacité naturelle pour séduire, et aussi pour comprendre la psychologie féminine à la perfection. Il aurait pu lever les doutes qui avaient assailli Harand ce soir-là. Pourquoi Aerin se comportait-elle de cette façon avec lui ? Etait-ce, comme elle l’avait dit, parce qu’elle se comportait toujours ainsi avec ses amis ? Ou fallait-il y voir quelque chose de plus, l’expression de sentiments plus profonds ?
L’estomac d’Harand parut plonger au fond de son abdomen tandis que ces pensées se formaient dans son esprit. L’Archiviste s’efforça de n’en rien laisser paraître, mais il esquiva soigneusement le regard de son ami.
Si Elorill et Paiven se rapprochaient, tant mieux pour eux. Harand savait comment célébrer les unions entre Dalatiens ; si les choses en arrivaient là un jour, il serait plus qu’heureux de s’adonner à autre chose qu’aux rites funéraires, pour changer. Il faudrait songer à enseigner les rites à Aerin, aussi. Nouvelle plongée de ses entrailles. Harand leva les yeux vers le ciel limpide. Par les Faiseurs, pourquoi était-il aussi ridicule ?

« Ça ne me concerne pas, dit-il pour adoucir l’abrupteté avec laquelle il avait répondu à son ami. Néanmoins, si vous vous étiez rapprochés à mon insu, j’en serais très heureux pour vous. »

Voilà qui était tout de même plus poli – peut-être un peu formel, mais il avait toujours du mal à agir spontanément. Tout le problème résidait là, en réalité : il n’était pas assez spontané. Il réfléchissait, beaucoup, trop, toujours : le regard des autres, les sentiments, réciproques ou non, l’opportunité du lieu, du moment, quels mots prononcer, quels gestes esquisser, quelle limite franchir, laquelle respecter…
Une autre question le taraudait, presque plus importante que tout le reste. Il était l’Archiviste. Aerin était sa Première. Leurs rangs auraient dû suffire à le ramener à la raison : l’instructeur ne pouvait être l’amant. Harand s’essuya de nouveau le visage, lentement, le regard fixé sur l’eau immobile à leurs pieds. De son vivant, Nesiara n’aurait jamais accepté cela. D’ailleurs, son unique apprenti ne l’avait jamais vue avec le moindre Dalatien – hormis peut-être avec Taecen, mais Harand n’avait jamais été certain de la réalité de leur relation. Quoi qu’il en soit, Aerin était sa Première. Il n’était pas censé abuser de sa position pour la séduire. Mais elle l’avait séduit aussi. Cela pouvait-il jouer en sa faveur ?
Il poussa un profond soupir et se redressa enfin. Paiven semblait attendre qu’il se confie, et Harand en avait besoin. Après tout, l’intendant du clan était son ami. D’Elvhen à Elvhen, peut-être pourrait-il, comme la veille, oublier un instant son rang pour devenir un elfe comme tous les autres. Mais celui qu’il était peinait à formuler ce qu’il avait sur le coeur. La tristesse, la joie, la colère – faux : fort curieusement, la colère réussissait très bien à s’exprimer – et, bien sûr, l’amour. Il tourna le regard vers Paiven et perçut le sourire qui avait fleuri sur les lèvres de son ami. En plus d’être charmant avec les femmes, il fallait aussi qu’il fût perspicace : il savait parfaitement ce qui tourmentait l’Archiviste.
Une seconde, Harand songea à tourner les talons et à disparaître de l’autre côté du campement, mais quelque chose le retint là, quelque chose de bien plus fort que sa gêne ou sa timidité.

« D’accord, d’accord, concéda-t-il tout à coup. Je suis… »

Les mots refusèrent de sortir. Il serra les poings sur son linge humide. Des gouttes tombèrent dans l’eau froide du lac, provoquant de faibles remous qui moururent rapidement.

