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 Il faut qu'on parle :: feat Panoriel

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MessageSujet: Il faut qu'on parle :: feat Panoriel Ven 31 Juil 2015 - 12:24

✥ Date, mois, année Drakonis 5:12 des Exaltés
✥ Lieu Dans la forêt, là où le clan a décidé de rester pour le moment
✥ Moment de la journée Très tôt le matin


IL FAUT QU'ON PARLE
feat Panoriel


J'ai toujours considéré ma sœur comme étant ma famille à elle seule. C'est elle qui m'a élevé, qui a travaillé pour me permettre de manger, qui m'a protégé de tous ceux qui s'en prenaient à moi quand j'étais enfant... Pourtant je ne suis pas orphelin : aux dernières nouvelles, mes parents étaient bien vivants, mon père écumant les bars et ma mère... je n'ai jamais vraiment voulu savoir pour ma mère en fait. Le fait restant qu'ils n'étaient jamais là. Ma sœur a donc toujours été la personne la plus importante à mes yeux, celle que j'admire le plus au monde et pour qui je serai prêt à faire n'importe quoi.

Lorsque nous vivions au bas-cloitre, c'est elle qui s'occupait de faire rentrer l'argent dans le foyer. Je n'ai jamais posé de questions sur la façon dont elle gagnait sa vie, au fond je savais très bien qu'elle trempait dans les affaires pas très nettes de la mafia mais je ne voulais pas en savoir plus. Quand nous vivions chez les humains, me voiler la face était devenue ma spécialité, prétendre ne rien savoir quand en réalité rien ne m'échappait, c'est grâce à ça que je suis devenu un bon commerçant. Pan s'est toujours arrangée pour que je ne sois pas obligé de suivre sa voie, lorsque je lui ai fait par de mon envie de monter mon propre commerce, c'est elle qui a recueilli l'argent nécessaire à la réalisation de mon projet et qui m'en a fait cadeau. Dans mon genre, on peut dire que j'étais plutôt gâté, et même si je ne me suis jamais senti réellement à ma place au sein du bas cloitre, je ne pense pas qu'on puisse réellement dire que j'y étais malheureux : d'autres étaient bien plus mal lotis que moi.

Mais les choses ont changé quand il a fallu que nous prenions la fuite Pan et moi. Je ne lui en ai jamais voulu pour ça et jamais je ne lui en voudrai : par son acte, elle nous a ouvert la voie vers la liberté, un billet pour la destination la plus éloignée de Val Forêt, un aller sans retour. Mais la liberté se paie toujours et avant d'en arriver là où nous sommes désormais, nous avons dû nous battre comme jamais auparavant nous ne nous étions battus. Finis les jours où je pouvais négocier avec mes clients pour tirer le meilleur prix de mes produits le jour et me plonger dans mes livres sur les légendes dalatiennes la nuit. Désormais, je devais travailler matin et soir d'arrache pied pour espérer recevoir une pièce ou deux de ces humains qui nous exploitaient. Je n'aimais déjà pas beaucoup les hommes : cette expérience n'a pas contribuer à me les rendre plus sympathiques, au contraire. Pendant de longs mois, nous avons avancé, chaque jour nous éloignant un peu plus de Val Forêt mais nous épuisant également. Je me souviendrai toujours de cette période comme étant la plus difficile de ma vie, mais également comme celle où j'ai été forcé d'ouvrir les yeux. Ouvrir les yeux sur la dureté du monde, sur la méchanceté des gens et surtout, sur les sacrifices qui peuvent être faits dans le simple but de survivre. Quand j'ai compris ce que faisait Pan la nuit lorsque je dormais pour gagner quelques pièces en plus, je ne l'ai tout simplement pas supporté. Ma propre naïveté et ses cachotteries m'ont rendu tellement furieux que pendant plusieurs jours, j'ai tout simplement refusé de lui parler et même de la regarder. Je me sentais trahie, des images affreuses de ma sœur en plein ébat avec des humains hantaient mes cauchemars. Finalement, il a bien fallu que je lui reparle, elle reste ma sœur et au fond de moi, je sais que ce qu'elle a fait, elle ne l'a pas fait par plaisir, que l'argent qu'elle a gagné comme ça nous a probablement permis de ne pas mourir de faim.

Lorsque nous sommes arrivés chez les dalatiens, j'étais tellement heureux que je me suis fait la promesse de ne plus jamais repenser, ni reparler de cette sombre affaire : je voulais seulement retrouver notre complicité d'autrefois pour que mon bonheur soit complet. Et ça a plutôt bien marché jusqu'ici. Mais ces derniers temps, je suis de mauvaise humeur : je suis maintenant certain qu'Admaël a des sacrées vus sur ma sœur et dire que le voir lui faire la cour comme un paon devant moi me tape sur le système serait vraiment un doux euphémisme. Mais ce qui m'énerve le plus, c'est surtout qu'elle ne donne pas l'air de le repousser ! J'ai donc décidé d'assumer mon rôle d'homme de la famille et de frère et de toucher deux mots là dessus à Panoriel. J'ai pris soin de me lever un peu plus tôt que d'habitude aujourd'hui pour pouvoir l'attraper avant qu'elle ne parte à la chasse et avoir une petite discussion en privé avec elle.

J'ai à peine mis un pied hors de mon lit que déjà, je l’aperçois qui se prépare à partir non loin de là. D'un coup d’œil, je m'assure qu'Admaël n'est pas dans le coin et me précipite vers ma sœur en voyant que la voie est libre. Je l'attrape par le coude, me redresse pour me grandir de quelques centimètres encore et dis d'une voix que je veux assez impressionnante :

« Pan, il faut qu'on dis-kof kof kof.... »

Forcément, il faillait que je m'engorge à ce moment là... Je tousse deux trois fois pour retrouver une respiration normale puis reprend d'une voix un peu éraillée et pas du tout impressionnante pour le coup :

« Il faut qu'on parle. »

Et sur ces bonnes paroles, je l’entraîne à ma suite dans la forêt.
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