« Je n’ai jamais su parler de ces choses-là, grommela-t-il, agacé par son propre embarras. Enfin… je l’aime. Aerin, s’empressa-t-il d’ajouter, pour éviter la confusion avec Elorill. Mais jamais je ne saurai le lui dire. Jamais je ne réussirai à lui montrer. Et je n’ai pas la moindre idée de ce qu’elle ressent, elle. Elle fait toujours ces choses, comme hier, comme si c’était tout naturel mais je ne sais pas du tout ce qu’elle attend de moi. Et ça me terrifie de lui en parler. Je ne pourrai jamais… Je ne sais pas… Par les Faiseurs, qu’est-ce que je suis censé faire ? »

Il avait tout sorti d’un coup, et il se sentit stupide et ridicule quand les mots se tarirent. L’envie de prendre ses jambes à son cou le saisit, mais il demeura immobile, son regard fuyant celui du jeune Elvhen. Paiven n’allait quand même pas se moquer d’un ami, si ?


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MessageSujet: Re: Confidences ~ feat. Paiven Jeu 22 Oct 2015 - 1:49

Confidences
Harand & Paiven


J'ai toujours eu le contact facile avec tout le monde. Les personnes qui ne peuvent pas me voir en peinture se comptent probablement sur les doigts de la mains (et en général si on ne m'aime pas, c'est parce qu'on n'aime pas ma sœur, c'est elle la championne pour se faire des ennemis dans la famille) et quand je vivais au bas cloître, les gens venaient régulièrement se confier à moi sur des choses que je n'avais d'ailleurs pas spécialement envie d'entendre la plupart du temps. Mais voilà, c'est comme ça, je sais écouter les gens et en général, je ne donne pas des conseils trop mauvais (ou du moins personne ne s'en est jamais plaint). Et c'est tant mieux parce que j'adore quand on me demande mon avis. Je pense que ça va avec le travail de commerçant d'aimer les ragots et la ramener même pour les affaires qui ne nous concernent absolument pas.
Quoiqu'il en soit, là tout de suite je meurs d'envie d'entendre Harand se confier à moi. Pas pour le plaisir du ragot cette fois mais parce que d'une part je sais que ça lui fera du bien de vider un peu son sac – tout archiviste qu'il soit, lui aussi a le droit d'avoir une oreille prête à l'écouter quand il a des problèmes et je suis tout disposer à l'aider à résoudre les siens, surtout si ils sont de cœur – mais surtout parce que c'est mon ami et que je veux l'aider. Être amoureux ça ne fait pas de cadeaux, c'est difficile sur tous les plans. Je ne l'ai jamais vraiment été (enfin si, peut être une fois mais je n'étais qu'un adolescent à l'époque, c'était juste une amourette sans importance) mais j'ai raconté et entendu suffisamment d'histoires dessus pour savoir qu'il n'est pas chose aisée d'aimer. Huuum tiens, je suis poète le matin maintenant.
Je ne m'attendais pas à ce qu'il me déballe tout directement mais j'avoue quand même que sa tentative d'esquive a le mérite de me surprendre. J'en rirais presque en faite : parler de Panoriel et Elorill pour essayer de me déstabiliser franchement, il a pas trouvé mieux ? Le problème avec moi, c'est que je ne me laisse pas facilement impressionner, d'autant plus quand on est sur mon domaine d'expertise.Et les femmes, définitivement, c'est MON domaine d'expertise. Je lâche un petit rire amusé et lui réponds en ramassant un cailloux plat par terre :

« Ho tu sais, pour décrocher un sourire à Panoriel je crois qu'il faudrait y aller au couteau, histoire de lui en tailler un. Quoique même comme ça je suis sûr qu'elle serait encore capable de tirer la tronche. Ma sœur est vraiment une personne pleine de talents tu sais ! Celui pourrir l'ambiance avec sa tête de cochon en fait partie. Enfin... je suppose que c'est ce qui fait son charme ? »

Je hausse les épaules et fais sauter deux-trois fois la pierre plate dans ma main. Puis je me mets en position et la lance de façon à faire des ricochets sur l'eau calme du lac. Seulement, je ne sais pas faire de ricochets. Alors la pierre, avec un PLOUF ! plutôt pathétique s'enfonce dans l'eau sans me faire le plaisir de rebondir. La traîtresse. Sans m'en formaliser, et en espérant secrètement qu'Harand soit trop occupé à composer dans sa tête des poèmes fougueux à sa dulcinée pour voir mon échec cuisant, je poursuis :

« Et en ce qui concerne Elorill oui, on est proches, c'est sur, mais pas dans le sens où tu sembles l'entendre. Ou du moins je crois pas. On verra bien comment ça évolue. »

Nouveau haussement d'épaules. Mais je pense que mes réponses ont adouci mon ami parce qu'il se rattrape plus ou moins en m'affirmant qu'il serait très heureux de nous voir ensemble Elorill et moi et je ne peux pas m'empêcher de lâcher un petit rire. J'ai l'impression qu'il vient de me donner une sorte de bénédiction, comme un père qui accepterait que j'emmène sa fille danser à un bal populaire. J'aime bien, je trouve même que c'est plutôt touchant. Et aussi assez ironique compte tenu que c'est moi qui suis là pour lui donner des conseils en amour, ce qui me rapproche plus du rôle de père d'une certaine façon... C'est vraiment drôle la vie des fois.
Je décide d'abandonner ici ma carrière de champion du monde de ricochet et croise mes bras sur ma poitrine en me tournant vers Harand. Je suis aussi patient qu'un commerçant sur le point de conclure le contrat de sa vie puisse l'être, c’est à dire pas du tout. Et là, je pense qu'on a suffisamment tourné autour du pot. Je laisse un sourire flotter sur mes lèvres sans décrocher mon ami des yeux, histoire de bien lui faire comprendre que je suis prêt à recevoir sa grande confession. Et enfin – ENFIN – il cède. Je jubile. Je vois qu'il a du mal à déballer ce qu'il a sur le cœur mais il finit par me faire des aveux complets.
C'est drôle quand même de voir que quelqu'un d'aussi sage qu'Harand puisse être aussi naïf vis à vis de l'amour. Je suis amusé et en même temps un peu désespéré de voir qu'il n'a toujours pas compris qu'Aerin est exactement dans le même état que lui, sentimentalement parlant. Franchement, ça se voit comme le nez au milieu de la figure que ces deux là en pincent l'un pour l'autre, à tel point que je suis persuadé que même un ARBRE s'en rendrait compte et le Créateur sait que les arbres ne se rendent pas compte de grand chose bon sang ! Mais bon, je n'ai pas non plus l'intention de trop mâcher le travail à mon ami. Ce sont ses histoires de cœur, il faut que ce soit lui qui fasse les choses. Quoique pour ça, rien ne vaut le coup de main d'un bon ami. Et il est de notoriété publique que je suis un bon ami. En toute modestie.

« Je me doutais que tu parlais d'Aerin et non d'une truite Harand, je commence par dire en posant une main sur son épaule. En fait, ça fait un moment que j'ai des soupçons à ce propos... Bon non, d'accord j'en étais sûr. Et crois moi, si j'avais encore des doutes à ce sujet, ils ont tous été effacés hier pendant le feu de camp ! »

Je me tourne en direction du camp, histoire de m'assurer qu'il n'y a pas d'Aerin sauvage en vue mais la voie est libre. Bien. Il est temps d'avoir une discussion entre hommes. Enfin entre elfes quoi. Elfes masculins.

« Harand, mon ami, si Aerin te plaît, il va falloir que tu prennes les choses en mains. Honnêtement, je pense que tu n'auras pas à redoubler d'imagination pour la séduire : si tu veux mon avis ça fait un moment qu'elle est sous ton charme, mais à présent il faut que tu fasses le premier pas, que tu brises la glace. Je te rappelle que, que tu le veuilles ou non, c'est toi l'Archiviste dans cette histoire et c'est elle la Première. Il faut te mettre à sa place quelques minutes : peu importe à quel point elle peut être amoureuse de toi, tu restes son maître. Professionnellement parlant évidemment, mais quand même. Et c'est pour ça que c'est à toi d'agir, pour lui montrer que peu importe vos rangs respectifs, tu t'en fiches et que tu veux quand même être avec elle ! Rassure là. Et ne te retiens pas de lui déballer tes sentiments, les filles aiment ça. Peu importe la façon dont tu lui diras que tu l'aimes, ça n'a pas d'importance. Dans ce genre de déclaration, ce n'est pas la forme qui compte, mais le fond. »

Plus je m'écoute et plus je me conforte dans l'idée que je suis définitivement un incorrigible romantique quand je m'y mets. Ça me surprend moi-même de ne jamais être tombé réellement amoureux d'ailleurs. Peut être que ça viendra avec le temps !
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MessageSujet: Re: Confidences ~ feat. Paiven Ven 20 Nov 2015 - 17:42

Confidences
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Harand ignorait s’il devait aller se cacher sous une pierre ou bomber le torse pour paraître indifférent aux paroles de Paiven, et surtout à son air de triomphe bien peu modeste quand il parla enfin. Son ami n’était pas un imbécile, il le savait depuis longtemps, et lui-même avait bien du mal à cacher ses sentiments pour Aerin. Pourtant, il avait espéré que le secret serait resté mieux gardé, que son respect de leurs rangs suffirait à taire ce qu’il éprouvait. Las ! Paiven était bien plus rusé que lui, et surtout beaucoup plus dégourdi en la matière…
Avec un soupir, l’Archiviste passa une main sur son front. Que redoutait-il le plus ? Être rejeté, outrepasser les limites imposées par son rôle de chef de clan, de mentor, ou simplement qu’elle admît ressentir la même chose à son égard ? Le regard des autres comptait pour lui. Il savait que leur désapprobation le troublerait – surtout celle d’Admael, le seul autre Elvhen né Dalatien. Harand aimait Aerin, mais le poids de tout ce qu’on lui avait légué l’empêchait de faire un pas vers elle. Une erreur, sans doute. Une obligation, assurément. Ou peut-être était-ce juste la peur qui lui interdisait d’avancer. La peur, non le respect des conventions. Car alors qu’il évoquait ses sentiments pour sa merveilleuse Première, ses mains tremblaient, et son coeur s’emballait, comme ceux d’un novice en la matière.
La remarque de Paiven lui arracha un rire gêné, un peu amer. Avait-il donc été si peu discret ? Pouvait-on réellement lire sur son visage et dans ses gestes tout l’amour qu’il portait à la jeune Elvhen ? Mais il dressa soudain l’oreille tandis que son ami poursuivait, ravi de pouvoir enfin donner son avis sur la question, aussi impétueux que des flots trop longtemps contenus par un barrage. Il faillit presque perdre le fil de son argumentaire quand Paiven laissa entendre qu’Aerin était déjà séduite – leurs précédentes conversations lui revinrent en mémoire et il se demanda, perplexe, si ce qu’elle avait manifesté alors avaient pu être des signes de l’intérêt qu’elle lui portait, et pas seulement ceux du respect ou de l’amitié. Troublé, il se passa une main dans les cheveux, comme pour les arranger. Si Paiven avait remarqué les sentiments de l’Archiviste sans se tromper, il devait avoir raison sur ceux d’Aerin. Sa perspicacité ne pouvait pas être mise en doute, surtout dans ce domaine. Le cœur d’Harand fit un bond magistral dans sa poitrine. Il avait soudain l’impression que les paroles de Paiven coulaient en lui comme un thé doux et chaud, et qu’il allait probablement s’envoler dans les secondes à venir. Un sourire un peu idiot naquit sur son visage. Il ne put rien faire pour l’effacer.

« Tu crois vraiment que… qu’elle… ressent ça aussi ? »

Le plaisir que lui procurait cette nouvelle devait se lire sur son visage, mais il s’en fichait. D’un seul coup, le poids qui pesait sur son dos venait de filer vers l’azur, et Harand se mordit l’ongle du pouce, piètre tentative pour masquer son sourire béat.
Restait toujours, cependant, la question de leurs rangs respectifs, et si l’Elvhen se sentait prêt à tout jeter aux orties pour Aerin, l’Archiviste, lui, ne pouvait oublier ce menu détail. Son sourire s’effaça lentement tandis que le doute revenait compresser sa poitrine.

« Puis-je vraiment agir ainsi ? » soupira-t-il, levant les yeux vers la surface lisse du lac.

L’image d’Aerin, trempée jusqu’aux os mais souriante, lui revint en mémoire. Sa beauté d’alors l’avait sidéré, l’entraînant un peu plus loin sur le chemin sans retour qu’il avait commencé à emprunter.

« Je veux… Je la veux pour compagne, avoua-t-il, incapable de regarder Paiven en face. Mais elle n’est pas n’importe quel membre du clan. C’est ma Première. Si j’avais aimé Panoriel, ou Elorill, s’empressa-t-il d’ajouter avant que son ami ne lui décoche un regard noir, tout aurait été beaucoup plus simple. Elle n’aurait pas été mon apprentie. J’aurais pu lui parler plus ouvertement. »

Il doutait que les choses eussent été aussi simples, mais le dire rendait l’idée presque tangible. En réalité, il était beaucoup trop timide pour oser avouer ses sentiments à une femme – la première qu’il avait aimé avait fait le premier pas, et tout avait été bien plus naturelles ainsi. Mais Mihren ignorait qu’il était le Premier de son clan. Lorsqu’ils s’étaient rencontrés, il s’était fait passer pour un simple herboriste, juste pour s’affranchir de cette barrière que son rang plaçait tout de suite entre les gens et lui. Elle avait saisi sa timidité, mais n’avait pas été rebutée par son statut, et leur relation était née sans cette contrainte.
Avec Aerin, les choses étaient différentes. À moins que ce ne fût lui, qui les rendît différentes, à force de ne voir que cela. Elle n’était pas que sa Première. Elle était une jeune Elvhen, une Elvhen magnifique, à l’intelligence aiguë, à la douceur innée. Il l’aimait depuis le jour de leur rencontre, quand il avait cru voir un fantôme dans cette forêt, mais que sa flèche, qui l’avait pourtant manqué, l’avait touché en plein cœur.

« Et si elle désapprouvait que je fasse un pas vers elle ? s’inquiéta-t-il. Même si elle éprouvait la même chose que moi, même si elle… m’aimait, peut-être préfère-t-elle que nous en restions là. Parce que c’est ainsi que doivent se comporter un Archiviste et sa Première. »

Il n’y croyait pas une seconde. Les mots de Paiven avaient fait naître en lui un espoir qui refusait de se laisser balayer du revers de la main. Il avait besoin de savoir, d’en être sûr, de connaître le fin mot de l’histoire.

« Je ne sais pas comment faire… Je veux dire… il faut trouver le moment propice, tu sais ? Le moment idéal pour parler de nous et… avec le clan, Admael qui passe son temps à chasser partout, Elorill qui court après les hahls, et Panoriel qui serait ravie de me trouver en position de faiblesse… Comment trouver un instant pour discuter de ça avec Aerin ? Est-ce qu’on doit en discuter ? Qu’est-ce que je suis censé faire ? La prendre dans mes bras, l’embrasser, ou lui parler ? Lui dire ce que je ressens ? Dans quel ordre dois-je faire tout ça? »

Désespéré. Et désespérant. Mais il redoutait tellement de tout gâcher… !


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H A R A N D

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Confidences ~ feat. Paiven

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